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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 02:05

Avant-dernière sélection. Profitez-en bien ! Si le premier poème coïncide parfaitement avec le printemps tout juste arrivé, le second est une magnifique déclaration...

 

XXVII

 

La pauvre fleur disait au papillon céleste :

            _ Ne fuis pas !

Vois comme nos destins sont différents. Je reste,

            Tu t’en vas !

 

Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes

            Et loin d’eux,

Et nous nous ressemblons, et l’on dit que nous sommes

            Fleurs tous deux !

 

Mais, hélas ! l’air t’emporte et la terre m’enchaîne.

            Sort cruel !

Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine

            Dans le ciel !

 

Mais non, tu vas trop loin ! _ Parmi des fleurs sans nombre

            Vous fuyez,

Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre

            A mes pieds.

 

Tu fuis, puis tu reviens ; puis tu t’en vas encore

            Luire ailleurs.

Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore

            Toute en pleurs !

 

Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,

            O mon roi,

Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes

            Comme à toi !

 

Roses et papillons, la tombe nous rassemble

            Tôt ou tard.

Pourquoi l’attendre, dis ? Veux-tu pas vivre ensemble

            Quelque part ?

 

Quelque part dans les airs, si c’est là que se berce

            Ton essor ;

Aux champs, si c’est aux champs que ton calice verse

            Son trésor.

 

Où tu voudras ! qu’importe ! oui, que tu sois haleine

            Ou couleur,

Papillon rayonnant, corolle à demi pleine,

            Aile ou fleur !

 

Vivre ensemble, d’abord ! c’est le bien nécessaire

            Et réel !

Après on peut choisir au hasard, ou la terre

            Ou le ciel !

                                   7 décembre 1834

 

XXXV

 

[…]

Mais vous qui répandez tant de jour sur mon âme,

Vous qui depuis douze ans, tour à tour ange et femme,

Me soutenant là-haut ou m’aidant ici-bas,

M’avez pris sous votre aile ou calmé dans vos bras ;

Vous qui, mettant toujours le cœur dans la parole,

Rendez visible aux yeux, comme un vivant symbole,

Le calme intérieur par la paix du dehors,

La douceur de l’esprit par la santé du corps,

La bonté par la joie, et, comme les dieux même,

La suprême vertu par la beauté suprême ;

Vous, mon phare, mon but, mon pôle, mon aimant,

Tandis que nous flottons à tout évènement,

Vous savez que tout âme a sa règle auprès d’elle ;

Tout en vous est serein, rayonnant et fidèle,

Vous ne dérangez pas le tout harmonieux,

Et vous êtes ici comme une sphère aux cieux.

Rien ne se heurte en vous ; tout se tient avec grâce ;

Votre âme en souriant à votre esprit s’enlace ;

Votre vie, où les pleurs se mêlent quelquefois,

Secrète comme un nid qui gémit dans les bois,

Comme un flot lent et sourd qui coule sur des mousses,

Est un concert charmant des choses les plus douces ;

Bonté, vertu, beauté, frais sourire, œil de feu,

Toute votre nature est un hymne vers Dieu.

Il semble, en vous voyant si parfaite et si belle,

Qu’une pure musique, égale et solennelle,

De tous vos mouvements se dégage en marchant.

Les autres sont des bruits ; vous, vous êtes un chant !

                                   17 octobre 1834. Aux Roches.

 

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 18:14

Oui c’est bien elle, vous ne rêvez pas… Kathy Reichs est l’anthropologue judiciaire qui écrit des thrillers dont l’héroïne est Temperance Brennan, celle qui a le rôle principal dans la série Bones.

 

deja.jpgFans de Bones serez-vous déçus par ce roman ?

Non car on vit le métier d’anthropologue judiciaire au fur et à mesure des lignes. L’auteur ne nous épargne vraiment pas. Les cadavres retrouvés sont décrits avec une extrême justesse : l’état de leurs tissus, des tendons, des os, la position dans laquelle on les retrouve, le temps qu’ils ont passé à pourrir et dans quelles conditions mais aussi l’odeur pestilentielle qu’ils dégagent puis bien évidemment les atrocités qu’ils ont subi avant puis après leur mort. Donc je mets ici un bémol : âme sensible s’abstenir. (Je mettrai un extrait ci-dessous pour vous laissez juge).


Oui car Temperance Brennan est relativement différente. Oubliez les répliques drôles de la série lorsque Brennan est en complet décalage avec la société actuelle ou quand elle s’exclame haut et fort qu’elle est la meilleure du monde. Par contre, elle est aussi hargneuse et courageuse (parfois trop même) et son boulot est réellement sa priorité, elle doit absolument trouver les coupables quoi qu’il lui en coûte. Il n’y a pas non plus Booth ou toute la clique de médecins autour d’elle pour l’aider même si elle fait parfois appel à d’autres spécialistes pour avoir des informations supplémentaires.

 

Place à la quatrième de couverture :

Un beau jour d'été à Montréal, sur la table de dissection du laboratoire de médecine légale de la police provinciale, arrive un cadavre découvert dans l'ancien parc du Grand Séminaire. Le docteur Temperance Brennan est chargé d'autopsier ce qu'il reste d'une femme abominablement découpée en morceaux.
Divorcée et solitaire, Temperance travaille durement, dans un milieu dominé par les hommes. Sa sinistre expertise va l'amener en première ligne de l'enquête, seule en butte à l'hostilité de son collègue policier et face à l'assassin pervers qui collectionne les victimes féminines...
Armée de son scalpel et de son instinct, Temperance traque le tueur en série. Cinq femmes sont déjà mortes. Sera-t-elle la prochaine?

 

Cette quatrième de couverture est un bon résumé de ce qui attend le lecteur. Brennan devra faire face à plusieurs cadavres de femmes sauvagement assassinées, à l’hostilité de policiers chargés de l’enquête et à l’étrange comportement de son amie Gabby.

L’enquête est vraiment intéressante et difficile, les liens entre les victimes peinent à être trouvés et le tueur minutieux et pervers va jouer avec Brennan d’une manière saisissante. C’est donc un très bon thriller qui ne vous laissera pas de marbre, le premier d’une série qui, je l’espère, continuera à être d’un aussi bon niveau. Je vous tiendrai au courant de toute façon…

 

Extrait : Lorsque j’ai dénoué le haut du sac, l’odeur de putréfaction était suffocante. J’en ai déplié les rebords et j’y ai plongé mes yeux. En face de moi, j’avais un visage humain. Comme il avait été préservé des insectes, qui hâtent la décomposition, la chair n’en était pas encore totalement désagrégée. Mais la chaleur et la moisissure avaient modifié les traits en un masque mortuaire n’ayant pas grand-chose à voir avec ce que la personne avait dû être. Des yeux ratatinés et rétrécis lorgnaient sous des paupières à moitié fermées. Le nez était de travers, avec les narines comprimées et aplaties contre des joues creuses. Les lèvres étaient retroussées, en une sorte de rictus pour l’éternité, sur une rangée impeccable de dents. La chair était d’un blanc crayeux et collait aux os en une enveloppe blême et flasque. Une masse de cheveux roux et sans éclat encadrait le tout, des tire-bouchons de mèches ternes adhérant à la tête dans un limon de matière cérébrale liquéfiée.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 17:01

Troisième volet, on est au milieu et c'est toujours aussi puissant... De l'amertume à l'amour...

 

Conseil

 

[…]

Nous attendons toujours ! Seigneur, prenez pitié

Des peuples qui, toujours satisfaits à moitié,

            Vont d’espérance en espérance ;

Et montrez-nous enfin l’homme de votre choix

Parmi tous ces tribuns et parmi tous ces rois

            Que vous essayez à la France !

 

[…]

Rois ! la bure est souvent jalouse du velours.

Le peuple a froid l’hiver, le peuple a faim toujours.

            Rendez-lui son sort plus facile.

Le peuple souvent porte un bien rude collier.

Ouvrez l’école aux fils, aux pères l’atelier,

            A tous vos bras, auguste asile !

 

[…]

O rois ! le pain qu’on porte au vieillard desséché,

La pauvre adolescente enlevée au marché,

Le bienfait souriant, toujours prêt à toute heure,

Qui vient, riche et voilé, partout où quelqu’un pleure,

Le cri reconnaissant d’une mère à genoux,

L’enfant sauvé qui lève, entre le peuple et vous,

Ses deux petites mains sincères et joyeuses,

Sont la meilleur digue aux foules furieuses.

 

Hélas ! je vous le dis, ne vous endormez pas

Tandis que l’avenir s’amoncelle là-bas !

 

Il arrive parfois, dans le siècle où nous sommes,

Qu’un grand vent tout à coup soulève à flots les hommes ;

Vent de malheur, formé, comme tous les autans,

De souffles quelque part comprimés trop longtemps ;

[…]

Et ces groupes sans forme et ces rumeurs sans nombre,

Pousse tout cet orage au seuil d’un palais sombre !

 

Palais sombre en effet, et plongé dans la nuit !

D’où les illusions s’envolent à grand bruit,

Quelques-unes en pleurs, d’autres qu’on entend rire !

C’en est fait. L’heure vient, le voile se déchire,

Adieu les songes d’or ! On se réveille, on voit

Un spectre aux mains de chair qui vous touche du doigt.

C’est la réalité ! qu’on sent là, qui vous pèse.

On rêvait Charlemagne, on pense à Louis seize !

Heure grande et terrible où, doutant des canons,

La royauté, nommant ses amis par leurs noms,

Recueillant tous les bruits que la tempête apporte,

Attend, l’œil à la vitre et l’oreille à la porte !

Où l’on voit dans un coin, ses filles dans ses bras,

La reine qui pâlit, pauvre étrangère, hélas !

Où les petits enfants des familles royales

De quelque vieux soldat pressent les mains loyales,

Et demandent, avec des sanglots superflus,

Aux valets, qui déjà ne leur répondent plus,

D’où viennent ces rumeurs, ces terreurs, ce mystère,

Et les ébranlements de cette affreuse terre

Qu’ils sentent remuer comme la mer aux vents,

Et qui ne tremble pas sous les autres enfants !

 

[…]

O redoutable époque ! et quels temps que les nôtres !

Où, rien qu’en se serrant les uns contre les autres,

Les hommes dans leurs plis écrasent tours, châteaux,

Donjons que les captifs rayaient de leurs couteaux,

Créneaux, portes d’airain comme un carton ployées,

Et sur leurs boulevards vainement appuyées

Les pâles garnisons, et les canons de fer

Broyés avec le mur comme l’os dans la chair !

 

Comment se défendra ce roi qu’un peuple assiège ?

Plus léger sur ce flot que sur l’onde un vain liège,

Plus vacillant que l’ombre aux approches du soir,

Ecoutant sans entendre et regardant sans voir,

Il est là qui frissonne, impuissant, infertile,

Sa main tremble, et sa tête est un crible inutile,

_ Hélas ! hélas ! les rois en ont seuls de pareils !

[…]

 

Malheur alors ! O Dieu ! faut-il que nous voyions

Le côté monstrueux des révolutions !

Qui peut dompter la mer ? Seigneur ! qui peut répondre

Des ondes de Paris et des vagues de Londres,

Surtout lorsque la ville, ameutée aux tambours,

Sent ramper dans ses flots l’hydre de ses faubourgs !

Dans ce palais fatal où l’empire s’écroule,

Dont la porte bientôt va ployer sous la foule,

Où l’on parle tout bas de passages secrets,

Où le roi sent déjà qu’on le sert de moins près,

Où la mère en tremblant rit à l’enfant qui pleure,

O mon Dieu ! que va-t-il se passer tout à l’heure ?

Comment vont-ils jouer avec ce nid de rois ?

[…]

                                   28 décembre 1834

 

XXV

 

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine,

Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli,

Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine

De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli,

 

Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire

Les mots où se répand le cœur mystérieux,

Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire

Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

 

Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie

Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours,

Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie

Une feuille de rose arrachée à tes jours,

 

Je puis maintenant dire aux rapides années :

_ Passez ! passez toujours ! je n’ai plus à vieillir !

Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;

J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir !

 

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre

Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.

Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre !

Mon cœur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli !

                                   1er janvier 1835. Minuit et demi.

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 18:33

Les soldes nous permettent parfois d’acheter des livres de poche vraiment pas chers, c’est ainsi que je suis tombée sur ce premier tome d’une série fantastico-policière. Son titre : le prix du sang ne pouvait que me mettre l’eau à la bouche, avec la quatrième de couverture j’avais une bonne mise en bouche :

 

vicki.jpg

 

 

Un hurlement retentit… et les anciens réflexes de Vicki se réveillent.

 

Trop tard : la victime gît, la gorge déchiquetée, tandis qu’une silhouette fuit dans les tunnels sombres du métro.

 

Ancien flic devenue détective privé, Vicki Nelson ne peut s’empêcher d’enquêter sur cette affaire.

 

Mais, plus elle avance, plus elle comprend qu’elle est sur la trace de créatures bien plus dangereuses que tout ce qu’elle a pu affronter.

 

 

 


 

Pourquoi c’est une ancienne flic ? Parce qu’elle a une maladie aux yeux irréversible et que sa vision devient de plus en plus floue. Elle a donc dû quitter son boulot qu’elle aimait tant.

 

Pourquoi est-elle engagée sur cette affaire ? Car l’amie de la victime l’embauche. Elle est persuadée que la presse qui soupçonne un vampire (pour faire vendre) a raison et que la police se trompe et perd son temps en cherchant une autre piste.

 

Pourquoi ne fuit-elle pas lorsque toutes les preuves la dirigent vers du surnaturel ? Parce que l’inspecteur Celluci en charge de l’affaire n’est autre que son ancien collègue et ex-compagnon. Elle veut lui montrer qu’elle en a encore sous le pied et que malgré ses soucis aux yeux elle reste la meilleure.

 

Aucune déception dans ce premier tome, j’aime la relation tendue qu’elle a avec Celluci, la brutalité des crimes, les preuves qui de plus en plus nous amènent vers le côté obscur, le courage et la détermination de Vicki, son tableau de chasse élogieux qui lui laisse des portes ouvertes au sein de la police et surtout j’aime le personnage qui va l’aider et le lien qui les unit peu à peu. Je crois ou du moins j’espère fortement que leur partenariat va s’accentuer dans les tomes suivants et c’est pour cela que je vais me laisser tenter par le tome 2 voire plus si affinités.

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 18:52

Voici la seconde partie de l'oeuvre de Victor Hugo. Bonne et douce lecture...

 

Hymne

 

Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie

Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie.

Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.

Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère ;

            Et, comme ferait une mère,

La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau.

 

            Gloire à notre France éternelle !

            Gloire à ceux qui sont morts pour elle !

            Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !

            A ceux qu’enflamme leur exemple,

            Qui veulent place dans le temple,

            Et qui mourront comme ils sont morts !

 

C’est pour ces morts, dont l’ombre est ici bienvenue,

Que le haut Panthéon élève dans la nue,

Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours,

La reine de nos Tyrs et de nos Babylones,

            Cette couronne de colonnes

Que le soleil levant redore tous les jours !

 

            Gloire à notre France éternelle !

            Gloire à ceux qui sont morts pour elle !

            Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !

            A ceux qu’enflamme leur exemple,

            Qui veulent place dans le temple,

            Et qui mourront comme ils sont morts !

 

Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe,

En vain l’oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe,

Passe sur leur sépulcre où nous nous inclinons ;

Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle,

            La gloire, aube toujours nouvelle,

Fait luire leur mémoire et redore leurs noms !

 

            Gloire à notre France éternelle !

            Gloire à ceux qui sont morts pour elle !

            Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !

            A ceux qu’enflamme leur exemple,

            Qui veulent place dans le temple,

            Et qui mourront comme ils sont morts !

                                   Juillet 1831

 

Sur le bal de l’Hôtel de ville

 

[…]

O reines de nos toits, femmes chastes et saintes,

Fleurs qui de nos maisons parfumez les enceintes,

Vous à qui le bonheur conseille la vertu,

Vous qui contre le mal n’avez pas combattu,

A qui jamais la faim, empoisonneuse infâme,

N’a dit : Vends-moi ton corps, _ c’est-à-dire votre âme !

Vous dont le cœur de joie et d’innocence est plein,

Dont la pudeur a plus d’enveloppes de lin

Que n’en avait Isis, la déesse voilée,

Cette fête est pour vous comme une aube étoilée !

Vous riez d’y courir tandis qu’on souffre ailleurs !

C’est que votre belle âme ignore les douleurs ;

Le hasard vous posa dans la sphère suprême ;

Vous vivez, vous brillez, vous ne voyez pas même,

Tant vos yeux éblouis de rayons sont noyés,

Ce qu’au-dessous de vous dans l’ombre on foule aux pieds !

 

Oui, c’est ainsi. _ Le prince, et le riche, et le monde

Cherche à vous réjouir, vous pour qui tout abonde.

Vous avez la beauté, vous avez l’ornement ;

La fête vous enivre à son bourdonnement,

Et, comme à la lumière un papillon de soie,

Vous volez à la porte ouverte qui flamboie !

Vous allez à ce bal, et vous ne songez pas

Que parmi ces passants amassés  sur vos pas,

En foule émerveillée des chars et des livrées,

D’autres femmes sont là, non moins que vous parées,

Qu’on farde et qu’on expose à vendre au carrefour ;

Spectres où saigne en cor la place de l’amour ;

Comme vous pour le bal, belles et demi nues ;

Pour vous voir au passage, hélas ! exprès venues,

Voilant leur deuil affreux d’un sourire moqueur,

Les fleurs au front, la boue aux pieds, la haine au cœur !

                                   Mai 1832

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 10:30

Nouveau livre reçu par Babelio, oui je suis gâtée, je trouve aussi et tout comme les autres, j’ai bien choisi mon roman. L’auteur Olivier Maurel n’est autre qu’un ex-directeur de prisons, aujourd’hui sous-préfet. Il a donc cotoyé terroristes, criminels, psychopathes, mafieux et truands en tout genre durant sa longue carrière. Il connaît leurs façons de penser, d’agir, leurs folies, leurs violences. Il a même affronté des situations de mutineries, de prises d’otages et a été formé à la gestion de crise par le RAID et le GIGN. Il s’est donc inspiré de son expérience et de l’analyse comportementale des serial killers pour écrire ce thriller dur et sauvage.

 

Et dur il l’est. Ames sensibles s’abstenir. Le serial killer qui est poursuivi tout au long du roman est un vrai psychopathe qui prend son pied dans la souffrance de ses victimes. L’auteur ne nous épargne rien, ni le lieu sordide et froid, ni les scènes de torture détaillées, ni la peur et l’horrible douleur des victimes, ni le plaisir orgasmique et la folie du tueur. C’est si bien écrit qu’on y est, on est à la fois spectateur, victime, policier en chasse mais aussi serial killer.

 

autel-naufrages.jpgQuatrième de couverture : En 1963, un criminel de guerre nazi est éliminé à New York par un agent de la DST. En 2009, dans la région parisienne, le corps d’une jeune femme est découvert sauvagement mutilé, entièrement rasé, tatoué d’un soleil noir et d’une ode à Darwin. C’est le premier d’une longue série…

Le commissaire Andréa Slick, l’as de la BRI, est en charge de l’enquête. Chez les Slick, on est policier de père en fils depuis des générations… On a aussi l’effroyable faculté de voir arriver la mort autour de soi. Et dans la famille, ces stigmates en ont rendu plus d’un complètement fou.

Face à un assassin pervers et insaisissable, Andréa va non seulement devoir s’emparer de la folie du tueur, mais aussi lutter contre ses démons intérieurs.

Et de Chinatown aux prisons de haute sécurité, du repaire des Hells Angels aux catacombes parisiennes, s’engage alors une chasse à l’homme infernale, lourde et poisseuse à la recherche d’un meurtrier schizophrène.

Entre quête initiatique, visions prémonitoires et hallucinations sanglantes, Slick va – hasard ou destinée – vivre cette descente aux enfers jusqu’à la lie… jusqu’à l’autel des naufragés…

 

Le don d’Andréa n’en est pas un à ses yeux. Il a en effet la faculté de voir si la personne qui est face à lui va prochainement mourir. Ce phénomène a rendu son père complètement fou et Andréa a peur de finir comme son paternel, aussi sombre-t-il dans l’alcool et la dépression d’autant plus que son seul ami semble être son coéquipier Alex. Pour les autres il est atypique et donc à éviter.

Malgré cela, Andréa est un très bon flic, quelqu’un qui ne lâche rien et c’est pour cela qu’on lui confie l’enquête sur l’assassinat de la jeune femme. Il va alors devoir prendre en compte toutes les pistes possibles, interroger la famille de la victime, étudier les marques laissées par le tueur, s’ouvrir à la culture de Darwin et des Hells Angels qui croient en une seule race pure… Tout cela va le mener en Enfer, dans une atmosphère sombre, machiavélique, suante d’horreurs et de douleurs où la folie se mêle à la terreur, où l’esprit de l’homme ne devrait jamais s’aventurer…

 

Pas une minute d’ennui, aucune lassitude, aucun bâillement de fatigue, ce thriller vitaminé vous tiendra éveillé peut-être même trop… L’enquête nous tient en haleine, elle nous effraie et nous dégoûte aussi parfois. Lecteurs préparez-vous à entrer dans la folie d’un psychopathe dont le seul régal est de faire souffrir.

 

 

Extrait du chapitre 5  :

Le mode opérationnelle du meurtrier trahissait une nature perverse et sadique et probablement une schizophrénie. Il devait lutter contre ses démons intérieurs en se structurant autour d’un but, une obsession meurtrière, comme beaucoup de tueurs sériels. A un moment donné, dans l’histoire du tueur, un enchaînement de circonstances familiales, médicales, psychologiques ou psychiatriques avait dû provoquer une distorsion, un dérapage incontrôlé. L’espace s’était alors replié sur lui  pour donner naissance peu à peu à son délire. Il s’agissait d’un monde intérieur où ni la morale, ni la logique n’avaient trouvé leur place et leur signification. Le tueur s’était construit une pseudo cohérence intérieure, probablement sur fond de théories darwinistes. Il utilisait cette logique artificielle comme un masque. Il prenait un plaisir pervers à chosifier ses victimes. Il poussait le sadisme jusqu’à modeler leurs cadavres pour qu’ils ressemblent à des mannequins en plastique.

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:20

Chers amis de la blogosphère, je vous souhaite à tous une très bonne année 2014 !

 

voeux-1.jpg


Qu'elle vous apporte inspiration et motivation pour que nous puissions encore échanger, communiquer, partager...

 

inspiration.jpg


Qu'elle vous offre joie, bonheur, amour et amitié à profusion...

 

joie.jpg


Qu'elle vous permette de vivre pleinement chaque jour en bonne santé afin d'en profiter au maximum !

 

profiter.jpg


Meilleurs voeux

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Published by Satine - dans Evènements
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 18:23

Comme pour les Orientales, la préface est une petite merveille. Elle tente d’explique avec le prélude le choix du titre mais aussi le contenu de l’ouvrage et les choix de l’auteur :


« Tout aujourd’hui, dans les idées comme dans les choses, dans la société comme dans l’individu, est à l’état de crépuscule. De quelle nature est ce crépuscule ? de quoi sera-t-il suivi ? Question immense, la plus haute de toutes celles qui s’agitent confusément dans ce siècle où un point d’interrogation se dresse à la fin de tout. La société attend que ce qui est à l’horizon s’allume tout à fait ou s’éteigne complètement. Il n’y a rien de plus à dire.

Quant à ce volume en lui-même, l’auteur n’en dira rien non plus. A quoi bon faire remarquer le fil, à peine visible peut-être, qui lie ce livre aux livres précédents ? C’est toujours la même pensée avec d’autres soucis, la même onde avec d’autres vents, le même front avec d’autres rides, la même vie avec un autre âge.

[ …] Le dernier mot que doit ajouter ici l’auteur, c’est que dans cette époque livrée à l’attente et à la transition, dans cette époque où la discussion est si acharnée, si tranchée, si absolument arrivée à l’extrême, qu’il n’y a guère aujourd’hui d’écoutés, de compris et d’applaudis que deux mots, le Oui et le Non, il n’est pourtant, lui, ni de ceux qui nient, ni de ceux qui affirment.

Il est de ceux qui espèrent. »

 

Prélude 

 

De quel nom te nommer, heure trouble où nous sommes ?

Tous les fronts sont baignés de livides sueurs.

Dans les hauteurs di ciel et dans le cœur des hommes

Les ténèbres partout se mêlent aux lueurs.

 

Croyances, passions, désespoirs, espérances,

Rien n’est dans le grand jour et rien n’est dans la nuit ;

Et le monde, sur qui flottent les apparences,

Est à demi couvert d’une ombre où tout reluit.

 

Le bruit que fait cette ombre assourdit la pensée.

Tout s’y mêle, depuis le chant de l’oiseleur

Jusqu’au frémissement de la feuille froissée

Qui cache un nid peut-être ou qui couve une fleur.

 

[…]

La mendiante en pleurs qui marche exténuée ;

Celui qui dit Satan ou qui dit Jéhova ;

La clameur des passants bientôt diminuée ;

La voix du cœur qui sent, le bruit du pied qui va ;

 

[ …]

Et l’homme qui gémit à côté de la chose ;

Car dans ce siècle, en proie aux sourires moqueurs,

Toute conviction en peu d’instants dépose

Le doute, lie affreuse, au fond de tous les cœurs !

 

Et de ces bruits divers, redoutable ou propice,

Sort l’étrange chanson qui chante sans flambeau

Cette époque en travail, fossoyeur ou nourrice,

Qui prépare une crèche ou qui creuse un tombeau !

[…]

                                   20 octobre 1835

 

Dicté après juillet 1830

IV

 

            Trois jours, trois nuits, dans la fournaise

            Tout ce peuple en feu bouillonna.

            Crevant l’écharpe béarnaise

            Du fer de lance d’Iéna.

            En vain dix légions nouvelles

            Vinrent s’abattre à grand bruit d’ailes

            Dans le formidable foyer ;

            Chevaux, fantassins et cohortes

            Fondaient comme des branches mortes

            Qui se tordent dans le brasier !

 

Comment donc as-tu fait pour calmer ta colère,

Souveraine cité qui vainquis en trois jours ?

Comment donc as-tu fait, ô fleuve populaire,

Pour rentrer dans ton lit et reprendre ton cours ?

O terre qui tremblais ! ô tempête ! ô tourmente !

Vengeance de la foule au sourire effrayant !

Comment donc as-tu fait pour être intelligente

            Et pour choisir en foudroyant ?

 

            C’est qu’il est plus d’un cœur stoïque

            Parmi vous, fils de la cité ;

            C’est qu’une jeunesse héroïque

            Combattait à votre côté.

            Désormais, dans toute fortune,

            Vous avez une âme commune

            Qui dans tous vos exploits a lui.

            Honneur au grand jour qui s’écoule !

            Hier vous n’étiez qu’une foule :

            Vous êtes un peuple aujourd’hui !

Ces mornes conseillers de parjure et d’audace,

Voilà donc à quel peuple ils se sont attaqués !

Fléaux qu’aux derniers rois d’une fatale race

Toujours la providence envoie aux jours marqués !

Malheureux qui croyaient, dans leur erreur profonde

(Car Dieu les voulait perdre, et Dieu les aveuglait),

Qu’on prenait un matin la liberté d’un monde

            Comme un oiseau dans un filet !

 

            N’effacez rien. _ Le coup d’épée

            Embellit le front du soldat.

            Laissons à la ville frappée

            Les cicatrices du combat !

            Adoptons héros et victimes.

            Emplissons de ces morts sublimes

            Les sépulcres du Panthéon.

            Que nul souvenir ne nous pèse ;

            Rendons sa tombe à Louis seize,

            Sa colonne à Napoléon !

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Published by Satine
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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 14:02

Encore un livre envoyé par Babélio, décidément je suis gâtée. C’est la lecture d’un extrait de la quatrième de couverture qui avait arrêté mon choix :


 

vengeance.jpgUn meurtre barbare. Une disparition angoissante. Un policier au-dessus de tout soupçon. Et un journaliste lancé dans une quête effrénée de la vérité…
Quand le corps d’une prostituée est retrouvé à moitié enterré dans le bois d’Ellicott Creek, non loin de Buffalo, Jack Gannon devine aussitôt que cette affaire pourrait donner à sa carrière de journaliste le sérieux coup de pouce dont elle a besoin : s’il parvient à obtenir des informations exclusives, peut-être pourra-t-il décrocher le poste dont il rêve dans un grand quotidien new-yorkais ? Son intérêt pour le meurtre d’Ellicott Creek grandit encore lorsqu’il apprend qu’une des amies de la victime, une ancienne prostituée, vient de disparaître sans laisser de traces. Dès lors, Jack en est sûr : les deux affaires sont liées. Et le tueur va de nouveau frapper.
Très vite, son enquête s’oriente vers Karl Styebeck, un inspecteur respecté et apprécié de tous, mais qui semble avoir des liens avec les deux victimes. Persuadé que les policiers se refuseront à mettre en cause un des leurs, Jack décide alors de tout faire pour révéler au grand jour les secrets sombres et inavouables de cet homme apparemment au-dessus de tout soupçon. Sans se douter qu’il va ainsi mettre en jeu bien plus que sa carrière, et entamer une terrifiante descente aux enfers…

 

L’auteur met en avant un journaliste Jack Gannon, nominé au prix Pulitzer, cela pourrait paraître étrange mais quand on lit la biographie de Mofina sur la quatrième de couverture, on comprend bien mieux ce choix : « Rick Mofina écrit depuis l’enfance. A quinze ans, il vend sa première nouvelle à un magazine du New Jersey. Encore étudiant, il fait ses armes au Toronto Star. Durant trente ans, sa carrière de journaliste le conduit aux quatre coins du globe – Caraïbes, Afrique, Moyen Orient. Il couvre aussi de nombreuses affaires criminelles aux Etats-Unis. Parallèlement, Rick Mofina écrit des histoires policières qui sont publiées notamment dans le New York Times. Remarqué par Michaël Connelly, James Patterson et Dean Kontz, il a obtenu plusieurs prix comme auteur de thrillers. »

 

Jack Gannon n’a peur de rien et il se fie à son flaire, à ses intuitions. Qu’importe les remarques de son chef ou de ses collègues, qu’importe les reproches des flics qui défendent leur collègue accusé, qu’importe les risques, Gannon n’a qu’une idée en tête : prouver qu’il a raison et que Styebeck est coupable. Les crimes sont si horribles, les filles si mutilées qu’il ne peut en être autrement. Styebeck, le flic bénévole dans une association de réinsertion, le héros qui a sauvé des enfants d’une maison en flammes, n’est pas au-dessus des lois. Mais les déclarations des prostituées ne pèsent pas lourdes face au palmarès du flic et Styebeck a des amis haut placés prêts à le défendre.

Gannon se sent encore plus concerné lorsqu’une mère éplorée arrive à son bureau pour lui dire que sa fille a disparu. Il découvre un lien entre la victime et cette femme qui manque à l’appel. Gannon va alors redoubler d’efforts, utiliser tous ses contacts, faire d’innombrables recherches sur internet mais aussi sur le terrain dans le but de retrouver la jeune femme vivante et de prouver aux yeux de tous que dès le départ ses articles étaient vrais.

 

En résumé : tout ce que j’aime. L’enquête passionnante est menée tambour battant, les crimes sont sanglants et violents, la disparition est mise en parallèle ; elle est si cauchemardesque qu’on n’a qu’une envie : tourner les pages plus vite pour libérer la femme de cette situation horrible. Les actions se succèdent et nous offrent plein de rebondissements, Mofina nous emmène avec lui avec facilité, il nous tient en haleine tout du long.

Ca ne m’étonne pas du tout que le grand maître Michaël Connelly écrit sur la première de couverture : « un thriller à couper le souffle ! A lire de toute urgence. »

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 19:35

Vous êtes décidément parti trop vite.


Tout comme votre femme auparavant, je n’ai pas eu le temps de vous connaître davantage.

Je ne sais que des bribes de votre vie. Cela commence par votre enfance et adolescence en Galice sous un régime de dictature qui vous impose une vie de misère, votre travail pénible dans la mine, vos blessures reçues lors de la guerre d’Espagne, puis un travail trouvé en France qui vous convient, un pays d’accueil qui vous plaît au point d’y faire venir votre future épouse et d’y fonder votre famille : quatre enfants à qui vous avez inculqué le respect, la politesse, l’altruisme, le goût du travail, la joie de vivre malgré la pauvreté et les heures difficiles à l’usine. Vous n’hésitiez d’ailleurs pas à faire des heures supplémentaires, à travailler le dimanche pour mieux les nourrir, les vêtir et les emmener avec vous en vacances dans votre pays natal qui vous manquait souvent.

Vous en parliez si bien de cette Galice ensoleillée, chaude et paradisiaque où les fruits de mer sont à la portée de tous : des oursins que vous alliez pêcher aux coquillages ramassés sur la plage. Votre regard s’illuminait dès que votre esprit y vagabondait, c’était si émouvant de partager vos souvenirs, vous étiez alors un enfant qui se perdait dans ses sourires…


Mais la maladie a fini par vous rattraper. Sournoise, patiente, elle vous a eu à l’usure sans que vous n’ayez eu le temps de crier garde. Pourtant vous vous êtes battus comme un diable avec le peu d’armes qu’elle vous laissait. On vous a vu si gai, si enthousiaste la veille, avec plein de projets pour votre sortie d’hôpital. Pourquoi a-t-il fallu que cette hémorragie survienne en pleine nuit et vous impose un coma dont vous n’êtes jamais sorti ? Vous étiez plutôt en forme et nous, nous n’étions vraiment pas prêts. C’était si douloureux de vous voir ainsi, dans cette inertie imposée, vous qui étiez si actif. Aussi ai-je pris la liberté de vous faire parler, d’imaginer votre pensée durant ces derniers jours comme si vous aviez été un peu parmi nous. Je vous offre une revanche sur la mort mais surtout je voulais rassurer vos enfants qui étaient si malheureux autour de vous, leur dire que vous en aviez assez des hôpitaux, que vous ne vouliez surtout pas finir cloîtré au lit jusqu’à la fin, bref que vous étiez prêt à partir s’il le fallait…


Je n’oublierai jamais votre démarche de cow-boy, tout comme votre accent si charmant, vos expressions en gallego qui me faisaient sourire, votre regard plein de malice quand vous me titilliez, votre appétit face à une plancha plus grosse que vous, votre soudaine passion pour la cuisine chinoise (mais pourquoi tu ne m’as pas fait découvrir ça avant, c’est bon !) mais aussi les fous rires que vous aviez quand vous parliez des bêtises faites par vos enfants lorsqu’ils étaient petits, on avait l’impression que cela vous manquait, vous y replongiez avec tant de plaisir que vos yeux s’illuminaient naturellement…


Que votre retour chez vous, dans votre contrée si chérie, vous apporte encore beaucoup de bonheur, de joie et de gaieté que vous méritez, il n’y a aucun doute là-dessus. Adios padre mio !

 

 

Mais pourquoi vous êtes-vous acharnés sur moi ?

J’aurais dû partir il y a deux jours de cela.

Laissez-moi donc naviguer vers d’autres cieux !

Mon esprit est ailleurs, il a fait ses adieux…

 

A quoi bon ces tuyaux qui sortent de mon corps ?

J’ai été suffisamment piqué jusqu’alors ;

Mes veines atrophiées glissent sous vos aiguilles

Et ma peau meurtrie en maints endroits a bleui.

 

Je ne veux plus être votre bon cobaye !

Mon heure est venue, il faut que je m’en aille.

Libérez-moi de ces liens qui me tenaillent !

Mes organes ont lâché, perdu la bataille…

 

Eteignez ce respirateur inconfortable !

Son bruit sourd et régulier m’est insupportable.

Mes enfants le regardent comme un sauveur,

Mais moi je sais qu’il est trop tard pour mon cœur.

 

Effacez les courbes de mes fonctions vitales !

Noircissez ce moniteur aux chiffres sauvages !

Leurs yeux y sont fixés, que de vides regards,

La peine les transforme en de pâles visages.

 

Laissez ma famille faire son deuil,

Ravalez votre fierté, votre orgueil !

Acceptez cette erreur que vous avez commise,

Rendez-moi la dignité que vous m’avez prise !

 

 

 

J’ai envie de rejoindre ma promise

Qui m’attend depuis environ trois ans ;

Je lui referai la cour puis la bise,

La serrerai contre moi tendrement.

 

Je lui raconterai tout ce qu’elle a manqué,

Lui parlerai de nos enfants si dévoués ;

Jusqu’à la fin, ils m’ont accompagné,

Ils sont pour moi, ma plus grande fierté.

 

 st-jacques.jpg

 

Mon esprit repose maintenant en Galice.

 

 

Il s’abandonne à Saint Jacques de Compostelle,

 

 

Je m’y promène au bras de ma belle,

 

 

Nous y sommes en paix, calmes et complices.

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Published by Satine - dans vague à l'âme
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