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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 15:46

Deux nouveaux extraits, puis les trois derniers suivront... Le premier extrait est assez militant puisque Victor Hugo rend hommage à son père, le second est quant à lui de toute beauté... Bonne lecture estivale !


 

A l’arc de triomphe

 

[…]

O vaste entassement ciselé par l’histoire !

Monceau de pierre assis sur un monceau de gloire !

            Edifice inouï !

Toi que l’homme par qui notre siècle commence,

De loin, dans les rayons de l’avenir immense,

            Voyait, tout ébloui !

 

[…]

A ta beauté royale il manque quelque chose.

Les siècles vont venir pour ton apothéose

            Qui te l’apporteront.

Il manque sur ta tête un sombre amas d’années

Qui pendent pêle-mêle et toutes ruinées

            Aux brèches de ton front !

 

[…]

La vieillesse couronne et la ruine achève.

Il faut à l’édifice un passé dont on rêve,

            Deuil, triomphe ou remords.

Nous voulons, en foulant son enceinte pavée,

Sentir dans la poussière à nos pieds soulevée

            De la cendre des morts !

 

Il faut que le fronton s’effeuille comme un arbre.

Il faut que le lichen, cette rouille du marbre,

De sa lèpre dorée, au loin couvre le mur ;

Et que la vétusté par qui tout art s’efface,

Prenne chaque sculpture et la ronge à la face,

Comme un avide oiseau qui dévore un fruit mûr.

 

[…]

Ce n’est pas, ce n’est pas entre des pierres neuves

Que la bise et la nuit pleurent comme des veuves.

Hélas ! d’un beau palais le débris est plus beau.

Pour que la lune émousse à travers la nuit sombre

L’ombre par le rayon et le rayon par l’ombre,

Il lui faut la ruine à défaut du tombeau !

 

[…]

Sur ce bloc triomphal où revit tout l’empire,

Où l’histoire dictait ce qu’il fallait écrire,

Où nous verrons un jour, d’un œil presque effrayé,

Surgir l’aigle de bronze immense et déployé,

Vous avez oublié, sire, un nom militaire,

Celui que je soutiens et que portait mon père !

Oui, sire, je le dis, vous avez oublié

Mon père en son tombeau peut-être humilié !

Or celui dont le nom manque à vos architraves,

C’était un vieux soldat, brave entre les plus braves,

Dont le sabre jamais ne dormait au fourreau,

Et que Napoléon enviait à Moreau !

Dans la guerre étrangère et la guerre civile,

En Vendée, en Espagne, à Naple, à Thionville,

Le fifre et le tambour, la bombe et le canon

Ont laissé des échos que réveille son nom !

Pourtant sur votre mur il est oublié, sire !

Et vous avez eu tort, et je dois vous le dire,

Car le poëte pur, de la foule éloigné,

Qui vous aborde ici de son vers indigné,

Sire ! et qui vous souhaite un long règne prospère,

N’est pas de ceux qu’on flatte en oubliant leur père !

                                   29 mars 1837

 

Dieu est toujours là

 

Quand l’été vient, le pauvre adore !

L’été, c’est la saison de feu,

C’est l’air tiède et la fraîche aurore ;

L’été, c’est le regard de Dieu.

 

L’été, la nuit bleue et profonde

S’accouple au jour limpide et clair ;

Le soir est d’or, la plaine est blonde ;

On entend des chansons dans l’air.

 

L’été, la nature éveillée

Partout se répand en tous sens

Sur l’arbre en épaisse feuillée,

Sur l’homme en bienfaits caressants.

 

Tout ombrage alors semble dire :

Voyageur, viens te reposer !

Elle met dans l’aube un sourire,

Elle met dans l’onde un baiser.

 

Elle cache et recouvre d’ombre,

Loin du monde sourd et moqueur,

Une lyre dans le bois sombre,

Une oreille dans notre cœur !

 

Elle donne vie et pensée

Aux pauvres de l’hiver sauvés,

Du soleil à pleine croisée,

Et le ciel pur qui dit : Vivez !

 

[…]

Alors l’âme du pauvre est pleine.

Humble, il bénit ce Dieu lointain

Dont il sent la céleste haleine

Dans tous les souffles du matin !

 

L’air le réchauffe et le pénètre.

Il fête le printemps vainqueur.

Un oiseau chante à sa fenêtre,

La gaîté chante dans son cœur !

[…]

                                   7 – 11 février 1837

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 11/08/2014 16:34

De rien Maria, c'est un plaisir de le lire comme tu le dis si bien, il est fort dans ses mots, dans ses tournures, dans ses rimes mais surtout dans ses opinions bien tranchées... Un combattant ce
Hugo !

Maria 28/07/2014 11:43

Bien que ces vers soient effectivement quelque peu militants, il n'en reste pas moins qu'il s'en dégage toujours une certaine force, comme à son accoutumée.Victor Hugo est un personnage fort et on
ne se lasse pas de lire. Merci pour tous ces beaux partages. Bises. Maria