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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 01:46

C'est flatteur d'être contactée par un éditeur qui souhaite avoir votre avis sur un ouvrage. Un petit mail qui égaie votre journée, voilà ce qui m'est arrivé il y a quelques mois. Pourquoi moi ? Parce que j'aime les écrits de Shakespeare et car j'en fais part sur mon blog et sur Babelio.

Le titre de l'ouvrage proposé ? Roméo et Juliette avant Shakespeare, les éditions Aux Forges de Vulcain.

Comment résister ? Ben c'est tout simplement impossible donc on achète le livre et on le lit.

 

Commençons par une citation des éditions elles-mêmes à la fin de l'ouvrage : "Les Editions Aux forges de Vulcain forgent patiemment les outils de demain. Elles produisent des textes. Elles ne croient pas au génie, elles croient au travail. Elles ne croient pas à la solitude de l'artiste, mais à la bienveillance mutuelle des artisans. Elles espèrent plaire et instruire. Elles souhaitent changer la figure du monde."

Ben c'est réussi ! Shakespeare est en fait un copieur ! J'en tombe des nues et je ne serai pas la seule, croyez-moi sur parole. Mais comment cela est-il possible ?

C'est très simple et c'est le thème principal de l'ouvrage : Shakespeare s'est appuyé sur des romans existants pour écrire certaines de ses oeuvres. Du pompage pur et simple ? Non quand même pas, il ne faut pas exagérer ! Il a gardé les trames, les noms des personnages parfois et les a mixés à sa sauce. J'entends par là qu'il a ajouté ses plus beaux verbes et vers, son humour, son engagement auprès de la cause féminine bref tout son talent indéniable pour enjoliver les romans originaux.

Et le livre le prouve pour six oeuvres en tout cas puisqu'il met en lumière ces romans oubliés, volés à William Painter, Geoffrey Fenton, Richard Tarlton, George Whestone et Barnabe Rich des auteurs du XVIème siècle.

J'ai tout dévoré avec curiosité, cherchant les similitudes et les variantes d'avec les oeuvres de Shakespeare et je dois avouer que c'était un travail très intéressant. Jusqu'où Shakespeare a-t-il été dans le plagiat si je peux appeler ça ainsi, c'est un peu fort peut-être... Pour Roméo et Juliette par exemple de William Painter, c'est absolument déconcertant et effarant. Ce roman représente le tiers de l'ouvrage et c'est clairement la même histoire, le même titre, les mêmes prénoms mais les noms des familles sont Capellet et Montesque, ça change beaucoup... Ca m'a poignardé mon petit coeur, une petite déception envers mon seigneur et maître, je l'admets. Heureusement, les cinq autres oeuvres (La Joyeuse Epouse, le Capitaine jaloux, Tout est bien qui finit bien, Mesure pour mesure et Apolonius et Silla) sont quand même bien différentes de celles de Shakespeare, nettement plus courtes déjà, rudement moins intéressantes car il y a peu de dialogues, beaucoup trop de descriptions ce qui rend l'ensemble long, mou et moins accrocheur. L'humour de Shakespeare est aussi absent et c'est dommage mais je reconnais que les trames sont parfois quasi-identiques.

 

Alors Shakespeare dans tout ça... Pour Roméo et Juliette, il s'est énormément inspiré du roman publié ici mais il a ajouté sa petite touche personnelle, ses rimes, ses phrases souples et suaves, lourdes de sentiments et de métaphores et c'est pour cela que j'ai choisi l'extrait qui va suivre. Painter avait du talent, c'est sûr et j'ai aimé le lire ; mais il n'avait pas la beauté irréprochable de Shakespeare comme vous pourrez vous en rendre compte par vous-même.

La joyeuse Epouse de Richard Tarlton était agréable à lire. Un humour un peu loupé de nos jours mais sûrement drôle à l'époque. C'était léger et rapide. Shakespeare s'en est peut-être un peu inspiré pour "les joyeuses commères de Windsor".

Le capitaine jaloux de Geoffrey Fenton était franchement laborieux. Je me suis ennuyée, les phrases sont longues, lourdes et freinent vraiment le rythme de l'histoire. On est bien loin d'Othello...

Pour Tout est bien qui finit bien, on retrouve le talent de Painter et c'est à nouveau plaisant à lire. Il parvient encore à capter notre attention et à nous émouvoir du début à la fin. Shakespeare a conservé le titre de cette oeuvre mais a procédé à pas mal de changements quand même.

Mesure pour mesure de George Whestone est une histoire captivante car pleine de rebondissements. La lecture est fluide mais il y a trop de remarques inutiles dans la marge. Mêmes remarques que précédemment pour l'utilisation qu'en a fait Shakespeare.

Pour finir, Apolonius et Silla de Barnabe Rich se lit avec aisance et légèreté, les émotions sont présentes et je reconnais une certaine beauté dans les dialogues. Shakespeare a pu s'en inspirer pour "la nuit des rois".

 

En résumé, à l'exception de Roméo et Juliette, Shakespeare a quand même fait son job. Certes, il a utilisé quelques idées, des bribes par ci, par là mais ses oeuvres sont quand même un bon cran au-dessus. En privilégiant les dialogues aux descriptions, il a su donner un rythme à ses romans, ajouter une touche d'humour souvent présente, bien évidemment beaucoup de beautés et de poésie dans ses textes mais surtout et c'est ce qui manque cruellement dans les cinq derniers ouvrages cités, la femme n'y est pas mise à l'honneur comme Shakespeare sait le faire...

Pour finir, je remercie les Editions "Aux forges de Vulcain" de m'avoir informée de cette parution étrange et surprenante. J'ai vraiment eu plaisir à lire ces romans apparemment "motivateurs", c'était une sympathique découverte que je vous invite à partager.

 

Extrait 1 : Roméo et Juliette : premiers échanges :

"Mercutio, toujours audacieux avec les femmes, tel un lion parmi les agneaux, s'empara soudain de la main de Juliette - Juliette aux mains froides comme glace de montagne, été comme hiver, même à proximité du feu. Assis à la gauche de Juliette, Roméo s'aperçut que Mercutio la tenait par la main droite et, pour éviter d'être supplanté dans son intention, lui prit l'autre main et la serra un peu ; ému par cette faveur singulière, il demeura interdit, incapable de s'exprimer. Lorsqu'elle le vit changer de couleur, elle comprit que la faute en revenait à la force de son amour et, désireuse de lui parler, elle se tourna vers lui et lui dit, d'une voix tremblante où se mêlaient la pudeur virginale et une certaine timidité :

- Béni soit l'instant où vous vous êtes approché.

Elle allait poursuivre sur le même tom mais l'amour lui scella les lèvres et elle ne put achever son propos. Alors le jeune homme, transporté par une joyeuse satisfaction, lui demanda en soupirant à quoi il devait cette heureuse chance ; Juliette, que les regards poignants et l'abord souriant de Roméo avaient enhardie, lui dit alors :

- Monsieur, rien d'étonnant à ce que je me réjouisse de votre venue, quand messire Mercutio, qui me tient la main depuis un moment, m'a transmis le gel de ses mains glacées, alors que par votre courtoisie vous l'avez réchauffée.

Ce à quoi Roméo rétorqua :

 

- Madame, si les cieux m'accordent la faveur de vous rendre service, moi que le hasard a conduit ici en compagnie d'autres messieurs, je m'estime heureux et je ne réclame d'autre récompense pour me combler de satisfaction dans ce monde que de vous servir, vous obéir et vous honorer aussi longtemps que durera ma vie, ce que l'expérience vous prouvera amplement quand vous souhaiterez éprouver mon dévouement. En outre, si ma main en touchant la vôtre a pu vous transmettre la moindre chaleur, sachez que ces flammes sont mortes en comparaison des étincelles jaillissantes que jettent vos beaux yeux quand ils émettent ce feu violent qui a si farouchement enflammé les parties les plus sensibles de mon corps : si vos bonnes grâces ne se portent pas à mon secours, je ne peux manquer de me consumer complètement.

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Published by Satine - dans Shakespeare
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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 10:24

Dernière partie des voix intérieures. De jolies déclarations d'Hugo à ses enfants qu'il aimait tant...
A venir des rayons et des ombres.

 

 

A des oiseaux envolés

 

Enfants ! – oh ! revenez ! Tout à l’heure, imprudent,
Je vous ai de ma chambre exilés en grondant,
Rauque et tout hérissé de paroles moroses.
Et qu’aviez-vous donc fait, bandits aux lèvres roses ?
Quel crime ? quel exploit ? quel forfait insensé ?
Quel vase du Japon en mille éclats brisé ?
Quel vieux portrait crevé ? quel beau missel gothique
Enrichi par vos mains d’un dessin fantastique ?
Non, rien de tout cela. Vous aviez seulement,
Ce matin, restés seuls dans ma chambre un moment,
Pris, parmi ces papiers que mon esprit colore,
Quelques vers, groupe informe, embryons près d’éclore,
Puis vous les aviez mis, prompts à vous accorder,
Dans le feu, pour jouer, pour voir, pour regarder
Dans une cendre noire errer des étincelles,
Comme brillent sur l’eau de nocturnes nacelles,
Ou comme, de fenêtre en fenêtre, on peut voir
Des lumières courir dans les maisons le soir.
Voilà tout. Vous jouiez et vous croyiez bien faire.

Belle perte, en effet ! beau sujet de colère !
Une strophe, mal née au doux bruit de vos jeux,
Qui remuait les mots d’un vol trop orageux !
Une ode qui chargeait d’une rime gonflée
Sa stance paresseuse en marchant essoufflée !
De lourds alexandrins l’un sur l’autre enjambant
Comme des écoliers qui sortent de leur banc !
[…]
 

J’ai donc eu tort. C’est dit. Mais c’est assez punir,
Mais il faut pardonner, mais il faut revenir.
Voyons, faisons la paix, je vous prie à mains jointes.
Tenez, crayons, papiers, mon vieux compas sans pointes,
Mes laques et mes grès, qu’une vitre défend,
Tous ces hochets de l’homme enviés par l’enfant,
Mes gros chinois ventrus faits comme des concombres,
Mon vieux tableau, trouvé sous d’antiques décombres,
Je vous livrerai tout, vous toucherez à tout !
Vous pourrez sur ma table être assis ou debout,
Et chanter, et traîner, sans que je me récrie,
Mon grand fauteuil de chêne et de tapisserie,
Et sur mon banc sculpté jeter tous à la fois
Vos jouets anguleux qui déchirent le bois !
[…]
 

Je vous dirais : _ Enfants, ne touchez que des yeux
A ces vers qui demain s’envoleront aux cieux.
Ces papiers, c’est le nid, retraite caressée,
Où du poëte ailé rampe encor la pensée.
Oh ! n’en approchez pas ! car les vers nouveau-nés,
Au manuscrit natal encore emprisonnés,
Souffrent entre vos mains innocemment cruelles.
Vous leur blessez le pied, vous leur froissez les ailes,
Et, sans vous en douter, vous leur faites ces maux
Que les petits enfants font aux petits oiseaux._
 
Mais qu’importe les miens ! _ Toute ma poésie,
C’est vous, et mon esprit suit votre fantaisie.
Vous êtes les reflets et les rayonnements
Dont j’éclaire mon vers si sombre par moments.
[…]

  •                                    23 avril 1837

 

XXIII

 

A quoi je songe ? _ Hélas ! loin du toit où vous êtes,
Enfants, je songe à vous ! à vous, mes jeunes têtes,
Espoir de mon été déjà penchant et mûr,
Rameaux dont, tous les ans, l’ombre croît sur mon mur !
Douces âmes à peine au jour épanouies,
Des rayons de votre aube encor tout éblouies !
Je songe aux deux petits qui pleurent en riant,
Et qui font gazouiller sur le seuil verdoyant,
Comme deux jeunes fleurs qui se heurtent entre elles,
Leurs jeux charmants mêlés de charmantes querelles !
Et puis, père inquiet, je rêve aux deux aînés
Qui s’avancent déjà de plus de flot baignés,
Laissant pencher parfois leur tête encor naïve,
L’un déjà curieux, l’autre déjà pensive !
 
Seul et triste au milieu des chants des matelots,
Le soir, sous la falaise, à cette heure où les flots,
S’ouvrant et se fermant comme autant de narines,
Mêlent au vent des cieux mille haleines marines,
Où l’on entend dans l’air d’ineffables échos
Qui viennent de la terre ou qui viennent des eaux,
Ainsi je songe ! _ à vous, enfants, maison, famille,
A la table qui rit, au foyer qui pétille,
A tous les soins pieux que répandent sur vous
Votre mère si tendre et votre aïeul si doux !
Et tandis qu’à mes pieds s’étend, couvert de voiles,
Le limpide océan, ce miroir des étoiles,
Tandis que les nochers laissent errer leurs yeux
De l’infini des mers à l’infini des cieux,
Moi, rêvant à vous seuls, je contemple et je sonde
L’amour que j’ai pour vous dans mon âme profonde,
Amour doux et puissant qui toujours m’est resté,
Et cette grande mer est petite à côté !

                                   15 juillet 1837 à Fécamp au bord de la mer

 

Tentanda via est

 

Ne vous effrayez pas, douce mère inquiète
Dont la bonté partout dans la maison s’émiette,
De le voir si petit, si grave et si pensif.
Comme un pauvre oiseau blanc qui, seul sur un récif,
Voit l’océan vers lui monter du fond de l’ombre,
Il regarde déjà la vie immense et sombre.
Il rêve de la voir s’avancer pas à pas.
O mère au cœur divin, ne vous effrayez pas,
Vous en qui, _ tant votre âme est un charmant mélange !
L’ange voit un enfant et l’enfant voit un ange.

Allons, mère, sans trouble et d’un air triomphant
Baisez-moi le grand front de ce petit enfant.
Ce n’est pas un savant, ce n’est pas un prodige,
C’est un songeur ; tant mieux. Soyez fière, vous dis-je !
La méditation du génie est la sœur,
Mère, et l’enfant songeur fait un homme penseur,
Et la pensée est tout, et la pensée ardente
Donne à Milton le ciel, donne l’enfer à Dante !
 

Un jour il sera grand. L’avenir glorieux
Attend, n’en doutez pas, l’enfant mystérieux
Qui veut savoir comment chaque chose se nomme
Et questionne tout, un mur autant qu’un homme.
Qui sait si, ramassant à terre sans effort
Le ciseau colossal de Michel-Ange mort,
Il ne doit pas, livrant au granit des batailles,
Faire au marbre étonné de superbes entailles ?
Ou, comme Bonaparte ou bien François premier,
Prendre, joueur d’échecs, l’Europe pour damier ?
Qui sait s’il n’ira point, voguant à toute voile,
Ajoutant à son œil, que l’ombre humaine voile,
L’œil du long télescope au regard effrayant
Ou l’œil de la pensée encor plus clairvoyant,
Saisir, dans l’azur vaste ou dans la mer profonde,
Un astre comme Herschell, comme Colomb un monde ?
 
Qui sait ? Laissez grandir ce petit sérieux.
Il ne voit même pas nos regards curieux.
Peut-être que déjà ce pauvre enfant fragile
Rêve, comme rêvait l’enfant qui fut Virgile,
Au combat que poursuit le poëte éclatant ;
Et qu’il veut, aussi lui, tenter, vaincre, et sortant
Par un chemin nouveau de la sphère où nous sommes,
Voltiger, nom ailé, sur les bouches des hommes.

 

  •                                    9 juin 1837
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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 10:49

Je vous avais déjà parlé de cet auteur néo-zélandais qui m’avait scotchée avec son premier thriller : un employé modèle. Il réussit à nouveau ici à nous tenir en haleine mais en jouant cette fois-ci avec une palette d’émotions plus étendue. Son héros est un bon père de famille qui va traverser de sombres périodes et ses sentiments de colère, de haine et ses profondes tristesses vont nous traverser aussi, nous ne serons pas épargnés.

 

pere-ideal-copie-2.jpg  Quatrième de couverture : Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande. Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

 

Dès le départ, la question est posée et nous turlupine. La folie d’un père, ses envies de meurtre, sa violence sont-elles héréditaires ? Toute la ville en est persuadée et Edward en paiera les frais durant toutes ses jeunes années. Il sera sans cesse épié, on parlera de lui en de mauvais termes, bref on ne le laissera pas tranquille alors qu’il n’est en aucun responsable des faits et gestes de son malade de père, un père qu’il déteste aujourd’hui, un père monstrueux qui lui en fait encore baver alors qu’il est en prison depuis des années, un père qui le rend malheureux, différent aux yeux de tous, un père qui le fait rejeter dans sa propre ville et dans les villes voisines. Comment trouver sa voie, comment s’en sortir quand on fait face au quotidien à toute cette méfiance et cette haine sourde et malsaine ? L’amour. Sa femme, la mère de sa petite fille lui a fait confiance, l’a aimé, l’a épousé et l’a rendu heureux dans cette jolie maison de banlieue où sa fille adorable s’épanouit.

Mais tout bascule. Tout chavire. Tout le passé va resurgir quand sa femme se fait tuer lors d’un cambriolage de banque. Ils auraient pu ne pas s’y trouver, il aurait dû se taire, elle aurait dû être encore en vie et maintenir cet équilibre qu’il chérissait tant.

La vengeance. Inévitable. Compréhensible. Dangereuse. Edward ne pense qu’à ça. Elle l’obsède, lui fait tourner la tête, lui rappelle des flashs enfouis dans sa mémoire. Ses beaux-parents et sa fille ne pèsent pas beaucoup dans la balance. L’envie est trop forte, le besoin de soigner sa peine et sa colère doit être assouvi. Il en sera ainsi. Qu’importent les inspecteurs qui tournent autour de lui et de son passé, le psychiatre de son père qui est persuadé qu’Edward va basculer, le danger, la prison, les risques, la peur, Edward ne peut qu’écouter la Voix et lui obéir comme son père l’avait fait. Ce père qui reprend soudain contact avec lui, ce paternel qui l’encourage à céder et qui va l’aider dans sa quête de sang et de meurtres…

 

A lire, à comprendre ou pas, à subir en tout cas car ce thriller est aussi bon que le premier. Nous sommes des espions, nous voulons qu’il s’occupe de sa fille et qu’il résiste mais en même temps son inépuisable chagrin nous émeut terriblement et on comprend sa vengeance sans pour autant la pardonner.

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 15:46

Deux nouveaux extraits, puis les trois derniers suivront... Le premier extrait est assez militant puisque Victor Hugo rend hommage à son père, le second est quant à lui de toute beauté... Bonne lecture estivale !


 

A l’arc de triomphe

 

[…]

O vaste entassement ciselé par l’histoire !

Monceau de pierre assis sur un monceau de gloire !

            Edifice inouï !

Toi que l’homme par qui notre siècle commence,

De loin, dans les rayons de l’avenir immense,

            Voyait, tout ébloui !

 

[…]

A ta beauté royale il manque quelque chose.

Les siècles vont venir pour ton apothéose

            Qui te l’apporteront.

Il manque sur ta tête un sombre amas d’années

Qui pendent pêle-mêle et toutes ruinées

            Aux brèches de ton front !

 

[…]

La vieillesse couronne et la ruine achève.

Il faut à l’édifice un passé dont on rêve,

            Deuil, triomphe ou remords.

Nous voulons, en foulant son enceinte pavée,

Sentir dans la poussière à nos pieds soulevée

            De la cendre des morts !

 

Il faut que le fronton s’effeuille comme un arbre.

Il faut que le lichen, cette rouille du marbre,

De sa lèpre dorée, au loin couvre le mur ;

Et que la vétusté par qui tout art s’efface,

Prenne chaque sculpture et la ronge à la face,

Comme un avide oiseau qui dévore un fruit mûr.

 

[…]

Ce n’est pas, ce n’est pas entre des pierres neuves

Que la bise et la nuit pleurent comme des veuves.

Hélas ! d’un beau palais le débris est plus beau.

Pour que la lune émousse à travers la nuit sombre

L’ombre par le rayon et le rayon par l’ombre,

Il lui faut la ruine à défaut du tombeau !

 

[…]

Sur ce bloc triomphal où revit tout l’empire,

Où l’histoire dictait ce qu’il fallait écrire,

Où nous verrons un jour, d’un œil presque effrayé,

Surgir l’aigle de bronze immense et déployé,

Vous avez oublié, sire, un nom militaire,

Celui que je soutiens et que portait mon père !

Oui, sire, je le dis, vous avez oublié

Mon père en son tombeau peut-être humilié !

Or celui dont le nom manque à vos architraves,

C’était un vieux soldat, brave entre les plus braves,

Dont le sabre jamais ne dormait au fourreau,

Et que Napoléon enviait à Moreau !

Dans la guerre étrangère et la guerre civile,

En Vendée, en Espagne, à Naple, à Thionville,

Le fifre et le tambour, la bombe et le canon

Ont laissé des échos que réveille son nom !

Pourtant sur votre mur il est oublié, sire !

Et vous avez eu tort, et je dois vous le dire,

Car le poëte pur, de la foule éloigné,

Qui vous aborde ici de son vers indigné,

Sire ! et qui vous souhaite un long règne prospère,

N’est pas de ceux qu’on flatte en oubliant leur père !

                                   29 mars 1837

 

Dieu est toujours là

 

Quand l’été vient, le pauvre adore !

L’été, c’est la saison de feu,

C’est l’air tiède et la fraîche aurore ;

L’été, c’est le regard de Dieu.

 

L’été, la nuit bleue et profonde

S’accouple au jour limpide et clair ;

Le soir est d’or, la plaine est blonde ;

On entend des chansons dans l’air.

 

L’été, la nature éveillée

Partout se répand en tous sens

Sur l’arbre en épaisse feuillée,

Sur l’homme en bienfaits caressants.

 

Tout ombrage alors semble dire :

Voyageur, viens te reposer !

Elle met dans l’aube un sourire,

Elle met dans l’onde un baiser.

 

Elle cache et recouvre d’ombre,

Loin du monde sourd et moqueur,

Une lyre dans le bois sombre,

Une oreille dans notre cœur !

 

Elle donne vie et pensée

Aux pauvres de l’hiver sauvés,

Du soleil à pleine croisée,

Et le ciel pur qui dit : Vivez !

 

[…]

Alors l’âme du pauvre est pleine.

Humble, il bénit ce Dieu lointain

Dont il sent la céleste haleine

Dans tous les souffles du matin !

 

L’air le réchauffe et le pénètre.

Il fête le printemps vainqueur.

Un oiseau chante à sa fenêtre,

La gaîté chante dans son cœur !

[…]

                                   7 – 11 février 1837

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 17:49

Ma sœur m’avait vivement conseillé ce livre et je le remercie vraiment pour ce prêt, c’est un très bon thriller.

 

chuchoteur.jpgCinq petites filles ont disparu.

Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.

Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents.

La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement.

Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…
Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

 

J’admets que le début du roman avec la découverte des petits bras est plutôt dur à encaisser. Quand on s’en prend à des enfants c’est toujours terrible et quand on nous laisse imaginer le pire, les tortures ou les violences éventuellement subies, ça retourne l’estomac.

Cependant, il est toujours rassurant de savoir que le tueur va être arrêté et puni pour ses actes infâmes. Alors on poursuit la lecture et surtout on enquête aussi pour le trouver plus vite…

L’équipe des agents est intéressante. Chaque membre a son domaine de prédilection et les liens qui les unissent, le fait qu’ils travaillent ensemble depuis longtemps les rendent efficaces. Ils n’ont pas peur de présenter des théories différentes, d’échanger, d’argumenter et c’est leur point fort. Cela m’a beaucoup fait penser à la série « esprits criminels ».

Mais malgré tous leurs efforts, ils piétinent. Les médias et leur chef leur mettent la pression, la population a peur et veut des résultats, ils se démènent, font tout ce qu’ils peuvent mais l’enquête est loin d’être évidente, le tueur est malin, il ne laisse pas d’indices et surtout il sème le trouble dans l’esprit des enquêteurs en leur livrant de « faux-coupables ».

L’arrivée d’une nouvelle enquêtrice spécialisée dans les enlèvements va un peu bouleverser l’ambiance au sein de l’équipe. Elle ne sera pas à son aise et on ne lui facilitera pas la tâche.

L’enquête va les mener dans des lieux obscurs et froids, les corps des fillettes vont être retrouvés au fur et à mesure placés dans des positions, des artifices, des mises en scène terribles et pourtant ils vont tous se battre jusqu’au bout sans jamais baisser les bras, sans jamais perdre espoir…

 

La résolution de l’enquête est vraiment épatante. L’auteur nous emmène dans une psychologie époustouflante, on ne s’attend pas à ça, c’est original, palpitant et effrayant. A lire absolument.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 20:42

Voici des extraits de ce livre rangés dans une thématique propre : la politique, l’histoire et bien sûr l’amour inconditionnel qu’il a pour ses enfants… Le poème « à des oiseaux envolés » est une petite merveille qui nous fait entrer dans l’intimité de la famille de Victor Hugo.


 

I

 

Ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène.

Partout on voit marcher l’idée en mission ;

Et le bruit du travail, plein de parole humaine,

Se mêle au bruit divin de la création.

 

Partout, dans les cités et dans les solitudes,

L’homme est fidèle au lait dont nous le nourrissions ;

Et dans l’informe bloc des sombres multitudes

La pensée en rêvant sculpte des nations.

 

L’échafaud vieilli croule, et la Grève se lave.

L’émeute se rendort. De meilleurs jours sont prêts.

Le peuple a sa colère et le volcan sa lave

Qui dévaste d’abord et qui féconde après.

 

Des poëtes puissants, têtes par Dieu touchées,

Nous jettent les rayons de leurs fronts inspirés.

L’art a de frais vallons où les âmes penchées

Boivent la poésie à des ruisseaux sacrés.

 

Pierre à pierre, en songeant aux vieilles mœurs éteintes,

Sous la société qui chancelle à tous vents,

Le penseur reconstruit ces deux colonnes saintes,

Le respect des vieillards et l’amour des enfants.

 

Le devoir, fils du droit, sous nos toits domestiques

Habite comme un hôte auguste et sérieux.

Les mendiants groupés dans l’ombre des portiques

Ont moins de haine au cœur et moins de flamme aux yeux.

 

L’austère vérité n’a plus de portes closes.

Tout verbe est déchiffré. Notre esprit éperdu,

Chaque jour, en lisant dans le livre des choses,

Découvre à l’univers un sens inattendu.

 

O poëtes ! le fer et la vapeur ardente

Effacent de la terre, à l’heure où vous rêvez,

L’antique pesanteur, à tout objet pendante,

Qui sous ses lourds essieux broyait les durs pavés.

 

L’homme se fait servir par l’aveugle matière.

Il pense, il cherche, il crée ! A son souffle vivant

Les germes dispersés dans la nature entière

Tremblent comme frissonne une forêt au vent !

 

Oui, tout va, tout s’accroît. Les heures fugitives

Laissent toutes leur trace. Un grand siècle a surgi.

Et, contemplant de loin de lumineuses rives,

L’homme voit son destin comme un fleuve élargi.

 

Mais parmi ces progrès dont notre âge se vante,

Dans tout ce grand éclat d’un siècle éblouissant,

Une chose, ô Jésus, en secret m’épouvante,

C’est l’écho de ta voix qui va s’affaiblissant.

                                   15 avril 1837

 

 

Sunt lacrymae rerum

 

II

[…]

Soyez flétris ! canons que la guerre repousse,

Dont la voix sans terreur dans les fêtes s’émousse,

Vous qui glorifiez de votre cri profond

Ceux qui viennent, toujours, jamais ceux qui s’en vont !

Vous qui, depuis trente ans, noirs courtisans de bronze,

Avez, comme Henri quatre adorant Louis onze,

Toujours tout applaudi, toujours tout salué,

Vous taisant seulement quand le peuple a hué !

Lâches, vous préférez ceux que le sort préfère !

Dans le moule brûlant le fondeur pour vous faire

Mit l’étain et le cuivre et l’oubli du vaincu ;

Car qui meurt exilé pour vous n’a pas vécu.

Car vos poumons de fer, où gronde une âpre haleine,

Sont muets pour Goritz comme pour Sainte-Hélène !

Soyez flétris !

                        Mais non. C’est à nous, insensés,

Que le mépris revient. Vous nous obéissez.

Vous êtes prisonniers et vous êtes esclaves.

La guerre qui vous fit des ses bouillantes laves

Vous fit pour la bataille, et nous vous avons pris

Pour vous éclabousser des fanges de Paris,

Pour vous sceller au seuil d’un palais centenaire,

Et pour vous mettre au ventre un éclair sans tonnerre !

C’est nous qu’il faut flétrir. Nous qui, déshonorés,

Donnons notre âme abjecte à ces bronzes sacrés.

Nous passons dans l’opprobre ; hélas, ils y demeurent.

Mornes captifs ! le jour où des rois proscrits meurent,

Vous ne pouvez, jetant votre fumée à flots,

Prolonger sur Paris vos éclatants sanglots,

Et, pareils à des chiens liés à des murailles,

D’un hurlement plaintif suivre leurs funérailles !

Muets, et vos longs cous baissés vers les pavés,

Vous restez là, pensifs, et, tristes, vous rêvez

Aux hommes, froids esprits, cœurs bas, âmes douteuses,

Qui font faire à l’airain tant de choses honteuses !

[…]

 

VI

Dans ces temps radieux, dans cette aube enchantée,

Dieu ! comme avec terreur leur mère épouvantée

Les eût contre son cœur pressés, pâle et sans voix,

Si quelque vision, troublant ces jours de fêtes,

Eût jeté tout à coup sur ces fragiles têtes

Ce cri terrible : _ Enfants ! vous serez rois tous trois !

 

Et la voix prophétique aurait pu dire encore :

« Enfants, que votre aurore est une triste aurore !

Que les sceptres pour vous sont d’odieux présents !

D’où vient donc que le Dieu qui punit Babylone

Vous fait à pareille heure éclore au pied du trône ?

Et qu’avez-vous donc fait, ô pauvres innocents !

 

« Beaux enfants qu’on berce et qu’on flatte,

Tout surpris, vous si purs, si doux,

Que des vieux en robe écarlate

Viennent vous parler à genoux,

Quand les sévères Malesherbes

Ont révélé leurs fronts superbes,

Vous courez jouer dans les herbes,

Sans savoir que tout doit finir,

Et que votre race qui sombre

Porte à ses deux bouts couverts d’ombre

Ravaillac dans le passé sombre,

Robespierre dans l’avenir !

 

Dans ce Louvre où de vieux murs gardent

Les portraits des rois hasardeux,

Allez voir comme vous regardent

Charles premier et Jacques deux !

Sur vous un nuage s’étale.

Sol étranger, terre natale,

L’émeute, la guerre fatale

Dévoreront vos jours maudits.

De vous trois, enfants sur qui pèse

L’antique masure française,

Le premier sera Louis seize,

Le dernier sera Charles dix !

 

Que l’aîné, peu crédule à la vie, à la gloire,

Au peuple ivre d’amour, sache d’une nuit noire

D’avance emplir son cœur de courage pourvu ;

Qu’il rêve un ciel de pluie, un tombereau qui roule,

Et là-bas, tout au fond, au-dessus de la foule,

Quelque étrange échafaud dans la brume entrevu !

 

Frères par la naissance et par le malheur frères,

Les deux autres fuiront, battus des vents contraires.

Le règne de Louis, roi de quelques bannis,

Commence dans l’exil, celui de Charles y tombe.

L’un n’aura pas de sacre et l’autre pas de tombe.

A l’un Reims doit manquer, à l’autre Saint-Denis ! »

 

VII

            Quel rêve horrible ! _ C’est l’histoire.

De nos pères couchés dans les tombeaux profonds

            Ce qu’aucun n’aurait voulu croire,

            Nous l’avons vu, nous qui vivons !

 

            Tous ces maux, et d’autres encore,

Sont tombés sur ces fronts de la main du Seigneur.

            Maintenant croyez à l’aurore !

            Maintenant croyez au bonheur !

 

            Croyez au ciel pur et sans rides !

Saluez l’avenir qui vous flatte si bien !

            L’avenir, fantôme aux mains vides

            Qui promet tout et qui n’a rien !

 

            O rois ! ô familles tronquées !

Brusques écroulements des vieilles majestés !

            O calamités embusquées

            Au tournant des prospérités !

 

            Tout colosse a des pieds de sable.

Votre abîme est, Seigneur, un abîme infini.

            Louis quinze fut le coupable,

            Louis seize fut le puni !

 

            La peine se trompe et dévie.

Celui qui fit le mal, c’est la loi du Très-Haut,

            A le trône et la longue vie,

            Et l’innocent a l’échafaud.

 

            Les fautes que l’aïeul peut faire

Te poursuivront, ô fils ! en vain tu t’en défends.

            Quand il a neigé sous le père,

            L’avalanche est pour les enfants !

 

            Révolutions ! mer profonde !

Que de choses, hélas ! pleines d’enseignement,

            Dans les ténèbres de votre onde

            On voit flotter confusément !

X

Nous, pasteurs des esprits, qui, du bord du chemin,

Regardons tous les pas que fait le genre humain,

Poëtes, par nos chants, penseurs, par nos idées,

Hâtons vers la raison les âmes attardées !

Hâtons l’ère où viendront s’unir d’un nœud loyal

Le travail populaire et le labeur royal,

Où colère et puissance auront fait leur divorce,

Où tous ceux qui sont forts auront peur de leur force,

Et d’un saint tremblement frémiront à la fois,

Rois, devant leurs devoirs, peuples, devant leurs droits !

Aidons tous ces grands faits que le Seigneur envoie

Pour ouvrir une route ou pour clore une voie,

Les révolutions dont la surface bout,

Les changements soudains qui font vaciller tout,

A dégager du fond des nuages de l’âme,

A poser au-dessus des lois comme une flamme

Ce sentiment profond en nous tous replié

Que l’homme appelle doute et la femme pitié !

[…]

                                   15 avril 1837

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 15:43

Cela va peut-être vous paraître surprenant mais c’est bien un livre que j’ai choisi au cours d’un masse critique et reçu grâce à Babelio. Oui j’aime le vin. J’ai commencé par les blancs puis les rouges sont devenus aujourd’hui incontournables. Ma préférence se porte sur les Bourgognes plus doux, plus fruités selon moi, même si j’aime aussi quelques Bordeaux sauf lorsqu’ils sont élevés en fût de chêne car le goût du tanin me dérange.

Voilà pourquoi ce livre m’intéressait : « les parfums du vin : sentir et comprendre le vin ». Son contenu pourrait peut-être expliquer mes choix en matière de vin, me rendre plus attentive lors des dégustations, me faire rechercher et apprécier des senteurs en particulier…

 

vin.jpgQuatrième de couverture : Anis, cannelle, safran, fleur d'oranger, chêne, cuir, pain grillé, banane, foin, thé noir... vous voici au coeur du monde fabuleux des odeurs et des arômes des vins. Grâce à ce guide, vignerons, sommeliers, oenologues, analystes sensoriels ou simples amateurs trouveront toutes les méthodes pour progresser sur le chemin de l'olfaction des vins grâce à deux disciplines ici réunies : l'oenologie et la parfumerie.

→ la description de plus de 150 odeurs représentant le spectre olfactif complet des vins

→ le schéma des molécules entrant dans la composition de chaque odeur

→ les confusions possibles et fréquentes

→ les cépages révélant chaque note

→ une exploration de la neurophysiologie de l'olfaction

→ des conseils pratiques de mémorisation.

 

L’auteur est Richard Pfister un ingénieur en œnologie et viticulture qui a travaillé plusieurs années en parfumerie. Il dispense des formations en analyse sensorielle et du conseil en expression aromatique des vins. Ce monsieur sait donc de quoi il parle et cet ouvrage le prouve.

Dans son avant-propos, il cite Patrick Süskind auteur du livre Le parfum. Histoire d’un meurtrier  : « L’homme peut fermer les yeux devant la grandeur, l’horreur, la beauté, et il peut ne pas prêter l’oreille à des mélodies ou des paroles enjôleuses. Mais il ne peut se soustraire à l’odeur. Car l’odeur est sœur de la respiration. » Les dés sont jetés : sentir est donc inévitable alors autant le faire correctement et avec plaisir quand il s’agit d’une si merveilleuse odeur que celle d’une bonne bouteille de vin.


Tout d’abord, l’auteur nous explique tout le processus que subit le raisin depuis sa naissance jusqu’à sa mise en bouteille. Toutes les étapes sont importantes car elles ont toutes un impact sur le goût et l’odeur du vin. Après avoir différencier odeur et arôme (qui nécessite un passage en bouche), il présente les trois types d’odeurs des vins : primaire (raisin et cépages), secondaire (vinification) et tertiaire (vieillissement). Puis ça se complique et ce n’est pas fait pour nous rassurer. Chaque odeur est constituée de plusieurs molécules, ainsi le parfum de la rose est constitué d’une centaine de molécules et si l’on sent la rose dans un vin ce n’est pas parce qu’il y a de la rose mais juste une ou plusieurs des molécules du parfum de la rose. C’est pour cette raison que les dégustateurs ne sont pas forcément d’accord, ils identifient en fait des odeurs différentes mais provenant de la même famille

C’est pour cela que les ¾ de l’ouvrage sont consacrés à la description des odeurs rangées par dominante (épicée, florale, animale, végétale, boisée…) et par famille (plantes aromatiques, fleurs du jardin, d’arbustes ou d’arbres, fruits à coque ou du verger…). Chaque odeur a sa propre carte descriptive avec photo, historique (très intéressant d’ailleurs), composition chimique, odeurs proches et bien sûr les vins révélant cette odeur.

 

Ce livre est destiné à tout le monde débutant comme expert. Il est complet en terme d’explications (le long processus de la fabrication du vin, les odeurs, le système olfactif : son anatomie, son fonctionnement) mais il nous fournit aussi des recommandations simples pour flairer un vin, le déguster, choisir les verres, carafer ou décanter, ordonner les vins à déguster mais surtout pour mémoriser des odeurs progressivement, étape capitale selon l’auteur pour mieux sentir le vin…

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 18:10

Le soleil de ma vie s’en est allé

Pour une semaine, une éternité.

Dès lors, des nuages sombres et glacés

Ont obscurci mon cœur et mes pensées.

 

 

nuages.jpg

 

Que faire sans sa lumière bienfaisante,

Sa douceur, sa chaleur réconfortantes ?

Tant de souvenirs me taraudent, me hantent,

Tout me lie à lui de façon permanente.

 

Son sourire qui magnifie son visage,

Son tendre regard, un si doux témoignage

De tout cet amour qu’on s’offre en héritage,

Sincère, pur, le plus merveilleux partage.

 

 

amoureux.jpg

 

Ici, tout me fait penser à mon ange.

Chaque pièce me renvoie nos échanges,

Nos joies, nos peines, un subtil mélange,

Des morceaux de lui chantent ses louanges.

 

Alors, j’écoute cette mélodie,

Je m’y abandonne, elle m’irradie,

Un bonheur si intense m’envahit,

Il est près de moi, je sens son esprit.

 

esprit.jpg

 

 

Mais le réveil est pénible, il est absent.

Mes si belles pensées se muent en tourments,

Ma poitrine se serre indéfiniment,

Les larmes me montent inéluctablement.

 

Reviens-moi mon amour, tu me manques tant.

Chaque seconde traîne, défiant le temps,

Mon cœur se fait lourd, écrasant, haletant,

Il a besoin de sa moitié, il t’attend.

 

20140424_220102.jpg

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 10:31

Dernier extrait, profitez-en bien. A suivre "les voix intérieures"...

 

 

 

A mademoiselle Louise B.

 

L’année en s’enfuyant par l’année est suivie.

Encore une qui meurt ! Encore un pas du temps !

Encore une limite atteinte dans la vie !

Encore un sombre hiver jeté sur nos printemps !

 

Le temps ! les ans ! les jours ! mots que la foule ignore !

Mots profonds qu’elle croit à d’autres mots pareils !

Quand l’heure tout à coup lève sa voix sonore,

Combien peu de mortels écoutent ses conseils !

 

L’homme les use, hélas ! ces fugitives heures,

En folle passion, en folle volupté,

Et croit que Dieu n’a pas fait de choses meilleures

Que les chants, les banquets, le rire et la beauté.

 

Son temps dans les plaisirs s’en va sans qu’il y pense.

Imprudent ! est-il sûr de demain ? d’aujourd’hui ?

En dépensant ses jours sait-il ce qu’il dépense ?

Le nombre en est compté par un autre que lui.

 

A peine lui vient-il une grave pensée

Quand, au sein du festin qui satisfait ses vœux,

Ivre, il voit tout à coup de sa tête affaissée

Tomber en même temps les fleurs et les cheveux ;

 

Quand ses projets hâtifs l’un sur l’autre s’écroulent ;

Quand ses illusions meurent à son côté ;

Quand il sent le niveau de ses jours qui s’écoulent

Baisser rapidement comme un torrent d’été.

 

Alors en chancelant il s’écrie, il réclame,

Il dit : Ai-je donc bu toute cette liqueur ?

Plus de vin pour ma soif ! plus d’amour pour mon âme !

Qui donc vide à la fois et ma coupe et mon cœur ?

 

Mais rien ne lui répond. _ Et triste, et le front blême,

De ses débiles mains, de son souffle glacé,

Vainement il remue, en s’y cherchant lui-même,

Ce tas de cendre éteint qu’on nomme le passé !

                                    31 décembre 1831

 

 

 

Que nous avons le doute en nous

 

De nos jours, _ plaignez-vous, douce et noble femme !

L’intérieur de l’homme offre un sombre tableau.

Un serpent est visible en la source de l’eau,

Et l’incrédulité rampe au fond de notre âme.

 

Vous qui n’avez jamais de sourire moqueur

Pour les accablements dont une âme est troublée,

Vous qui vivez sereine, attentive et voilée,

Homme par la pensée et femme par le cœur,

 

Si vous me demandez, vous muse, à moi poëte,

D’où vient qu’un rêve obscur semble agiter mes jours,

Que mon front est couvert d’ombres, et que toujours,

Comme un rameau dans l’air, ma vie est inquiète ;

 

Pourquoi je cherche un sens au murmure des vents ;

Pourquoi souvent, morose et pensif dès la veille,

Quand l’horizon blanchit à peine, je m’éveille

Même avant les oiseaux, même avant les enfants ;

 

Et pourquoi, quand la brume a déchiré ses voiles,

Comme dans un palais dont je ferais le tour

Je vais dans le vallon, contemplant tour à tour

Et le tapis de fleurs et le plafond d’étoiles ;

 

Je vous dirai qu’en moi je porte un ennemi ;

Le doute, qui m’emmène errer dans le bois sombre,

Spectre myope et sourd, qui, fait de jour et d’ombre,

Montre et cache à la fois toute chose à demi.

 

Je vous dirai qu’en moi j’interroge à toute heure

Un instinct qui bégaye, en mes sens prisonnier,

Près du besoin de croire un désir de nier,

Et l’esprit qui ricane auprès du cœur qui pleure.

 

Aussi vous me voyez souvent parlant tout bas,

Et, comme un mendiant à la bouche affamée

Qui rêve assis devant une porte fermée,

On dirait que j’attends quelqu’un qui n’ouvre pas.

 

Le doute ! mot funèbre et qu’en lettres de flammes

Je vois écrit partout, dans l’aube, dans l’éclair,

Dans l’azur de ce ciel, mystérieux et clair,

Transparent pour les yeux, impénétrable aux âmes !

 

C’est notre mal à nous, enfants des passions

Dont l’esprit n’atteint pas votre calme sublime ;

A nous dont le berceau, risqué sur un abîme,

Vogua sur le flot noir des révolutions.

 

Les superstitions, ces hideuses vipères,

Fourmillent sous nos fronts où tout germe est flétri.

Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri

De la religion qui vivait dans nos pères.

 

Voilà pourquoi je vais, triste et réfléchissant ;

Pourquoi souvent, la nuit, je regarde et j’écoute,

Solitaire, et marchant au hasard sur la route

A l’heure où le passant semble étrange au passant.

 

Heureux qui peut aimer, et qui dans la nuit noire,

Tout en cherchant la foi, peut rencontrer l’amour !

Il a du moins la lampe en attendant le jour.

Heureux ce cœur ! Aimer, c’est la moitié de croire.

                                   13 octobre 1835

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 20:27

Suite au décevant « Symbole perdu », je n’avais pas envie d’acheter « Inferno », la nouvelle aventure du célèbre Robert Langdon héros fétiche de Dan Brown depuis le très célèbre et merveilleux Da Vinci Code. Heureusement une amie me l’a prêté, merci Marie !

 

inferno.jpgLes endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale.
Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, se réveille en pleine nuit à l'hôpital. Désorienté, blessé à la tête, il n'a aucun souvenir des dernières trente-six heures. Pourquoi se retrouve-t-il à Florence ? D'où vient cet objet macabre que les médecins ont découvert dans ses affaires ? Quand son monde vire brutalement au cauchemar, Langdon va s'enfuir avec une jeune femme, Sienna Brooks. Rapidement, Langdon comprend qu'il est en possession d'un message codé créé par un éminent scientifique - un génie qui a voué sa vie à éviter la fin du monde, une obsession qui n'a d'égale que sa passion pour l'une des œuvres de Dante Alighieri : le grand poème épique Inferno.
Pris dans une course contre la montre, Langdon et Sienna remontent le temps à travers un dédale de lieux mythiques, explorant passages dérobés et secrets anciens, pour retrouver l'ultime création du scientifique - véritable bombe à retardement - dont personne ne sait si elle va améliorer la vie sur terre ou la détruire.

 

Pas de grands changements dans ce nouveau roman : Langdon va être sollicité pour ses connaissances en symbologie, il va vivre une formidable aventure périlleuse au côté d’une jeune femme, il va parcourir une ville italienne de fond en comble et bien entendu résoudre les énigmes en s’aidant des œuvres des artistes passés, de leurs pensées, de leurs écrits... On aime le style de Dan Brown pour ça, ne le nions pas….

 

Les nouveautés sont les suivantes : tout d’abord les premiers chapitres sont à couper le souffle puisqu’on se retrouve au milieu de l’enquête de Langdon et qu’on ne sait rien de ses premières recherches. Il se retrouve amnésique, paniqué, blessé à la tête et on vit son traumatisme à ses côtés. Pour nous tenir encore plus en haleine, il se fait carrément agresser à l’hôpital, dans sa chambre, on veut le tuer une seconde fois. C’est vraiment sympa de vivre son aventure dans le désordre finalement.

Heureusement pour lui (et pour nous), une médecin Sienna Brooks le sauve in extremis. Cette jeune femme est dotée d’une grande intelligence et à l’avantage d’être italienne et donc de connaître les monuments, les rues, les chefs d’œuvre de Florence comme sa poche.

Florence est la ville que Dan Brown nous fait découvrir dans toute sa splendeur. Ses descriptions précises et subtiles nous mettent l’eau à la bouche et l’on a vraiment envie de prendre le roman avec nous et de visiter Florence à travers lui.

On évoque moins la religion dans cette aventure, on aborde davantage les sciences, la médecine, les problèmes sociaux, les maladies… La pensée du scientifique à l’origine de tous les maux de Langdon est d’ailleurs fortement intéressante puisque encrée dans notre présent. Elle est largement débattue dans ce roman selon différents points de vue et cela rend l’aventure d’autant plus réelle et palpitante.

 

Deux petites déceptions cependant, la pensée du scientifique est trop souvent rabâchée, ça en devient pénible à la longue et la fin de relation entre Robert et Sienna est trop évidente.

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