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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 01:25

A vos bons souvenirs mesdames et messieurs, les bancs de l'école résonnent-ils encore dans vos mémoires ? Quelles images, quelles émotions en gardez-vous ? De quel enseignant vous souvenez-vous en bien ou en mal ?

Petit poème cher à mon coeur, bonne lecture et bon retour dans le passé...

 

 

Le maître d'études

 

Ne le tourmentez pas, il souffre. Il est celui
Sur qui, jusqu'à ce jour, pas un rayon n'a lui ;
Oh ! ne confondez pas l'esclave avec le maître !

[...]

Apprenez à connaître, enfants qu'attend l'effort,
Les inégalités des âmes et du sort ;
Respectez-le deux fois, dans le deuil qui le mine,
Puisque de deux sommets, enfant, il vous domine,
Puisqu'il est le plus pauvre et qu'il est le plus grand.
Songez que, triste, en butte au souci dévorant,
À travers ses douleurs, ce fils de la chaumière
Vous verse la raison, le savoir, la lumière,
Et qu'il vous donne l'or, et qu'il n'a pas de pain.
Oh ! dans la longue salle aux tables de sapin,
Enfants, faites silence à la lueur des lampes !
Voyez, la morne angoisse a fait blêmir ses tempes.
Songez qu'il saigne, hélas ! sous ses pauvres habits.
L'herbe que mord la dent cruelle des brebis,
C'est lui ; vous riez, vous, et vous lui rongez l'âme.
Songez qu'il agonise, amer, sans air, sans flamme ;
Que sa colère dit : Plaignez-moi ; que ses pleurs
Ne peuvent pas couler devant vos yeux railleurs !
Aux heures du travail votre ennui le dévore,
Aux heures du plaisir vous le rongez encore ;
Sa pensée, arrachée et froissée, est à vous,
Et, pareille au papier qu'on distribue à tous,
Page blanche d'abord, devient lentement noire.
Vous feuilletez son coeur, vous videz sa mémoire ;
Vos mains, jetant chacune un bruit, un trouble, un mot,
Et raturant l'idée en lui dès qu'elle éclôt,
Toutes en même temps dans son esprit écrivent.
Si des rêves, parfois, jusqu'à son front arrivent,
Vous répandez votre encre à flots sur cet azur ;
Vos plumes, tas d'oiseaux hideux au vol obscur,
De leurs mille becs noirs lui fouillent la cervelle.
Le nuage d'ennui passe et se renouvelle.
Dormir, il ne le peut ; penser, il ne le peut.
Chaque enfant est un fil dont son coeur sent le noeud.
Oui, s'il veut songer, fuir, oublier, franchir l'ombre,
Laisser voler son âme aux chimères sans nombre,
Ces écoliers joueurs, vifs, légers et doux, aimants,
Pèsent sur lui, de l'aube au soir, à tous moments,
Et le font retomber des voûtes immortelles ;
Et tous ces papillons sont le plomb de ses ailes.
Saint et grave martyr changeant de chevalet,
Crucifié par vous, bourreaux charmants, il est
Votre souffre-douleurs et votre souffre-joies ;
Ses nuits sont vos hochets et ces jours sont vos proies ;
Il porte sur son front votre essaim orageux ;
Il a toujours vos bruits, vos rires et vos jeux
Tourbillonnant sur lui comme une âpre tempête.
Hélas ! il est le deuil dont vous êtes la fête ;
Hélas ! il est le cri dont vous êtes le chant.

Et, qui sait ? sans rien dire, austère, et se cachant
De sa bonne action comme d'une mauvaise,
Ce pauvre être qui rêve accoudé sur sa chaise,
Mal nourri, mal vêtu, qu'un mendiant plaindrait,
Peut-être a des parents qu'il soutient en secret,
Et fait de ses labeurs, de sa faim, de ses veilles,
Des siècles dont sa voix vous traduit les merveilles,
Et de cette sueur qui coule sur sa chair,
Des rubans au printemps, un peu de feu l'hiver,
Pour quelque jeune soeur ou quelque vieille mère ;
Changeant en goutte d'eau la sombre larme amère ;
De sorte que, vivant à son ombre sans bruit,
Une colombe vient la boire dans la nuit !
Songez que pour cette oeuvre, enfants, il se dévoue,
Brûle ses yeux, meurtrit son coeur, tourne la roue,
Traîne la chaîne ! Hélas, pour lui, pour son destin,
Pour ses espoirs perdus à l'horizon lointain,
Pour ses voeux, pour son âme aux fers, pour sa prunelle,
Votre cage d'un jour est prison éternelle !
Songez que c'est sur lui que marchent tous vos pas !
Songez qu'il ne rit pas, songez qu'il ne vit pas !
L'avenir, cet avril plein de fleurs, vous convie ;
Vous vous envolerez demain en pleine vie ;
Vous sortirez de l'ombre, il restera. Pour lui,
Demain sera muet et sourd comme aujourd'hui ;
Demain, même en juillet, sera toujours décembre,
Toujours l'étroit préau, toujours la pauvre chambre,
Toujours le ciel glacé, gris, blafard, pluvieux ;
Et, quand vous serez grands, enfants, il sera vieux.
Et, si quelque heureux vent ne souffle et ne l'emporte,
Toujours il sera là, seul sous la sombre porte,
Gardant les beaux enfants sous ce mur redouté,
Ayant tout de leur peine et rien de leur gaîté.
Oh ! que votre pensée aime, console, encense
Ce sublime forçat du bagne d'innocence !
Pesez ce qu'il prodigue avec ce qu'il reçoit.
Oh ! qu'il se transfigure à vos yeux, et qu'il soit
Celui qui vous grandit, celui qui vous élève,
Qui donne à vos raisons les deux tranchants du glaive,
Art et science, afin qu'en marchant au tombeau,
Vous viviez pour le vrai, vous luttiez pour le beau !
Oh ! qu'il vous soit sacré dans cette tâche auguste
De conduire à l'utile, au sage, au grand, au juste,
Vos âmes en tumulte à qui le ciel sourit !
Quand les coeurs sont troupeau, le berger est esprit.

[...]

                                   Novembre 1840

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 01:18

Cela peut être une idée surprenante de se replonger dans son enfance et de se remémorer les histoires d'amour passées. Et pourtant quand on y réfléchit bien, comment réagit parfois notre corps lorsqu'on rencontre un de nos ex par hasard ? Le visage s'empourpre, le coeur s'accélère, on a les mains moites, on transpire, on est gênée ou dégoûtée, on a envie de fuir, de l'éviter ou au contraire on va vers lui et on force la discussion... ? Tant de signaux aussi contradictoires les uns que les autres certes mais des signaux quand même, des réactions chimiques à l'intérieur de nous, indépendants de notre volonté, des miroirs de notre âme, des souvenirs, des sentiments non digérés.

Cela arrive aussi dans nos rêves. Quel choix fait-on lorsqu'on rêve d'un de nos ex ? Se laisse-t-on aller ? Le rejetons-nous ? Et quels sentiments nous envahissent au réveil ? De la culpabilité, du regret, de la mélancolie, de la peine ou simplement rien ? 

Non, soyons francs et honnêtes avec nous-mêmes, il y a parfois des rêves qui nous perturbent et c'est ce qui m'est arrivé cette nuit, quelque chose d'étrange à l'opposé du rêve de la semaine passée. Mes réactions pendant ces deux rêves et mes impressions aux réveils étaient tellement contradictoires que ça m'a d'abord laissée songeuse puis j'ai ri parce que ce n'étaient que des rêves totalement irréels d'ailleurs. Pourtant ils ont marqué mon esprit et ont fait remonter plein de souvenirs partagés avec ces garçons au collège et au lycée, des bons et des mauvais mais aussi les dialogues avec les copines ou les parents lorsque la douleur de la rupture est là. J'ai alors ressenti le besoin de prendre du recul sur ces histoires et que l'adulte que je suis aujourd'hui réconforte l'adolescente que j'étais en la faisant réfléchir sur ce qui s'était passé à l'époque pour relativiser et mieux accepter ces moments de ma vie.

Le monologue que je me suis fait ne m'est pas réservé car je ne suis sûrement pas la seule à avoir vécu des ruptures douloureuses. Il m'a fait du bien, j'en avais besoin. Je suis parvenue à trouver les mots réconfortants que j'aurais aimé entendre à l'époque, que j'ai peut-être écouté d'une oreille distraite sans en comprendre le sens véritable parce que le mal envahissait tout mon corps d'adolescente amoureuse et qu'à cet âge les adultes ne comprennent rien et que les leçons de morale nous ennuient plus qu'autre chose.

Alors voilà un petit résumé de ce que je me suis dit, j'enlève volontairement les anecdotes trop personnelles parce que je veux que ce message s'adresse au plus grand nombre d'ados en détresse, parce qu'à cet âge on se fait tout un monde du moindre mal, parce qu'on se sent perdu et incompris alors qu'on a tant besoin d'être reconnu et accepté.

 

"Ces histoires te marquent encore aujourd'hui, c'est étrange. Pourtant tu n'y penses plus à ces garçons, tu ne les as pas revus depuis presque vingt ans. Qu'est-ce qui t'as touchée dans ces rêves ? Le fait de les revoir ? Ce qu'ils t'ont dit ? Ce que tu leur as dit ? Est-ce que c'est une revanche ? Est-ce que tu aurais aimé être aussi forte à l'époque ? Penses-tu que tu as été trop gentille avec eux, que tu as trop accepté, trop donné ? Je sais que tu aurais préféré que chacune de ces deux histoires dure plus longtemps, pour la vie très certainement, on ne refera pas ton romantisme aujourd'hui, je sais aussi que tu aurais souhaité qu'ils t'aiment autant que toi tu les as aimés. Peut-être que ça a été le cas, ces histoires ont duré presque un an quand même, si ça n'avait été qu'un jeu pour eux, ils auraient coupé court avant.... Les garçons de cet âge sont immatures, ils veulent jouer les playboys, multiplier les conquêtes pour rendre jaloux les copains, ils ne sont pas fleur bleue comme certaines filles, ils ne veulent pas se caser juste vivre plusieurs expériences. Ont-ils gardé les filles suivantes ?

Non.

Tu n'as pas choisi de tomber amoureuse d'eux, c'est arrivé comme ça, ce n'est donc pas une erreur de ta part. Tu n'as pas de reproches à te faire, tu ne les as pas trompés, tu ne t'es pas moqué d'eux, tu as été honnête, sincère, tu leur as donné tout l'amour que tu avais en toi sans te soucier de ce que tu recevais en retour. Je sais que tu donnais plus que ce que tu recevais mais parce que tu es généreuse, entière, tu l'as toujours été mais les garçons ne fonctionnent pas comme ça. Montrer ses sentiments, c'est la honte surtout s'il y a des spectateurs. Tu ne peux pas demander aux autres d'être comme toi, ils sont différents, tout le monde est différent. Tous tes petits amis ont-ils été pareils ?

Non.

Quand ces histoires se sont terminées, je sais que ça a été douloureux pour toi. Tu y croyais tellement. Tu as cru que ton monde s'effondrait, que tu n'aimerais plus personne aussi fort. Et pourtant, tu as eu plusieurs relations sérieuses par la suite. Tu as vécu à nouveau des choses intenses avec d'autres garçons puis d'autres hommes. Cette impression d'abandon était certes blessante mais aujourd'hui tu sais qu'elle ne t'a pas empêchée de rencontrer d'autres gens, d'évoluer, de vivre. Une rupture ce n'est pas un effondrement, c'est un appel à un renouveau. On passe à autre chose, on tourne la page pour écrire un chapitre différent qu'on espérera plus heureux. Et tu es la seule à pouvoir le rédiger. Sur cette page blanche, tu y mettras le dessin que tu veux, les couleurs que tu souhaites, c'est ton histoire, c'est ta vie, tu es le maître, l'auteur de ta destinée. Vis ce que tu veux, partages ce que tu aimes, sois toi et suis ton coeur.

Oui.

Suis ton coeur car l'amour ne s'achète pas, il ne se décide pas, il se vit. Tu as essayé à la suite de plusieurs ruptures de changer de type de garçons, de choisir des gentils, des timides pour éviter les badboys tellement attirants mais tellement cons au final. Ca ne t'a menée nulle part, tu as eu beau t'engager avec sérieux et faire tout pour que ça marche, voir leurs bons côtés, recevoir autant que tu attendais mais tu ne les as jamais aimés et pour finir tu as dû être la méchante qui laisse tomber l'autre avant de faire plus de mal. L'amour ne se commande pas, il te tombe dessus, c'est pour cela que tu ne peux pas t'en vouloir d'être tomber amoureuse de untel, tu n'as pas été idiote, tu as vécu ce sentiment comme tu devais le vivre. Tu ne peux pas non plus en vouloir à ceux qui ont mis un terme à tes relations. Ce n'était pas contre toi, ils voulaient peut-être autre chose, quelque chose que tu n'avais pas. Ce n'est pas un reproche, c'est un fait, on est tous différents et c'est logique qu'on ait des envies, des besoins variés. Tes propres choix n'ont-ils pas évolué ?

Oui.

Tu as fini par réussir à faire le tri. A différencier l'attirance de l'amour. A prendre le recul nécessaire. Ce type est-il fait pour moi ? Nos caractères, nos envies sont-ils compatibles ? Est-ce que ces mots sont du baratin pour midinettes écervelées ? On tente ou pas ? Tu as même fini par avoir le courage et la force de rembarrer ceux qui t'avaient larguée et qui soudainement voulaient à nouveau de tes bras. Ce qui prouve à nouveau que la rupture n'était pas de ta faute mais bien de la leur. Il n'y a pas de reproches à te faire, pas de regrets à avoir, tu as été sincère, tu as été toi. Que l'histoire marche ou pas ne dépend pas que de toi. On est deux dans une relation et on ne peut pas forcer l'autre à nous aimer ou à être différent de ce qu'il est pour nous faire plaisir. Aujourd'hui, sortirais-tu avec ces deux garçons ?

Non.

Tu as donc changé, évolué. Tu as appris à mieux cerner ce qui fait ton bonheur, quel genre d'homme tu as besoin. Ce sont ces ruptures qui t'ont permis de mieux te connaître. Ces accidents certes douloureux à l'époque t'ont finalement donné l'opportunité d'essayer plusieurs types de personnes et de savoir ce dont tu as besoin. On apprend de ses erreurs dit-on. C'est vrai. Sauf que ce n'étaient pas des erreurs volontaires puisque ton coeur dictait tes pas. Tu aurais fait une erreur si tu avais laissé un garçon se moquer de toi, te maltraiter, te rabaisser, te faire du mal, t'humilier. Le manque de respect ne se pardonne pas, les violences verbales et physiques ne se tolèrent pas. Là il faut clairement s'en aller et ne jamais revenir même sous un baratin fleuri car on ne change pas les gens.

Et le passé ne se change pas non plus. Tu l'as vécu et tu dois le mettre de côté. Ca ne sert à rien de ruminer et de vouloir à tout prix le modifier. C'est le présent que tu vis, concentre-toi sur maintenant car aujourd'hui celui qui partage ta vie est bien mieux que les deux garçons qui sont venus polluer tes rêves. Il est celui qui te convient et qui t'apporte ce dont tu as besoin."

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Published by Satine - dans prose
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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 02:31

Une déclaration poignante, réconfortante quand aucun mot ne peut soulager le mal...

 

A la mère de l'enfant mort

 

Oh ! vous aurez trop dit au pauvre petit ange
            Qu'il est d'autres anges là -haut,
Que rien ne souffre au ciel, que jamais rien n'y change,
            Qu'il est doux d'y rentrer bientôt ;

Que le ciel est un dôme aux merveilleux pilastres,
            Une tente aux riches couleurs,
Un jardin bleu rempli de lis qui sont des astres
            Et d'étoiles qui sont des fleurs ;

Que c'est un lieu joyeux plus qu'on ne saurait dire,
            Où toujours, se laissant charmer,
On a les chérubins pour jouer et pour rire,
            Et le bon Dieu pour nous aimer ;

Qu'il est doux d'être un coeur qui brûle comme un cierge,
            Et de vivre, en toute saison,
Près de l'enfant Jésus et de la sainte Vierge
            Dans une si belle maison !

Et puis vous n'aurez pas assez dit, pauvre mère,
            A ce fils si frêle et si doux,
Que vous étiez à lui dans cette vie amère,
            Mais aussi qu'il était à vous ;

Que, tant qu'on est petit, la mère sur nous veille,
            Mais que plus tard on la défend ;
Et qu'elle aura besoin, quand elle sera vieille,
            D'un homme qui soit son enfant ;

Vous n'aurez point assez dit à cette jeune âme
            Que Dieu veut qu'on reste ici-bas,
La femme guidant l'homme et l'homme aidant la femme,
            Pour les douleurs et les combats ;

Si bien qu'un jour, ô deuil ! irréparable perte !
            Le doux être s'en est allé !... -
Hélas ! vous avez donc laissé la cage ouverte,
            Que votre oiseau s'est envolé !

                                   Avril 1843

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 12:28

C'est un livre qui m'a été proposé par Babelio et je les remercie. Ce n'est pas vraiment le genre de livre qui m'attire au premier abord car je préfère les thrillers mais puisqu'il était offert, comment refuser....

Les addictions, comment les définir ? Comment vivre avec ? Est-il si facile de s'en débarrasser ? A-t-on conscience de cette dépendance malveillante ? C'est un sujet que je ne connaissais pas, je ne côtoie personne qui en souffre donc je me suis laissée tenter par curiosité car la quatrième de couverture était intéressante :

 

Quatrième de couverture : L'un boit, l'autre sniffe, le troisième fornique à corps perdu. Les autres ne sont pas en reste. Tous sont addicts et se trouvent embarqués dans une thérapie de groupe d'un nouveau genre. Ils y trouveront ce qui n'était pas prévu : la polyaddiction. Ca secoue. Mais pas seulement : car ces ennemis de la vie ordinaire vont aussi découvrir dans le groupe l'entraide, l'amitié, et l'amour, le bel amour.

Comédie hilarante, portée par une écriture brillante et rythmée, ce roman s'empare d'un sujet de société contemporain, l'addiction, pour mieux le détourner : un conte moderne aussi réjouissant qu'immoral.

Abstinents s'abstenir.

 

Le premier chapitre est intitulé "les épaves". Très bon choix de titre, il résume bien les différents personnages du roman qui ne vivent que pour leur addiction. S'ils sont tout à fait conscients qu'elle les détruit, qu'elle les met en marge de la société, ils ne peuvent y résister, l'envie, le besoin, la souffrance est trop forte. Succomber encore et encore fait terriblement de bien sur le coup et permet de repartir du bon pied. Je félicite d'ailleurs l'auteure pour toutes ces descriptions très précises de ses héros, on arrive facilement à entrer dans la tête des personnages, à se mettre à leur place même si d'un point de vue extérieur, d'un abstinent, on se dit que nous aurions la force de nous battre davantage pour résister. L'addict sexuel fait particulièrement froid dans le dos, les mots utilisés sont crus, sauvages, violents, c'est même douloureux à lire mais c'était sûrement la volonté de l'auteure.

 

Clarisse, l'addictologue de tous ces patients décide de tenter un nouveau protocole : une thérapie de groupe où chacun pourra parler des ses problèmes librement. Les épaves se lancent dans l'aventure en se disant qu'ils n'ont rien à perdre. C'est là que les caractères de chacun entrent en scène. Il y a ceux qui s'étalent sur leurs souffrances, ceux qui se taisent, ceux qui critiquent et rabaissent, ceux qui se moquent, ceux qui encouragent et compatissent... Bref les premières séances se passent plutôt bien et elles sont intéressantes à lire.

 

Mais les progrès ne viennent pas assez vite, les patients s'impatientent, se découragent et retombent facilement dans leurs excès. Cependant quelque chose va les lier, l'entraide, une certaine amitié, la compréhension, l'empathie vont finalement leur permettre de fuir leur solitude et de communiquer davantage. A tel point qu'ils décident de monter un coup pour gagner une grosse somme d'argent qui sera utile à chacun...

 

Et je n'en dirai pas plus. J'ai vraiment apprécié les trois quarts du roman. On parvient à s'attacher aux personnages, à certains plus qu'à d'autres je l'admets, on a envie qu'ils s'en sortent, qu'ils trouvent la force, le courage de résister et d'aller de l'avant. On apprécie leurs échanges, les liens qui se créent entre eux tout doucement. Leur idée collective est surprenante, ça a été mon premier décrochage. Avec le recul cependant, je me dis que pour les personnages, elle est finalement tout à fait logique. Mais je dois avouer que la fin m'a un peu déçue et j'en suis désolée. D'autres lecteurs, je l'espère vivement, l'apprécieront sans doute mais pour moi ça n'a pas été le cas et c'est dommage car à nouveau j'ai beaucoup aimé les trois quarts du roman.

 

Extrait : En organisant la rencontre de mes buveurs et cocaïnomanes, mes sex-addicts et mes acheteuses compulsives, je les fais sortir de leur ghetto, et c'est urgent car ce ghetto est leur honte, et cette honte est ce qui les précipite dans leur descente aux Enfers. Mon credo : tous les addicts qui décident de participer à un groupe de parole ont déjà touché le fond et sont prêts pour l'aventure de l'abstinence. Ils ont tous des stratégies. Toutes sont différentes. Leur entraide sera du jamais-vu. Moi, je les mets en synergie. J'attends des résultats époustouflants. Je prévois des réticences hiérarchiques, je sais qu'il va falloir bousculer les habitudes de notre petit milieu pris dans le formol, mais je suis prête. Convaincue que le résultat sera au rendez-vous.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 01:20

Un long et déchirant poème vous attend ici, je me suis autorisée à faire quelques coupures. N'hésitez pas à le lire en entier, il est bouleversant... Bonne découverte !

 

Melancholia

 

Écoutez. Une femme au profil décharné,
Maigre, blême, portant un enfant étonné,
Est là qui se lamente au milieu de la rue.
La foule, pour l'entendre, autour d'elle se rue.
Elle accuse quelqu'un, une autre femme, ou bien
Son mari. Ses enfants ont faim. Elle n'a rien.
Pas d'argent. Pas de pain. A peine un lit de paille.
L'homme est au cabaret pendant qu'elle travaille.
Elle pleure, et s'en va. Quand ce spectre a passé,
Ô penseurs, au milieu de ce groupe amassé,
Qui vient de voir le fond d'un cœur qui se déchire,
Qu'entendez-vous toujours ? Un long éclat de rire.

Cette fille au doux front a cru peut-être, un jour,
Avoir droit au bonheur, à la joie, à l'amour.
Mais elle est seule, elle est sans parents, pauvre fille !
Seule ! — N'importe ! elle a du courage, une aiguille,
Elle travaille, et peut gagner dans son réduit,
En travaillant le jour, en travaillant la nuit,
Un peu de pain, un gîte, une jupe de toile.
Le soir, elle regarde en rêvant quelque étoile,
Et chante au bord du toit tant que dure l'été.
Mais l'hiver vient. Il fait bien froid, en vérité,
Dans ce logis mal clos tout en haut de la rampe ;
Les jours sont courts, il faut allumer une lampe ;
L'huile est chère, le bois est cher, le pain est cher.
Ô jeunesse ! printemps ! aube ! en proie à l'hiver !
La faim passe bientôt sa griffe sous la porte,
Décroche un vieux manteau, saisit la montre, emporte
Les meubles, prend enfin quelque humble bague d'or ;
Tout est vendu ! L'enfant travaille et lutte encor ;
Elle est honnête ; mais elle a, quand elle veille,
La misère, démon, qui lui parle à l'oreille.
L'ouvrage manque, hélas ! cela se voit souvent.
Que devenir ! Un jour, ô jour sombre ! elle vend
La pauvre croix d'honneur de son vieux père, et pleure.
Elle tousse, elle a froid. Il faut donc qu'elle meure !
A dix-sept ans ! grand Dieu ! mais que faire ?... — Voilà
Ce qui fait qu'un matin la douce fille alla
Droit au gouffre, et qu'enfin, à présent, ce qui monte
À son front, ce n'est plus la pudeur, c'est la honte.
Hélas, et maintenant, deuil et pleurs éternels !
C'est fini. Les enfants, ces innocents cruels,
La suivent dans la rue avec des cris de joie.
Malheureuse ! elle traîne une robe de soie,
Elle chante, elle rit... ah ! pauvre âme aux abois !
Et le peuple sévère, avec sa grande voix,
Souffle qui courbe un homme et qui brise une femme,
Lui dit quand elle vient : « C'est toi ? Va-t-en, infâme !

 

[...]

 

Le pesant chariot porte une énorme pierre ;
Le limonier, suant du mors à la croupière,
Tire, et le roulier fouette, et le pavé glissant
Monte, et le cheval triste à le poitrail en sang.
Il tire, traîne, geint, tire encore et s'arrête.
Le fouet noir tourbillonne au-dessus de sa tête ;
C'est lundi ; l'homme hier buvait aux Porcherons
Un vin plein de fureur, de cris et de jurons ;
Oh ! quelle est donc la loi formidable qui livre
L'être à l'être, et la bête effarée à l'homme ivre !
L'animal éperdu ne peut plus faire un pas ;
Il sent l'ombre sur lui peser ; il ne sait pas,
Sous le bloc qui l'écrase et le fouet qui l'assomme,
Ce que lui veut la pierre et ce que lui veut l'homme.
Et le roulier n'est plus qu'un orage de coups
Tombant sur ce forçat qui traîne les licous,
Qui souffre et ne connaît ni repos ni dimanche.
Si la corde se casse, il frappe avec le pied ;
Et le cheval, tremblant, hagard, estropié,
Baisse son cou lugubre et sa tête égarée ;
On entend, sous les coups de la botte ferrée,
Sonner le ventre nu du pauvre être muet ;
Il râle ; tout à l'heure encore il remuait,
Mais il ne bouge plus, et sa force est finie.
Et les coups furieux pleuvent ; son agonie
Tente un dernier effort ; son pied fait un écart,
Il tombe, et le voilà brisé sous le brancard ;
Et, dans l'ombre, pendant que son bourreau redouble,
Il regarde quelqu'un de sa prunelle trouble ;
Et l'on voit lentement s'éteindre, humble et terni,
Son œil plein des stupeurs sombres de l'infini,
Où luit vaguement l'âme effrayante des choses.

Hélas !

[...]

 

Les carrefours sont pleins de chocs et de combats.
Les multitudes vont et viennent dans les rues.
Foules ! sillons creusés par ces mornes charrues,
Nuit, douleur, deuil ! champ triste où souvent a germé
Un épi qui fait peur à ceux qui l'ont semé !
Vie et mort ! onde où l'hydre à l'infini s'enlace !
Peuple océan jetant l'écume populace !
Là sont tous les chaos et toutes les grandeurs ;
Là, fauve, avec ses maux, ses horreurs, ses laideurs,
Ses larves, désespoirs, haines, désirs, souffrances,
Qu'on distingue à travers de vagues transparences,
Ses rudes appétits, redoutables aimants,
Ses prostitutions, ses avilissements,
Et la fatalité des mœurs imperdables,
La misère épaissit ses couches formidables.
Les malheureux sont là, dans le malheur reclus.
L'indigence, flux noir, l'ignorance, reflux,
Montent, marée affreuse, et parmi les décombres,
Roulent l'obscur filet des pénalités sombres.
Le besoin fuit le mal qui le tente et le suit,
Et l'homme cherche l'homme à tâtons ; il fait nuit ;
Les petits enfants nus tendent leurs mains funèbres ;
Le crime, antre béant, s'ouvre dans ces ténèbres ;
Le vent secoue et pousse, en ses froids tourbillons,
Les âmes en lambeaux dans les corps en haillons ;
Pas de cœur où ne croisse une aveugle chimère.
Qui grince des dents ? L'homme. Et qui pleure ? La mère.
Qui sanglote ? La vierge aux yeux hagards et doux.
Qui dit :  J'ai froid ? L'aïeule. Et qui dit : J'ai faim ? Tous !
Et le fond est horreur, et la surface est joie.
Au-dessus de la faim, le festin qui flamboie,
Et sur le pâle amas des cris et des douleurs,
Les chansons et le rire et les chapeaux de fleurs !
Ceux-là sont les heureux. Ils n'ont qu'une pensée :
A quel néant jeter la journée insensée ?
Chiens, voitures, chevaux ! cendre au reflet vermeil !
Poussière dont les grains semblent d'or au soleil !
Leur vie est aux plaisirs sans fin, sans but, sans trêve,
Et se passe à tâcher d'oublier dans un rêve
L'enfer au-dessous d'eux et le ciel au-dessus.
Quand on voile Lazare, on efface Jésus.
Ils ne regardent pas dans les ombres moroses.
Ils n'admettent que l'air tout parfumé de roses,
La volupté, l'orgueil, l'ivresse et le laquais
Ce spectre galonné du pauvre, à leurs banquets.
Les fleurs couvrent les seins et débordent des vases.
Le bal, tout frissonnant de souffles et d'extases,
Rayonne, étourdissant ce qui s'évanouit ;
Éden étrange fait de lumière et de nuit.
Les lustres aux plafonds laissent pendre leurs flammes,
Et semblent la racine ardente et pleine d'âmes
De quelque arbre céleste épanoui plus haut.
Noir paradis dansant sur l'immense cachot !
Ils savourent, ravis, l'éblouissement sombre
Des beautés, des splendeurs, des quadrilles sans nombre,
Des couples, des amours, des yeux bleus, des yeux noirs.
Les valses, visions, passent dans les miroirs.
Parfois, comme aux forêts la fuite des cavales,
Les galops effrénés courent ; par intervalles,
Le bal reprend haleine ; on s'interrompt, on fuit,
On erre, deux à deux, sous les arbres sans bruit ;
Puis, folle, et rappelant les ombres éloignées,
La musique, jetant les notes à poignées,
Revient, et les regards s'allument, et l'archet,
Bondissant, ressaisit la foule qui marchait.
Ô délire ! et d'encens et de bruit enivrées,
L'heure emporte en riant les rapides soirées,
Et les nuits et les jours, feuilles mortes des cieux.
D'autres, toute la nuit, roulent les dés joyeux,
Ou bien, âpre, et mêlant les cartes qu'ils caressent,
Où des spectres riants ou sanglants apparaissent,
Leur soif de l'or, penchée autour d'un tapis vert,
Jusqu'à ce qu'au volet le jour bâille entr'ouvert,
Poursuit le pharaon, le lansquenet ou l'hombre ;
Et, pendant qu'on gémit et qu'on frémit dans l'ombre,
Pendant que les greniers grelottent sous les toits,
Que les fleuves, passants pleins de lugubres voix,
Heurtent aux grands quais blancs les glaçons qu'ils charrient,
Tous ces hommes contents de vivre, boivent, rient,
Chantent ; et, par moments, on voit, au-dessus d'eux
Deux poteaux soutenant un triangle hideux
Qui sortent lentement du noir pavé des villes... —

Ô forêts ! bois profonds ! solitudes ! asiles !
                                   Paris, juillet 1838.

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 01:17

Quand comptes-tu t'en aller ? Cela fait huit mois que tu envahis mon corps, mon coeur, ma tête. Pour qui te prends-tu ? Tu n'as pas le droit de pourrir mon existence de la sorte. Je n'ai rien fait de mal, rien ne justifie ta présence, je n'ai rien à me reprocher. Je suis une femme aimante avec des valeurs justes, une enseignante efficace qui prend soin de ses élèves et les encourage à progresser, je suis altruiste et empathique, je partage, j'aime la compagnie des autres, je fais ce qui me semble juste et je me bats contre les injustices.

Je n'ai pas mérité ce qui m'arrive, tu n'as aucun droit de venir polluer mon être, mon atmosphère. Tu n'es pas la bienvenue. Si encore, tu me disais la raison de ta présence ! On pourrait en discuter, trouver ensemble une solution pour nous soulager mais non, tu t'incrustes, tu plantes ta tente, tes sardines acérées dans mon coeur, dans ma gorge tu me laisses souffrir depuis des mois et tu te tais.

Ni le yoga, ni la relaxation, ni l'acupuncture, ni les médicaments homéopathiques, ni la psychothérapie ne révèlent le pourquoi de ta présence. Que faire ? Me shooter aux médocs, être une de plus sur la longue liste des gens qui absorbent antidépresseurs, anxiolytiques pour aller bosser et tenir le coup ?

Si j'ai fait quelque chose de mal, si je n'ai pas digéré quelque chose, si j'ai peur ou si j'angoisse pour quelque chose, il suffit de me le dire, donne-moi des pistes de travail, montre-toi moins vicieuse, efface-toi de temps en temps pour me dire si je suis sur la bonne voie.

Faire semblant d'être heureuse, sourire, rassurer, tout cela m'épuise. Et pourtant j'y arrive, je donne le change et parfois même ça me fait du bien, car alors je ne pense pas à toi, je ne te sens plus brûler ma gorge et serrer mon coeur. Je crois alors que je t'ai vaincue, je reprends espoir. Mais ce n'était qu'une bataille, tu prends ta revanche à chaque fois. Je fléchis sous tes assauts, je me dis souvent que tu es plus forte que moi, que mon inconscient me domine en m'aveuglant, que se battre encore et encore ne sert à rien. Les témoignages de mes proches, les sourires, les mots de soutien, les surprises de mon mari, les ronronnements et les câlins de mes chats m'aident sur le moment mais ils disparaissent sous ton emprise.

J'ai le droit d'être heureuse !

Je veux à nouveau être cette jeune femme dynamique, pleine de vie, qui offrait ses sourires et ses plaisanteries, qui faisait son boulot avec plaisir et envie, qui invitait des amis, des proches pour faire la fête à la maison et leur concoctait un menu sympa parce que j'aimais cuisiner et goûter de bonnes choses. Je veux être moi, pleinement moi. J'étais parfois dure avec moi-même mais je savais aussi me féliciter et mettre en valeur mes qualités.

Tu m'as attaquée à un moment de ma vie où tout allait pour le mieux. Est-ce là le problème ? Je n'ai pas le droit d'être pleinement heureuse et de savourer le fruit de mes combats ? Je n'ai pas le droit d'être une épouse comblée, une enseignante félicitée, une fille, une soeur, une amie, une collègue appréciées ? Je ne suis pas autorisée à me sentir bien dans mes baskets ? Le bonheur me fait-il peur ? Ai-je l'angoisse de tout perdre ? Est-ce que mes initiatives, mes luttes pour arriver à cela m'ont épuisée et que maintenant j'en paie le prix ? J'ai relevé tous les défis, je me suis relevée à chaque défaite, je n'ai jamais baissé les bras et pourtant aujourd'hui je plie, je subis, je n'ai plus confiance en moi. Je ne me reconnais plus.

J'aimerais reprendre le boulot mais j'ai si peur de trébucher et de ne plus me relever. Comment s'occuper de vingt-cinq enfants quand on a du mal à se gérer soi-même ? Comment leur donner l'envie de se battre pour progresser quand on n'y arrive pas ? Comment prendre le temps de se soigner, de comprendre ce qui se passe dans notre tête quand on vous refuse un congé longue maladie, qu'on vous verse un demi-salaire qui vous culpabilise encore plus et qu'on vous dit : "prenez des médocs et retournez bosser !"

Je sais bien que je m'entraîne dans une spirale nauséabonde. Mes doutes, mes peurs, mon manque de confiance, ma démotivation sont mes ennemis. Je suis la proie d'idées noires qui se multiplient et me tirent vers le fond. Elles me noient dans mon propre corps. Je nage à contre-courant, j'hyper ventile pour mieux m'étouffer, je culpabilise pour mieux m'étrangler.

Et pourtant je me bats encore. Je refuse de me suicider parce que je ne veux pas faire du mal à mon entourage, je ne veux pas prendre de médocs parce que j'espère un rayon de soleil qui illuminerait la voie que je dois emprunter, le ring du combat que je dois mener, je mets en application les conseils que l'on me donne en me disant que ça finira par payer. J'attends, j'attends encore et j'espère.

Sinon j'avalerai des médicaments mais pour combien de temps ?

Je rage de te vaincre, je m'adonne au sport pour expulser ma colère, je médite pour accepter ta vile présence et te combattre de l'intérieur aussi sournoisement que toi. La patience devient petit à petit mon amie, je dois t'accueillir pour mieux te cerner et comprendre ce qui te déclenche, il me faut avancer avec toi plutôt que reculer devant toi et te laisser prendre toute la place. Un état d'esprit totalement nouveau s'offre à moi : lâcher prise, respirer, me détendre, libérer mon esprit, relativiser, ne plus penser négativement, toujours rechercher le positif, ne pas envisager l'avenir mais le laisser venir, être dans le présent, ne pas ruminer le passé, ne penser qu'à moi, m'offrir des moments de zénitude absolue, me poser, oublier... C'est ainsi que je me retrouverai, doucement, sereinement, calmement, paisiblement, alors tu n'auras plus ta place et tu t'en iras.

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Published by Satine - dans prose
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 01:43

Que de beautés dans ce texte ! Une magnifique déclaration débordante de mélancolie, de tristesse mais remplie de tellement d'amour ! Vous ne pouvez pas passer à côté de ce chef d'oeuvre, vous ne devez que le lire en entier et le savourer à sa juste valeur.

Bonne évasion au pays des sentiments purs et sincères.

 

 

XXV

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t'en vas ?

A quoi bon vivre, étant l'ombre
De cet ange qui s'enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N'être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles,
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien.

Tu m'entoures d'auréoles ;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t'envoles
Pour que je m'envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, car dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne,
Si je n'entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s'en va ? Je ne sais pas.

Quand mon courage succombe,
J'en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d'azur.

L'amour fait comprendre à l'âme
L'univers, sombre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l'infini.

Sans toi, toute la nature
N'est plus qu'un cachot fermé,
Où je vais à l'aventure,
Pâle et n'étant plus aimé.

Sans toi, tout s'effeuille et tombe,
L'ombre emplit mon noir sourcil,
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t'implore et te réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie,
Si tu n'es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l'autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L'inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l'étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu'illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant : Où donc est ma soeur?

J'en mourrai ; fuis, si tu l'oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu'elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

                                   Août 18...

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 01:42

Voici un texte que j'ai trouvé absolument sublime, il met du baume au coeur, motive et nous aide à relativiser, bref il est fait du bien quand ça va mal... Bonne guérison de l'esprit...

 

 

 

J'avais peur d'être seul, jusqu'à ce que...
J'ai appris à m'aimer moi-même.

J'avais peur de l'échec, jusqu'à ce que...
Je me sois rendu compte que j'échouais si je n'osais pas.

J'avais peur que l'on me repousse, jusqu'à ce que...
J'ai compris que je devais croire en moi-même.

J'avais peur de la douleur, jusqu'à ce que...
J'ai appris qu'elle était nécessaire pour grandir.

J'avais peur de la vérité, jusqu'à ce que...
J'ai découvert la laideur des mensonges.

J'avais peur de la mort, jusqu'à ce que...
J'ai appris qu'elle n'était pas une fin mais un commencement.

J'avais peur de la haine, jusqu'à ce que...
Je me sois rendu compte quelle n'était pas autre chose que de l'ignorance.

J'avais peur du ridicule, jusqu'à ce que...
J'ai appris de rire de moi-même.

J'avais peur de vieillir, jusqu'à ce que...
J'ai compris que je gagnais en sagesse, jour après jour.

J'avais peur de ce que les gens pensaient de moi, jusqu'à ce que...
Je me sois rendu compte que de toute façon elles auraient une opinion de moi.

J'avais peur du passé, jusqu'à ce que...
J'ai compris qu'il ne pouvait plus me blesser.

J'avais peur de l'obscurité, jusqu'à ce que...
J'ai vu la beauté de la lumière d'une étoile.

J'avais peur du changement, jusqu'à ce que...
J'ai vu que même le plus beau papillon devait passer par une métamorphose.

Que nos vies soient chaque jour plus riches, et si nous nous sentons défaillir...n'oublions pas qu'à la fin, il y a toujours quelque chose de plus.

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Published by Satine - dans vague à l'âme
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:31

Parce que les grandes gelées nous ont enfin quittés pour un temps et que je n'ai pas vraiment envie qu'elles reviennent parmi nous.... Bon dégel !

 

Après l'hiver

 

Tout revit, ma bien-aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le coeur de l'homme est meilleur.

En haut, d'ou l'amour ruisselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l'astre et la fleur.

L'hiver fuit, saison d'alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l'âpre sève des larmes
Coule, et du coeur monte aux yeux.

O douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l'abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l'oiseau qui va chanter.

L'aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.

On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit, les astres bruire,
Et les abeilles, le jour.

Et partout nos regards lisent,
Et, dans l'herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
Les aimants sont les bénis !

L'air enivre ; tu reposes
A mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos coeurs !

Comme l'aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.

La nature, soeur jumelle
D'Ève et d'Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.

Il suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t'adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l'ombre nous les rend !

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu'un souci t'oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J'ai l'étoile pour maîtresse,
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

                                   Juin 18...

 

 

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 04:22

J'adore ce mec ! J'ai d'abord fait sa rencontre télévisuelle (malheureusement car en vrai ça doit être encore plus sympa - ou pas) lorsque Canal+ avait encore son émission Le Supplément animé par Maïtena Biraben puis Ali Baddou. Il s'occupait alors de faire les biographies rapides des invités de l'émission de façon humoristique bien sûr. C'était une franche rigolade à chaque fois, plus pour nous téléspectateurs que pour les invités qui parfois s'en prenaient plein la tronche. Car Vincent n'a pas la langue dans sa poche, ben non quelle idée ? Elle s'assècherait voyons ! Il n'a non plus pas froid aux yeux, ben non sinon les paupières gèlent dessus et on ne peut plus voir, réfléchissez ! Bref cessons ces jeux de mots, il les manie mieux que moi, Vincent dit ce qu'il pense sans faire le lèche-bottes (ça aussi c'est dégueulasse comme image purée !) et c'est ce que moi j'apprécie chez lui. Il ne fera pas la même déclaration d'amour, de respect à un Prix Nobel de la Paix qu'à un membre du FN. C'est tout à son honneur et je le salue pour ça, l'intégrité aujourd'hui se fait rare, il faut la mettre en valeur et l'encourager quand elle montre le bout de son nez (ou de son museau, je ne sais pas).

 

Revenons un peu plus dans le présent.. Mon mari (désolée Vincent, mon coeur est pris mais pas mes rires, je te les laisse) m'a offert ce livre à Noël, je l'ai dévoré en deux jours (non je ne suis pas papierphage mais Dediennephage). Sincèrement j'ai souri et ri de bon coeur, oui mon coeur a des lèvres qui s'étirent lorsqu'il est content, ça vous pose un problème ? J'adore ses jeux de mots, son humour parfois cinglant, ses images décalées, son franc-parler, ses déconnades où il se perd parfois lui-même, bref ses mots sont un voyage au royaume du rire, sauf peut-être quand on est sa cible et qu'il ne nous porte pas dans son estime. (Il ne me connaît pas, ça tombe bien, ça ne risque pas de m'arriver). Pour ceux qui pourraient s'en offusquer, rappelons qu'aucun invité n'a été obligé de venir, que tous savaient pertinemment qu'une bio un peu bizarre leur serait lue à haute voix devant des milliers de téléspectateurs, et puis c'est l'occasion aussi de leur rappeler qui ils sont vraiment, quelles sont les conséquences plus ou moins néfastes de leurs actes, de leurs croyances, de leurs paroles. On ne va pas faire d'une merde un collier en or ? Ben oui, qui aurait envie de le porter en connaissant son passé pestilentiel ?

 

Pour vous mettre l'eau à la bouche (après l'image de la merde, j'admets que c'est un peu déplacé comme expression), je vous laisse un extrait qui moi m'a fait beaucoup rire, l'invité sûrement moins... Pour info les coquinous, Vincent Dedienne s'exprime sur l'actualité les soirs sur le plateau de Quotidien de Yann Barthès sur TMC vers 20 h 30 et il est actuellement en tournée dans toute la France (mais malheureusement pas près de chez moi, sinon je m'y serais précipitée, Vincent va falloir que tu révises ta géographie, le Nord-Est de la France existe aussi....). Le voir en vrai reste quand même plus sympa car ses intonations, ses pauses dans ses lectures sont encore plus drôles et puis il est mignon et il a un chat (gage de qualité)...

 

A Florian Philippot,

Ali, vous connaissez ce jeu popularisé par Pierre Palmade et qui s'appelle : "Tu préfères à vie" ? Je vous donne un exemple : Tu préfères, à vie, avoir une côte de boeuf coincée entre les molaires, ou à vie ta mère c'est Jean-Pierre Elkabbach ?

Vous avez compris le principe, on fait une partie !

Tu préfères boire un bol de glaires tous les matins ou faire la bio de Florian Philippot ?

Florian. Florian, je suis embêté parce que quand on me dit Philippot je ne pense pas au numéro 2 du Front National... d'abord parce que ça ne me vient pas naturellement de penser à vous, je m'en excuse... Et ensuite parce qu'il paraît que trop penser au Front National réduit l'espérance de vie, au même titre que manger du beurre de cacahuètes à tous les repas ou traverser l'autoroute les yeux bandés. C'est les statistiques.

Non, quand on me dit Philippot, je pense à Filipo & Co, un bar lounge de Livry-Gargan qui propose une carte variée de plats français et italiens dans une ambiance bon enfant. Et vous, j'ai vérifié, vous ne proposez pas l'ambiance bonne enfant.

Et comme j'ai un grand-oncle qui affectionne tout particulièrement ce restaurant, j'ai décidé de changer votre nom de façon à ce qu'il n'y ait plus de malentendu.

Je vous propose soit Florian Philipine qui met l'accent sur votre amour... de l'Asie. Sinon j'ai Florian Philipipeau qui évoque à la fois la musique et la teneur des discours du Front National. Florian Philipal aussi, après tout on n'est pas obligé de vous mettre au pluriel, un exemplaire par pays suffit largement. Ou Florian Philipetti, qui vous octroie la chance inouïe d'avoir des rapports intimes avec Arnaud Montebourg.

[....]

 

Et on s'arrête là, si vous en voulez encore, il va falloir acheter le livre et devenir comme moi Dediennephile !

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