Ecoutez les battements de mon coeur, laissez-vous bercer par sa musique et partagez ma passion pour la poésie.
Finissons en beauté les poèmes de Mister Betjeman, il y a encore des étendues britanniques à visiter... Bon voyage avant un doux retour chez vous.
4) L’Est : Norfolk – Cambridge – Westgate on Sea
5) L’Ouest : de la Cornouailles en remontant jusqu’à Dawley
Golf en bord de mer
Comme elle a volé bien droit, comme elle a volé longtemps,
Elle a franchi la piste extérieure
Et s’élevant dans les airs, elle a disparu loin devant
Bien au-delà de la zone du bunker –
Un drive glorieux, toutes voiles dehors, et bondissant,
Qui m’a rendu heureux d’avoir été vivant.
Et au bout du fairway, là-bas au loin
Elle luisait dans sa blancheur nue ;
J’ai joué un fer puissant et serein
Et l’ai projetée hors de ma vue,
Et malgré les talus herbeux qui nous séparaient
Je savais que, sur le green, je la retrouverais.
Et c’est ce qui arriva. Elle reposait satisfaite
A deux pas du drapeau ;
Un putt régulier et sur ces entrefaites
Oh, la voilà définitivement entrée.
Le gazon lui-même s’est réjoui en voyant
Ce trois presque sans précédent.
Ah ! les grottes sablonneuses aux odeurs de varech
Les bouffées de brume et de serpolet,
La marée montante, les vagues de l’Atlantique
Giflant les falaises ensoleillées,
Le chant de l’alouette et les bruits de la mer
Et la splendeur, en tout lieu la splendeur.
5) Des femmes
6) Nostalgie
Floraison tardive du désir
Dégarnie est ma tête, fétide est mon haleine,
Mon menton n’est pas rasé,
Je n’ai plus aujourd’hui les joies qui furent miennes
Quand j’étais novice dans le péché.
Je fais courir mes doigts sur ta robe tout du long
Sous influence certaine du brandy
Et à ma caresse tu réponds
Et peut-être ressens-tu la même chose aussi.
Mais j’ai une image ne tête
De cette assemblée en soirée,
Où l’on voit deux squelettes
L’un contre l’autre serrés ;
Obscures, les orbites fixent la vacuité
Qui fut un jour regard aimant,
La bouche qui s’ouvre pour le baiser
N’a plus de langue dedans.
Je m’accroche à toi, par la crainte attisé
Comme désormais tu t’accroches à moi,
Je sens en toi, ma chère, tant de fragilité
Et me demande ce qui adviendra –
Combien encore ? Une semaine ou vingt ans ?
Et ensuite – quel genre de disparition ?
Un combat perdu d’avance dans un terrible tourment
Ou une lutte suffocante pour chaque respiration ?
Trop longtemps, nous avons laissé s’accrocher nos corps,
Du dégoût nous ne pouvons plus nous départir
Devant toutes les pensées que nous sentons éclore
Sous l’effet de cette floraison tardive du désir.