Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Satine
  • Le blog de Satine
  • : Ecoutez les battements de mon coeur, laissez-vous bercer par sa musique et partagez ma passion pour la poésie.
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Référencement

PageRank Actuel
Actualité blog 

Bienvenue

Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 00:08

C'est à l'occasion de fête comme celle-ci qu'on se replonge dans notre enfance ; on se remémore nos souvenirs d'enfants, d'adolescents avec plaisir et on essaie de les faire rimer pour les rendre encore plus beaux, encore plus doux... Joyeux anniversaire  grande soeur !

 

 

 

Ton histoire a commencé il y a quarante ans,

Par un joli mois de mai, un printemps chantant,

Ton arrivée était désirée, attendue,

Tu as été aimée, choyée dès le début.

 

Bébé Michèle a su rapidement sourire

Et depuis ce jour, elle ne fait qu'en offrir.

D'aussi loin qu'il m'en souvienne les pleurs étaient rares,

A l'instar des sourir' Colgat' dignes d'une star.

 

Jeune, ma soeur était toujours pleine de vie,

Curieuse, vive, débordante d'énergie.

Certains disaient même qu'elle avait les vers au cul.

Ont-ils été vérifier ? Motus et bouch' cousue.

 

Adolescente, Mickelina s'est révélée.

Qu'importe le sport, elle dominait, excellait ;

Avec ses pointes, elle déchirait les pistes d'athlé

Et ses tirs puissants de handball explosaient les filets.

 

Les médailles se multipliaient, les records tombaient,

Il n'y avait plus assez de place pour tous ses trophées.

Ses vers au cul ont finalement eu leur effet,

Ils ont transformé son anus en une fusée...

 

Puis Michael décide de prendre sa vie en main ;

Les mecs se succèdent car aucun ne lui convient,

Elle stoppe ses études pour trouver un boulot

Qu'elle décroche sans problème grâce à son culot.

 

Peur de rien, la Mich continue de nous épater.

Elle se dégote un homme digne d'intérêt :

Un Fa sensible, timide, loin de se la péter

Qui supporte vaillamment son excentricité.

 

On s'est longtemps demandé quand il allait craquer,

Par quel miracle, elle finirait par se calmer ;

Force est de constater qu'ils sont faits pour être ensemble :

Un mariage, deux enfants aujourd'hui les assemblent.

 

En bons parents, ils élèvent leur progéniture

Avec de l'amour, un cadre, pas de fioritures,

Ils enchaînent les devoirs, les jeux en famille

Mais aussi les fiestas arrosées entre amis.

 

Mon alien de soeur a trouvé son équilibre,

Je suis heureuse qu'elle soit ivre de vivre,

Je lui souhaite encore quarante années de bonheur

Elle les mérite car je l'aime de tout mon coeur.

 

 

Repost 0
Published by Satine - dans Evènements
commenter cet article
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:00

Un poème presque de saison, ils annoncent des gelées prochainement, alors on va dire que c'est d'actualité.... Mais n'ayons pas une vision simpliste du mot "froid", ce serait bien trop facile pour notre ami Victor Hugo. Bonne lecture.

 

 

Il fait froid

L'hiver blanchit le dur chemin. 
Tes jours aux méchants sont en proie. 
La bise mord ta douce main, 
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon. 
La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon ! 
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert ! 
Le coeur, c'est la sainte fenêtre. 
Le soleil de brume est couvert ; 
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel, 
Doute de l'homme plein d'envie,
Doute du prêtre et de l'autel,
Mais crois à l'amour, ô ma vie !

Crois à l'amour, toujours entier, 
Toujours brillant sous tous les voiles ! 
A l'amour, tison du foyer ! 
A l'amour rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas, 
Dans ton âme, où parfois je passe, 
Où mes vers chuchotent tout bas, 
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui, 
La paix des vertus élevées, 
Et l'indulgence pour autrui, 
Éponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau, 
Que rien ne tombe ou ne recule. 
Fais de ton amour ton flambeau. 
On s'éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d'inimitié, 
Oppose ta douceur sereine, 
Et reverse-leur en pitié 
Tout ce qu'ils t'ont vomi de haine.

La haine, c'est l'hiver du coeur. 
Plains-les ! mais garde ton courage. 
Garde ton sourire vainqueur. 
Bel arc-en-ciel, sors de l'orage !

Garde ton amour éternel. 
L'hiver, l'astre éteint-il sa flamme ? 
Dieu ne retire rien du ciel ; 
Ne retire rien de ton âme !

                                   Décembre 18...

Repost 0
Published by Satine - dans Victor Hugo
commenter cet article
15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 00:41

On pourrait croire que c'est le titre ambigu qui a attiré mon attention. En effet, c'est la mariée qui porte la robe, hors ici marié est au masculin, intéressant.... Ou alors c'est peut-être l'illustration de la première de couverture : cet oeil qui regarde de côté pour espionner, par peur ? Ou plus simplement le mot magique "thriller" qui aiguise toujours mes sens. Mais non c'est juste l'auteur Pierre Lemaître qui m'a fait acheter ce livre. Si vous vous en souvenez bien, je vous ai déjà parlé de lui avec son roman Alex qui est pour l'instant mon livre préféré de l'année.

Quatrième de couverture : Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite : elle change de nom, de vie, se marie, mais son douloureux passé la rattrape... Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique.

 

Avec Robe de marié, Lemaître n'égalise pas l'engouement que j'ai eu pour Alexmais il offre à ses lecteurs à nouveau une histoire originale tant dans son écriture que dans sa présentation. En effet il y a quatre gros chapitres. Le premier parle de l'héroïne Sophie, le second de Franz ou plus particulièrement de son journal intime, le troisième de Franz et Sophie et le dernier de Sophie et Franz. Si on apprend déjà beaucoup de choses dans le second chapitre, il faut bien évidemment attendre les deux derniers chapitres pour découvrir le pot aux roses dans son intégralité, dans sa démesure.

Certes il y a moins de surprises que dans Alex, néanmoins, Robe de marié tire son épingle du jeu par le stress de Sophie que l'auteur nous fait partager avec facilité. On est perdus tout autant qu'elle, on ne sait plus ce qui est vrai ou irréel, on patauge dans ses absences et dans sa recherche de la vérité. Franz va éclaircir certaines de nos craintes mais pour autant rien n'est joué avant les dernières pages, l'auteur nous réserve toujours des surprises finales mais je dois avouer qu'une partie du dénouement aurait pu être plus explosive à mon goût...

Les deux livres de cet auteur m'ont réellement bien plu, je me lance avec empressement dans la quête des autres romans de Pierre Lemaître et je vous invite à en faire tout autant.

 

Extrait : Cette perspective lui donne alors le vertige, comme si elle entrait, sans espoir de retour, dans un autre monde où rien ne serait connu, où tout serait risque, où toute spontanéité devrait être abandonnée : faire sans cesse du nouveau. Elle ne sera plus jamais en sécurité nulle part, il n'y aura pas un lieu où elle pourra donner son nom, Sophie n'est plus personne, juste une fugitive, quelqu'un qui est mort de peur, avec une vie d'animal, entièrement tournée vers la survie, le contraire même de la vie.

Repost 0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 00:15

Retournons avec joie contempler l'univers d'Hugo, d'abord par une intense déclaration d'amour puis par un peu d'humour, Hugo se moque toujours avec classe...

Bonne lecture.

 

Billet du matin

 Si les liens des cœurs ne sont pas des mensonges,
Oh ! dites, vous devez avoir eu de doux songes,
Je n'ai fait que rêver de vous toute la nuit.
Et nous nous aimions tant ! vous me disiez : — Tout fuit,
— Tout s'éteint, tout s'en va ; ta seule image reste.-
Nous devions être morts dans ce rêve céleste ;
Il semblait que c'était déjà le paradis.
Oh ! oui, nous étions morts, bien sûr; je vous le dis.
Nous avions tous les deux la forme de nos âmes.
Tout ce que, l'un de l'autre, ici-bas nous aimâmes
Composait notre corps de flamme et de rayons,
Et, naturellement, nous nous reconnaissions.
Il nous apparaissait des visages d'aurore
Qui nous disaient : — C'est moi ! — la lumière sonore
Chantait; et nous étions des frissons et des voix.
Vous me disiez : — Écoute ! — et je répondais : — Vois !-
Je disais : — Viens-nous-en dans les profondeurs sombres ;
— Vivons ; c'est autrefois que nous étions des ombres.-
Et, mêlant nos appels et nos cris : — Viens ! oh ! viens !
— Et moi, je me rappelle, et toi, tu te souviens.-
Éblouis, nous chantions : — C'est nous-mêmes qui sommes
Tout ce qui nous semblait, sur la terre des hommes,
Bon, juste, grand, sublime, ineffable et charmant ;
Nous sommes le regard et le rayonnement ;
Le sourire de l'aube et l'odeur de la rose,
C'est nous; l'astre est le nid où notre aile se pose ;
Nous avons l'infini pour sphère et pour milieu,
L'éternité pour l'âge ; et, notre amour, c'est Dieu.

Paris, juin 18... 

 

XVIII

 

Je sais bien qu'il est d'usage
D'aller en tous lieux criant
Que l'homme est d'autant plus sage
Qu'il rêve plus de néant ;

D'applaudir la grandeur noire,
Les héros, le fer qui luit,
Et la guerre, cette gloire
Qu'on fait avec de la nuit ;

D'admirer les coups d'épée,
Et, la fortune, ce char
Dont une roue est Pompée,
Dont l'autre roue est César ;

Et Pharsale et Trasimène,
Et tout ce que les Nérons
Font voler de cendre humaine
Dans le souffle des clairons !

Je sais que c'est la coutume
D'adorer ces nains géants
Qui, parce qu'ils sont écume,
Se supposent océans ;

Et de croire à la poussière,
A la fanfare qui fuit,
Aux pyramides de pierre,
Aux avalanches de bruit.

Moi, je préfère, ô fontaines,
Moi, je préfère, ô ruisseaux,
Au Dieu des grands capitaines
Le Dieu des petits oiseaux !

O mon doux ange, en ces ombres
Où, nous aimant, nous brillons,
Au Dieu des ouragans sombres
Qui poussent les bataillons,

Au Dieu des vastes armées,
Des canons au lourd essieu,
Des flammes et des fumées,
Je préfère le bon Dieu !

Le bon Dieu, qui veut qu'on aime,
Qui met au coeur de l'amant
Le premier vers du poème,
Le dernier au firmament !

Qui songe à l'aile qui pousse,
Aux oeufs blancs, au nid troublé,
Si la caille a de la mousse,
Et si la grive a du blé ;

Et qui fait, pour les Orphées,
Tenir, immense et subtil,
Tout le doux monde des fées
Dans le vert bourgeon d'avril !

Si bien, que cela s'envole
Et se disperse au printemps,
Et qu'une vague auréole
Sort de tous les nids chantants !

Vois-tu, quoique notre gloire
Brille en ce que nous créons,
Et dans notre grande histoire
Pleine de grands panthéons ;

Quoique nous ayons des glaives,
Des temples, Chéops, Babel,
Des tours, des palais, des rêves,
Et des tombeaux jusqu'au ciel ;

Il resterait peu de choses
A l'homme, qui vit un jour,
Si Dieu nous ôtait les roses,
Si Dieu nous ôtait l'amour !

Chelles, septembre 18...

Repost 0
Published by Satine - dans Victor Hugo
commenter cet article
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 02:18

Voilà un poème que j'ai réellement trouvé intéressant, merci à Marie-Laure de me l'avoir fait découvrir. Ses auteurs sont Kim et Alison McMillen, elles l'ont rédigé en 2001...

Bonne lecture et bonne thérapie en même temps...

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
l’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
l’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appel
le… la Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus
dans le fait de forcer une situation ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même
ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…
Aujourd’hui, je sais que cel
a s’appelle… le Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
l’Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime
quand cela me plaît et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s
’appelle… la Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert …
l’Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois.
Et cela s’appell
e… la Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci, c’est…
le Savoir vivre.

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.
Du chaos naissent des étoi
les.

Repost 0
Published by Satine - dans vague à l'âme
commenter cet article
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 00:34

Je sors juste de la séance et dès la moitié du film je savais que j'allais écrire un article dessus. Des mots dans ma tête se chevauchaient, se bagarraient pour chercher la justesse, pour être à la hauteur des messages, des sentiments, de l'explosion de vies que j'avais sous les yeux. Un phénomène rare pour moi car j'écris peu sur les films ; j'aime parfois juste retranscrire quelques citations, quelques dialogues qui m'ont marquée ou touchée mais là c'est de l'oeuvre entière dont je veux parler.

Quel film !

Quelles tranches de vies !

Une famille.

Pas la vôtre, pas la mienne, une mère, des frères, une soeur, une épouse.

Et pourtant, on vit avec eux et on les voit se déchirer, on les entend s'aimer et se détester, on est en chacun d'eux. On se retrouve là dans cette maison, dans ce huis clos oppressant, asphyxiant, en spectateur bousculé, en réalisateur voyeur, en scénariste patient. Les gros plans constants sur les visages nous invitent à être de la famille, les disputes, les agressions nous obligent à prendre nos distances et les longs silences qui font tant de bien font aussi tant de mal.

Il ne faut pas omettre ces dialogues à deux, ces conversations discrètes, secrètes. Ce long et calme échange entre la mère et le fils si inoubliable, si lourd de sens qui s'oppose à la tension entre les frères.

Une famille et pourtant seuls les deux étrangers se comprennent, s'allient presque, se défendent et s'apprécient parce qu'ils se ressemblent, parce qu'ils sont à l'écart, parce qu'ils sont discrets. Quant aux autres, ceux qui se connaissent, se côtoient, il n'y a pas d'entente possible, pas d'écoute, aucune compréhension, une surenchère constante de mots, de phrases, d'insultes.

La brutalité face à la passivité, le flot de paroles face à trois mots, l'agressivité face à la retenue.

Et moi dans tout ce bruit, moi qui suis elle, lui, moi qui ai envie de crever l'abcès mais qui ne peux pas, moi qui ne sais pas mais qui veux savoir ou pas, moi qui n'ai plus. L'absence est lourde, pesante, invalidante, culpabilisante mais elle était nécessaire. Doit-elle l'être encore ?

Et cette attente tout le long du film qui pèse sur les épaules de chacun des personnages, ce besoin de comprendre ou de dire qui humidifie les regards, crispe les sourires et les corps de plus en plus. Les acteurs sont bluffants, une réelle performance pour chacun d'entre eux. Ils nous transmettent tant d'émotions par leurs regards, leurs postures, leurs respirations. Il n'y a pas besoin de parler, il n'y a qu'à être.

Purée, ce film fait mal et pourtant il fera du bien parce qu'il est une image de tout ce qu'on se cache, comme une caméra sous un voile, un trou de serrure dans nos vies. Il vous chuchote : "regardez ce que vos décisions, ce que vos mots, ce que vos silences provoquent chez l'un, chez l'autre."

Et puis qu'est-ce qu'une famille ? Comment chaque membre y évolue, y survit ?

Que dire ? Quand le dire ? Comment le dire ? Faut-il le dire ? Pourquoi le dire ?

Simplement écoutons-nous, parlons ensemble, communiquons. Parce qu'il vaut mieux lancer un petit pétard qui démange que laisser s'installer une bombe à retardement qui provoquera des ravages.

Cessons les faux-semblants et commençons par être vrais.

Stoppons les silences de politesse, les sourires de façade et mettons nos sentiments sur la table pour comprendre et être compris, pour ne plus être finalement des étrangers sous un même toit.

Bref un très bon film sur le poids des non-dits, la lourdeur des silences...

Repost 0
Published by Satine - dans Extraits cinéma
commenter cet article
15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 02:28

Insidieusement tu t'es emparée de moi

Alors qu'il n'y avait rien de sombre dans mon aura ;

Pourquoi viens-tu perturber un si bel équilibre :

Amour sincère, métier apprécié, joie de vivre ?

Fourbe, tu m'entraînes dans les bas fonds,

Tu me laisses m'y noyer, je m'y morfonds,

Je ne suis plus qu'une fontaine à larmes,

Je suis démunie, vide, triste, sans arme.

J'exècre cet oursin au fond de ma gorge,

Rien ne l'élimine, rien ne le déloge,

Il s'ancre davantage chaque jour qui passe,

Il me terrorise, m'humilie, me menace.

J'ai beau combattre, il m'étouffe sournoisement,

Chaque sourire est balayé instinctivement,

Chaque rire se bloque automatiquement,

Chaque bonheur est démoli effrontément.

J'ai si honte de cette soudaine faiblesse

Qui me pousse à l'inertie, à la paresse,

Je ne sens plus capable de rien,

Tout m'effraie y compris mon quotidien.

Pourquoi inviter des amis à la maison ?

Le repas sera loupé, rien ne sera bon.

C'est plus simple de refuser toutes les sorties :

Quelle horreur de pleurer comme une petite fille.

Comment expliquer aux autres ce qui m'arrive

Quand moi-même je ne le comprends pas ?

Comment lutter contre cette dérive

Quand j'ignore contre quoi mener mon combat ?

On me demande de rester dans le présent,

D'accepter cette épreuve que mon corps ressent,

Mon inconscient a pris le contrôle de mon être,

Seule la patience me fera réapparaître.

Repost 0
Published by Satine - dans vague à l'âme
commenter cet article
1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 07:23

Un petit sujet de philo : à quoi sert le mot ? Votre professeur sera l'illustre Victor Hugo, qui mieux que lui pour en parler ?

Puis pour bien reposer votre cerveau après cette longue discussion, un petit peu de printemps avant l'automne...

Bonne lecture

Suite

Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant.
La main du songeur vibre et tremble en l'écrivant ;
La plume, qui d'une aile allongeait l'envergure,
Frémit sur le papier quand sort cette figure,
Le mot, le terme, type on ne sait d'où venu,
Face de l'invisible, aspect de l'inconnu ;
Créé, par qui ? forgé, par qui ? jailli de l'ombre ;
Montant et descendant dans notre tête sombre,
Trouvant toujours le sens comme l'eau le niveau ;
Formule des lueurs flot
tantes du cerveau.


Oui, vous tous, comprenez que les mots sont des choses.
Ils roulent pêle-mêle au gouffre obscur des proses,
Ou font gronder le vers, orageuse forêt.
Du sphinx Esprit Humain le mot sait le secret.
Le mot veut, ne veut pas, accourt, fée ou bacchante,
S'offre, se donne ou fuit ; devant Néron qui chante
Ou Charles-Neuf qui rime, il recule hagard ;
Tel mot est un sourire, et tel autre un regard ;
De quelque mot profond tout homme est le disciple ;
Toute force ici-bas à le mot pour multiple ;
Moulé sur le cerveau, vif ou lent, grave ou bref,
Le creux du crâne humain lui donne son relief ;
La vieille empreinte y reste auprès de la nouvelle ;
Ce qu'un mot ne sait pas, un autre le révèle ;
Les mots heurtent le front comme l'eau le récif ;
Ils fourmillent, ouvrant dans notre esprit pensif
Des griffes ou des mains, et quelques-uns des ailes ;
Comme en un âtre noir errent des étincelles,
Rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux,
Sombre peuple, les mots vont et viennent en nous ;
Les mot
s sont les passants mystérieux de l'âme.

Chacun d'eux porte une ombre ou secoue une flamme ;
Chacun d'eux du cerveau garde une région ;
Pourquoi ? c'est que le mot s'appelle Légion ;
C'est que chacun, selon l'éclair qui le traverse,
Dans le labeur commun fait une oeuvre diverse ;
C'est que, de ce troupeau de signes et de sons
Qu'écrivant ou parlant, devant nous nous chassons,
Naissent les cris, les chants, les soupirs, les harangues ;
C'est que, présent partout, nain caché sous les langues,
Le mot tient sous ses pieds le globe et l'asservit ;
Et, de même que l'homme est l'animal où vit
L'âme, clarté d'en haut par le corps possédée,
C'est que Dieu fait d
u mot la bête de l'idée.

[...]

Jersey, octobre 1854.

Premier mai

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d’autres choses.
Premier mai ! l’amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L’arbre où j’ai, l’autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu’il l’improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L’atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu’au Printemps fait la plaine,
Et que l’herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants.
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l’haleine s’envole en murmurant : Je t’aime !
Sur le ravin, l’étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l’ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l’avoue à voix basse ; on dirait
Qu’au nord, au sud brûlant, au couchant, à l’aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les ch
ênes mouvants
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

Saint-Germain, 1er mai 18...

Repost 0
Published by Satine - dans Victor Hugo
commenter cet article
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 13:33

Ma soeur Michèle et mon beau-frère Fabrice ont fêté leurs 40 ans ce weekend. Du coup je leur ai concocté une p'tite chanson, parodiant l'oeuvre de Teri Moïse "Dans les poèmes de Michèle", histoire de faire rire les convives. Ma soeur et mon beauf' sont des fêtards, ils aiment recevoir du monde à la maison, sortir, faire la fête, vivre quoi donc j'ai exagéré un peu leur vie tumultueuse. Leurs deux enfants ont joué aussi le jeu et ont mimé les paroles pour que ce soit encore plus drôle...

Michèl' , Fabric'

Vous fêtez aujourd'hui vos quarant' ans

Plus jeun' , plus liss'

Vos visag' se flétriss' sous le poids des ans

Ca coût' cher, un bras

Pour fair' un bon lifting et changer

Refrain :

Dans les soirées chez Michèl'

Les bouteilles rend' bell'

Viv' l'alcool, l'alcool, l'alcool

C'est lorsque l'on se couch'

Que tout devient trop louch'

C'est pas d'bol, pas d'bol, pas d'bol

Fabric' est trist'

La cav' à vin se vid' mêm' si il résist'

Amis, famill'

Sont des vorac' qui picol' toute la nuit

C' qu'il faut, c'est sûr

C'est déménager loin, très loin

Refrain 2 :

Dans les dîners chez Fabric'

Les fronts, les yeux se pliss'

C'est trop dur, trop dur, trop dur

Se lever et marcher

Just' pour aller pisser

Sur les murs, les murs, les murs

Avec ces mots si drôl'

Vous n' devez rien changer, changer

Refrain 3 :

Quand chez Fabric' et Michèl'

Il nous pousse des ail'

Faut voler, voler, voler

C'est quand on atterrit

Qu'on s' couche dans nos lits

Pour rêver, rêver, rêver

Repost 0
Published by Satine - dans parodies
commenter cet article
1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 03:29

Un très long poème vous attend, j'ai dû le couper un peu pour ne pas vous démotiver d'avance... Courage, il en vaut la peine, vous avez bien quelques minutes à perdre pour la beauté de la langue non ?

Réponse à un acte d'accusation

Donc, c'est moi qui suis l'ogre et le bouc émissaire.
[..
.]

J'en conviens, oui, je suis cet abominable homme ;
Et, quoique, en vérité, je pense avoir commis
D'autres crimes encor que vous avez omis,
Avoir un peu touché les questions obscures,
Avoir sondé les maux, avoir cherché les cures,
De la vieille ânerie insulté les vieux bâts,
Secoué le passé du haut jusques en bas,
Et saccagé le fond tout autant que la forme,
Je me borne à ceci : je suis ce monstre énorme,
Je suis le démagogue horrible et débordé,
Et le dévastateur du viei
l A B C D ;
Causons.

Quand je sortis du collège, du thème,
Des vers latins, farouche, espèce d'enfant blême
Et grave, au front penchant, aux membres appauvris,
Quand, tâchant de comprendre et de juger, j'ouvris
Les yeux sur la nature et sur l'art, l'idiome,
Peuple et noblesse, était l'image du royaume ;
La poésie était la monarchie ; un mot
Etait un duc et pair, ou n'était qu'un g
rimaud ;
[...]

Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi
Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
Et sur l'Académie, aïeule et douairière,
Cachant sous ses jupons les tropes effarés,
Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
Je fis souffler un vent révolutionnaire.
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
Je fis une tempête au fond de l'encrier,
Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;
Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote,
Frémirent ; je montai sur la borne Aristote,
Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
[...]
Force mots, pa
r Restaut peignés tous les matins,

Et de Louis-Quatorze ayant gardé l'allure,
Portaient encor perruque ; à cette chevelure
La Révolution, du haut de son beffroi,
Cria : "Transforme-toi ! c'est l'heure. Remplis-toi
"De l'âme de ces mots que tu tiens prisonnière !"
Et la perruque alors rugit, et fut crinière.
Liberté ! c'est ainsi qu'en nos rébellions,
Avec des épagneuls nous fîmes des lions,
Et que, sous l'ouragan maudit que nous soufflâmes,
Toutes sortes de mots se couvrirent de flammes.
J'affichai sur Lhomond des proclamations.
On y lisait : " - Il faut que nous en finissions !
"Au panier les Bouhours, les Batteux, les Brossettes !
"À la pensée humaine ils ont mis les poucettes.
"Aux armes, prose et vers ! formez vos bataillons !
"Voyez où l'on en est : la strophe a des bâillons !
"L'ode a les fers aux pieds, le drame est en cellule.
"Sur le Racine mort le Campistron pullule !"
Boileau grinça des dents ; je lui dis : Ci-devant,
Silence ! et je criai dans la foudre et le vent :
Guerre à la
rhétorique et paix à la syntaxe !
[...]

On les vit déterrer le songe d'Athalie ;
Ils jetèrent au vent les cendres du récit
De Théramène ; et l'astre Institut s'obscurcit.
Oui, de l'ancien régime ils ont fait tables rases,
Et j'ai battu des mains, buveur du sang des phrases,
Quand j'ai vu, par la strophe écumante et disant
Les choses dans un style énorme et rugissant,
L'Art poétique pris au collet dans la rue,
Et quand j'ai vu, parmi la foule qui se rue,
Pendre, par tous les mots que le bon goût proscrit,
La lettre aristocrate à la lanterne esprit.
Oui, je suis ce Danton ! je suis ce Robespierre !
J'ai, contre le mot noble à la longue rapière,
Insurgé le vocable ignoble, son valet,
Et j'ai, sur Dangeau mort, égorgé Richelet.
Oui, c'est vrai, ce sont là quelques-uns de mes crimes.
J'ai pris et démoli la bastille des rimes.
J'ai fait plus : j'ai brisé tous les carcans de fer
Qui liaient le mot peuple, et tiré de l'enfer
Tous les vieux mots damnés, légions sépulcrales ;
J'ai de la périphrase écrasé les spirales,
Et mêlé, confondu, nivelé sous le ciel
L'alphabet, sombre tour qui naquit de Babel ;
Et je n'ignorais pas que la main co
urroucée
Qui délivre le mot, délivre la pensée.

L'unité, des efforts de l'homme est l'attribut.
Tout est la même flèche et frappe au même bu
t.

Donc, j'en conviens, voilà, déduits en style honnête,
Plusieurs de mes forfaits, et j'apporte ma tête.
Vous devez être vieux, par conséquent, papa,
Pour la dixième fois j'en
fais mea culpa.
Oui, si Beauzée est dieu, c'est vrai, je suis athée.
La langue était en ordre, auguste, époussetée,
Fleurs de lys d'or, Tristan et Boileau, plafond bleu,
Les quarante fauteuils et le trône au milieu ;
Je l'ai troublée, et j'ai, dans ce salon illustre,
Même un peu cassé tout ; le mot propre, ce rustre,
N'était que caporal : je l'ai fait colonel ;
J'ai fait un jacobin du pronom personnel,
Du participe, esclave à la tête blanchie,
Une hyène, et du verbe une hydre d'anarchie.
Vous tenez le reum confitentem. Tonnez !
J'ai dit à la narine : Eh mais ! tu n'es qu'un nez !
J'ai dit au long fruit d'or : Mais tu n'es qu'une poire !
J'ai dit à Vaugelas : Tu n'es qu'une mâchoire !
J'ai dit aux mots : Soyez république ! soyez
La fourmilière immense, et travaillez ! croyez,
Aimez, vivez ! – J'ai mis tout en branle, et, morose,
J'ai jeté le vers noble a
ux chiens noirs de la prose.
[...]

Tous les mots à présent planent dans la clarté.
Les écrivains ont mis la langue en liberté.
Et, grâce à ces bandits, grâce à ces terroristes,
Le vrai, chassant l'essaim des pédagogues tristes,
L'imagination, tapageuse aux cent voix,
Qui casse des carreaux dans l'esprit des bourgeois ;
La poésie au front triple, qui rit, soupire
Et chante, raille et croit ; que Plaute et que Shakespeare
Semaient, l'un sur la plebs, et l'autre su
r le mob ;
[...]

Grâce à toi, progrès saint, la Révolution
Vibre aujourd'hui dans l'air, dans la voix, dans le livre.
Dans le mot palpitant le lecteur la sent vivre.
Elle crie, elle chante, elle enseigne, elle rit.
Sa langue est déliée ainsi que son esprit.
Elle est dans le roman, parlant tout bas aux femmes.
Elle ouvre maintenant deux yeux où sont deux flammes,
L'un sur le citoyen, l'autre sur le penseur.
Elle prend par la main la Liberté, sa sœur,
Et la fait dans tout homme entrer par tous les pores.
Les préjugés, formés, comme les madrépores,
Du sombre entassement des abus sous les temps,
Se dissolvent au choc de tous les mots flottants
Pleins de sa volonté, de son but, de son âme.
Elle est la prose, elle est le vers, elle est le drame ;
Elle est l'expression, elle est le sentiment,
Lanterne dans la rue, étoile au firmament.
Elle entre aux profondeurs du langage insondable ;
Elle souffle dans l'art, porte-voix formidable ;
Et, c'est Dieu qui le veut, après avoir rempli
De ses fiertés le peuple, effacé le vieux pli
Des fronts, et relevé la foule dégradée,

Et s'être faite droit, elle se fait idée !

Paris, janvier 1834.

Repost 0
Published by Satine - dans Victor Hugo
commenter cet article