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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 12:10

A l'heure où la France a été ensanglantée

Par des massacres d'une grande cruauté,

Pensons aux âmes qui se sont envolées

Alors qu'elles n'étaient là que pour s'amuser.

Ils ont arraché leur vie avec lâcheté,

Sans leur laisser une chance de s'échapper,

Simplement parce qu'ils jouissaient d'une liberté

Que seuls les ignorants ne peuvent tolérer.

Fraternité, liberté et égalité,

Notre devise en ces jours de fête doit briller,

Fraternité pour nos amis qui sont tombés,

Pour ces connaissances qui ce soir vont manquer ;

Egalité, nous aurions pu être visés

Nous le serons peut-être à l'avenir, qui sait ?

Liberté, le souhait de tant de persécutés,

Une richesse qu'on n'abandonnera jamais !

Chers amis, levons notre tête avec fierté,

Ne les laissons pas nous briser, nous enfermer,

La peur ne doit en aucun cas nous cloisonner,

Au contraire, elle nous invite à résister.

Que nos verres ne soient pas remplis à moitié,

Que nos sourires ne soient pas tendus, crispés,

Que nos sentiments soient sincères, vrais, entiers,

Que nos accolades durent une éternité.

Vivons ensemble, profitons de ces soirées,

Rions de bon coeur, haut et fort, à la criée,

Montrons-leur que l'échine ne sera courbée

Que quand la Faucheuse viendra nous emporter.

Profitons de Noël, de la nouvelle année

Pour rendre hommage aux absents qui nous ont quitté,

Aux chaises qui seront bien trop inoccupées,

Aux sourires qui ne seront plus distribués.

Vengeons-les à travers nos joies, notre gaieté,

Offrons aux autres ce qu'ils auraient partagé.

Passez de très bonnes fêtes de Noël,

Profitez à fond,

Vivez !

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Published by Satine - dans Evènements
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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:39

Comme promis, un long poème d'Hugo qui fait froid dans le dos tout simplement.

Souvenir de la nuit du 4

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand'mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son œil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - Comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer,
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant? Ah! mon Dieu !
On est donc des brigands ? Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que l
ui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -


Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne consol
e pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand'mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le l
inceul des enfants de sept ans.

2 décembre 1852. Jersey.

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 17:58

R.J. Ellory est un grand auteur de thrillers, cela ne fait plus aucun doute dans ma tête. Après avoir été conquise par "Les anonymes" puis "Mauvaise étoile", voilà qu'il me tombe entre les mains son premier roman "Seul le silence". Je remercie d'ailleurs chaleureusement mon amie Delphine pour le prêt...

Sur la première et la quatrième de couverture de ce roman, on peut dire que les hommages sont nombreux même sur mon petit livre de poche : "Un livre magnifique, qui vous hantera longtemps." Michael Connelly, "Ellory, dont on a hâte de lire les autres romans, a mis au point un subtil cocktail de mélancolie et d'effroi dont on n'est pas près d'oublier la saveur." Héléna Villovitch, Elle, "Un véritable piège, dévorant, parfaitement construit... une révélation." Michel Abescat, Télérama.

Quatrième de couverture : Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient...

Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R.J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu'il met en jeu.

Prix du roman noir, Le Nouvel Observateur.

Il y a des gens qui ne sont pas faits pour être heureux, des personnes qui n'ont pas le droit au bonheur absolu et sans ombrage. Joseph fait partie de ces gens-là malheureusement. Plus on avance dans le roman, plus on prend la souffrance de ce petit garçon puis de ce jeune homme dans la face à tel point qu'on se demande jusqu'où son courage et sa détermination vont le mener.

Il passe sa jeunesse dans un vieux village de Géorgie auprès de sa mère car son père est décédé. Il a des amis proches, il va à l'école et apprécie sa maîtresse mais surtout il a une passion pour l'écriture, un don que sa maîtresse tente à tout prix de mettre en lumière et de développer.

Mais les meurtres arrivent dans son petit village paisible, des petites filles sont violemment assassinées, des amies de Joseph, des élèves de sa classe qu'il fréquentait plus ou moins et cette sauvagerie le prend aux tripes, il veut mettre fin à cette cruauté, il cherche à être utile. Son jeune âge est bien évidemment un obstacle ainsi que sa peur naturelle et logique, les meurtres se poursuivent et atteignent les comtés alentour avec toujours plus de sauvagerie.

La mère de Joseph finit par perdre la raison et elle est placée dans une Institution qui tentera de la sauver pendant de longues années. C'est un coup douloureux supplémentaire dans l'esprit de Joseph qui doit trouver de petits boulots ici et là pour survivre. Il se réfugie alors davantage dans l'écriture de nouvelles. Heureusement la police pense avoir trouvé le tueur en série, c'est un proche de Joseph mais ce dernier ne cesse de se poser des questions sur cet homme qu'il a si souvent fréquenté.

Puis arrive enfin un rayon de soleil dans la vie noire et sombre de Joseph : une jeune fille qu'il aime à la folie et qu'il épouse. On se dit que ça va enfin bien aller pour lui, il a une compagne, une passion qui se développe plutôt bien, il va goûter au bonheur, mais non, l'auteur a décidé jusqu'au bout de crucifier le coeur de son héros. Joseph s'enfuit alors à New York où il espère faire publier ses oeuvres et en écrire bien d'autres. Mais c'est dans cette grande ville moderne que son destin va à nouveau l'emporter vers le meurtre et le sang. Sa Géorgie lointaine va l'appeler, les crimes se poursuivent et salissent Joseph au plus haut point. Il comprend alors qu'il ne pourra libérer son esprit torturé que s'il découvre l'identité du véritable meurtrier.

Pour un premier roman, je dois admettre que c'est une véritable réussite. Ellory nous embarque dans un crépuscule total, la nuit et toutes ses horreurs nous étreignent sans nous lâcher une seule seconde, les péripéties se multiplient et nous surprennent, ce roman est une danse avec les ombres qui vous essoufflera du début à la fin. Soyez prêts !

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 16:41

Place à deux courts poèmes car le prochain sera très long... Bonne lecture rapide mais magnifique quand même, c'est Hugo !

XI

I

[...]

II
Ô peuples douloureux, il faut bien qu’on vous venge !
Les rhéteurs froids m’ont dit : Le poëte, c’est l’ange,
Il plane, ignorant Fould, Magnan, Morny, Maupas ;
Il contemple la nuit sereine avec délices… -
Non, tant que vous serez complices
De ces crimes hideux que je suis pas à pas,
Tant que vous couvrirez ces brigands de vos voiles,
Cieux azurés, soleils, étoiles,
Je ne vous regarderai pas !

Tant qu’un gueux forcera les bouches à se taire,
Tant que la liberté sera couchée à terre
Comme une femme morte et qu’on vient de noyer,
Tant que dans les pontons on entendra des râles,
J’aurai des clartés sépulcrales
Pour tous ces fronts abjects qu’un bandit fait ployer ;
Je crierai : Lève-toi, peuple ! ciel, tonne et gronde !
La France, dans sa nuit profonde,
Verra ma
torche flamboyer !

III
Ces coquins vils qui font de la France une Chine,
On entendra mon fouet claquer sur leur échine.
Ils chantent : Te Deum, je crierai : Memento !
Je fouaillerai les gens, les faits, les noms, les titres,
Porte-sabres et porte-mitres ;
Je les tiens dans mon vers comme dans un étau.
On verra choir surplis, épaulettes, bréviaires,
Et César, sous mes étrivières,
Se sauver, troussant son
manteau !

Et les champs, et les prés, le lac, la fleur, la plaine,
Les nuages, pareils à des flocons de laine,
L’eau qui fait frissonner l’algue et les goëmons,
Et l’énorme océan, hydre aux écailles vertes,
Les forêts de rumeurs couvertes,
Le phare sur les flots, l’étoile sur les monts,
Me reconnaîtront bien et diront à voix basse :
C’est un esprit vengeur qui passe,
Chassant devant lui les
démons !

13 novembre. Jersey.

Confrontations

Ô cadavres, parlez ! quels sont vos assassins ?
Quelles mains ont plongé ces stylets dans vos seins ?
Toi d'abord, que je vois dans cette ombre apparaître,
Ton nom ? — Religion. — Ton meurtrier ? — Le prêtre.
— Vous, vos noms ? — Probité, pudeur, raison, vertu.
— Et qui vous égorgea ? — L'église. — Toi, qu'es-tu ?
— Je suis la foi publique. — Et qui t'a poignardée ?
— Le serment. — Toi, qui dors de ton sang inondée ?
— Mon nom était justice. — Et quel est ton bourreau ?
— Le juge. — Et toi, géant, sans glaive en ton fourreau
Et dont la boue éteint l'auréole enflammée ?
— Je m'appelle Austerlitz. — Qui t'a tué ? — L'armée.

30 janvier

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 11:05

"Je suis né demain

Aujourd'hui je vis

Hier m'a tué"

Parviz Owsia

Voici la citation très shakespearienne qui précède la première partie du livre. L'auteur n'aurait pas pu mieux trouver pour résumer son roman. C'est une excellente mise en bouche contre-temporelle certes mais absolument parfaite pour l'histoire originale qui suit.

Avant d'utiliser les parties de cette citation pour vous donner l'envie de lire le roman, place à la quatrième de couverture :

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir à sa grande surprise qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis plus de vingt ans.

Tous les traitements ayant jusque-là échoués, son dernier espoir réside dans son nouveau neuropsychologue, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime pour l'aider à se remémorer son quotidien et ainsi rassembler peu à peu les fils de son existence. Quand Christine commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, elle est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Commençons par la fin de la citation d'Owsia pour vous donner des informations complémentaires :

"Hier m'a tué" : Christine est amnésique à cause d'un incident survenu dans le passé bien évidemment et c'est cet accident qui est à l'origine de son cauchemar quotidien : elle ne sait pas où elle est, avec qui, quel âge elle a, quelle est sa vie lorsqu'elle se réveille dans son lit tous les matins. C'est la panique totale d'autant plus qu'à ses côtés est allongé un homme qu'elle ne connaît pas mais qui est son époux Ben. On n'a guère de mal à imaginer son angoisse perpétuelle et c'est ce que les premières pages du roman nous révèlent, nous décrivent merveilleusement sans répétition aucune, sans redondance lourde et soporifique.

"Aujourd'hui je vis" : elle a oublié son passé, elle a perdu des années de vie mais c'est aujourd'hui et chaque jour qu'elle reconstruit peu à peu son histoire. Ses rêves, ses entretiens avec le Dr Nash, ses discussions avec Ben son mari, ses sorties avec le Dr Nash sur les traces de son passé et quelques photos vont l'aider à compléter son journal intime, quelques lignes d"écriture quotidiennes qui retracent une partie de la vie qu'elle a vécue, des mots qu'elle relit chaque matin à son réveil dès le coup de téléphone du Dr Nash qui lui rappelle qui il est, les raisons de son amnésie et où elle cache son journal. Cette initiative est très importante, elle réduit les angoisses de Christine et lui permet d'avancer chaque jour un peu plus sur le chemin de son passé.

"Je suis né demain" : on attend qu'une chose bien évidemment, nous lecteurs vibrant à chaque découverte de Christine, c'est de connaître son histoire. C'est ce dont Christine rêve bien évidemment, c'est ce dont elle a besoin pour vivre normalement sans le rituel cauchemardesque du matin, sans faire de la peine à son entourage qu'elle ne reconnaît pas, sans se poser toutes ces questions qui l'assomment à chaque flash dans sa tête, à chaque parole de son mari ou de son médecin. C'est ce retour aux sources évanoui qui va lui donner un avenir, une renaissance...

Pour ne pas vous dévoiler trop d'indices et vous gâcher le plaisir de la découverte, je vais m'arrêter ainsi. Bien évidemment, c'est un roman passionnant que je vous conseille vivement, c'est une histoire inédite, un passé qui se construit peu à peu et qui se heurte à un présent, des pages de vie qui attireront votre attention sans la lâcher. S.J. Watson signe ici son premier ouvrage, c'est une belle réussite, j'attends avec impatience un autre voyage sous sa plume.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 00:12

Poursuivons notre lecture engagée. Ici le second extrait est particulièrement poignant.

Le Te Deum du 1er janvier 1852

Prêtre, ta messe, écho des feux de peloton,
Est une chose impie.
Derrière toi, le bras ployé sous le menton,
Rit la mort accroupie.

Prêtre, on voit frissonner, aux cieux d’où nous venons,
Les anges et les vierges,
Quand un évêque prend la mèche des canons
Pour allumer les cierges.

Tu veux être au sénat, voir ton siège élevé
Et ta fortune accrue.
Soit ; mais pour bénir l’homme, attends qu’on ait lavé
Le pavé de la rue.

Peuples, gloire à Gessler ! meure Guillaume Tell !
Un râle sort de l’orgue.
Archevêque, on a pris pour bâtir ton autel
Les dalles de la morgue.

Quand tu dis : – Te Deum ! nous vous louons, Dieu fort !
Sabaoth des armées ! -
Il se mêle à l’encens une vapeur qui sort
Des fosses mal fermées.

On a tué, la nuit, on a tué, le jour,
L’homme, l’enfant, la femme !
Crime et deuil ! Ce n’est plus l’aigle, c’est le vautour
Qui vole à Notre-Dame.

Va, prodigue au bandit les adorations :
Martyrs, vous l’entendîtes !
Dieu te voit, et là-haut tes bénédictions,
Ô prêtre, sont maudites !

Les proscrits sont partis, aux flancs du ponton noir,
Pour Alger, pour Cayenne ;
Ils ont vu Bonaparte à Paris, ils vont voir
En Afrique l’hyène.

Ouvriers, paysans qu’on arrache au labour,
Le sombre exil vous fauche !
Bien, regarde à ta droite, archevêque Sibour,
Et regarde à ta gauche :

Ton diacre est Trahison et ton sous-diacre est Vol ;
Vends ton Dieu, vends ton âme.
Allons, coiffe ta mitre, allons, mets ton licol,
Chante, vieux prêtre infâme !

Le meurtre à tes côtés suit l’office divin,
Criant : feu sur qui bouge !
Satan tient la burette, et ce n’est pas de vin
Que ton ciboire est rouge.
7 novembre. Jersey.

A un martyr

(On lit dans les Annales de la propagation de la Foi : "Une lettre de Hong-Kong (Chine), en date du 24 juillet 1852, nous annonce que M. Bonnard, missionnaire de Tong-King, a été décapité pour la foi, le 1er mai dernier. Ce nouveau martyr était né dans le diocèse de Lyon et appartenait à la Société des Missions étrangères. Il était parti pour le Tong-King en 1849.")

Ô saint prêtre ! grande âme ! oh ! je tombe à genoux !
Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous,
Il n'en a pas compté le nombre ;
Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;
Il a considéré la croix de Jésus-Christ
Toute rayonnante dans l'ombre.

Il a dit : — « C'est le Dieu de progrès et d'amour.
Jésus, qui voit ton front croit voir le front du jour.
Christ sourit à qui le repousse.
Puisqu'il est mort pour nous, je veux mourir pour lui ;
Dans son tombeau, dont j'ai la pierre pour appui,
Il m'appelle d'une voix douce.

[...]

Il s'est dit qu'il est bon d'éclairer dans leur nuit
Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,
Dont l'âme est couverte de voiles ;
Puis il s'en est allé, dans les vents, dans les flots,
Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,
Les yeux fixés sur les étoiles.

II.

Ceux vers qui cet apôtre allait, l'ont égorgé.

III.

Oh ! tandis que là-bas, hélas ! chez ces barbares,
S'étale l'échafaud de tes membres chargé,
Que le bourreau, rangeant ses glaives et ses barres,
Frotte au gibet son ongle où ton sang s'est figé ;

Ciel ! tandis que les chiens dans ce sang viennent boire,
Et que la mouche horrible, essaim au vol joyeux,
Comme dans une ruche entre en ta bouche noire
Et bourdonne au soleil dans les trous de tes yeux ;

Tandis qu'échevelée, et sans voix, sans paupières,
Ta tête blême est là sur un infâme pieu,
Livrée aux vils affronts, meurtrie à coups de pierres,
Ici, derrière toi, martyr, on vend ton Dieu !

Ce Dieu qui n'est qu'à toi, martyr, on te le vole !
On le livre à Mandrin, ce Dieu pour qui tu meurs !
Des hommes, comme toi revêtus de l'étole,
Pour être cardinaux, pour être sénateurs,

Des prêtres, pour avoir des palais, des carrosses,
Et des jardins l'été riant sous le ciel bleu,
Pour argenter leur mitre et pour dorer leurs crosses,
Pour boire de bon vin, assis près d'un bon feu,

Au forban dont la main dans le meurtre est trempée,
Au larron chargé d'or qui paye et qui sourit,
Grand Dieu ! retourne-toi vers nous, tête coupée !
Ils vendent Jésus-Christ ! ils vendent Jésus-Christ !

Ils livrent au bandit, pour quelques sacs sordides,
L'évangile, la loi, l'autel épouvanté,
Et la justice aux yeux sévères et candides,
Et l'étoile du coeur humain, la vérité !

Les bons jetés, vivants, au bagne, ou morts, aux fleuves,
L'homme juste proscrit par Cartouche Sylla,
L'innocent égorgé, le deuil sacré des veuves,
Les pleurs de l'orphelin, ils vendent tout cela !

Tout ! la foi, le serment que Dieu tient sous sa garde,
Le saint temple où, mourant, tu dis : Introïbo,
Ils livrent tout ! pudeur, vertu ! — martyr, regarde,
Rouvre tes yeux qu'emplit la lueur du tombeau ; —

Ils vendent l'arche auguste où l'hostie étincelle !
Ils vendent Christ, te dis-je ! et ses membres liés !
Ils vendent la sueur qui sur son front ruisselle,
Et les clous de ses mains, et les clous de ses pieds !

Ils vendent au brigand qui chez lui les attire
Le grand crucifié sur les hommes penché ;
Ils vendent sa parole, ils vendent son martyre,
Et ton martyre à toi par-dessus le marché !

Tant pour les coups de fouet qu'il reçut à la porte !
César ! tant pour l'amen, tant pour l'alléluia !
Tant pour la pierre où vint heurter sa tête morte !
Tant pour le drap rougi que sa barbe essuya !

Ils vendent ses genoux meurtris, sa palme verte,
Sa plaie au flanc, son oeil tout baigné d'infini,
Ses pleurs, son agonie, et sa bouche entr'ouverte,
Et le cri qu'il poussa : Lamma Sabacthani !

Ils vendent le sépulcre ! ils vendent les ténèbres !
Les séraphins chantant au seuil profond des cieux,
Et la mère debout sous l'arbre aux bras funèbres,
Qui, sentant là son fils, ne levait pas les yeux !

Oui, ces évêques, oui, ces marchands, oui, ces prêtres
A l'histrion du crime, assouvi, couronné,
A ce Néron repu qui rit parmi les traîtres,
Un pied sur Thraséas, un coude sur Phryné,

Au voleur qui tua les lois à coups de crosse,
Au pirate empereur Napoléon dernier,
Ivre deux fois, immonde encor plus que féroce,
Pourceau dans le cloaque et loup dans le charnier,

Ils vendent, ô martyr, le Dieu pensif et pâle
Qui, debout sur la terre et sous le firmament,
Triste et nous souriant dans notre nuit fatale,
Sur le noir Golgotha saigne éternellement !
du 5 au 8 décembre 1852. Jersey.

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 02:43

C'est un livre que Broots, un ami, m'a conseillé. Il faut dire que nous avons à peu près les mêmes goûts littéraires puisque ce n'est pas la première fois que nous nous échangeons nos livres. Je n'ai qu'un mot à lui dire : MERCI. Ce thriller est vraiment surprenant !

Quatrième de couverture : Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée, livrée à l'inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne. Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve l'extraordinaire talent de l'auteur de Robe de marié.

C'est difficile de parler de cette histoire sans finalement trop en dévoiler. Commençons par ce qui est déjà évoqué ci-dessus, Alex est donc kidnappée un soir alors qu'elle rentrait chez elle à pied. Son agresseur lui fait subir des supplices sincèrement horribles, terriblement douloureux mais elle s'accroche et refuse de baisser les bras. C'est son courage et sa détermination qui seront son salut et la sauvera.

Elle s'enfuit mais craint toujours pour sa vie. Aussi prend-elle toutes les précautions nécessaires pour que son bourreau ne remette pas la main sur elle. Elle change de nom, déménage et part à l'aventure.

Voilà, ça c'est le premier tiers du roman et je ne vous en dirai pas plus, c'est impossible car je gâcherais tout l'intérêt de ce thriller. Il est tellement chargé de surprises, de rebondissements qu'on ne peut pas en parler davantage. Je ne peux que vous conseiller vivement de vous laisser tenter car j'en suis sûre vous ne serez jamais autant promenés par un auteur. Tout au long du roman, Pierre Lemaître vous tient par la main et vous emmène là où il le veut quand il le souhaite sans que vous puissiez vous douter de quoi que ce soit. Et vous allez le laisser vous perdre avec bonheur, enthousiasme, gourmandise car les pages vous allez les dévorer.

Etonnement sur étonnement, c'est cela qui vous attend alors courez l'acheter !

Extrait : Au cours de la nuit suivante, Alex est tombée dans une sorte de coma. Son esprit ne se fixait sur rien, elle avait l'impression que toute sa masse musculaire avait fondu, qu'elle n'était plus que des os, qu'elle était réduite à un raidissement total, une immense contracture des pieds à la tête. Jusqu'ici, elle était parvenue à se tenir une discipline, des exercices minuscules qu'elle renouvelait à peu près toutes les heures. Bouger d'abord les doigts des pieds, puis les chevilles, les tourner dans un sens, trois fois, puis dans l'autre, trois fois aussi, remonter, les mollets, serrer les mollets, les détendre, resserrer, de chaque côté, étirer la jambe droite le plus loin possible, la ramener, recommencer, trois fois, etc. Mais maintenant, elle ne sait plus si elle a rêvé ses exercices où si elle les a fait vraiment. Ce qui l'a réveillée, ce sont ses gémissements. Au point qu'elle a pensé que c'était quelqu'un d'autre, une voix extérieure à elle. Des petits râles qui venaient du ventre, des sonorités qu'elle ne connaissait pas.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 00:07

Un nouvel extrait à nouveau très long mais ce poème est d'une telle force qu'il ne pouvait être coupé davantage... Bonne lecture

Nox

[...]

Le coup d'Etat qui sort flamboyant de la forge !
Les tribuns pour le droit luttent : qu'on les égorge !
Routiers, condottieri , vendus, prostitués,
Frappez ! tuez Baudin ! tuez Dussoubs ! tuez !
Que fait hors des maisons ce peuple ? Qu'il s'en aille !
Soldats, mitraillez-moi toute cette canaille !
Feu ! feu ! tu voteras ensuite, ô peuple roi !
Sabrez le droit, sabrez l'honneur, sabrez la loi !
Que sur les boulevards le sang coule en rivières !
Du vin plein les bidons ! des morts plein les civières !
Qui veut de l'eau-de-vie ? En ce temps pluvieux
Il faut boire. Soldats, fusillez-moi ce vieux,
Tuez-moi cet enfant. Qu'est-ce que cette femme ?
C'est la mère ? tuez. Que tout ce peuple infâme
Tremble, et que les pavés rougissent ses talons !
Ce Paris odieux bouge et résiste. Allons !
Qu'il sente le mépris, sombre et plein de vengeance,
Que nous, la force, avons pour lui, l'intelligence !
L'étranger respecta Paris ; soyons nouveaux !
Traînons-le dans la boue aux crins de nos chevaux !
Qu'il meure ! qu'on le broie et l'écrase et l'efface !
Noirs canons, crachez-lui vos boulets à la face !

[...]

Les vainqueurs en hurlant dansent sur les décombres.

Des tas de corps saignants gisent dans les coins sombres.

Le soldat, gai, féroce, ivre, complice obscur,

Chancelle, et, de la main dont il s'appuie au mur,

Achève d'écraser quelque cervelle humaine.

On boit, on rit, on chante, on ripaille, on amène,

Des vaincus qu'on fusille, hommes, femmes, enfants,

Les généraux dorés galopent triomphants,

Regardés par les morts tombés à la renverse.

Bravo ! César a pris le chemin de la traverse !

Courons féliciter l'Elysée à présent.

Du sang dans les maisons, dans les ruisseaux du sang,

Partout ! Pour enjamber ces effroyables mares,

Les juges lestement retroussent leurs simarres,

Et l'église joyeuse en emporte un caillot

Tout fumant, pour servir d'écritoire à Veuillot.

Oui, c'est bien vous qu'hier, riant de vos férules,

Un caporal chassa de vos chaises curules,

Magistrats ! Maintenant que, reprenant du coeur,

Vous êtes bien certains que Mandrin est vainqueur,

Que vous ne serez pas obligés d'être intègres,

Que c'est lui qui paîra désormais, et très bien,

Qu'il a pris le budget, que vous ne risquez rien,

Qu'il a bien étranglé la loi, qu'elle est bien morte,

Et que vous trouverez ce cadavre à la porte,

Accourez, acclamez, et chantez hosanna !

Oubliez le soufflet qu'hier il vous donna,

Et puisqu'il a tué vieillards, mères et filles,

Puisqu'il est dans le meurtre entré jusqu'aux chevilles,

Prosternez-vous devant l'assassin tout-puissant,

Et léchez-lui les pieds pour effacer le sang !

[...]

Où sont-ils ? Sur les quais, dans les cours, sous les ponts,
Dans l’égout, dont Maupas fait lever les tampons,
Dans la fosse commune affreusement accrue,
Sur le trottoir, au coin des portes, dans la rue,
Pêle-mêle entassés, partout ; dans les fourgons
Que vers la nuit tombante escortent les dragons,
Convoi hideux qui vient du Champ de Mars, et passe,
Et dont Paris tremblant s’entretient à voix basse.
Ô vieux mont des martyrs, hélas, garde ton nom !
Les morts, sabrés, hachés, broyés par le canon,
Dans ce champ que la tombe emplit de son mystère,
Etaient ensevelis la tête hors de terre.
Cet homme les avait lui-même ainsi placés,
Et n’avait pas eu peur de tous ces fronts glacés.
Ils étaient là, sanglants, froids, la bouche entr'ouverte,
La face vers le ciel, blêmes dans l’herbe verte,
Effroyables à voir dans leur tranquillité,
Eventrés, balafrés, le visage fouetté
Par la ronce qui tremble au vent du crépuscule ;
Tous, l’homme du faubourg qui jamais ne recule,
Le riche à la main blanche et le pauvre au bras fort,
La mère qui semblait montrer son enfant mort,
Cheveux blancs, tête blonde, au milieu des squelettes,
La belle jeune fille aux lèvres violettes,

Côte à côte rangés dans l’ombre au pied des ifs,
Livides, stupéfaits, immobiles, pensifs,
Spectres du même crime et des mêmes désastres,
De leur œil fixe et vide ils regardaient les astres.
Dès l’aube, on s’en venait chercher dans ce gazon
L’absent qui n’était pas rentré dans la maison ;
Le peuple contemplait ces têtes effarées ;
La nuit, qui de décembre abrège les soirées,
Pudique, les couvrait du moins de son linceul.
Le soir, le vieux gardien des tombes, resté seul,
Hâtait le pas parmi les pierres sépulcrales,
Frémissant d’entrevoir toutes ces faces pâles ;
Et tandis qu’on pleurait dans les maisons en deuil,
L’âpre bise soufflait sur ces fronts sans cercueil,
L’ombre froide emplissait l’enclos aux murs funèbres.
Ô morts, que disiez-vous à Dieu dans ces ténèbres ?

On eût dit, en voyant ces morts mystérieux
Le cou hors de la terre et le regard aux cieux,
Que, dans le cimetière où le cyprès frissonne,
Entendant le clairon du jugement qui sonne,
Tous ces assassinés s’éveillaient brusquement,
Qu’ils voyaient, Bonaparte, au seuil du firmament
Amener devant Dieu ton âme horrible et fausse,
Et que, pour témoigner, ils sortaient de leur fosse.

Montmartre ! enclos fatal ! quand vient le soir obscur
Aujourd’hui le passant évite encor ce mur.

16 - 22 novembre. Jersey.

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 17:17

Il y a des instants marquants,

Des moments forts en émotion

Qui perdurent à travers le temps

Au point qu'on en perd la notion.

Cette journée a été magique,

Nos invités ont joué le jeu,

Leurs costumes étaient magnifiques,

On en prit plein les yeux.

Merci à vous tous chers amis

De soutenir notre délire,

Merci à nos deux familles

Pour leur bonne humeur, leurs rires.

Quant à toi, mon tendre époux,

Merci pour nos épousailles,

C'était un projet un peu fou

Qui méritait qu'on l'assaille.

Un dépaysement total,

Une incursion dans le passé,

Une décoration médiévale

A la lumière des chandeliers.

Une musique d'un autre siècle

Accompagnait nos victuailles,

Alors que sur la piste en cercle

Nos corps dansant livraient bataille.

Les surprises étaient inévitables :

Une pièce de théâtre comique,

Une danse vraiment inoubliable,

Une chanson, un poème lyrique.

Tout était réuni pour que ce jour

Reste à jamais gravé dans nos esprits,

Merci aux seigneurs, dames et troubadours

D'avoir fait rimer amour et magie.

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Published by Satine - dans Amour
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 17:04
Mauvaise étoile de R.J Ellory

Je connaissais R.J Ellory grâce à son roman les Anonymes dont je vous ai déjà parlé. J'avais apprécié l'intrigue, le style de l'écrivain alors autant renouveler l'expérience. Pas de déception à nouveau. Cette histoire est totalement différente puisqu'elle est centrée sur des adolescents et non sur la CIA, la mafia ou NYPD.

A l'origine, il s'agit de deux frères Clarence dit Clay et Elliott dit Digger qui ont eu la malchance de naître dans une mauvaise famille. Après avoir vu un de leur père tuer leur mère, ils sont placés dans des maisons de correction où ils vont subir les méchancetés des autres enfants mais aussi des responsables de l'institution. Ce qui les sauve, c'est l'amour qu'ils se portent tous les deux. En effet, Digger, l'aîné, protège son frère sans relâche et Clay considère son grand frère comme un héros.

Tout bascule le jour où Sheridan, un psychopathe cruel, violent, un meurtrier sans scrupule va les prendre en otage et les emmener avec lui en cavale.

Quatrième de couverture : Texas, 1964. Après l'assassinat de leur mère, Elliott et Clarence ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maison de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otage pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, les deux adolescents se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, les policiers, lancés à leurs trousses, et en particulier l'inspecteur Cassidy, ne sont pas au bout de leurs surprises.

Sheridan va être l'élément déclencheur de la cruauté, de la haine, d'un besoin irrépressible de vengeance de Digger. Cette malheureuse coopération va le faire totalement basculer dans une folie meurtrière viscérale de plus en plus sombre. Clay va perdre le frère, le protecteur qu'il a toujours connu et encensé. Il sera complètement perdu et effrayé, terriblement seul.

Heureusement pour lui, une autre rencontre va le faire renaître. L'histoire va alors s'imbriquer autour de trois protagonistes principaux : Digger et sa folie, Clay et sa survie, les policiers et leurs enquêtes.

R.J Ellory parvient sans mal à nous attendrir avec Clay, à nous horrifier avec les pensées lugubres et violentes de Digger et Sheridan et à nous captiver avec les éléments des enquêtes de Cassidy, du FBI et des policiers des petites villes ensanglantées. C'est un véritable thriller sombre qui nous tient en haleine, nous surprend et nous enchante. A lire absolument !

Extrait : Ses mains éclaboussées de sang serraient le volant de toutes leurs forces, ses lèvres retroussées laissaient voir ses dents, son corps était tendu comme un ressort.

Digger se tourna vers Clay. Clay ne croisa pas son regard. Il tentait d'être invisible.

"T'aurais dû voir ça, dit Digger d'un ton excité, les mots franchissant ses lèvres à toute allure. T'aurais dû voir ça... il pissait le sang. Le gros porc... il pissait le sang..."

Il se mit à rire comme un dément, regarda Earl, la route. C'est alors qu'il prit conscience de son odeur, de l'urine qui avait imprégné son pantalon. Digger baissa la tête, puis il regarda Clay, et il y avait quelque chose de terrifiant dans son regard. Comme s'il avait désormais peur de lui-même mais était allé trop loin pour faire machine arrière.

Clay tendit la main vers l'épaule de son frêre. Digger la repoussa d'une gifle.

"Fous-moi la paix, dit-il. Fous-moi la paix, Clay..."

Clay fixa Digger du regard comme pour lui faire passer un message. Tu as le choix. Il n'est pas trop tard. On peut s'en sortir. On a survécu à tout jusqu'à maintenant. Laisse-moi t'aider. Ne fais pas ça, Digger... ne fais pas ça...

Mais Digger ne l'entendit pas.

Il se contenta de lancer à son frère un regard à la fois honteux et haineux... un regard mauvais.

Quelque chose s'était produit en Digger et Clay ne le reconnaissait plus.

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