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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 00:34

Finissons le chapitre des Odes avec la fin du livre 3 et le livre 5, à savourer avant l'arrivée des Ballades...


 

Ode sixième : les deux îles

 

[…]

La foudre remonta ! – Renversé de son aire,

Il tomba, tout fumant de cent coups de tonnerre.

            Les rois punirent leur tyran.

On l’exposa vivant sur un roc solitaire ;

Et le géant captif fut remis par la terre

            A la garde de l’océan.

 

Oh ! comme à Sainte-Hélène il dédaignait sa vie,

Quand le soir il voyait, avec un œil d’envie,

            Le soleil fuir sous l’horizon,

Et qu’il s’égarait seul sur le sable des grèves,

Jusqu’à ce qu’un anglais, l’arrachant de ses rêves,

            Le ramenât dans sa prison !

 

Comme avec désespoir ce prince de la guerre

S’entendait accuser par tous ceux qui naguère

            Divinisaient son bras vainqueur !

Car des peuples ligués la clameur solennelle

Répondait à la voix implacable, éternelle,

            Qui se lamentait dans son cœur !

 

« Honte ! opprobre ! malheur ! anathème ! vengeance !

Que la terre et les cieux frappent d’intelligence !

Enfin nous avons vu le colosse crouler !

Que puissent retomber sur ses jours, sur sa cendre,

            Tous les pleurs qu’il a fait répandre,

            Tout le sang qu’il a fait couler !

 

Qu’à son nom, du Volga, du Tibre, de la Seine,

Des murs de l’Alhambra, des fossés de Vincenne,

De Jaffa, du Kremlin qu’il brûla sans remords,

Des plaines du carnage et des champs de victoire,

Tonne, comme un écho de sa fatale gloire,

            La malédiction des morts !

 

Qu’il voie autour de lui se presser ses victimes !

Que tout ce peule, en foule échappé des abîmes,

Innombrable, annonçant les secrets du cercueil,

Mutilé par le fer, sillonné par la foudre,

Heurtant confusément des os noircis de poudre,

Lui fasse un Josaphat de Sainte-Hélène en deuil !

 

Qu’il vive pour mourir tous les jours, à toute heure !

Que le fier conquérant baisse les yeux, et pleure !

Sachant sa gloire à peine et riant de ses droits,

Des geôliers ont chargé d’une chaîne glacée

            Cette main qui s’était lassée

            A courber la tête des rois !

 

Il crut que sa fortune, en victoire féconde,

Vaincrait le souvenir du peuple roi du monde ;

Mais Dieu vient, et d’un souffle éteint son noir flambeau,

Et ne laisse au rival de l’éternelle Rome

Que ce qu’il faut de place et de temps à tout homme

            Pour se cacher dans le tombeau.

 

Ces mers auront sa tombe, et l’oubli la devance.

En vain à Saint-Denis il fit parer d’avance

Un sépulcre de marbre et d’or étincelant ;

Le ciel n’a pas voulu que de royales ombres

Vissent, en revenant pleurer sous ces murs sombres,

Dormir dans leur tombeau son cadavre insolent ! »

 

Qu’une coupe vidée est amère ! et qu’un rêve,

Commencé dans l’ivresse, avec terreur s’achève !

Jeune, on livre à l’espoir sa crédule raison ;

Mais on frémit plus tard, quand l’âme est assouvie,

            Hélas ! et qu’on revoit sa vie

            De l’autre bord de l’horizon !

[…]

                                   Juillet 1825

 

Livre cinquième

 

Ode dix-septième : à une jeune fille

 

Vous qui ne savez pas combien l’enfance est belle,

Enfant ! n’enviez point notre âge de douleurs,

Où le cœur tour à tour est esclave et rebelle,

Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

 

Votre âge insouciant est si doux qu’on l’oublie !

Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs,

Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie,

            Comme un alcyon sur les mers.

 

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !

Jouissez du matin, jouissez du printemps ;

Vos heures sont des fleurs l’une à l’autre enlacées ;

Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

 

Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue,

Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié,

A ces maux sans espoir que l’orgueil désavoue,

            A ces plaisirs qui font pitié.

 

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance ;

Riez ! n’attristez pas votre front gracieux,

Votre œil d’azur, miroir de paix et d’innocence,

Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

                                   Février 1825

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 30/01/2013 12:20

J'aime tes passages furtifs pleins de tendresse Charlie
Bisous à toi aussi

Charlie 28/01/2013 19:13

Un petit passage mais un grand bisou...pour toi ! :)

Satine 27/01/2013 16:33

Quel enthousiasme ! Ca fait plaisir, j'en suis ravie Charlie !
Bisous et bonne fin de dimanche.

Charlie 26/01/2013 09:10

Hugo poète je ne m'en lasse pas !
Et même j'en redemande !!
Alors c'est avec un plaisir infini que j'ai plongé dans ces vers parfaits !
J'ai même lu à voix haute !! Si, si !!
Plein de bisous pour toi.
Bon Samedi Dame Satine...

Satine 21/01/2013 19:27

Tu peux retrouver les précédents articles dans la catégorie Hugo Nettoue, il n'y a rien de grave...
Bisous

Nettoue 21/01/2013 16:06

Je prend le train en marche, et c'est dommage !
Bonne journée Satine

Satine 20/01/2013 12:08

Merci pour ces voeux 13 originaux mamalilou, je te souhaite à nouveau le meilleur.
Bisous

mamalilou 20/01/2013 01:13

doux bisous dans un grand rire, puisque c'est prescrit!!
des bisous 13 enneigés ce soir encore...13 enthousiastes et 13 agréables pour un début d'an certes pas 13 enjoué collectivement, mais qui te soit 13 heureux avec la santé et l'amour dont tout
découle

merci pour ces partages si enrichissants, et qui élèvent

avec toute mon amitié