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Ecoutez les battements de mon coeur, laissez-vous bercer par sa musique et partagez ma passion pour la poésie.

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Peines d'amour perdues

Cette comédie met en lumière le pouvoir de l’amour, son inévitabilité, sa nécessité. Elle est pleine de poésies, d’élans amoureux mais aussi bien sûr de ruses. Elle montre la difficulté pour les gentilshommes de suivre des études avec les sacrifices qu’ils doivent faire pour réussir. C’est aussi une ode à la tolérance puisque l’un d’entre eux va tomber amoureux d’une femme de couleur.

Une pièce de toute beauté.

 

peines.jpgRésumé : Les seigneurs Biron, Longueville et De Maine acceptent de suivre le roi Ferdinand de Navarre dans son étude. Aussi pour rester concentrés, ils se refusent toute distraction : femme, bonne chère, loisirs… pendant trois ans. La princesse de France, porteuse d’une lettre de son père le roi d’Aquitaine, arrive avec ses suivantes, elles vont perturber leur vœu…

 

Acte I Scène 1 :

Le Roi : Voulez-vous écouter cette lettre avec attention ?

Biron : Comme nous écouterions un oracle.

Trogne (le berger) : Quelle simplicité à l’homme d’écouter la chair !

Le Roi, lisant : « Grand député, vice-gérant du ciel et seul dominateur de la Navarre, dieu terrestre de mon âme, patron nourricier de mon corps… »

Trogne : Pas encore question de Trogne !

Le Roi, lisant : « Voici la chose… »

Trogne : Soit ! mais, quelle que soit la chose, s’il l’a dit, c’est un pas-grand-chose.

Le Roi : Paix !

Trogne : A tout homme qui, comme moi, n’ose pas se battre !

Le Roi : Silence !

Trogne : Sur les secrets d’autrui, je vous en conjure !

 

Acte I Scène 2 :

Armado : Comment peux-tu séparer la tristesse de la mélancolie, mon tendre jouvenceau ?

Phalène (son page) : Par une démonstration familière de leurs effets, mon raide ci-devant.

Armado : Pourquoi raide ci-devant ? Pourquoi raide ci-devant ?

Phalène : Pourquoi tendre jouvenceau ? Pourquoi tendre jouvenceau ?

Armado : J’ai dit  « tendre jouvenceau », parce que telle est l’épithète congrue qui sied à tes jeunes jours que nous pouvons appeler tendres.

Phalène : Et moi, « raide ci-devant », parce que tel est le titre qui convient à votre âge antique que nous pouvons qualifier de raide.

Armado : Joli et à propos !

Phalène : Qu’entendez-vous par là monsieur ? Est-ce moi qui suis joli et ma répartie à propos ? Ou moi qui suis à propos, et ma répartie jolie ?

Armado : Tu es joli, parce que tu n’es pas grand.

Phalène : Je ne suis pas grandement joli, puisque je ne suis pas grand. Mais pourquoi à propos ?

Armado : Parce que tu es vif.

[…]

Phalène, chantant :    Si votre belle est teinte de blanc et de rouge,

                                   Jamais ses fautes ne seront connues ;

                                   Car la rougeur des joues est produite par les fautes,

                                   Et les craintes se décèlent par une blanche pâleur.

                                   Aussi, qu’elle ait des craintes ou qu’elle soit coupable,

                                   Vous ne la connaîtrez plus par son teint.

                                   Car elle a sans cesse sur les joues les couleurs

                                   Qu’elle doit n’avoir que naturellement.

 

Acte III Scène 1 :

Biron : Oh ! mon pauvre petit cœur ! Me voir réduit à être son aide de camp, et à porter ses couleurs comme le cerceau enrubanné d’un saltimbanque ! Quoi donc ! Moi, aimer ! Moi, faire la cour ! Moi, chercher une épouse ! une femme, véritable horloge d’Allemagne, toujours à réparer, toujours dérangée, allant toujours mal, quelque soin qu’on prenne pour la faire aller bien ! Que dis-je ? Me parjurer, ce qui est le pire de tout, et, entre trois femmes, aimer la pire de toutes, une coquette au sourcil de velours, ayant deux boules noires en guise d’yeux ! Oui, et par le ciel ! une gaillarde qui fera des siennes, quand Argus serait son eunuque et son gardien ! Et je soupire pour elle ! Je perds le sommeil pour elle ! Je prie pour l’obtenir ! Allons ! c’est un châtiment que Cupidon m’inflige pour avoir méconnu sa toute-puissante et redoutable petite puissance. Soit ! je vais aimer, écrire, soupirer, prier, implorer et gémir. Il faut que les hommes aiment soit une madame, soit une Jeanneton.

 

Acte IV Scène 2 :

Nathaniel (le curé), lisant :

Si l’amour me rend parjure, comment puis-je jurer d’aimer ?

Ah ! les serments ne sont valables qu’adressés à la beauté !

Bien qu’à moi-même parjure, à toi je serai fidèle.

L’idée qui pour moi est un chêne, devant toi plie comme un roseau.

 

L’étude cessant de s’égarer fait son livre dans tes yeux

Qui recèlent toutes les jouissances accessibles à l’art.

Si la connaissance est le but, te connaître doit suffire.

Bien savante est la langue qui sait bien te louer !

 

Bien ignorante l’âme qui te voit sans surprise !

Il suffit à ma gloire d’admirer tes mérites.

L’éclair de Jupiter est dans ton regard ; sa foudre, dans ta voix

Qui, quand elle est sans colère, est musique et douce flamme.

 

Divine comme tu l’es, mon amour, oh ! pardonne

Si je chante le ciel dans une langue si terrestre.

 

 

Acte IV Scène 3 :

Le Roi, lisant :

Le soleil d’or ne donne pas un baiser aussi doux

A la rose encore humide des pleurs de la fraîche aurore

Que ton regard, quand il darde ses frais rayons

Sur mes joues que la nuit inonde de rosée.

 

La lune d’argent ne brille pas à beaucoup près

A travers le sein transparent de l’onde

Autant que ta beauté luit à travers mes pleurs :

Elle resplendit dans tous ceux que je verse.

 

Chacune de mes larmes la porte comme un char

D’où elle domine triomphalement ma douleur.

Regarde seulement les pleurs qui gonflent mes yeux

Et tu y verras ta gloire à travers ma détresse.

 

Va ! ne réponds pas à mon amour, et tu pourras toujours

Te mirer dans mes larmes, en me faisant pleurer sans cesse.

O reine des reines, combien tu es sublime !

La pensée ne peut le concevoir ni la langue humaine le dire.

 

[…]

 

Biron : En promettant de ne pas regarder un visage de femme, vous aviez abjuré l’emploi de vos yeux et l’étude même, objet de vos serments. Car quel est l’auteur au monde qui vous enseignera la beauté aussi bien qu’un regard de femme ? La science n’est qu’accessoire à nous-mêmes ; et partout où nous sommes, notre science est avec nous. Si donc nous nous voyons dans les yeux d’une femme, est-ce que nous n’y voyons pas aussi notre science ? Oh ! nous avons fait le vœu d’étudier, messeigneurs, et par ce vœu nous avons abjuré nos vrais livres.

 

 

A découvrir aussi : le roman Hamlet

                               la biographie de Shakespeare

                               Othello

                               Mac Beth

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                               Le soir des rois

                               Les deux gentilshommes de Vérone

                               le film Anonymous

                               la mégère apprivoisée

                               le film Hamlet avec Mel Gibson   

                                         le film Hamlet de K. Branagh



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S
Je te comprends, pas de souci, je t'attendrai... Bisous
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N
Un peu dur pour une si grande chaleur, je reviendrai dans la soirée !<br /> Bisous Satine
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