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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
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  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 01:46

C'est flatteur d'être contactée par un éditeur qui souhaite avoir votre avis sur un ouvrage. Un petit mail qui égaie votre journée, voilà ce qui m'est arrivé il y a quelques mois. Pourquoi moi ? Parce que j'aime les écrits de Shakespeare et car j'en fais part sur mon blog et sur Babelio.

Le titre de l'ouvrage proposé ? Roméo et Juliette avant Shakespeare, les éditions Aux Forges de Vulcain.

Comment résister ? Ben c'est tout simplement impossible donc on achète le livre et on le lit.

 

Commençons par une citation des éditions elles-mêmes à la fin de l'ouvrage : "Les Editions Aux forges de Vulcain forgent patiemment les outils de demain. Elles produisent des textes. Elles ne croient pas au génie, elles croient au travail. Elles ne croient pas à la solitude de l'artiste, mais à la bienveillance mutuelle des artisans. Elles espèrent plaire et instruire. Elles souhaitent changer la figure du monde."

Ben c'est réussi ! Shakespeare est en fait un copieur ! J'en tombe des nues et je ne serai pas la seule, croyez-moi sur parole. Mais comment cela est-il possible ?

C'est très simple et c'est le thème principal de l'ouvrage : Shakespeare s'est appuyé sur des romans existants pour écrire certaines de ses oeuvres. Du pompage pur et simple ? Non quand même pas, il ne faut pas exagérer ! Il a gardé les trames, les noms des personnages parfois et les a mixés à sa sauce. J'entends par là qu'il a ajouté ses plus beaux verbes et vers, son humour, son engagement auprès de la cause féminine bref tout son talent indéniable pour enjoliver les romans originaux.

Et le livre le prouve pour six oeuvres en tout cas puisqu'il met en lumière ces romans oubliés, volés à William Painter, Geoffrey Fenton, Richard Tarlton, George Whestone et Barnabe Rich des auteurs du XVIème siècle.

J'ai tout dévoré avec curiosité, cherchant les similitudes et les variantes d'avec les oeuvres de Shakespeare et je dois avouer que c'était un travail très intéressant. Jusqu'où Shakespeare a-t-il été dans le plagiat si je peux appeler ça ainsi, c'est un peu fort peut-être... Pour Roméo et Juliette par exemple de William Painter, c'est absolument déconcertant et effarant. Ce roman représente le tiers de l'ouvrage et c'est clairement la même histoire, le même titre, les mêmes prénoms mais les noms des familles sont Capellet et Montesque, ça change beaucoup... Ca m'a poignardé mon petit coeur, une petite déception envers mon seigneur et maître, je l'admets. Heureusement, les cinq autres oeuvres (La Joyeuse Epouse, le Capitaine jaloux, Tout est bien qui finit bien, Mesure pour mesure et Apolonius et Silla) sont quand même bien différentes de celles de Shakespeare, nettement plus courtes déjà, rudement moins intéressantes car il y a peu de dialogues, beaucoup trop de descriptions ce qui rend l'ensemble long, mou et moins accrocheur. L'humour de Shakespeare est aussi absent et c'est dommage mais je reconnais que les trames sont parfois quasi-identiques.

 

Alors Shakespeare dans tout ça... Pour Roméo et Juliette, il s'est énormément inspiré du roman publié ici mais il a ajouté sa petite touche personnelle, ses rimes, ses phrases souples et suaves, lourdes de sentiments et de métaphores et c'est pour cela que j'ai choisi l'extrait qui va suivre. Painter avait du talent, c'est sûr et j'ai aimé le lire ; mais il n'avait pas la beauté irréprochable de Shakespeare comme vous pourrez vous en rendre compte par vous-même.

La joyeuse Epouse de Richard Tarlton était agréable à lire. Un humour un peu loupé de nos jours mais sûrement drôle à l'époque. C'était léger et rapide. Shakespeare s'en est peut-être un peu inspiré pour "les joyeuses commères de Windsor".

Le capitaine jaloux de Geoffrey Fenton était franchement laborieux. Je me suis ennuyée, les phrases sont longues, lourdes et freinent vraiment le rythme de l'histoire. On est bien loin d'Othello...

Pour Tout est bien qui finit bien, on retrouve le talent de Painter et c'est à nouveau plaisant à lire. Il parvient encore à capter notre attention et à nous émouvoir du début à la fin. Shakespeare a conservé le titre de cette oeuvre mais a procédé à pas mal de changements quand même.

Mesure pour mesure de George Whestone est une histoire captivante car pleine de rebondissements. La lecture est fluide mais il y a trop de remarques inutiles dans la marge. Mêmes remarques que précédemment pour l'utilisation qu'en a fait Shakespeare.

Pour finir, Apolonius et Silla de Barnabe Rich se lit avec aisance et légèreté, les émotions sont présentes et je reconnais une certaine beauté dans les dialogues. Shakespeare a pu s'en inspirer pour "la nuit des rois".

 

En résumé, à l'exception de Roméo et Juliette, Shakespeare a quand même fait son job. Certes, il a utilisé quelques idées, des bribes par ci, par là mais ses oeuvres sont quand même un bon cran au-dessus. En privilégiant les dialogues aux descriptions, il a su donner un rythme à ses romans, ajouter une touche d'humour souvent présente, bien évidemment beaucoup de beautés et de poésie dans ses textes mais surtout et c'est ce qui manque cruellement dans les cinq derniers ouvrages cités, la femme n'y est pas mise à l'honneur comme Shakespeare sait le faire...

Pour finir, je remercie les Editions "Aux forges de Vulcain" de m'avoir informée de cette parution étrange et surprenante. J'ai vraiment eu plaisir à lire ces romans apparemment "motivateurs", c'était une sympathique découverte que je vous invite à partager.

 

Extrait 1 : Roméo et Juliette : premiers échanges :

"Mercutio, toujours audacieux avec les femmes, tel un lion parmi les agneaux, s'empara soudain de la main de Juliette - Juliette aux mains froides comme glace de montagne, été comme hiver, même à proximité du feu. Assis à la gauche de Juliette, Roméo s'aperçut que Mercutio la tenait par la main droite et, pour éviter d'être supplanté dans son intention, lui prit l'autre main et la serra un peu ; ému par cette faveur singulière, il demeura interdit, incapable de s'exprimer. Lorsqu'elle le vit changer de couleur, elle comprit que la faute en revenait à la force de son amour et, désireuse de lui parler, elle se tourna vers lui et lui dit, d'une voix tremblante où se mêlaient la pudeur virginale et une certaine timidité :

- Béni soit l'instant où vous vous êtes approché.

Elle allait poursuivre sur le même tom mais l'amour lui scella les lèvres et elle ne put achever son propos. Alors le jeune homme, transporté par une joyeuse satisfaction, lui demanda en soupirant à quoi il devait cette heureuse chance ; Juliette, que les regards poignants et l'abord souriant de Roméo avaient enhardie, lui dit alors :

- Monsieur, rien d'étonnant à ce que je me réjouisse de votre venue, quand messire Mercutio, qui me tient la main depuis un moment, m'a transmis le gel de ses mains glacées, alors que par votre courtoisie vous l'avez réchauffée.

Ce à quoi Roméo rétorqua :

 

- Madame, si les cieux m'accordent la faveur de vous rendre service, moi que le hasard a conduit ici en compagnie d'autres messieurs, je m'estime heureux et je ne réclame d'autre récompense pour me combler de satisfaction dans ce monde que de vous servir, vous obéir et vous honorer aussi longtemps que durera ma vie, ce que l'expérience vous prouvera amplement quand vous souhaiterez éprouver mon dévouement. En outre, si ma main en touchant la vôtre a pu vous transmettre la moindre chaleur, sachez que ces flammes sont mortes en comparaison des étincelles jaillissantes que jettent vos beaux yeux quand ils émettent ce feu violent qui a si farouchement enflammé les parties les plus sensibles de mon corps : si vos bonnes grâces ne se portent pas à mon secours, je ne peux manquer de me consumer complètement.

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Published by Satine - dans Shakespeare
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