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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 00:54

Voici un petit poème que j'ai écrit à ma belle-soeur pour ses 50 ans...

C'est le genre de texte qui fait plaisir quand on a du mal à passer le cap. Celui-ci a cependant été rédigé avec honnêteté, sans hypocrisie.

Cinquante ans et pourtant le temps n'a pas de prise,

Il glisse sur toi comme une caresse, une brise.

Nul de pourrait trouver ton âge en te regardant,

Quel que soit le lieu où ses yeux s'égareront.

Ultime outrage ou vengeance à ce mauvais temps,

As-tu payé les dieux, soudoyé les démons ?

N'ont-ils pas compris à qui ils avaient affaire ?

T'ont-ils admis au rang de déesse éphémère ?

En tout cas, nous te souhaitons un bon anniversaire,

Arrosons cela par un bon repas, quelques verres,

N'oublions pas que la vie doit être vécue

Sans aucun détour ni aucune retenue.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 18:13

Un poème très poignant où Hugo ne cache pas sa colère et réclame un châtiment, ça tombe bien en quelque sorte... Bonne lecture mes amis !

Sacer esto

Non, liberté ! non, peuple, il ne faut pas qu'il meure !
Oh ! certes, ce serait trop simple, en vérité,
Qu'après avoir brisé les lois, et sonné l'heure
Où la sainte pudeur au ciel a remonté ;

Qu'après avoir gagné sa sanglante gageure,
Et vaincu par l'embûche, et le glaive, et le feu ;
Qu'après son guet-apens, ses meurtres, son parjure,
Son faux serment, soufflet sur la face de Dieu ;

Qu'après avoir traîné la France, au coeur frappée,
Et par les pieds liée, à son immonde char,
Cet infâme en fût quitte avec un coup d'épée
Au cou comme Pompée, au flanc comme César !

Non ! il est l'assassin qui rôde dans les plaines,
Il a tué, sabré, mitraillé sans remords,
Il fit la maison vide, il fit les tombes pleines,
Il marche, il va, suivi par l'oeil fixe des morts ;

À cause de cet homme, empereur éphémère,
Le fils n'a plus de père et l'enfant plus d'espoir,
La veuve à genoux pleure et sanglote, et la mère
N'est plus qu'un spectre assis sous un long voile noir ;

Pour filer ses habits royaux, sur les navettes
On met du fil trempé dans le sang qui coula ;
Le boulevard Montmartre a fourni ses cuvettes,
Et l'on teint son manteau dans cette pourpre-là ;

Il vous jette à Cayenne, à l'Afrique, aux sentines,
Martyrs, héros d'hier et forçats d'aujourd'hui !
Le couteau ruisselant des rouges guillotines
Laisse tomber le sang goutte à goutte sur lui ;

Lorsque la trahison, sa complice livide,
Vient et frappe à sa porte, il fait signe d'ouvrir ;
Il est le fratricide ! il est le parricide ! -
Peuples, c'est pour cela qu'il ne doit pas mourir !

Gardons l'homme vivant. Oh ! châtiment superbe !
Oh ! s'il pouvait un jour passer par le chemin,
Nu, courbé, frissonnant, comme au vent tremble l'herbe.
Sous l'exécration de tout le genre humain !

Étreint par son passé tout rempli de ses crimes
Comme par un carcan tout hérissé de clous,
Cherchant les lieux profonds, les forêts, les abîmes,
Pâle, horrible, effaré, reconnu par les loups ;

Dans quelque bagne vil n'entendant que sa chaîne,
Seul, toujours seul, parlant en vain aux rochers sourds,
Voyant autour de lui le silence et la haine,
Des hommes nulle part et des spectres toujours ;

Vieillissant, rejeté par la mort comme indigne,
Tremblant sous la nuit noire, a
ffreux sous le ciel bleu... -
Peuples, écartez-vous ! cet homme porte un signe ;
Laissez passer Caïn ! il appartient à Dieu.

14 novembre. Jersey.

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 20:08

Il y a quelques temps, un ami de mon mari souhaitait avoir mon avis sur des livres de vampires. Je lui ai donc fait un petit condensé d'ouvrages que j'ai aimés voire dévorés et d'autres qui m'ont déçue. Je me suis limitée à quatre livres en évitant les séries trop longues comme Anita Blake que j'adore. Voilà mon article ainsi qu'un lien vers le blog : http://umac2.blogspot.fr/

C'était bien difficile de faire un choix. Pourquoi en choisir un plutôt qu'un autre ? Mes étagères regorgent de romans, de séries dont les héros ou les méchants sont des vampires. Fallait-il sélectionner les gentils vampires de Twilight, les chasseurs de vampire comme Anita Blake ou les suceurs de sang qui tuent à loisir ? Voici les élus, ceux qui me tiennent le plus à coeur, ceux que j'ai préféré mais aussi celui qui m'a déçue.

1) La trilogie de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan : "la lignée"

Incontournable !

C'est un film sur papier, la patte, le génie de Guillermo Del Toro dans une aventure à couper le souffle. Ce n'est pas pour rien que le premier tome a eu pour publicité une bande annonce de film ! Pour finir (en beauté), la trilogie est adaptée en série et bien évidemment je la regarderai avec avidité tant j'ai dévoré les romans.

Les vampires sont ici tout à fait originaux, ce sont des bêtes en putréfaction qui n'ont qu'un objectif : se nourrir. Leur façon de manger est inhabituelle, c'est inédit et impressionnant. Les pages se tournent vite, l'action prend systématiquement le dessus, c'est une quête sans fin, une survie difficile, un suspense qui nous tient en haleine. Les personnages que l'on suit sont variés, ça va du jeune de la cité, au détective, en passant par le scientifique, l'homme d'église. Ils sont effrayés par la propagation rapide de l'épidémie et nous aussi. Les auteurs n'hésitent pas à sacrifier des personnages, à leur faire subir ou voir des atrocités. C'est une plongée au coeur de l'apocalypse. Préparez-vous à être emmenés dans les ténèbres.

2) Les romans d'Anne Rice, madame vampire

C'est l'auteure qui sait mettre en lumière ses vampires. Elle les fait évoluer avec brio au fil des âges, ils traversent le temps de façon majestueuse, ils sont intemporels.

Souvenez-vous de Tom Cruise et Brad Pitt dans le film "Entretien avec un vampire". Ils tuent pour se nourrir, ils n'ont aucune pitié, les humains sont des friandises et pourtant ils sont beaux, raffinés et leurs costumes classiques les mettent tellement en valeur qu'on aurait envie de passer la soirée avec eux quitte à finir en dessert.

Elles les humanisent et c'est pour cela que ses romans sont intéressants. Ils se fondent dans la masse, ils s'adaptent à l'époque qu'ils traversent, ce sont des animaux embourgeoisés, des survivants suffisamment intelligents pour commettre leurs crimes sans se faire remarquer.

Une mention spéciale pour "la reine des damnés" (le roman hein, pas le film totalement décevant) qui nous amène à l'origine des vampires d'Anne Rice. Une plongée dans le passé tout à fait intéressante.

3) "Vampire ! Une histoire sanglante" de Elisabeth Campos et Richard D. Nolane

C'est une petite encyclopédie complète sur les vampires.

Elle condense les origines du mythe vampirique, les croyances des différents pays, les crimes des tueurs en série soi-disant possédés mais aussi les films, les séries, les livres, les comics évoquant nos amis buveurs de sang.

Ce livre est riche en photos, illustrations, affiches de film, couvertures de livres. On passe du sérieux historique au fantastique culturel parfois risible.

Pour moi c'est un véritable petit trésor, une boîte de Pandore qui vous fournira un grand nombre d'informations tant pour comprendre (preuves à l'appui) la naissance du mythe vampirique que pour vous divertir à travers des films ou livres intéressants ou simplement divertissants.

Amateurs de vampire, laissez-vous tenter.

4) "Traité de vampirologie" d'Abraham Van Helsing

Bien évidemment, le nom de l'auteur est une pure fantaisie. Si vous ne vous en doutiez pas, c'est que vous ne connaissez pas le Docteur Van Helsing qui a été interprété par Anthony Hopkins dans "Dracula" de Francis Ford Coppola ou par Hugh Jackman dans "Van Helsing" de Steffen Sommers. C'est le chasseur de vampires par excellence !

Ce livre est un documentaire historique sur la vampirologie qui se prend au sérieux puisqu'il est soi-disant écrit par le maître des vampires lui-même multi-diplômé. Il est historique car il évoque avec certitude la naissance du monstre à travers plusieurs évènements qui prouvent son existence. Si vous cherchez des informations de ce style, je vous conseille plutôt le livre cité précédemment plus complet à mon avis...

C'est un documentaire car le vampire y est décrit dans toute sa splendeur, dans toute sa superbe bestialité : sa transformation, ses pouvoirs, son mode de vie, ses façons de tuer, de chasser....

Si les premières pages sont intéressantes, le dernier tiers est quant à lui franchement redondant et ennuyeux. Au final, on n'apprend pas grand chose. Même en prenant le livre au second degré, on a du mal à être finalement captivé. C'est bien dommage car le support est une oeuvre en lui-même par les couvertures et la décoration du papier qui font penser à un vieux manuscrit que Van Helsing aurait pu manipuler et rédiger à son époque.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 00:43

Poursuivons notre découverte, deux nouveaux extraits... Bonne lecture. L'anecdote du second poème est distrayante...

V

Puisque le juste est dans l’abîme,
Puisqu’on donne le sceptre au crime,
Puisque tous les droits sont trahis,
Puisque les plus fiers restent mornes,
Puisqu’on affiche au coin des bornes
Le déshonneur de
mon pays ;

[...]

Je t’aime, exil ! douleur, je t’aime !
Tristesse, sois mon diadème !
Je t’aime, altière pauvreté !
J’aime ma porte aux vents battue.
J’aime le deuil, grave statue
Qui vient s’asseoir à mon côté.

J’aime le malheur qui m’éprouve,
Et cette ombre où je vous retrouve,
Ô vous à qui mon cœur sourit,
Dignité, foi, vertu voilée,
Toi, liberté, fière exilée,
Et toi, dév
ouement, grand proscrit !

[...]

J’aime la roche solennelle
D’où j’entends la plainte éternelle,
Sans trêve comme le remords,
Toujours renaissant dans les ombres,
Des vagues sur les écueils sombres,
Des mères sur leurs enfa
nts morts.

10 décembre. Jersey.

L'homme a ri

« M. Victor Hugo vient de publier à Bruxelles un livre qui a pour titre :
Napoléon le Petit, et qui renferme les calomnies les plus odieuses contre le prince-président. »
On raconte qu'un des jours de la semaine dernière un fonctionnaire apporte ce libellé à
Saint-Cloud. Lorsque Louis-Napoléon le vit, il le prit, l'examina un instant avec le sourire
du mépris sur les lèvres, puis s'adressant aux personnes qui l'entouraient, il dit, en leur
montrant le pamphlet : « Voyez, messieurs, voici Napoléon le Petit, par Victor Hugo le Grand. »
(JOURNAUX ÉLYSÉENS, AOÛT 1852.)

Ah ! tu finiras bien par hurler, misérable !
Encor tout haletant de ton crime exécrable,
Dans ton triomphe abject, si lugubre et si prompt,
Je t'ai saisi. J'ai mis l'écriteau sur ton front ;
Et maintenant la foule accourt, et te bafoue.
Toi, tandis qu'au poteau le châtiment te cloue,
Que le carcan te force à lever le menton,
Tandis que, de ta veste arrachant le bouton,
L'histoire à mes côtés met à nu ton épaule,
Tu dis : je ne sens rien ! et tu nous railles, drôle !
Ton rire sur mon nom gaîment vient écumer ;
Mais je tiens le fer rouge et vois ta
chair fumer.
Jersey. 30 octobre 1852.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 12:10

A l'heure où la France a été ensanglantée

Par des massacres d'une grande cruauté,

Pensons aux âmes qui se sont envolées

Alors qu'elles n'étaient là que pour s'amuser.

Ils ont arraché leur vie avec lâcheté,

Sans leur laisser une chance de s'échapper,

Simplement parce qu'ils jouissaient d'une liberté

Que seuls les ignorants ne peuvent tolérer.

Fraternité, liberté et égalité,

Notre devise en ces jours de fête doit briller,

Fraternité pour nos amis qui sont tombés,

Pour ces connaissances qui ce soir vont manquer ;

Egalité, nous aurions pu être visés

Nous le serons peut-être à l'avenir, qui sait ?

Liberté, le souhait de tant de persécutés,

Une richesse qu'on n'abandonnera jamais !

Chers amis, levons notre tête avec fierté,

Ne les laissons pas nous briser, nous enfermer,

La peur ne doit en aucun cas nous cloisonner,

Au contraire, elle nous invite à résister.

Que nos verres ne soient pas remplis à moitié,

Que nos sourires ne soient pas tendus, crispés,

Que nos sentiments soient sincères, vrais, entiers,

Que nos accolades durent une éternité.

Vivons ensemble, profitons de ces soirées,

Rions de bon coeur, haut et fort, à la criée,

Montrons-leur que l'échine ne sera courbée

Que quand la Faucheuse viendra nous emporter.

Profitons de Noël, de la nouvelle année

Pour rendre hommage aux absents qui nous ont quitté,

Aux chaises qui seront bien trop inoccupées,

Aux sourires qui ne seront plus distribués.

Vengeons-les à travers nos joies, notre gaieté,

Offrons aux autres ce qu'ils auraient partagé.

Passez de très bonnes fêtes de Noël,

Profitez à fond,

Vivez !

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 18:39

Comme promis, un long poème d'Hugo qui fait froid dans le dos tout simplement.

Souvenir de la nuit du 4

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand'mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son œil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - Comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer,
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant? Ah! mon Dieu !
On est donc des brigands ? Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que l
ui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -


Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne consol
e pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand'mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le l
inceul des enfants de sept ans.

2 décembre 1852. Jersey.

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 17:58

R.J. Ellory est un grand auteur de thrillers, cela ne fait plus aucun doute dans ma tête. Après avoir été conquise par "Les anonymes" puis "Mauvaise étoile", voilà qu'il me tombe entre les mains son premier roman "Seul le silence". Je remercie d'ailleurs chaleureusement mon amie Delphine pour le prêt...

Sur la première et la quatrième de couverture de ce roman, on peut dire que les hommages sont nombreux même sur mon petit livre de poche : "Un livre magnifique, qui vous hantera longtemps." Michael Connelly, "Ellory, dont on a hâte de lire les autres romans, a mis au point un subtil cocktail de mélancolie et d'effroi dont on n'est pas près d'oublier la saveur." Héléna Villovitch, Elle, "Un véritable piège, dévorant, parfaitement construit... une révélation." Michel Abescat, Télérama.

Quatrième de couverture : Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient...

Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R.J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu'il met en jeu.

Prix du roman noir, Le Nouvel Observateur.

Il y a des gens qui ne sont pas faits pour être heureux, des personnes qui n'ont pas le droit au bonheur absolu et sans ombrage. Joseph fait partie de ces gens-là malheureusement. Plus on avance dans le roman, plus on prend la souffrance de ce petit garçon puis de ce jeune homme dans la face à tel point qu'on se demande jusqu'où son courage et sa détermination vont le mener.

Il passe sa jeunesse dans un vieux village de Géorgie auprès de sa mère car son père est décédé. Il a des amis proches, il va à l'école et apprécie sa maîtresse mais surtout il a une passion pour l'écriture, un don que sa maîtresse tente à tout prix de mettre en lumière et de développer.

Mais les meurtres arrivent dans son petit village paisible, des petites filles sont violemment assassinées, des amies de Joseph, des élèves de sa classe qu'il fréquentait plus ou moins et cette sauvagerie le prend aux tripes, il veut mettre fin à cette cruauté, il cherche à être utile. Son jeune âge est bien évidemment un obstacle ainsi que sa peur naturelle et logique, les meurtres se poursuivent et atteignent les comtés alentour avec toujours plus de sauvagerie.

La mère de Joseph finit par perdre la raison et elle est placée dans une Institution qui tentera de la sauver pendant de longues années. C'est un coup douloureux supplémentaire dans l'esprit de Joseph qui doit trouver de petits boulots ici et là pour survivre. Il se réfugie alors davantage dans l'écriture de nouvelles. Heureusement la police pense avoir trouvé le tueur en série, c'est un proche de Joseph mais ce dernier ne cesse de se poser des questions sur cet homme qu'il a si souvent fréquenté.

Puis arrive enfin un rayon de soleil dans la vie noire et sombre de Joseph : une jeune fille qu'il aime à la folie et qu'il épouse. On se dit que ça va enfin bien aller pour lui, il a une compagne, une passion qui se développe plutôt bien, il va goûter au bonheur, mais non, l'auteur a décidé jusqu'au bout de crucifier le coeur de son héros. Joseph s'enfuit alors à New York où il espère faire publier ses oeuvres et en écrire bien d'autres. Mais c'est dans cette grande ville moderne que son destin va à nouveau l'emporter vers le meurtre et le sang. Sa Géorgie lointaine va l'appeler, les crimes se poursuivent et salissent Joseph au plus haut point. Il comprend alors qu'il ne pourra libérer son esprit torturé que s'il découvre l'identité du véritable meurtrier.

Pour un premier roman, je dois admettre que c'est une véritable réussite. Ellory nous embarque dans un crépuscule total, la nuit et toutes ses horreurs nous étreignent sans nous lâcher une seule seconde, les péripéties se multiplient et nous surprennent, ce roman est une danse avec les ombres qui vous essoufflera du début à la fin. Soyez prêts !

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 16:41

Place à deux courts poèmes car le prochain sera très long... Bonne lecture rapide mais magnifique quand même, c'est Hugo !

XI

I

[...]

II
Ô peuples douloureux, il faut bien qu’on vous venge !
Les rhéteurs froids m’ont dit : Le poëte, c’est l’ange,
Il plane, ignorant Fould, Magnan, Morny, Maupas ;
Il contemple la nuit sereine avec délices… -
Non, tant que vous serez complices
De ces crimes hideux que je suis pas à pas,
Tant que vous couvrirez ces brigands de vos voiles,
Cieux azurés, soleils, étoiles,
Je ne vous regarderai pas !

Tant qu’un gueux forcera les bouches à se taire,
Tant que la liberté sera couchée à terre
Comme une femme morte et qu’on vient de noyer,
Tant que dans les pontons on entendra des râles,
J’aurai des clartés sépulcrales
Pour tous ces fronts abjects qu’un bandit fait ployer ;
Je crierai : Lève-toi, peuple ! ciel, tonne et gronde !
La France, dans sa nuit profonde,
Verra ma
torche flamboyer !

III
Ces coquins vils qui font de la France une Chine,
On entendra mon fouet claquer sur leur échine.
Ils chantent : Te Deum, je crierai : Memento !
Je fouaillerai les gens, les faits, les noms, les titres,
Porte-sabres et porte-mitres ;
Je les tiens dans mon vers comme dans un étau.
On verra choir surplis, épaulettes, bréviaires,
Et César, sous mes étrivières,
Se sauver, troussant son
manteau !

Et les champs, et les prés, le lac, la fleur, la plaine,
Les nuages, pareils à des flocons de laine,
L’eau qui fait frissonner l’algue et les goëmons,
Et l’énorme océan, hydre aux écailles vertes,
Les forêts de rumeurs couvertes,
Le phare sur les flots, l’étoile sur les monts,
Me reconnaîtront bien et diront à voix basse :
C’est un esprit vengeur qui passe,
Chassant devant lui les
démons !

13 novembre. Jersey.

Confrontations

Ô cadavres, parlez ! quels sont vos assassins ?
Quelles mains ont plongé ces stylets dans vos seins ?
Toi d'abord, que je vois dans cette ombre apparaître,
Ton nom ? — Religion. — Ton meurtrier ? — Le prêtre.
— Vous, vos noms ? — Probité, pudeur, raison, vertu.
— Et qui vous égorgea ? — L'église. — Toi, qu'es-tu ?
— Je suis la foi publique. — Et qui t'a poignardée ?
— Le serment. — Toi, qui dors de ton sang inondée ?
— Mon nom était justice. — Et quel est ton bourreau ?
— Le juge. — Et toi, géant, sans glaive en ton fourreau
Et dont la boue éteint l'auréole enflammée ?
— Je m'appelle Austerlitz. — Qui t'a tué ? — L'armée.

30 janvier

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 11:05

"Je suis né demain

Aujourd'hui je vis

Hier m'a tué"

Parviz Owsia

Voici la citation très shakespearienne qui précède la première partie du livre. L'auteur n'aurait pas pu mieux trouver pour résumer son roman. C'est une excellente mise en bouche contre-temporelle certes mais absolument parfaite pour l'histoire originale qui suit.

Avant d'utiliser les parties de cette citation pour vous donner l'envie de lire le roman, place à la quatrième de couverture :

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir à sa grande surprise qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis plus de vingt ans.

Tous les traitements ayant jusque-là échoués, son dernier espoir réside dans son nouveau neuropsychologue, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime pour l'aider à se remémorer son quotidien et ainsi rassembler peu à peu les fils de son existence. Quand Christine commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, elle est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Commençons par la fin de la citation d'Owsia pour vous donner des informations complémentaires :

"Hier m'a tué" : Christine est amnésique à cause d'un incident survenu dans le passé bien évidemment et c'est cet accident qui est à l'origine de son cauchemar quotidien : elle ne sait pas où elle est, avec qui, quel âge elle a, quelle est sa vie lorsqu'elle se réveille dans son lit tous les matins. C'est la panique totale d'autant plus qu'à ses côtés est allongé un homme qu'elle ne connaît pas mais qui est son époux Ben. On n'a guère de mal à imaginer son angoisse perpétuelle et c'est ce que les premières pages du roman nous révèlent, nous décrivent merveilleusement sans répétition aucune, sans redondance lourde et soporifique.

"Aujourd'hui je vis" : elle a oublié son passé, elle a perdu des années de vie mais c'est aujourd'hui et chaque jour qu'elle reconstruit peu à peu son histoire. Ses rêves, ses entretiens avec le Dr Nash, ses discussions avec Ben son mari, ses sorties avec le Dr Nash sur les traces de son passé et quelques photos vont l'aider à compléter son journal intime, quelques lignes d"écriture quotidiennes qui retracent une partie de la vie qu'elle a vécue, des mots qu'elle relit chaque matin à son réveil dès le coup de téléphone du Dr Nash qui lui rappelle qui il est, les raisons de son amnésie et où elle cache son journal. Cette initiative est très importante, elle réduit les angoisses de Christine et lui permet d'avancer chaque jour un peu plus sur le chemin de son passé.

"Je suis né demain" : on attend qu'une chose bien évidemment, nous lecteurs vibrant à chaque découverte de Christine, c'est de connaître son histoire. C'est ce dont Christine rêve bien évidemment, c'est ce dont elle a besoin pour vivre normalement sans le rituel cauchemardesque du matin, sans faire de la peine à son entourage qu'elle ne reconnaît pas, sans se poser toutes ces questions qui l'assomment à chaque flash dans sa tête, à chaque parole de son mari ou de son médecin. C'est ce retour aux sources évanoui qui va lui donner un avenir, une renaissance...

Pour ne pas vous dévoiler trop d'indices et vous gâcher le plaisir de la découverte, je vais m'arrêter ainsi. Bien évidemment, c'est un roman passionnant que je vous conseille vivement, c'est une histoire inédite, un passé qui se construit peu à peu et qui se heurte à un présent, des pages de vie qui attireront votre attention sans la lâcher. S.J. Watson signe ici son premier ouvrage, c'est une belle réussite, j'attends avec impatience un autre voyage sous sa plume.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 00:12

Poursuivons notre lecture engagée. Ici le second extrait est particulièrement poignant.

Le Te Deum du 1er janvier 1852

Prêtre, ta messe, écho des feux de peloton,
Est une chose impie.
Derrière toi, le bras ployé sous le menton,
Rit la mort accroupie.

Prêtre, on voit frissonner, aux cieux d’où nous venons,
Les anges et les vierges,
Quand un évêque prend la mèche des canons
Pour allumer les cierges.

Tu veux être au sénat, voir ton siège élevé
Et ta fortune accrue.
Soit ; mais pour bénir l’homme, attends qu’on ait lavé
Le pavé de la rue.

Peuples, gloire à Gessler ! meure Guillaume Tell !
Un râle sort de l’orgue.
Archevêque, on a pris pour bâtir ton autel
Les dalles de la morgue.

Quand tu dis : – Te Deum ! nous vous louons, Dieu fort !
Sabaoth des armées ! -
Il se mêle à l’encens une vapeur qui sort
Des fosses mal fermées.

On a tué, la nuit, on a tué, le jour,
L’homme, l’enfant, la femme !
Crime et deuil ! Ce n’est plus l’aigle, c’est le vautour
Qui vole à Notre-Dame.

Va, prodigue au bandit les adorations :
Martyrs, vous l’entendîtes !
Dieu te voit, et là-haut tes bénédictions,
Ô prêtre, sont maudites !

Les proscrits sont partis, aux flancs du ponton noir,
Pour Alger, pour Cayenne ;
Ils ont vu Bonaparte à Paris, ils vont voir
En Afrique l’hyène.

Ouvriers, paysans qu’on arrache au labour,
Le sombre exil vous fauche !
Bien, regarde à ta droite, archevêque Sibour,
Et regarde à ta gauche :

Ton diacre est Trahison et ton sous-diacre est Vol ;
Vends ton Dieu, vends ton âme.
Allons, coiffe ta mitre, allons, mets ton licol,
Chante, vieux prêtre infâme !

Le meurtre à tes côtés suit l’office divin,
Criant : feu sur qui bouge !
Satan tient la burette, et ce n’est pas de vin
Que ton ciboire est rouge.
7 novembre. Jersey.

A un martyr

(On lit dans les Annales de la propagation de la Foi : "Une lettre de Hong-Kong (Chine), en date du 24 juillet 1852, nous annonce que M. Bonnard, missionnaire de Tong-King, a été décapité pour la foi, le 1er mai dernier. Ce nouveau martyr était né dans le diocèse de Lyon et appartenait à la Société des Missions étrangères. Il était parti pour le Tong-King en 1849.")

Ô saint prêtre ! grande âme ! oh ! je tombe à genoux !
Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous,
Il n'en a pas compté le nombre ;
Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;
Il a considéré la croix de Jésus-Christ
Toute rayonnante dans l'ombre.

Il a dit : — « C'est le Dieu de progrès et d'amour.
Jésus, qui voit ton front croit voir le front du jour.
Christ sourit à qui le repousse.
Puisqu'il est mort pour nous, je veux mourir pour lui ;
Dans son tombeau, dont j'ai la pierre pour appui,
Il m'appelle d'une voix douce.

[...]

Il s'est dit qu'il est bon d'éclairer dans leur nuit
Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,
Dont l'âme est couverte de voiles ;
Puis il s'en est allé, dans les vents, dans les flots,
Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,
Les yeux fixés sur les étoiles.

II.

Ceux vers qui cet apôtre allait, l'ont égorgé.

III.

Oh ! tandis que là-bas, hélas ! chez ces barbares,
S'étale l'échafaud de tes membres chargé,
Que le bourreau, rangeant ses glaives et ses barres,
Frotte au gibet son ongle où ton sang s'est figé ;

Ciel ! tandis que les chiens dans ce sang viennent boire,
Et que la mouche horrible, essaim au vol joyeux,
Comme dans une ruche entre en ta bouche noire
Et bourdonne au soleil dans les trous de tes yeux ;

Tandis qu'échevelée, et sans voix, sans paupières,
Ta tête blême est là sur un infâme pieu,
Livrée aux vils affronts, meurtrie à coups de pierres,
Ici, derrière toi, martyr, on vend ton Dieu !

Ce Dieu qui n'est qu'à toi, martyr, on te le vole !
On le livre à Mandrin, ce Dieu pour qui tu meurs !
Des hommes, comme toi revêtus de l'étole,
Pour être cardinaux, pour être sénateurs,

Des prêtres, pour avoir des palais, des carrosses,
Et des jardins l'été riant sous le ciel bleu,
Pour argenter leur mitre et pour dorer leurs crosses,
Pour boire de bon vin, assis près d'un bon feu,

Au forban dont la main dans le meurtre est trempée,
Au larron chargé d'or qui paye et qui sourit,
Grand Dieu ! retourne-toi vers nous, tête coupée !
Ils vendent Jésus-Christ ! ils vendent Jésus-Christ !

Ils livrent au bandit, pour quelques sacs sordides,
L'évangile, la loi, l'autel épouvanté,
Et la justice aux yeux sévères et candides,
Et l'étoile du coeur humain, la vérité !

Les bons jetés, vivants, au bagne, ou morts, aux fleuves,
L'homme juste proscrit par Cartouche Sylla,
L'innocent égorgé, le deuil sacré des veuves,
Les pleurs de l'orphelin, ils vendent tout cela !

Tout ! la foi, le serment que Dieu tient sous sa garde,
Le saint temple où, mourant, tu dis : Introïbo,
Ils livrent tout ! pudeur, vertu ! — martyr, regarde,
Rouvre tes yeux qu'emplit la lueur du tombeau ; —

Ils vendent l'arche auguste où l'hostie étincelle !
Ils vendent Christ, te dis-je ! et ses membres liés !
Ils vendent la sueur qui sur son front ruisselle,
Et les clous de ses mains, et les clous de ses pieds !

Ils vendent au brigand qui chez lui les attire
Le grand crucifié sur les hommes penché ;
Ils vendent sa parole, ils vendent son martyre,
Et ton martyre à toi par-dessus le marché !

Tant pour les coups de fouet qu'il reçut à la porte !
César ! tant pour l'amen, tant pour l'alléluia !
Tant pour la pierre où vint heurter sa tête morte !
Tant pour le drap rougi que sa barbe essuya !

Ils vendent ses genoux meurtris, sa palme verte,
Sa plaie au flanc, son oeil tout baigné d'infini,
Ses pleurs, son agonie, et sa bouche entr'ouverte,
Et le cri qu'il poussa : Lamma Sabacthani !

Ils vendent le sépulcre ! ils vendent les ténèbres !
Les séraphins chantant au seuil profond des cieux,
Et la mère debout sous l'arbre aux bras funèbres,
Qui, sentant là son fils, ne levait pas les yeux !

Oui, ces évêques, oui, ces marchands, oui, ces prêtres
A l'histrion du crime, assouvi, couronné,
A ce Néron repu qui rit parmi les traîtres,
Un pied sur Thraséas, un coude sur Phryné,

Au voleur qui tua les lois à coups de crosse,
Au pirate empereur Napoléon dernier,
Ivre deux fois, immonde encor plus que féroce,
Pourceau dans le cloaque et loup dans le charnier,

Ils vendent, ô martyr, le Dieu pensif et pâle
Qui, debout sur la terre et sous le firmament,
Triste et nous souriant dans notre nuit fatale,
Sur le noir Golgotha saigne éternellement !
du 5 au 8 décembre 1852. Jersey.

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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