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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 15:34

voeux121.jpg

 

 

Chers amis blogueurs,

 

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2012.

 

Oublions l'idée de la fin du monde annoncée, privilégions une année remplie de joie, de bonheur et de prospérité.

 

Que la santé soit notre pilier afin que nous puissions sourire à la vie et profiter de chaque instant entièrement.

 

Meilleurs voeux à vous tous.

 

voeux12.jpg

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 17:40

noel121.jpg

 

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël.

 

J'espère que cette douce et chaleureuse réunion familiale s'est bien passée noel123.jpg

 

Et que notre ami le Père Noël a répondu à vos attentes.

 

noel122

 

Joyeux Noël à tous !

 

noel124.jpg


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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 18:12

commeres.jpgCette pièce aurait été composée en quatorze jours à la demande de la reine Elisabeth, qui, apparemment, se serait prise d’affection pour le personnage de Falstaff dans Henri IV et aurait fait la requête à Shakespeare de le faire revenir dans une pièce où il tomberait amoureux.

  

Résumé : Cette comédie parle évidemment d’amour mais place cette fois-ci la jalousie et l’avidité au premier plan. Deux familles vont se côtoyer et les épouses auront du fil à retordre pour contrecarrer les élans vils et vicieux de Falstaff. En effet, Mistress Page et Mistress Gué se rendent compte qu’elles ont reçu chacune une lettre d’amour absolument identique de ce gros personnage répugnant. Gué étant d’une jalousie maladive, les deux femmes décident de lui tendre des pièges afin de remettre Falstaff à sa place et de calmer le comportement abusif de Gué. En parallèle à cette histoire, il y aura aussi la question du mariage forcé qui sera soulevée avec la fille Page en première ligne.

 

 

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette comédie où le personnage de Falstaff est vraiment tourné en ridicule, les mistresses lui font passer de mauvais moments et la jalousie de Gué est tellement disproportionnée qu’elle le fait passer pour un sot. Je vous recommande vivement cette comédie qui ne vous laissera pas de marbre même si le verbe de Shakespeare est moins mis en avant ici.

Sans attendre quelques extraits :

 

Acte II Scène 2 :

Gué se faisant passer pour Monsieur Fontaine amoureux éperdu de Mistress Gué : Je l’aime depuis longtemps, et je vous proteste que j’ai beaucoup fait pour elle : je l’ai suivie avec l’assiduité la plus passionnée ; j’ai saisi tous les moyens favorables pour la rencontrer ; j’ai payé chèrement la plus mince occasion de l’entrevoir, fût-ce un instant. Non seulement j’ai acheté pour elle bien des présents, mais j’ai donné beaucoup à bien des gens pour savoir quels dons elle pouvait souhaiter. Bref, je l’ai poursuivie, comme l’amour me poursuivait moi-même, c’est-à-dire sur les ailes de toute occasion. Mais, quoi que j’aie pu mériter, soit par mes sentiments, soit par mes procédés, je suis bien sûr de n’en avoir retiré aucun bénéfice, à moins que l’expérience ne soit un trésor ; pour celui-là, je l’ai acheté à un taux exorbitant, et c’est ce qui m’a appris à dire ceci : « l’amour fuit comme une ombre d’amour réel qui le poursuit, poursuivant qui le fuit, fuyant qui le poursuit. »

Falstaff : N’avez-vous reçu d’elle aucune promesse encourageante ?

Gué : Aucune.

Falstaff : L’avez-vous pressée à cet effet ?

Gué : Jamais.

Falstaff : De quelle nature était donc votre amour ?

Gué : Comme une belle maison bâtie sur le terrain d’un autre. En sorte que j’ai perdu l’édifice pour m’être trompé d’emplacement.

 

Acte III Scène 2 :

L’Hôte (par la ruse a permis l’évitement d’un duel entre le docteur français Caïus et le prêtre Sir Hugh Evans) : Paix, dis-je ! Ecoutez mon hôte de la Jarretière. Suis-je politique ? Suis-je subtil ? Suis-je un Machiavel ? Voudrais-je perdre mon docteur ? Non : il me donne des potions et des lotions. Voudrais-je perdre mon pasteur ? mon prêtre ? mon Sir Hugh ? Non : il me donne le verbe et les proverbes… Donne-moi ta main, savant terrestre… Donne-moi ta main, savant céleste. Ainsi, ainsi ! Enfants de la science, je vous ai trompé tous deux : je vous ai indiqué des rendez-vous différents. Vos cœurs sont grands, vos peaux sont intactes ; que le vin chaud termine cette affaire ! Allons mettre leurs épées en gage… Suis-moi, gars de paix ! Suivez, suivez, suivez !

 

Acte III Scène 5 :

Falstaff : […] Les marauds m’ont versé dans la rivière avec aussi peu de remords que s’ils avaient noyé les quinze aveugles petits d’une chienne ! Et vous pouvez voir par ma corpulence que j’ai une certaine propension à enfoncer ; quand le fond eût atteint jusqu’à l’enfer, j’y serais dégringolé. J’aurais été noyé si la rivière n’avait été basse et pleine d’écueils… Une mort que j’abhorre ! car l’eau enfle un homme. Et quelle figure j’aurais faite, ainsi enfilé ! J’aurais été une momie-montagne.

[…]

Allons ! versons un peu de vin dans l’eau de la Tamise. J’ai le ventre glacé comme si j’avais avalé des boules de neige en guise de pilules pour me rafraîchir les entrailles…

[ …]

Mistress Gué ! J’en ai eu assez, de gué ! J’ai été jeté dans le gué ! J’ai du gué plein le ventre !

 

 

A découvrir aussi : le roman Hamlet

                               la biographie de Shakespeare

                               Othello

                               Mac Beth

                               Antoine et Cléopâtre

                               le film Shakespeare in love

                               le film Roméo + Juliette

                               le roi Lear

                               Antoine et Cléopatre

                               Comme il vous plaira

                               beaucoup de bruit pour rien

                               le marchand de Venise

                               Roméo et Juliette

                               Jules César

                               Les sonnets de Shakespeare

                               le film Hamlet avec Mel Gibson

                                         le film Hamlet de K. Branagh

                               Songe d'une nuit d'été

                               Le soir des rois

                               Les deux gentilshommes de Vérone

                               le film Anonymous

                               la mégère apprivoisée

                               peines d'amours perdues

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Published by Satine - dans Shakespeare
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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 01:39

J’ai peur de cette page blanche devant moi,

Je sais d’avance que je n’y parviendrai pas ;

Cela fait des mois que je m’encourage en vain,

Au fond de moi, ce doute grandit et m’étreint.

 

page-blanche.jpg


Comment trouver les mots, les bons, les justes mots,

Mon vocabulaire à nouveau me fait défaut,

Il n’est pas suffisamment riche pour décrire

Cet océan de bien être que tu m’inspires.

 

ecrire.jpg


Ces vagues mélodieuses, douces, cristallines,

S’insinuent dans mes tympans, légères, mutines

Tout comme le chant des sirènes d’autrefois,

Elles sont le reflet et l’embrun de ta voix.

 

vagues.jpg


Berceuse délicate qui m’endort le soir,

Réveil enthousiaste pour un nouveau départ,

Ton aura sonore délimite le temps

Tout en gommant la distance qui se méprend.

 

distance.jpg

 

Et que dire de tes mains et de ces caresses,

Ce sont des trésors sans fin, des puits de richesses ;

Comme des sillons de soie, elles me parcourent,

Je les appelle, les désire, les savoure.

 

caresse.jpg


Leur tiédeur est un baume réconfortant

Qui relaxe mon corps si subtilement,

Elle va de concert avec cette douceur

Dispensant soulagement et tendre chaleur.

 

mains.jpg


Quant à tes lèvres si subtilement charnues,

Elles me font fondre, elles me mettent à nu,

Elles m’attirent comme des écrins divins ;

Que j’aime y découvrir le bijou en leur sein.

 

levres.jpg


Tes baisers dispersés avec tant de tendresse,

Sont une ode à l’amour dans toute sa largesse,

Je ne peux résister à tout ce que tu es,

Je t’aime d’un amour sincère et passionné.

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Published by Satine - dans Amour
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 15:16

Sans plus attendre (c’est peu dire vu l’impatience qui m’animait) la suite du « Livre sans nom », première réussite d’un auteur anonyme.


 

oeil-lune.jpgQuatrième de couverture : Personne n’a oublié le Bourbon Kid, mystérieux tueurs en série aux innombrables victimes. Ni les lecteurs du Livre sans nom, ni les habitants de Santa Modega, l’étrange cité d’Amérique du Sud où sommeillent toujours de terribles secrets. Alors que la ville s’apprête à fêter Halloween, le Bourbon Kid devient la proie d’une brigade très spéciale, une proie particulièrement coriace, de celles qu’il ne faut pas rater sous peine d’une impitoyable vengeance. Si vous ajoutez à cela la mystérieuse disparition de la momie du musée municipal et le kidnapping d’un patient très particulier de l’hôpital psychiatrique, vous comprendrez que la nuit d’Halloween à Santa Modega risque, cette année, de marquer les esprits…

 

L’histoire se déroule toujours au même endroit, à croire que les habitants de Santa Modega sont vraiment maudits. Oui le Bourbon Kid est de retour, oui il va de nouveau canarder à tout va et oui la suite est à la hauteur du premier tome. Elle est certes un peu moins violente que « le Livre sans nom » (j’ai dit un peu moins, ok !) mais elle remonte aux origines du mal. Ca manque aussi parfois d’humour et de sexe mais ce n’est pas grave car ce second tome va défaire tous les nœuds, répondre à beaucoup de nos questions, révéler des secrets et surtout nous informer sur le passé des personnages principaux.

Dès le premier chapitre, on retourne loin, bien loin dans le passé puisque c’est une momie qui reprend vie et s’évade du musée. Ca démarre donc fort et ça nous tient en haleine jusqu’à la fin. On est avides d’en apprendre davantage sur l’enfance des personnages, on recherche les détails croustillants, on comprend mieux, on compatit, on a pitié, on éprouve de la rage, une envie de vengeance, on relie les indices entre eux, on se souvient et on démêle les intrigues pour accéder à la vérité.

Pour coincer le Bourbon Kid, l’équipe chargée de l’enquête est nouvelle, on n’y va pas de mains mortes puisqu’on recrute un criminel, un violeur en série qui ne recule devant rien. Tous cherchent le pouvoir, tous sont avides de sang et de violence, c’est à se demander s’il y a des gens normaux à Santa Modega….

 

 

 

Deux petits extraits seulement pour ne pas trop vous en dévoiler :

Chapitre 16 :

Dante se retourna en un éclair, prêt à s’occuper de l’autre type. Mais le second agent avait déjà pris de l’avance. A peine Dante s’était-il attaqué à son collègue, que Johnson avait tiré son pistolet de sous sa veste et l’avait braqué sur la tête de Kacy.

« Un seul pas de danse de plus, l’ami, et ta petite copine aura un sacré mal de tête », avertit-il.

 

Chapitre 17 :

Swann tapota l’épaule de Dante :

« T’as sûrement raison, gamin, mais rien ne permet d’établir avec certitude que tu n’as pas tué quelques unes des autres victimes, pas vrai ? Et nous n’avons pas encore exclu la possibilité que tu aies agi en tant que complice du Bourbon Kid.

- Ah ! dit Dante en écartant la main de Swann d’un haussement d’épaules avant de se retourner pour le regarder droit dans les yeux. Pourtant, il me semble que votre vidéo montre bien que j’étais aux toilettes avec le chandelier et le professeur Violet. Alors si c’est tout ce que vous avez contre moi, je crois que je vais vous laisser, merci bien. »

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 12:45

comme-plaira.jpg 

 

 

Cette comédie légère écrite vers 1599 a été inspirée à Shakespeare par un roman de Thomas Lodge « Rosalynde or Euphues’ golden legacie ». Shakespeare y a trouvé son héroïne et une excellente analyse de l’amour chez une jeune fille. Le décor est la forêt des Ardennes où Thomas Lodge place aussi ses personnages.


 

Résumé : Rosalinde, fille du duc banni, fuit avec sa cousine Célia, fille du nouveau duc Frédéric, dans la forêt des Ardennes dans l’espoir de retrouver son père. Pour éviter toute agression, elles se vêtissent en habits d’homme et vont faire diverses rencontres.

 

 

 

 

Si les premières pages mettent en avant la rivalité entre deux couples de frères Orlando / Olivier et les deux ducs, le thème majeur de cette comédie est bien évidemment l’amour. Mais l’amour sous différentes formes : l’amour père-fille déjà vu dans le roi Lear, l’amour homme-femme romantique et véritable comme dans Roméo et Juliette mais aussi l’amour que je qualifierais de « nécessaire » interprété ici par un clown et une paysanne et des bergers.

Tout comme dans  le marchand de Venise , la femme a ici une place prépondérante et Rosalinde va avoir un rôle majeur, déterminant. Shakespeare sait à nouveau si bien décrire la passion féminine, nos attentes, nos désirs qu’on le lit avec enthousiasme. Il proclame des répliques féministes qui mettent en lumière la beauté et l’intelligence féminines et offre même un épilogue à son actrice principale Rosalinde.

Je vous livre bien entendu avec joie cette ode à la femme mais aussi quelques échanges plutôt drôles.

 

Acte II Scène 7 :

Jacques (seigneur ayant suivi le duc banni) : Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Tous ont leurs entrées et leurs sorties, et chacun y joue successivement les différents rôles d’un drame en sept âges. C’est d’abord l’enfant vagissant et bavant dans les bras de la nourrice. Puis, l’écolier pleurnicheur, avec sa sacoche et sa face radieuse d’aurore, qui, comme un limaçon, rampe à contrecoeur vers l’école. Et puis, l’amant, soupirant, avec l’ardeur d’une fournaise, une douloureuse ballade dédiée aux sourcils de sa maîtresse. Puis, le soldat, plein de jurons étrangers, barbu comme le léopard, jaloux sur le point d’honneur, brusque et vif à la querelle, poursuivant la fumée réputation jusqu’à la gueule du canon. Et puis, le juge, dans sa belle panse ronde garnie d’un bon chapon, l’œil sévère, la barbe solennellement taillée, plein de sages dictons et de banales maximes, et jouant, lui aussi, son rôle. Le sixième âge nous offre un maigre Pantalon en pantoufles, avec des lunettes sur le nez, un bissac au côté ; les bas de son jeune temps bien conservés, mais infiniment trop larges pour son jarret racorni ; sa voix, jadis pleine et mâle, revenant au fausset enfantin et modulant un aigre sifflement. La scène finale, qui termine ce drame historique, étrange et accidenté, est une seconde enfance, état de pur oubli ; sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien.

 

Acte III Scène 2 :

Pierre de Touche (le clown) : Eh bien, si tu n’as jamais été à la cour, tu n’as jamais vu les bonnes façons ; si tu n’as jamais vu les bonnes façons, tes façons doivent être nécessairement mauvaises ; et le mal est péché, et le péché est damnation. Tu es dans un état périlleux, berger.

Corin (berger) : Point du tout, Pierre de Touche. Les bonnes façons de la cour seraient aussi ridicules à la campagne que les manières de la campagne seraient grotesques à la cour. Vous m’avez dit qu’on ne se salue à la cour qu’en se baisant les mains : cette courtoisie serait très malpropre, si les courtisans étaient des bergers.

Pierre de Touche : La preuve, vite ! Allons, la preuve !

Corin : Eh bien, nous touchons continuellement nos brebis, et vous savez que leur toison est grasse.

Pierre de Touche : Eh bien, est-ce que les mains de nos courtisans ne suent pas ? Et la graisse d’un mouton n’est-elle pas aussi saine que la sueur d’un homme ? Raison creuse, raison creuse ! Une meilleure, allons !

Corin : En outre, nos mains sont rudes.

Pierre de Touche : Vos lèvres n’en sentiront que mieux le contact. Encore une creuse raison ! Une plus solide, allons !

Corin : Et puis elles se couvrent souvent de goudron, quand nous soignons notre troupeau : voudriez-vous que nous baisions du goudron ? Les mains du courtisan sont parfumées de civette. 

Pierre de Touche : Homme borné ! Tu n’es que de la chair à vermine, comparé à un beau morceau de viande. Oui-da ! Ecoute le sage et réfléchis : la civette est de plus basse extraction que le goudron, c’est la sale fiente d’un chat. Une meilleure raison, berger !

Corin : Vous avez un top bel esprit pour moi !

Pierre de Touche : Veux-tu donc rester damné ? Dieu t’assiste, homme borné ! Dieu veuille t’ouvrir la cervelle ! Tu es bien naïf !

Corin : Monsieur, je suis un simple journalier ; je gagne ce que je mange et ce que je porte ; je n’ai de rancune contre personne ; je n’envie le bonheur de personne ; je suis content du bonheur d’autrui, et résigné à tout malheur ; et mon plus grand orgueil est de voir mes brebis paître et mes agneaux téter.

Pierre de Touche : Encore une coupable simplicité : rassembler brebis et béliers, et tâcher de gagner sa vie par la copulation du bétail ; se faire l’entremetteur de la bête à laine, au mépris de toute conscience, livrer une brebis d’un an à un bélier cornu, chenu et cocu ! Si tu n’es pas damné pour ça, c’est que le diable lui-même ne veut pas avoir de bergers ; autrement, je ne vois pas comment tu peux échapper.

 

Poème écrit par Orlando  pour Rosalinde :

J’attacherai à chaque arbre des langues qui proclameront des vérités solennelles :

Elles diront combien vite la vie de l’homme parcourt son errant pèlerinage ;

Que la somme de ses années tiendrait dans une main tendue ;

Que de fois ont été violés les serments échangés entre deux âmes amies.

Mais, sur les branches les plus belles et au bout de chaque phrase,

J’écrirai le nom de Rosalinde, pour faire savoir à tous ceux qui lisent

Que le ciel a voulu condenser en elle la quintessence de toute grâce.

Ainsi le ciel chargea la nature d’entasser dans un seul corps

Toutes les perfections éparses dans le monde.

Aussitôt la nature passa à son crible la beauté d’Hélène, sans son cœur,

La majesté de Cléopâtre, le charme suprême d’Atalante, l’austère chasteté de Lucrèce.

Ainsi de maintes qualités Rosalinde fut formée par le synode céleste :

Nombre de visages, de regards et de cœurs lui cédèrent leurs plus précieux attraits.

Le ciel a décidé qu’elle aurait tous ces dons, et que je vivrais et mourrais son esclave.

 

Acte III Scène 3 :

Audrey (paysanne) : Je ne sais point ce que c’est que poétique. Ca veut dire honnête en action et en parole ? Est-ce quelque chose de vrai ?

Pierre de Touche : Non, vraiment ; car la vraie poésie est toute fiction, et les amoureux sont adonnés à la poésie ; et l’on peut dire que, comme amants, ils font une fiction de ce qu’ils jurent comme poètes.

Audrey : Et vous voudriez que les dieux m’eussent faite poétique ?

Pierre de Touche : Oui, vraiment, car tu m’as juré que tu étais vertueuse ; or, si tu étais poète, je pourrais espérer que c’est une fiction.

Audrey : Voudriez-vous que je ne fusse pas vertueuse ?

Pierre de Touche : Je le voudrais, certes, à moins que tu ne fusses laide. Car la vertu accouplée à la beauté, c’est le miel servant de sauce au sucre.

Jacques, à part : Fou profond !

Audrey : Eh bien, je ne suis pas jolie, et conséquemment je prie les dieux de me rendre vertueuse.

Pierre de Touche : Oui, mais donner la vertu à un impur laideron, c’est servir un excellent mets dans un plat sale.

Audrey : Je ne suis pas impure, bien que je sois laide, Dieu merci !

Pierre de Touche : C’est bon ! Les dieux soient loués de ta laideur ! L’impureté a toujours le temps de venir… Quoi qu’il en soit, je veux t’épouser, et à cette fin  j’ai vu sire Olivier Gâche-Texte, le vicaire du village voisin, qui m’a promis de me rejoindre dans cet endroit de la forêt et de nous accoupler.

Jacques, à part : Je serais bien aise de voir cette réunion.

Audrey : Allons, les dieux nous tiennent en joie !

Pierre de Touche : Amen ! Certes un homme qui serait de cœur timide pourrait bien chanceler devant une telle entreprise ; car ici nous n’avons d’autre temple que le bois, d’autres témoins que les bêtes à cornes. Mais bah ! courage ! Si les cornes sont désagréables, elles sont nécessaires. On dit que bien des gens ne savent pas la fin de leurs fortunes ; c’est vrai : bien des gens ont de bonnes cornes, et n’en savent pas la véritable fin. Après tout, c’est le douaire de leurs femmes ; ce n’est pas de leur propre apport. Des cornes ?... Dame, oui !... Pour les pauvres gens seulement ?... Non, non ; le plus noble cerf en a d’aussi amples que le plus vilain. L’homme solitaire est-il donc si heureux ? Non. De même qu’une ville crénelée est plus majestueuse qu’un village, de même le chef d’un homme marié est plus honorable que le front uni d’un célibataire. Et autant une bonne défense est supérieure à l’impuissance, autant la corne est préférable à l’absence de corne.

 

Acte III Scène 5 :

Rosalinde, intervenant pour réprimer les insultes que lance Phébé (bergère) à son prétendant le berger Silvius : Et pourquoi, je vous prie ? De quelle mère êtes-vous donc née, pour insulter ainsi et accabler à plaisir les malheureux ? Quand vous n’auriez de la beauté (et, ma foi ! Je vous en vois tout juste assez pour aller au lit la nuit sans chandelle), serait-ce une raison pour être arrogante et impitoyable ?... Eh bien, que signifie ceci ?

 

Acte IV Scène 1 :

Rosalinde (déguisée en homme) parlant de Rosalinde : Combien de temps voudrez-vous d’elle, quand vous l’aurez possédée ?

Orlando : L’éternité, et un jour.

Rosalinde : Dites un jour, sans l’éternité. Non, non, Orlando. Les hommes sont Avril quand ils font la cour, et Décembre quand ils épousent. Les filles sont Mai tant qu’elles sont filles, mais le temps change dès qu’elles sont femmes. Je prétends être plus jalouse de toi qu’un ramier de Barbarie de sa colombe, plus criarde qu’un perroquet sous la pluie, plus extravagante qu’un singe, plus éperdue dans mes désirs qu’un babouin. Je prétends pleurer pour rien comme Diane à la fontaine, et ça quand vous serez en humeur de gaieté ; je prétends rire comme une hyène, et ça quand tu seras disposé à dormir.

Orlando : Mais ma Rosalinde fera-t-elle tout cela ?

Rosalinde : Sur ma vie, elle fera comme je ferai.

Orlando : Oh ! mais elle est sage !

Rosalinde : Oui, autrement elle n’aurait pas la sagesse de faire tout cela. Plus elle sera sage, plus elle sera maligne. Fermez les portes sur l’esprit de la femme, et il s’échappera par la fenêtre ; fermez la fenêtre, et il s’échappera par le trou de la serrure ; bouchez la serrure, et il s’envolera avec la fumée par la cheminée.

Orlando : Un homme qui aurait une femme douée d’autant d’esprit pourrait bien s’écrier : « Esprit, où t’égares-tu ? »

Rosalinde : Oh ! Vous pouvez garder cette exclamation pour le cas où vous verriez l’esprit de votre femme monter au lit de votre voisin.

Orlando : Et quelle spirituelle excuse son esprit trouverait-il à cela ?

Rosalinde : Parbleu ! Il lui suffirait de dire qu’elle allait vous y chercher. Vous ne la trouverez jamais sans réplique, à moins que vous ne la trouviez sans langue. Pour la femme qui ne saurait pas rejeter sa faute sur le compte de son mari, oh ! qu’elle ne nourrisse pas elle-même son enfant, car elle en ferait un imbécile !

 

Acte V Scène 1 :

Pierre de Touche : Avoir c’est avoir. Car c’est une figure de rhétorique qu’un liquide, étant versé d’une tasse dans un verre, en remplissant un évacue l’autre. Car tous vos auteurs sont d’avis que ipse c’est lui-même ; or, tu n’es pas ipse, car je suis lui-même.

William (prétendant d’Audrey) : Quel lui-même, monsieur ?

Pierre de Touche, montrant Audrey : Ce lui-même, monsieur, qui doit épouser cette femme. C’est pourquoi, ô rustre, abandonnez, c’est-à-dire, en termes vulgaires, quittez la société, c’est-à-dire, en style villageois, la compagnie de cette femelle, c’est-à-dire, en langue commune, de cette femme, c’est-à-dire, en résumé, abandonne la société de cette femelle ; sinon, rustre, tu péris, ou, pour te faire mieux comprendre, tu meurs ! En d’autres termes, je te tue, je t’extermine, je translate ta vie en mort, ta liberté en asservissement ! J’agis sur toi par le poison, par la bastonnade ou par l’acier, je te fais sauter par guet-apens, je t’écrase par stratagème, je te tue de cent cinquante manières ! C’est pourquoi tremble et décampe.

 

Acte V Scène 4 :

Jacques : Pourriez-vous à présent nommer par ordre les degrés du démenti ?

Pierre de Touche : Oh ! Monsieur, nous nous querellons d’après l’imprimé ; il y a un livre pour ça comme il y a des livres pour les bonnes manières. Je vais vous nommer les degrés. Premier degré, la Réplique courtoise ; second, le Sarcasme modeste ; troisième, la Répartie grossière ; quatrième, la Riposte vaillante ; cinquième, la Contradiction querelleuse ; sixième, le Démenti à condition ; septième, le Démenti direct. Vous pouvez les éluder tous, excepté le démenti direct ; et encore vous pouvez éluder celui-là par un Si. J’ai vu  le cas où sept juges n’avaient pu arranger une querelle ; mais, tous les adversaires se rencontrant, l’un d’eux eut tout bonnement l’idée d’un Si, comme par exemple :  « Si vous avez dit ceci, j’ai dit cela » et alors ils se serrèrent la main et jurèrent d’être frères. Votre Si est l’unique juge de paix ; il y a une grande vertu dans le Si.

 

Epilogue :

Rosalinde, aux spectateurs : Ce n’est pas la mode de voir l’héroïne en épilogue, mais ce n’est pas plus malséant que de voir le héros en prologue. S’il est vrai que bon vin n’a pas besoin d’enseigne, il est vrai aussi qu’une bonne pièce n’a pas besoin d’épilogue. Pourtant à de bon vin on met de bonnes enseignes et les bonnes pièces semblent meilleures à l’aide des bons épilogues. Dans quel embarras suis-je donc, moi qui ne suis pas un bon épilogue et ne puis intercéder près de vous en faveur d’une bonne pièce ! Je n’ai pas les vêtements d’une mendiante : mendier ne me sied donc pas. Ma ressource est de vous conjurer, et je commencerai par les femmes… O femmes ! je vous somme, par l’amour que vous portez aux hommes, d’applaudir dans cette pièce tout ce qui vous en plaît ; et vous, ô hommes, par l’amour que vous portez aux femmes (et je m’aperçois à vos sourires que nul de vous ne les hait), je vous somme de concourir avec les femmes au succès de la pièce… Si j’étais femme, j’embrasserais tout ceux d’entre vous dont la barbe me plairait, dont le teint me charmerait, et dont l’haleine ne me rebuterait pas ; et je suis sûr que tout ceux qui ont la barbe belle, le visage beau et l’haleine douce, en retour de mon offre aimable, voudront bien, quand j’aurai fait la révérence, m’adresser un cordial adieu.

 

 

A découvrir aussi : le roman Hamlet

                               la biographie de Shakespeare

                               Othello

                               Mac Beth

                               Antoine et Cléopâtre

                               le film Shakespeare in love

                               le film Roméo + Juliette

                               le roi Lear

                               Antoine et Cléopatre

                               le film Hamlet avec Mel Gibson

                                         le film Hamlet de K. Branagh

                               beaucoup de bruit pour rien

                               le marchand de Venise

                               Roméo et Juliette

                               Jules César

                               Les sonnets de Shakespeare

                               Les joyeuses commères de Windsor

                               Songe d'une nuit d'été

                               Le soir des rois

                               Les deux gentilshommes de Vérone

                               le film Anonymous

                               la mégère apprivoisée

                               peines d'amours perdues

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 10:18

Seconde comédie de Shakespeare un peu plus drôle d’ailleurs qui mêle plusieurs chassés-croisés amoureux et bien sûr des ruses propres à l’auteur. Si l’on peut reprocher quelques similitudes avec « Roméo et Juliette », l’histoire reste cependant bien différente et elle est ponctuée de répliques à nouveau risquées pour l’époque mais qui font sourire le lecteur.


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Résumé : Héro est la fille du gouverneur de Messine Léonato. Claudio, favori de Don Pedro est amoureux d’elle et souhaite l’épouser. Don Pedro lui propose son aide afin de découvrir les sentiments de la jeune fille. Don Juan, le frère de Don Pedro, croyant que c’est Don Pedro qui est amoureux d’elle, décide de faire passer la jeune femme pour une fille légère en la remplaçant par une autre. Le stratagème fonctionne à merveille, Claudio aperçoit la fausse Héro dans les bras d’un autre et décide de l’humilier en public le jour de leurs noces. La pauvre femme s’évanouit alors et son entourage, choqué du comportement de Claudio, décide de la faire passer pour morte. Heureusement, se croyant seuls,  deux hommes de Don Juan ayant participés à la ruse dévoilent le pot aux roses à des officiers municipaux. Ceux-ci révèlent alors la vérité.

 

Si cette histoire est la principale, elle s’entremêle avec une idylle plus complexe entre Bénédict, un autre favori de Don Pedro et Béatrice la nièce de Léonato. Cette dernière est une femme très moderne pour l’époque, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui balance des répliques cinglantes et franchement marrantes. Ils sont l’un et l’autre attirés mais refusent de se dévoiler, criant à qui veut l’entendre qu’ils ne se marieront jamais. Mais leurs amis leur tendront un piège pour tenter de les réunir.

 

Acte I Scène 1 :

Léonato (au messager) : Monsieur, ne méjugez pas ma nièce : il y a une espèce de guerre joyeuse entre le signor Bénédict et elle ; ils ne se rencontrent jamais, qu’il n’y ait entre eux escarmouche d’esprit.

Béatrice : Hélas ! Il n’y gagne rien. Dans notre dernier combat, quatre de ses cinq esprits s’en sont allés tout éclopés, et maintenant il n’en reste qu’un pour gouverner tout l’homme. Si celui-là suffit pour lui tenir chaud, qu’il le garde comme une distinction entre lui et son cheval ! Car c’est le seul insigne qu’il ait encore pour être reconnu créature raisonnable.

[…]

Béatrice : Je m’étonne que vous jasiez toujours, signor Bénédict : personne ne vous écoute.

Bénédict : Eh quoi ! Chère madame Dédain ! Vous êtes encore vivante ?

Béatrice : Est-il possible que Dédain meure, ayant pour se nourrir un aliment aussi inépuisable que le signor Bénédict ? Courtoisie elle-même se travestirait en Dédain, si vous paraissiez en sa présence.

Bénédict : Courtoisie serait donc une comédienne ! Il est certain que je suis aimé de toutes les dames, vous seule exceptée ; et je voudrais pour elles trouver dans mon cœur un cœur plus tendre, car vraiment je n’en aime aucune.

Béatrice : Bonheur précieux pour les femmes ! Autrement, elles seraient importunées par un insipide soupirant. Grâce à Dieu et à la froideur de mon sang, je suis en cela de votre humeur. J’aimerais mieux entendre mon chien aboyer aux corneilles, qu’un homme me jurer qu’il m’adore.

Bénédict : Dieu maintienne votre Grâce dans cette disposition ! La figure de tel ou tel gentilhomme échappera ainsi à de fatales égratignures.

Béatrice : Si cette figure était comme la vôtre, les égratignures ne la rendraient pas pire.

Bénédict : En vérité, vous feriez un perroquet modèle.

Béatrice : Un oiseau parlant comme moi vaut mieux qu’une bête parlant comme vous.

Bénédict : Je voudrais que mon cheval eût la vitesse de votre langue et cette longue haleine. Au nom du ciel, continuez votre course ! Moi je m’arrête.

 

Acte II Scène 1 :

Béatrice parlant des hommes : Qu’en pourrais-je faire ? L’habiller de mes robes, et le prendre pour femme de chambre ? Celui qui a de la barbe est plus qu’un jouvenceau, et celui qui n’en a pas est moins qu’un homme. Or, celui qui est plus qu’un jouvenceau n’est pas pour moi ; et celui qui est moins qu’un homme, je ne suis pas pour lui. Aussi je consens à prendre pour douze sols toute la ménagerie des barbus, et à conduire tous ces singes-là en enfer.

Léonato : Eh bien, tu iras donc en enfer ?

Béatrice : Non, seulement jusqu’à la porte. Là, le Diable viendra au devant de moi avec des cornes sur la tête, comme un vieux cocu qu’il est, et il me dira : « Allez au ciel, Béatrice, allez au ciel, il n’y a pas de place ici pour vous autres vierges. » Sur ce, je lui remets mes singes, et je pars pour le ciel ! Saint Pierre m’indique où demeurent les célibataires, et nous vivons là aussi gais que le jour est long.

 

Acte IV Scène 1 :

Claudio (à son amour Héro qu’il accuse de tromperie) :Héro ! Quelle héroïne tu eusses été, si la moitié seulement de tes grâces extérieures avait ennobli tes pensées et les inspirations de ton cœur ! Mais adieu ! Adieu, toi, si affreuse et si belle ! Adieu, pure impiété, pureté impie ! Pour toi, je fermerai désormais toutes les portes de l’amour ; le soupçon flottera sur mes paupières, pour changer toute beauté en symbole du mal et lui ôter la grâce. 

[…]

Le moine : D’abord ceci, bien mené, devra, à l’égard de votre fille, changer la calomnie en remords ; c’est déjà un bien ; mais l’étrange expédient que j’imagine enfantera, je l’spère, de plus grands résultats. Censée morte, grâce à nos informations, au moment même où elle était accusée, elle sera pleurée, plainte, excusée pour tous ; en effet, il arrive toujours que nous n’estimons pas un bien à sa juste valeur, tant que nous en jouissons ; mais, dès qu’il nous manque, dès qu’il est perdu, ah ! alors nous en exagérons la valeur ; alors nous lui découvrons le mérite qu’il ne voulait pas nous montrer quand il était à nous.

 

Acte V Scène 3 :

Claudio (s’approchant du tombeau d’Héro et lisant un parchemin) : Frappée à mort par des langues calomnieuses fut Héro qui gît ici. En récompense de ses douleurs, la mort lui donne un renom immortel. Ainsi la vie, qui mourut de honte, vit de gloire dans la mort.

 

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 02:25

nuit-soleil.jpg

 

La courbe du soleil s’achève lentement,

Son halo s’étiole puis meurt en rougissant ;

Il y a d’autres continents à mettre en lumière,

Laissons cette pénombre étrange et familière.

 

nuit-neant.jpg


Subrepticement, la noirceur nous envahit,

Réveillant en douceur nos terreurs enfouies ;

Elle avale chaque parcelle de nos âmes,

Vicieuse et cruelle, elle impose sa trame.

 

nuit-peur.jpg

 

Hâtivement nous retournons dans nos maisons,

L’angoisse, la peur dominent notre raison,

Même les ombres fuient ce chaos lancinant,

Elles nous laissent, solitaires, agonisants.

 

nuit-desert.jpg


Inéluctablement, le silence s’installe,

Plus de souffle, plus de vie, le désert s’étale,

Le néant étouffe toutes nos espérances ;

Un sommeil profond est notre dernière chance.

 nuit-sommeil.jpg

 

Quittons cette tristesse lugubre et sombre,

Fuyons avec force et sagesse ces décombres ;

Morphée, fais-nous voyager au creux de nos songes,

Que tes bras nous sauvent de cet affreux mensonge.

 

nuit-etoiles.jpg

 

Rêvons à la lune qui là-haut se révolte,

Aux étoiles scintillantes qui nous rapportent

Toute l’étendue, la grandeur de l’Univers

Qui conserve encore en son sein bien des mystères.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 01:48

livresansnom.jpgC’est ce titre original qui a tout de suite attiré mon regard. La première de couverture fait nostalgiquement penser aux westerns de Clint Eastwood fumant son cigare sous une chaleur torride, il ne manque que le poncho et le sombrero. Si le livre n’a pas de nom, il n’a pas non plus d’auteur. Le roman a été diffusé sur internet en 2007 anonymement. Mais c’est surtout la quatrième de couverture qui m’a séduite avec les commentaires suivants :

« Bourré de références pop, construit de telle sorte qu’on ne puisse pas arrêter de tourner les pages, ce livre a tout por lui : de l’humour, de l’amour, de la vengeance, du sexe, de la violence et du bourbon. Anonyme, sers-nous-en un autre, et vite ! » The telegraph

« Plus on avance dans le livre, et plus une angoisse nous étreint : y aura-t-il assez de survivants dans l’histoire pour qu’on ait le plaisir de lire une suite ? » The Booklist

En plus des références pop, j’ajouterai des références cinématographiques que ce soit par les titres ou les répliques, on voit que l’auteur est un passionné de cinéma. Cela se ressent aussi dans sa façon d’écrire, il n’y a pas de temps mort, pas de descriptions inutiles, les pages doivent se tourner comme les plans s’enchaînent dans un film. L’auteur nous délivre le strict minimum et ça suffit.

 

Il y avait aussi ce commentaire sur la quatrième qui ne pouvait qu’emballer une cinéphile comme moi :

« Vous désespériez de trouver un équivalent littéraire aux films de Quentin Tarantino, de John, Carpenter, de Robert Rodriguez ? Lisez le livre sans nom. A vos risques et périls. »

C’est tout à fait vrai. Il y a la violence et l’humour de Tarantino et de Rodriguez, le fantastique de Carpenter, on n’a pas l’impression de lire un livre, on regarde un film aux mystères de plus en plus grands qui distille des indices par ci par là, pas trop d’un coup, juste ce qu’il faut pour nous tenir en haleine.

 

Je vous mets l’eau à la bouche ? Alors place au résumé :

Amérique du Sud, Santa Modega, une piètre ville qui semble sale et étouffante. Sanchez tient un bar « le Tapioca » où se rejoignent les bad guys du quartier, des ivrognes crades qui cherchent la bagarre. Les étrangers ne sont pas les bienvenus. Un jour, un homme encapuchonné y entre et raconte l’histoire du Bourbon Kid qui tue tout ce qui bouge une fois qu’il a bu son bourbon et c’est ce qui va se passer, il est le Bourbon Kid et il ne fera qu’un seul survivant : Sanchez. Cinq ans plus tard, l’histoire semble se répéter.

C’est à travers l’expérience qu’il a vécue et les enquêtes des policiers Somers et Jensen (spécialisé dans le fantastique) que nous remontons le temps de ces cinq dernières années. Des meurtres sanglants et cruels ont été perpétrés et se multiplient de jour en jour. Le moine d’Hulal Père Taos envoie deux de ses acolytes à Santa Modega pour chercher une pierre bleue appelée « l’œil de la Lune » et qui ne doit pas tomber entre de mauvaises mains sous peine d’Apocalypse. Ces moines pratiquent les arts martiaux et vont nous promettre quelques bons combats. Mais ils ne sont pas les seuls à vouloir ce bijou, le caïd de la ville El Santino et ces deux sbires le désirent ardemment tout comme le Bourbon Kid et des chasseurs de prime… Violence assurée, le sang coule à flot, il n’y a pas de pitié juste une avidité pour ce bijou mystérieux.

 

Je ne vous en dirai pas davantage, cela gâcherait votre plaisir, il vaut mieux garder intact l’effet de surprise et croyez-moi vous serez étonnés. Pour vous prouver que ce livre est plein d’humour, je vous ai choisi un extrait :

Discussion entre les deux moines d’Hurbal Kyle et Peto qui vient de livrer un combat contre Rodeo Rex le roi de l’arène :

« Apparemment, Rex a sciemment bridé la force de son coup de poing pour s’assurer qu’il ne casserait aucune de tes dents. C’est plutôt gentil de sa part, tu ne trouves pas ? demanda Kyle.

- Oh, qu’est-ce que c’est sympa, il a bien mérité qu’on lui offre à boire ! Putain de merde, ma tête. Merde. rétorqua Peto    .

-Pourrais-tu cesser d’être grossier, s’il te plaît Peto ? Il ne me semble pas nécessaire de parler ainsi.

- Bien sûr. Demande un peu à Rodeo Rex de te mettre un putain de pain dans la gueule. On verra quel effet ça te fait, ducon. »

 

Un autre extrait à propos du « livre sans nom » qui est un indice important à l’enquête. Il débute ainsi :

« Cher lecteur, seuls les cœurs purs sont dignes de contempler les pages de ce livre. Chaque page que vous tournez, chaque chapitre que vous lirez vous rapprochera un peu plus de la fin. Tous n’y arriveront pas. Les nombreuses histoires et les nombreux styles sont susceptibles d’éblouir et de confondre. Et, tandis que vous recherchez la vérité, elle ne cessera jamais d’être sous vos yeux. Les ténèbres viendront et, avec elles, un mal indicible. Et ceux qui auront lu le livre pourraient ne jamais revoir la lumière. »

 

Mais de quelle fin parle-t-il ? La fin du livre ? De l’histoire ? En tout cas, une suite semble prévue puisque le livre se termine sur ces mots : FIN (peut-être…).

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 10:27

marchand.jpeg

 

 

 

Après les tragédies et les sonnets de Shakespeare, il était temps de passer aux comédies. Certes, vous n’allez pas éclater de rire, en tout cas ce ne fut pas mon cas, mais il y a des répliques qui font sourire surtout que pour l’époque, elles étaient assez osées.

Je commencerai par vous parler de l’illustre « le marchand de Venise » dont la tirade du juif est connue de tous (cf la tirade de Shylock ci-dessous). Si dans cette pièce le juif est lourdement critiqué et mis à mal, Shakespeare met en lumière l’intelligence de la femme puisque c’est une héroïne qui magistralement sauvera l’ami de son mari. L’histoire est réellement intéressante, les rebondissements se multiplient et le final est grandiose. 

 

 


Résumé : Bassanio vit au-dessus de ses moyens. Il demande alors un prêt au juif Shylock. Shylock est enclin à faire ce geste quand il apprend qu’Antonio le marchand de Venise se porte garant de son ami. Antonio s’est souvent moqué du juif et Shylock lui voue une haine certaine. Aussi précise-t-il que si la somme engagée ne lui est pas remboursée à temps, il prélèvera une livre de chair à Antonio. Cela n’effraie en rien ce dernier dont le commerce est florissant et le marché est conclu.

Portia est une riche héritière qui doit se plier au vœu de son père défunt : elle sera mariée à celui qui choisira judicieusement entre trois coffres d’or, d’argent et de plomb recélant une énigme. Bassanio est attirée par cette jeune femme et c’est par ce biais qu’il compte rembourser son prêt. Mais le pari n’est pas gagné puisque de nombreux hommes ont déjà tenté leur chance en vain.

Malheureusement, comme dans toute bonne œuvre de Shakespeare, rien ne se passera comme prévu et le temps pressera nos deux compagnons.

 

Acte II Scène 6 :

Lorenzo (parlant de Jessica la fille de Shylock) : Que je sois maudit, si je ne l’aime pas de tout mon cœur ! Car elle est spirituelle, autant que j’en puis en juger ; elle est jolie, si mes yeux ne me trompent pas ; elle est fidèle, comme elle me l’a prouvé. Aussi, comme une fille spirituelle, jolie et fidèle, régnera-t-elle constamment sur mon cœur.

 

Acte II Scène 7 :

Le prince de Maroc (évoquant Portia) : Eh ! c’est cette noble dame ! Tout le monde la désire : des qutre coins du monde, on vient baiser la châsse de la sainte mortelle qui respire ici. Les déserts de l’Hyrcanie, les vastes solitudes de l’immense Arabie, sont maintenant autant de grandes routes frayés par les princes qui visitent la belle Portia ! L’empire liquide, dont la crête ambitieuse crache à la face di ciel, n’est pas une barrière qui arrêtent les soupirants lointains : tous la franchissent, comme un ruisseau, pour voir la belle Portia.

 

Acte III Scène 1 :

Shylock explique les raisons de sa haine envers Antonio : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, traversé mes marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et quelle est sa raison ? … Je suis un juif ! Un juif n’a-t-il pas des yeux ? Un juif n’a-t-il pas des mains, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N’est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu’un chrétien ? Si vous nous piquez, est-ce que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce que nous ne mourons pas ? Et si vous nous outragez, est-ce que nous ne nous vengerons pas ? Si nous sommes comme vous du reste, nous vous ressemblerons aussi en cela. Quand un chrétien est outragé par un juif, où met-il son humilité ? A se venger ! Quand un juif est outragé par un chrétien, où doit-il, d’après l’exemple chrétien, mettre sa patience ? Eh bien, à se venger ! La perfidie que vous m’enseignez, je la pratiquerai, et j’aurai du malheur, si je ne surpasse pas mes maîtres.

 

Acte III Scène 5 :

Jessica (à son mari Lorenzo) : Lancelot (valet de Shylock)  me dit nettement qu’il n’y a point de merci pour moi dans le ciel, parce que je suis une fille de juif, et il prétend que vous êtes un méchant membre de la République parce qu’en convertissant les juifs en chrétiens, vous haussez le prix du porc.

Lorenzo (à Lancelot) : J’aurais moins de peine à me justifier de cela devant la République que vous de la rotondité de la négresse. La fille maure est grosse de vous, Lancelot.

Lancelot : Tant mieux, si elle regagne en embonpoint ce qu’elle perd en vertu. Ce la prouve que je n’ai pas peur de la Maure.

Lorenzo : Comme le premier sot venu peut jouer sur les mots ! Je crois que bientôt la meilleure grâce de l’’sprit sera le silence, et qu’il n’y aura plus de mérite à parler que pour les perroquets.

 

Acte IV Scène 1 :

Portia (se faisant passer pour un docteur en droit) : La clémence ne se commande pas. Elle tombe du ciel, comme une pluie douce, sur le lieu qu’elle domine ; double bienfaisance, elle fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit. Elle est la puissance des puissances. Elle sied aux monarques sur leur trône, mieux que leur couronne. Leur sceptre représente la force du pouvoir temporel, il est l’attribut d’épouvante et de majesté dont émanent le respect et la terreur des rois. Mais la clémence est au-dessus de l’autorité du sceptre, elle trône dans le cœur des rois, elle est l’attribut de Dieu même ; et le pouvoir terrestre qui ressemble le plus à Dieu est celui qui tempère la justice par la clémence. Ainsi, juif, bien que la justice soit ton argument, considère ceci : qu’avec la stricte justice nul de nous ne verrait le salut. C’est la clémence qu’invoque la prière, et c’est la prière même qui nous enseigne à tous à faire acte de clémence.

 

 

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