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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 20:28

Certains pourraient se demander qui est cet homme. Il n’y a pas de honte à cela, moi-même quand j’ai choisi ce livre dans le masse critique de Babelio, j’avoue que je ne savais pas de qui il s’agissait.

S’il n’est pas très connu en France, en Angleterre, c’est un héros, en tout cas l’un des poètes les plus appréciés. En effet, ce personnage met en vers tout l’amour qu’il a pour sa patrie. Il dépeint l’Angleterre comme nul autre avec justesse, délicatesse mais aussi avec humour. L’avant-propos précise d’ailleurs que quand le projet de traduire les poèmes en français a vu le jour, les Anglais se sont écriés : « Mais John Betjeman est intraduisible ! ». Pour conclure, la traductrice Anne Guerber va jusqu’à écrire : « Betjeman est à lui seul tout l’esprit anglais. »

Certes il n’a pas la beauté éblouissante de Shakespeare, ni la fougue ou la passion dévorante de Hugo dont chacun des vers est parfait en tout point, n’y cherchez pas des styles poétiques qui vous laissent cois car vous seriez un peu déçus. Par contre, laissez-vous bercer par ses rimes, par ses voyages aux quatre coins de sa contrée, ses descriptions pointilleuses vous dépayseront sans conteste et ses portraits « so british » vous feront sourire à coup sûr…

En tout cas, j’ai passé un bon moment à ses côtés sans en tomber follement amoureuse, mais j’avoue qu’il m’a donné envie de découvrir l’Angleterre si splendide à ses yeux et de prendre un thé avec ses habitants distingués…

 

Le livre est vraiment très agréable, le papier est d’une grande qualité, il y a des photographies de Betjeman, une carte pour suivre ses voyages et se repérer et des notes à la fin pour expliquer certaines expressions ou pour donner des informations supplémentaires. Le livre est découpé en fonction des régions-villes qu’il a décrites, la page de gauche est le texte original, la page de droite la traduction française, ce qui nous permet si on le souhaite de tester ses connaissances en anglais…

Enjoy ! 

betjeman.jpg

On va commencer par la ville de Londres qui sera découpée en deux parties puis viendront d'autres villes les unes après les autres. Bon dépaysement my friends !

 

1) Londres :

Noël

[…]

Et est-ce vrai ? Et est-ce vrai,

Ce conte de tous le plus incroyable,

Vu sur un vitrail coloré ;

Un nouveau-né dans une étable ?

Le Créateur des étoiles et des mers

Devenu Enfant pour moi sur terre ?

 

Et est-ce vrai ? Car si c’est vrai,

Aucun doigt affectueux nouant les liens

Autour de ces babioles emballées,

Les douceurs de Noël et les petits riens,

Les sels de bain et le parfum bon marché

Et l’hideuse cravate si tendrement adressée,

 

Aucun amour au cœur d’une famille niché,

Aucun chant de Noël réjouissant l’air glacé,

Ni aucune cloche faisant trembler les clochers

Ne peut se comparer à cette seule Vérité –

Que Dieu se fit Homme en Palestine

Et vit aujourd’hui dans le Pain et le Vin de la vigne.

 

 

A propos du portrait d’un sourd (une référence à la mort de son père)

Le vieux visage affable, la tête en forme d’œuf,

La cravate discrètement tape-à-l’œil,

Les habits de chasse un peu flottants,

Et si bien ajusté, un linceul.

 

Il aimait les vieilles salles à manger de la City,

Les pommes de terre en robe des champs,

Mais sa bouche n’est désormais ouverte

Que pour laisser la glaise de Londres entrer dedans.

 

Il m’emmenait pour de longues et silencieuses balades

Par des chemins de campagne, lorsqu’il était moins âgé,

Il connaissait le nom de chaque oiseau

Mais pas le chant qu’il chantait.

 

Quand mes paroles lui échappaient

Il souriait et semblait si majestueux

Que je préfère ne pas penser

Aux asticots dans ses yeux.

 

Il aimait l’air délavé de Cornouailles,

L’odeur de la terre labourée,

Il aimait un paysage nu à perte de vue

Et à l’huile il le peignait.

 

Mais moins que tout il aimait cet endroit

A la colline de Highgate Hill accroché

Terre mouillée couverte de marbre de Carrare

Où les Londoniens viennent s’entasser.

Il aurait aimé dire au revoir,

Serrer les mains de ses nombreux amis,

Mais à Highgate désormais les os de ses doigts

Du bout de ses mains sont sortis.

 

Toi, Dieu, qui le traite de la sorte,

Tu dis «  Sauvez son âme et priez ».

Tu me demandes de Te croire quand

 

Je ne vois que fumier.

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:57

Encore deux poèmes avant le bouquet final... Bonne lecture.

 

Au statuaire David

 

[...]

Les grands hommes, héros ou penseurs, - demi-dieux !

Tour à tour sur le peuple ont passé radieux,

Les uns armés d'un glaive et les autres d'un livre,

Ceux-ci montrant du doigt la route qu'il faut suivre,

Ceux-là forçant la cause à sortir de l'effet ;

L'artiste ayant un rêve et le savant un fait ;

L'un a trouvé l'aimant, la presse, la boussole,

L'autre un monde où l'on va, l'autre un vers qui console.

[...]

- Le sculpteur ébloui contemple ces figures ! -

Il songe à la patrie, aux tombeaux solennels,

Aux cités à remplir d'exemples éternels ;

Et voici que déjà, vision magnifique !

Mollement éclairés d'un reflet pacifique,

Grandissant hors du sol de moment en moment,

De vagues bas-reliefs chargés confusément,

Au fond de son esprit, que la pensée encombre,

Les énormes frontons apparaissent dans l'ombre !

 

N'est-ce pas ? c'est ainsi qu'en ton cerveau, sans bruit,

L'édifice s'ébauche et l'oeuvre se construit ?

C'est là ce qui se passe en ta grande âme émue

Quand tout un panthéon ténébreux s'y remue ?

C'est ainsi, n'est-ce pas, ô maître ? que s'unit

L'homme à l'architecture et l'idée au granit ?

Oh ! qu'en ces instants-là ta fonction est haute !

Au seuil de ton fronton tu reçois comme un hôte

Ces hommes plus qu'humains. Sur un bloc de Paros

Tu t'assieds face à face avec tous ces héros.

Et là, devant tes yeux qui jamais ne défaillent,

Ces ombres, qui seront bronze et marbre, tressaillent.

L'avenir est à toi, ce but de tous les voeux,

Et tu peux le donner, ô maître, à qui tu veux !

Toi, répandant sur tous ton équité complète,

Prêtre autant que sculpteur, juge autant que poëte,

Accueillant celui-ci, rejetant celui-là,

Louant Napoléon, gourmandant Attila,

Parfois grandissant l'un par le contact de l'autre,

Dérangeant le guerrier pour mieux placer l'apôtre,

Tu fais des Dieux ! - tu dis, abaissant ta hauteur,

Au pauvre vieux soldat, à l'humble vieux pasteur :

- Entrez ; je vous connais. Vos couronnes sont prêtes.

Et tu dis à des rois : - Je ne sais qui vous êtes.

 

Car il ne suffit point d'avoir été des rois,

D'avoir porté le sceptre, et le globe, et la croix,

Pour que le fier poëte et l'altier statuaire

Etoilent dans sa nuit votre drap mortuaire,

Et des hauts panthéons vous ouvrent les chemins.

 

C'est vous-mêmes, ô rois, qui de vos propres mains

Bâtissez sur vos noms ou la gloire ou la honte !

[...]

Les actions qu'on fait ont des lèvres d'airain.

 

[...]

Maintenant, toi qui vas hors des routes tracées,

O pétrisseur de bronze, ô mouleur de pensées,

Considère combien les hommes sont petits,

Et maintiens-toi superbe au-dessus des partis.

Garde la dignité de ton ciseau sublime.

Ne laisse pas toucher ton marbre par la lime

Des sombres passions qui rongent tant d'esprits.

Michel-Ange avait Rome et David a Paris.

Donne donc à ta ville, ami, ce grand exemple

Que, si les marchands vils n'entrent pas dans le temple,

Les fureurs des tribuns et leur songe abhorré

N'entrent pas dans le coeur de l'artiste sacré !

Refuse aux cours ton art, donne au peuple tes veilles,

C'est bien, ô mon sculpteur ! mais loin de tes oreilles

Chasse ceux qui s'en vont flattant les carrefours,

Toi, dans ton atelier tu dois rêver toujours,

Et, de tout vice humain écrasant la couleuvre,

Toi-même par degrés t'éblouir de ton oeuvre !

Ce que ces hommes-là font dans l'ombre ou défont

Ne vaut pas ton regard levé vers le plafond

Cherchant la beauté pure et le grand et le juste.

Leur mission est basse et la tienne est auguste.

Et qui donc oserait mêler un seul moment

Aux mêmes visions, au même aveuglement,

Aux mêmes voeux haineux, insensés ou féroces,

Eux, esclaves des nains, toi, père des colosses !

                                   avril 1840

 

XXIV

 

Quand tu me parles de gloire,

Je souris amèrement.

Cette voix que tu veux croire,

Moi, je sais bien qu'elle ment.

 

La gloire est vite abattue.

L'envie au sanglant flambeau

N'épargne cette statue

Qu'assise au seuil d'un tombeau.

 

La prospérité s'envole,

Le pouvoir tombe et s'enfuit.

Un peu d'amour qui console

Vaut mieux et fait moins de bruit.

 

Je ne veux pas d'autres choses

Que ton sourire et ta voix,

De l'air, de l'ombre et des roses,

Et des rayons dans les bois !

 

Je ne veux, moi qui me voile

Dans la joie ou la douleur,

Que ton regard, mon étoile !

Que ton haleine, ô ma fleur !

 

Sous ta paupière vermeille

Qu'inonde un céleste jour,

Tout un univers sommeille.

Je n'y cherche que l'amour !

 

Ma pensée, urne profonde,

Vase à la douce liqueur,

Qui pourrait emplir le monde,

Ne veut emplir que ton coeur !

 

Chante ! en moi l'extase coule.

Ris-moi ! c'est mon seul besoin.

Que m'importe cette foule

Qui fait sa rumeur au loin !

 

Dans l'ivresse où tu me plonges,

En vain, pour briser nos noeuds,

Je vois passer dans mes songes

Les poëtes lumineux !

 

Je veux, quoi qu'ils me conseillent,

Préférer, jusqu'à la mort,

Aux fanfares qui m'éveillent

Ta chanson qui me rendort.

 

Je veux, dût mon nom suprême

Au front des cieux s'allumer,

Qu'une moitié de moi-même

Reste ici-bas pour t'aimer !

 

Laisse-moi t'aimer dans l'ombre,

Triste, ou du moins sérieux.

La tristesse est un lieu sombre

Où l'amour rayonne mieux.

 

Ange aux yeux pleins d'étincelles,

Femme aux jours de pleurs noyés,

Prends mon âme sur tes ailes,

Laisse mon coeur à tes pieds !

 

                                   12 octobre 1837

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 20:07

Que l'an 2015 vous apporte de la joie,

joie-copie-1.jpg

 

beaucoup de bonheur,

bonheur-copie-2.jpg

 

et de prospérité,

prosperite.jpg

que des chemins inattendus 

chemin.jpg

vous offre beaucoup d'amour

amour.jpg

et des amitiés sincères...

amitié

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Published by Satine - dans Evènements
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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 07:00

Voici deux nouveaux extraits, le deuxième est particulièrement touchant puisqu'il raconte une période de la jeunesse de Victor Hugo au côté de sa mère. Bonne lecture.

 

 

Dans le cimetière de * * *

La foule des vivants rit et suit sa folie, 
Tantôt pour son plaisir, tantôt pour son tourment ; 
Mais par les morts muets, par les morts qu'on oublie, 
Moi, rêveur, je me sens regardé fixement.

Ils savent que je suis l'homme des solitudes, 
Le promeneur pensif sous les arbres épais, 
L'esprit qui trouve, ayant ses douleurs pour études, 
Au seuil de tout le trouble, au fond de tout la paix !

Ils savent l'attitude attentive et penchée 
Que j'ai parmi les buis, les fosses et les croix ; 
Ils m'entendent marcher sur la feuille séchée ; 
Ils m'ont vu contempler des ombres dans les bois.

Ils comprennent ma voix, sur le monde épanchée, 
Mieux que vous, ô vivants, bruyants et querelleurs ! 
Les hymnes de la lyre en mon âme cachée, 
Pour vous ce sont des chants, pour eux ce sont des pleurs.

Oubliés des vivants, la nature leur reste.
Dans le jardin des morts, où nous dormirons tous,
L'aube jette un regard plus calme et plus céleste,
Le lys semble plus pur, l'oiseau semble plus doux.

Moi, c'est là que je vis ! — Cueillant les roses blanches, 
Consolant les tombeaux délaissés trop longtemps, 
Je passe et je reviens, je dérange les branches, 
Je fais du bruit dans l'herbe, et les morts sont contents.

Là je rêve ! et, rôdant dans le champ léthargique, 
Je vois, avec des yeux dans ma pensée ouverts, 
Se transformer mon âme en un monde magique, 
Miroir mystérieux du visible univers.

Regardant sans les voir de vagues scarabées, 
Des rameaux indistincts, des formes, des couleurs, 
Là, j'ai dans l'ombre, assis sur des pierres tombées, 
Des éblouissements de rayons et de fleurs.

Là, le songe idéal qui remplit ma paupière 
Flotte, lumineux voile, entre la terre et nous ; 
Là, mes doutes ingrats se fondent en prière ; 
Je commence debout et j'achève à genoux.

Comme au creux du rocher vole l'humble colombe, 
Cherchant la goutte d'eau qui tombe avant le jour, 
Mon esprit altéré, dans l'ombre de la tombe, 
Va boire un peu de foi, d'espérance et d'amour !

                                   13 mars 1840

 

Ce qui se passait aux Feuillantines vers 1813

 

[...]
L'homme congédié, de ses discours frappée,
Ma mère demeura triste et préoccupée.
Que faire ? que vouloir ? qui donc avait raison :
Ou le morne collège, ou l'heureuse maison ?
Qui sait mieux de la vie accomplir l'oeuvre austère :
L'écolier turbulent, ou l'enfant solitaire ?
Problèmes ! questions ! elle hésitait beaucoup.
L'affaire était bien grave. Humble femme après tout,
Ame par le destin, non par les livres faite,
De quel front repousser ce tragique prophète,
Au ton si magistral, aux gestes si certains,
Qui lui parlait au nom des grecs et des latins ?
Le prêtre était savant sans doute : mais, que sais-je ?
Apprend-on par le maître ou bien par le collège ?
Et puis enfin, - souvent ainsi nous triomphons ! -
L'homme le plus vulgaire a de grands mots profonds :
- "Il est indispensable ! - il convient ! - il importe ! "
Qui troublent quelques fois la femme la plus forte.
Pauvre mère ! lequel choisir des deux chemins ?
Tout le sort de son fils se pesait dans ses mains.
Tremblante, elle tenait cette lourde balance,
Et croyait bien la voir par moments en silence
Pencher vers le collège, hélas ! en opposant
Mon bonheur à venir à mon bonheur présent.

 

Elle songeait ainsi sans sommeil et sans trêve.

 

[...]
C'est dans ces moments-là, comme je vous dis,
Que tout ce beau jardin, radieux paradis,
Tous ces vieux murs croulants, toutes ces jeunes roses,
Tous ces objets pensifs, toutes ces douces choses,
Parlèrent à ma mère avec l'onde et le vent,
Et lui dirent tout bas : "Laisse-nous cet enfant !

 

Laisse-nous cet enfant, pauvre mère troublée !
Cette prunelle ardente, ingénue, étoilée,
Cette tête au front pur qu'aucun deuil ne voila,
Cette âme neuve encor, mère, laisse-nous-la !
Ne va pas la jeter au hasard dans la foule.
La foule est un torrent qui brise ce qui roule.
Ainsi que les oiseaux les enfants ont leurs peurs.
Laisse à notre air limpide, à nos moites vapeurs,
A nos soupirs, légers comme l'aile d'un songe,
Cette bouche où jamais n'a passé le mensonge,
Ce sourire naïf que sa candeur défend.
O mère au coeur profond, laisse-nous cet enfant !
Nous ne lui donnerons que de bonnes pensées ;
Nous changerons en jours ses lueurs commencées ;
Dieu deviendra visible à ses yeux enchantés ;
Car nous sommes les fleurs, les rameaux, les clartés,
Nous sommes la nature et la source éternelle
Où toute soif s'étanche, où se lave toute aile ;
Et les bois, et les champs, du sage seul compris,
Font l'éducation de tous les grands esprits !
Laisse croître l'enfant parmi nos bruits sublimes.
Nous le pénètrerons de ces parfums intimes,
Nés du souffle céleste épars dans tout beau lieu,
Qui font sortir de l'homme et monter jusqu'à Dieu,
Comme le chant d'un luth, comme l'encens d'un vase,
L'espérance, l'amour, la prière et l'extase !
Nous pencherons ses yeux vers l'ombre d'ici-bas,
Vers le secret de tout entr'ouvert sous ses pas.
D'enfant nous le ferons homme, et d'homme poëte.
Pour former de ses sens la corolle inquiète,
C'est nous qu'il faut choisir ; et nous lui montrerons
Comment, de l'aube au soir, du chêne aux moucherons,
Emplissant tout, reflets, couleurs, brumes, haleines,
La vie aux mille aspects rit dans les vertes plaines.
Nous te le rendrons simple et des cieux ébloui ;
Et nous ferons germer de toutes parts en lui
Pour l'homme, triste effet perdu sous tant de causes,
Cette pitié qui naît du spectacle des choses !
Laisse-nous cet enfant ! nous lui ferons un coeur
Qui comprendra la femme ; un esprit non moqueur,
Où naîtront aisément le songe et la chimère,
Qui prendra Dieu pour livre et les champs pour grammaire ;
Une âme, pur foyer de secrètes faveurs,
Qui luira doucement sur tous les fronts rêveurs,
Et, comme le soleil dans les fleurs fécondées,
Jettera des rayons sur toutes les idées !"

 

Ainsi parlaient, à l'heure où la ville se tait,
L'astre, la plante et l'arbre, - et ma mère écoutait.

 

Enfants ! ont-ils tenu leur promesse sacrée ?
Je ne sais. Mais je sais que ma mère adorée
Les crut, et, m'épargnant d'ennuyeuses prisons,
Confia ma jeune âme à leurs douces leçons.
[...]
                                   31 mai 1839
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Published by Satine - dans Victor Hugo
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 17:11

Une petite parodie à l'occasion des 60 ans de mes parents qui avaient convié pour ce jour tous leurs amis et familles. J'avais choisi la chanson de Tino Rossi : "la vie commence à 60 ans" car les refrains étaient vraiment superbes. J'ai juste changé les strophes pour rendre la chanson plus personnelle et appropriée à mes parents. Bonne lecture.

 

Ces 60 années que vous fêtez

Est-c' la réalité ?

Le temps n'a pas de prise sur vous,

Nous en sommes jaloux.

Où sont les rid' qu'on essaie de cacher,

Les cheveux poivrés-salés ?

Quelle potion avez-vous bu ?

On est sur le cul !


 

Refrain :

La vie commence à 60 ans

Quand on la connaît mieux qu'avant

Et que l'on a appris par coeur

Tous les raccourcis du bonheur.

La vie commence à 60 ans

Quand on peut prendr' enfin le temps

De répondr' aux questions qu'on pos',

De s'approcher plus près des chos'.


 

C'est une chanc' que nous avons eu

D'vous avoir comm' parent,

Les soirées tarot, whist et barbu

Ont marqué notre temps.

Vous nous avez tant appris, tant donné,

On ne veut rien oublier,

Doux papa, tendre maman,

On vous aime tant.


 

Refrain 2 :

La vie commence à 60 ans

Quand on se réveill' en chantant

Avec une voix toute neuv'

Et un moral à tout' épreuv',

Quand on a encore tout à fair'

Cueillir ses ros', être grands-parents

Chaqu' instant a un commenc'ment

 

La vie commenc' à 60 ans.

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Published by Satine - dans parodies
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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 10:27

Poursuivons la lecture de ce formidable ouvrage :


Fiat voluntas

 

Pauvre femme ! son lait à sa tête est monté.
Et, dans ses froids salons, le monde a répété,
Parmi les vains propos que chaque jour emporte,
Hier, qu'elle était folle, aujourd'hui, qu'elle est morte ;
Et, seul au champ des morts, je foule ce gazon,
Cette tombe où sa vie a suivi sa raison !

Folle ! morte ! pourquoi ? Mon Dieu ! pour peu de chose !
Pour un fragile enfant dont la paupière est close,
Pour un doux nouveau-né, tête aux fraîches couleurs,
Qui naguère à son sein, comme une mouche aux fleurs,
Pendait, riait, pleurait, et, malgré ses prières,
Troublant tout leur sommeil pendant des nuits entières,
Faisait mille discours, pauvre petit ami !
Et qui ne dit plus rien, car il est endormi.

Quand elle vit son fils, le soir d'un jour bien sombre,
Car elle l'appelait son fils, cette vaine ombre !
Quand elle vit l'enfant glacé dans sa pâleur,
– Oh ! ne consolez point une telle douleur ! –
Elle ne pleura pas. Le lait avec la fièvre
Soudain troubla sa tête et fit trembler sa lèvre ;
Et depuis ce jour-là, sans voir et sans parler,
Elle allait devant elle et regardait aller.
Elle cherchait dans l'ombre une chose perdue,
Son enfant disparu dans la vague étendue ;
Et par moments penchait son oreille en marchant,
Comme si sous la terre elle entendait un chant !

Une femme du peuple, un jour que dans la rue
Se pressait sur ses pas une foule accourue,
Rien qu'à la voir souffrir devina son malheur.
Les hommes, en voyant ce beau front sans couleur,
Et cet œil froid toujours suivant une chimère,
S'écriaient : Pauvre folle ! Elle dit : Pauvre mère !

Pauvre mère, en effet ! Un soupir étouffant
Parfois coupait sa voix qui murmurait : L'enfant !
Parfois elle semblait, dans la cendre enfouie,
Chercher une lueur au ciel évanouie ;
Car la jeune âme enfuie, hélas ! de sa maison,
Avait en s'en allant emporté sa raison !

On avait beau lui dire, en parlant à voix basse,
Que la vie est ainsi, que tout meurt, que tout passe ;
Et qu'il est des enfants, – mères, sachez-le bien ! –

Que Dieu, qui prête tout et qui ne donne rien,
Pour rafraîchir nos fronts avec leurs ailes blanches,
Met comme des oiseaux pour un jour sur nos branches !
On avait beau lui dire, elle n'entendait pas.
L'œil fixe, elle voyait toujours devant ses pas
S'ouvrir les bras charmants de l'enfant qui l'appelle.
Elle avait des hochets fait une humble chapelle.
C’est ainsi qu’elle est morte – en deux mois, sans efforts.

Car rien n'est plus puissant que ces petits bras morts
Pour tirer promptement les mères dans la tombe.
Où l'enfant est tombé bientôt la femme tombe.
Qu'est-ce qu'une maison dont le seuil est désert ?
Qu'un lit sans un berceau ? Dieu clément ! à quoi sert
Le regard maternel sans l'enfant qui repose ?
A quoi bon ce sein blanc sans cette bouche rose ?
[…]

17 février 1837

 

A Laure, Duchesse d’A.

 

Puisqu'ils n'ont pas compris, dans leur étroite sphère, 
Qu'après tant de splendeur, de puissance et d'orgueil, 
Il était grand et beau que la France dût faire 
L'aumône d'une fosse à ton noble cercueil ;

Puisqu'ils n'ont pas senti que celle qui sans crainte 
Toujours loua la gloire et flétrit les bourreaux 
A le droit de dormir sur la colline sainte, 
A le droit de dormir à l'ombre des héros ;

Puisque le souvenir de nos grandes batailles 
Ne brûle pas en eux comme un sacré flambeau ; 
Puisqu'ils n'ont pas de cœur ; puisqu'ils n'ont point d'entrailles ;
Puisqu'ils t'ont refusé la pierre d'un tombeau ;

C'est à nous de chanter un chant expiatoire ! 
C'est à nous de t'offrir notre deuil à genoux ! 
C'est à nous, c'est à nous de prendre ta mémoire 
Et de l'ensevelir dans un vers triste et doux !

C'est à nous cette fois de garder, de défendre 
La mort contre l'oubli, son pâle compagnon ; 
C'est à nous d'effeuiller des roses sur ta cendre ;
C'est à nous de jeter des lauriers sur ton nom !

Puisqu'un stupide affront, pauvre femme endormie, 
Monte jusqu'à ton front que César étoila, 
C'est à moi, dont ta main pressa la main amie, 
De te dire tout bas : Ne crains rien ! je suis là !

Car j'ai ma mission ; car, armé d'une lyre, 
Plein d'hymnes irrités ardents à s'épancher, 
Je garde le trésor des gloires de l'empire ; 
Je n'ai jamais souffert qu'on osât y toucher !

Car ton cœur abondait en souvenirs fidèles ! 
Dans notre ciel sinistre et sur nos tristes jours, 
Ton noble esprit planait avec de nobles ailes, 
Comme un aigle souvent, comme un ange toujours !

Car, forte pour tes maux et bonne pour les nôtres, 
Livrée à la tempête et femme en proie au sort, 
Jamais tu n'imitas l'exemple de tant d'autres, 
Et d'une lâcheté tu ne te fis un port !

Car, toi la muse illustre, et moi l'obscur apôtre, 
Nous avons dans ce monde eu le même mandat, 
Et c'est un nœud profond qui nous joint l'un à l'autre, 
Toi, veuve d'un héros, et moi, fils d'un soldat !

Aussi, sans me lasser, dans celte Babylone, 
Des drapeaux insultés baisant chaque lambeau, 
J'ai dit pour l'empereur : Rendez-lui sa colonne ! 
Et je dirai pour toi : Donnez-lui son tombeau !

 

                                   12 mars 1840

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:38

J’adore cet auteur dont je vous ai déjà parlé à deux reprises avec « un employé modèle » et « un père idéal ». Avec « nécrologie », il poursuit son ascension auprès des grands romanciers, mais cela reste mon opinion. Cette nouvelle histoire se déroule toujours à Christchurch en Nouvelle-Zélande, patrie de l’auteur, Paul Cleave va nous balader dans cette ville et nous faire découvrir des personnages étranges, suspects les uns après les autres.telechargement-copie-3.jpg

 

Quatrième de couverture :

A la suite d’un drame personnel, Théodore Tate, un ancien flic, s’est reconverti en détective privé. Alors que la police s'active pour chasser le fameux Boucher de Christchurch, le serial killer qui terrorise la ville, c’est lui qu’on mandate pour s’occuper d’une banale exhumation, celle du corps d’un directeur de banque dont la veuve est suspectée d’homicide. Là, un glissement de terrain accidentel révèle la présence de trois cadavres immergés dans le lac qui borde le cimetière. S’agit-il de victimes du Boucher, ou bien un autre tueur en série est-il à l’œuvre ? Lorsqu’en plus on découvre dans le cercueil, à la place du corps de l’honorable banquier, celui d’une jeune inconnue, c’est le début d’un engrenage infernal pour Théodore qui va devoir découvrir seul la vérité sur cette affaire. Avant que la police ne découvre la vérité sur lui… et sur ses terribles secrets.

Après Un employé modèle, Paul Cleave nous emmène une nouvelle fois arpenter la face obscure de Christchurch, où, en dépit des apparences si tranquilles, même les morts ne sont plus en sécurité. Noir et glaçant.

Des cadavres, encore des cadavres… A croire que Christchurch est un nid à tueurs en série. Mais pour notre plus grand plaisir de lecteur de thrillers, on en redemande…

Quatre cadavres d’un coup cette fois-ci et en plus pas le corps attendu, ça démarre fort ! Des jeunes femmes enterrées dans d’autres cercueils, une énigme macabre qu’il va falloir résoudre, le chemin sera long et compliqué comme d’habitude et c’est ce que tout bon thriller doit offrir à ses lecteurs.

Théodore Tate est un anti-héros. Bon flic, sa vie bascule lorsqu’il perd sa fille dans un accident et que sa femme se retrouve dans un interminable coma. Il devient alcoolique, perd son boulot et se reconvertit en détective privé. Il a conservé quelques liens tendus avec ses collègues d’autant plus qu’aujourd’hui ils doivent travailler en parallèle.

Tout au long du roman, c’est un chassé-croisé entre les découvertes de Tate et celles de la police. Une journaliste ambitieuse vient bien entendu noircir le tableau et semer la zizanie entre eux, elle ne cherche qu’à évincer Tate de l’affaire car son passé trouble et son alcoolisme ne plaident pas en sa faveur.

Pour mener au mieux son enquête, Tate n’hésitera pas à « voler » des indices, à cacher des informations, et à secouer des témoins pour trouver le coupable mais au fur et à mesure de l’histoire, cette détermination lui coûtera plus cher qu’il ne le pressentait. Son passé nous sera dévoilé comme celui de nombreux personnages et décidément rien n’est tout rose à Christchurch…

 

 

A lire, bien entendu, comme tous les autres romans de cet auteur qui sait nous surprendre, maintenir le suspense à son comble et nous perdre dans les méandres sombres et effrayants de cette ville sinistre.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 20:34

Encore un long extrait, comment sélectionner quelque chose dans toute cette beauté, c'était impossible...

 

Le monde et le siècle

 

[…]

À quoi bon incliner sur ses axes mobiles
Ce globe monstrueux avec toutes ses villes,
Et ses monts et ses mers qui flottent alentour,
À quoi bon, ô Seigneur, l'incliner tour à tour,
Pour que l'ombre l'éteigne ou que le jour le dore,
Tantôt vers la nuit sombre et tantôt vers l'aurore ?
À quoi vous sert le flot, le nuage, le bruit
Qu'en secret dans la fleur fait le germe du fruit ?
À quoi bon féconder les éthers et les ondes,
Faire à tous les soleils des ceintures de mondes,
Peupler d'astres errants l'arche énorme des cieux,
Seigneur ! et sur nos fronts, d'où rayonnent nos yeux,
Entasser en tous sens des millions de lieues
Et du vague infini poser les plaines bleues ?
Pourquoi sur les hauteurs et dans les profondeurs
Cet amas effrayant d'ombres et de splendeurs ?
À quoi bon parfumer, chauffer, nourrir et luire,
Tout aimer, et, Dieu bon ! incessamment traduire,
Pour l'oeil intérieur comme pour l'oeil charnel,
L'éternelle pensée en spectacle éternel ?
Si c'est pour qu'en ce siècle où la loi tombe en cendre
L'homme passe sans voir, sans croire, sans comprendre,
Sans rien chercher dans l'ombre, et sans lever les yeux
Vers les conseils divins qui flottent dans les cieux,
Sous la forme sacrée ou sous l'éclatant voile
Tantôt d'une nuée et tantôt d'une étoile !
Si c'est pour que ce temps fasse, en son morne ennui,
De l'opprimé d'hier l'oppresseur d'aujourd'hui ;
Pour que l'on s'entre-déchire à propos de cent rêves ;
Pour que le peuple, foule où dorment tant de sèves,
Aussi bien que les rois, - grave et haute leçon ! -
Ait la brutalité pour dernière raison,
Et réponde, troupeau qu'on tue ou qui lapide,
À l'aveugle boulet par le pavé stupide !
Si c'est pour que l'émeute ébranle la cité !
Pour que tout soit tyran, même la liberté !
Si c'est pour que l'honneur des anciens gentilshommes,
Par eux-même amené dans l’ornière où nous sommes,

Aux projets des partis s'attelle tristement ;
Si c'est pour qu'à sa haine on ajoute un serment
Comme à son vieux poignard on remet une lame ;
Si c'est pour que le prince, homme né d'une femme,
Né pour briller bien vite et pour vivre bien peu,
S'imagine être roi comme vous êtes Dieu !
Si c'est pour que la joie aux justes soit ravie ;
Pour que l'iniquité règne, pour que l'envie,
Emplissant tant de fronts de brasiers dévorants,
Fasse petits des coeurs que l'amour ferait grands !
Si c'est pour que le prêtre, infirme et triste apôtre,
Marche avec ses deux yeux, ouvrant l'un fermant l'autre,
Insulte à la nature au nom du verbe écrit,
Et ne comprenne pas qu'ici tout est l'esprit,
Que Dieu met comme en nous son souffle dans l'argile,
Et que l'arbre et la fleur commentent l'Évangile !
Si c'est pour que personne enfin, grand ou petit,
Pas même le vieillard que l'âge appesantit,
Personne, du tombeau sondant les avenues,
N'ait l'austère souci des choses inconnues,
Et que, pareil au boeuf par l'instinct assoupi,
Chacun trace un sillon sans songer à l'épi !
Car l'humanité, morne et manquant de prophètes,
Perd l'admiration des oeuvres que vous faites ;
L'homme ne sent plus luire en son coeur triomphant
Ni l'aube, ni le lys, ni l'ange, ni l'enfant,
Ni l'âme, ce rayon fait de lumière pure,
Ni la création, cette immense figure !

De là vient que souvent je rêve et que je dis :
-- Est-ce que nous serions condamnés et maudits ?
Est-ce que ces vivants, chétivement prospères,
Seraient déshérités du souffle de leurs pères ?
Ô Dieu ! considérez les hommes de ce temps,
Aveugles, loin de vous sous tant d'ombres flottants.
Éteignez vos soleils, ou rallumez leur flamme !
Reprenez votre monde, ou donnez-leur une âme !

 

                                   17 juin 1839

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 18:45

Ce livre m’a été conseillé par un ami avec lequel je partage beaucoup de goûts littéraires. Et quand la quatrième de couverture débute ainsi : « Un véritable aboutissement du genre. Des fanfares devraient saluer l’arrivée d’un thriller de cette ambition, de cette puissance et de cette maîtrise. » the Guardian, on se dit qu’on a tout intérêt à se laisser séduire.

Même si je n’ai pas lu les deux premiers livres de l’auteur « Seul le silence » et « Vendetta », ce n’est pas grave, ce troisième ouvrage n’a aucun rapport avec les autres…

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Quatrième de couverture :

Washington. Quatre meurtres. Quatre modes opératoires identiques. Tout laisse à penser qu'un serial killer est à l'oeuvre. Enquête presque classique pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité, fabriquée de toutes pièces. Qui était-elle réellement ? Ce qui semblait être une banale enquête de police prend alors une ampleur toute différente et va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain.

 

Ce livre n’est pas la résolution d’une enquête. Préparez-vous à être embarqué dans plusieurs missions, soyez prêts à poursuivre de multiples quêtes, rentrez dans la vie réelle, découvrez les mystères cachés par les gouvernements, certaines horreurs sont parfois vraiment arrivées.

Comment résoudre une enquête quand on n’a aucun indice ?

Comment identifier un coupable qui ne laisse aucune trace de son passage ?

Comment découvrir le nom des victimes quand leur identité première est complètement fausse ?

C’est à cette impasse que sont confrontés Miller et son équipe.

Je ne vous cache pas que c’est un thriller surprenant car durant les cents premières pages, ben clairement, on nage autant que les enquêteurs. On est perdus, on ne sait pas quoi faire ni comment avancer, créer des liens entre les victimes, émettre des suppositions sur les suspects, dresser un profil du tueur en série… Pourquoi ces femmes ? Pourquoi un tel acharnement contre elles ?

Puis arrive un premier témoignage. Enfin ! Mais pourtant, peut-on l’utiliser vraiment ? A-t-il réellement un lien avec les meurtres ? Peut-on s’y fier ? Et c’est reparti pour l’embrouille.

Un homme. Bizarre. Etrange. Un autre témoignage. Se drogue-t-il ? A-t-il toute sa raison ? Son comportement est agaçant. Ces propos nous freinent, nous perturbent. Que veut-il ? Qu’attend-il de nous ?

 

Voilà un rapide résumé de ce que vous réserve cet ouvrage. Original. Inédit. Enervant mais passionnant. Frustrant mais intéressant. Lent et parfois compliqué mais le final vaut le détour et comme moi vous resterez scotchés.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 05:09

Ce recueil est un petit bijou. Pour l’instant c’est celui que je préfère et pour lequel le choix des extraits a été rude. Sur les 44 poèmes présentés, je vous en propose 10. Certains seront en entier (les plus courts), pour d’autres il n’y aura que des extraits.

Le premier poème par exemple est absolument magnifique, Hugo y parle de son métier avec tant de passion et d’enthousiasme qu’il s’étale sur 39 strophes, je ne vous en ai sélectionnées que 10.

En espérant que mes choix vous satisferont, bonne lecture !

 

Fonction du poëte

 

[…]

Le poëte en des jours impies

Vient préparer des jours meilleurs.

Il est l’homme des utopies,

Les pieds ici, les yeux ailleurs.

C’est lui qui sur toutes les têtes,

En tout temps, pareil aux prophètes,

Dans sa main, où tout peut tenir,

Doit, qu’on l’insulte ou qu’on le loue,

Comme une torche qu’il secoue,

Faire flamboyer l’avenir !

 

Il voit, quand les peuples végètent !

Ses rêves, toujours pleins d’amour,

Sont faits des ombres que lui jettent

Les choses qui seront un jour.

On le raille. Qu’importe ! il pense.

Plus d’une âme inscrit en silence

Ce que la foule n’entend pas.

Il plaint ses contempteurs frivoles ;

Et maint faux sage à ses paroles

Rit tout haut et songe tout bas !

 

[…]

O générations ! courage !

Vous qui venez comme à regret,

Avec le bruit que fait l’orage

Dans les arbres de la forêt !

 

Douteurs errant sans but ni trêve,

Qui croyez, étendant la main,

Voir les formes de votre rêve

Dans les ténèbres du chemin !

 

Philosophes dont l’esprit souffre,

Et qui, pleins d’un effroi divin,

Vous cramponnez au bord du gouffre,

Pendus aux ronces du ravin !

 

[…]

Courage ! _ Dans l’ombre et l’écume

Le but apparaîtra bientôt !

Le genre humain dans une brume,

C’est l’énigme et non pas le mot !

 

Assez de nuit et de tempête

A passé sur vos fronts penchés.

Le vez les yeux ! levez la tête !

La lumière est là-haut ! marchez !

 

Peuples ! écoutez le poëte !

Ecoutez le rêveur sacré !

Dans votre nuit, sans lui complète,

Lui seul a le front éclairé.

Des temps futurs perçants les ombres,

Lui seul distingue en leurs flancs sombres

Le germe qui n’est pas éclos.

Homme, il est doux comme une femme.

Dieu parle à voix basse à son âme

Comme aux forêts et comme aux flots.

 

C’est lui qui, malgré les épines,

L’envie et la dérision,

Marche, courbé dans vos ruines,

Ramassant la tradition.

De la tradition féconde

Sort tout ce qui couvre le monde,

Tout ce que le ciel peut bénir.

Toute idée, humaine ou divine,

Qui prend le passé pour racine

A pour feuillage l’avenir.

 

Il rayonne ! il jette sa flamme

Sur l’éternelle vérité !

Il la fait resplendir pour l’âme

D’une merveilleuse clarté.

Il inonde de sa lumière

Ville et désert, Louvre et chaumière,

Et les plaines et les hauteurs ;

A tous d’en haut il la dévoile ;

Car la poésie est l’étoile

Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

 

                                   25 mars – 1er avril 1839

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