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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 20:42

Voici des extraits de ce livre rangés dans une thématique propre : la politique, l’histoire et bien sûr l’amour inconditionnel qu’il a pour ses enfants… Le poème « à des oiseaux envolés » est une petite merveille qui nous fait entrer dans l’intimité de la famille de Victor Hugo.


 

I

 

Ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène.

Partout on voit marcher l’idée en mission ;

Et le bruit du travail, plein de parole humaine,

Se mêle au bruit divin de la création.

 

Partout, dans les cités et dans les solitudes,

L’homme est fidèle au lait dont nous le nourrissions ;

Et dans l’informe bloc des sombres multitudes

La pensée en rêvant sculpte des nations.

 

L’échafaud vieilli croule, et la Grève se lave.

L’émeute se rendort. De meilleurs jours sont prêts.

Le peuple a sa colère et le volcan sa lave

Qui dévaste d’abord et qui féconde après.

 

Des poëtes puissants, têtes par Dieu touchées,

Nous jettent les rayons de leurs fronts inspirés.

L’art a de frais vallons où les âmes penchées

Boivent la poésie à des ruisseaux sacrés.

 

Pierre à pierre, en songeant aux vieilles mœurs éteintes,

Sous la société qui chancelle à tous vents,

Le penseur reconstruit ces deux colonnes saintes,

Le respect des vieillards et l’amour des enfants.

 

Le devoir, fils du droit, sous nos toits domestiques

Habite comme un hôte auguste et sérieux.

Les mendiants groupés dans l’ombre des portiques

Ont moins de haine au cœur et moins de flamme aux yeux.

 

L’austère vérité n’a plus de portes closes.

Tout verbe est déchiffré. Notre esprit éperdu,

Chaque jour, en lisant dans le livre des choses,

Découvre à l’univers un sens inattendu.

 

O poëtes ! le fer et la vapeur ardente

Effacent de la terre, à l’heure où vous rêvez,

L’antique pesanteur, à tout objet pendante,

Qui sous ses lourds essieux broyait les durs pavés.

 

L’homme se fait servir par l’aveugle matière.

Il pense, il cherche, il crée ! A son souffle vivant

Les germes dispersés dans la nature entière

Tremblent comme frissonne une forêt au vent !

 

Oui, tout va, tout s’accroît. Les heures fugitives

Laissent toutes leur trace. Un grand siècle a surgi.

Et, contemplant de loin de lumineuses rives,

L’homme voit son destin comme un fleuve élargi.

 

Mais parmi ces progrès dont notre âge se vante,

Dans tout ce grand éclat d’un siècle éblouissant,

Une chose, ô Jésus, en secret m’épouvante,

C’est l’écho de ta voix qui va s’affaiblissant.

                                   15 avril 1837

 

 

Sunt lacrymae rerum

 

II

[…]

Soyez flétris ! canons que la guerre repousse,

Dont la voix sans terreur dans les fêtes s’émousse,

Vous qui glorifiez de votre cri profond

Ceux qui viennent, toujours, jamais ceux qui s’en vont !

Vous qui, depuis trente ans, noirs courtisans de bronze,

Avez, comme Henri quatre adorant Louis onze,

Toujours tout applaudi, toujours tout salué,

Vous taisant seulement quand le peuple a hué !

Lâches, vous préférez ceux que le sort préfère !

Dans le moule brûlant le fondeur pour vous faire

Mit l’étain et le cuivre et l’oubli du vaincu ;

Car qui meurt exilé pour vous n’a pas vécu.

Car vos poumons de fer, où gronde une âpre haleine,

Sont muets pour Goritz comme pour Sainte-Hélène !

Soyez flétris !

                        Mais non. C’est à nous, insensés,

Que le mépris revient. Vous nous obéissez.

Vous êtes prisonniers et vous êtes esclaves.

La guerre qui vous fit des ses bouillantes laves

Vous fit pour la bataille, et nous vous avons pris

Pour vous éclabousser des fanges de Paris,

Pour vous sceller au seuil d’un palais centenaire,

Et pour vous mettre au ventre un éclair sans tonnerre !

C’est nous qu’il faut flétrir. Nous qui, déshonorés,

Donnons notre âme abjecte à ces bronzes sacrés.

Nous passons dans l’opprobre ; hélas, ils y demeurent.

Mornes captifs ! le jour où des rois proscrits meurent,

Vous ne pouvez, jetant votre fumée à flots,

Prolonger sur Paris vos éclatants sanglots,

Et, pareils à des chiens liés à des murailles,

D’un hurlement plaintif suivre leurs funérailles !

Muets, et vos longs cous baissés vers les pavés,

Vous restez là, pensifs, et, tristes, vous rêvez

Aux hommes, froids esprits, cœurs bas, âmes douteuses,

Qui font faire à l’airain tant de choses honteuses !

[…]

 

VI

Dans ces temps radieux, dans cette aube enchantée,

Dieu ! comme avec terreur leur mère épouvantée

Les eût contre son cœur pressés, pâle et sans voix,

Si quelque vision, troublant ces jours de fêtes,

Eût jeté tout à coup sur ces fragiles têtes

Ce cri terrible : _ Enfants ! vous serez rois tous trois !

 

Et la voix prophétique aurait pu dire encore :

« Enfants, que votre aurore est une triste aurore !

Que les sceptres pour vous sont d’odieux présents !

D’où vient donc que le Dieu qui punit Babylone

Vous fait à pareille heure éclore au pied du trône ?

Et qu’avez-vous donc fait, ô pauvres innocents !

 

« Beaux enfants qu’on berce et qu’on flatte,

Tout surpris, vous si purs, si doux,

Que des vieux en robe écarlate

Viennent vous parler à genoux,

Quand les sévères Malesherbes

Ont révélé leurs fronts superbes,

Vous courez jouer dans les herbes,

Sans savoir que tout doit finir,

Et que votre race qui sombre

Porte à ses deux bouts couverts d’ombre

Ravaillac dans le passé sombre,

Robespierre dans l’avenir !

 

Dans ce Louvre où de vieux murs gardent

Les portraits des rois hasardeux,

Allez voir comme vous regardent

Charles premier et Jacques deux !

Sur vous un nuage s’étale.

Sol étranger, terre natale,

L’émeute, la guerre fatale

Dévoreront vos jours maudits.

De vous trois, enfants sur qui pèse

L’antique masure française,

Le premier sera Louis seize,

Le dernier sera Charles dix !

 

Que l’aîné, peu crédule à la vie, à la gloire,

Au peuple ivre d’amour, sache d’une nuit noire

D’avance emplir son cœur de courage pourvu ;

Qu’il rêve un ciel de pluie, un tombereau qui roule,

Et là-bas, tout au fond, au-dessus de la foule,

Quelque étrange échafaud dans la brume entrevu !

 

Frères par la naissance et par le malheur frères,

Les deux autres fuiront, battus des vents contraires.

Le règne de Louis, roi de quelques bannis,

Commence dans l’exil, celui de Charles y tombe.

L’un n’aura pas de sacre et l’autre pas de tombe.

A l’un Reims doit manquer, à l’autre Saint-Denis ! »

 

VII

            Quel rêve horrible ! _ C’est l’histoire.

De nos pères couchés dans les tombeaux profonds

            Ce qu’aucun n’aurait voulu croire,

            Nous l’avons vu, nous qui vivons !

 

            Tous ces maux, et d’autres encore,

Sont tombés sur ces fronts de la main du Seigneur.

            Maintenant croyez à l’aurore !

            Maintenant croyez au bonheur !

 

            Croyez au ciel pur et sans rides !

Saluez l’avenir qui vous flatte si bien !

            L’avenir, fantôme aux mains vides

            Qui promet tout et qui n’a rien !

 

            O rois ! ô familles tronquées !

Brusques écroulements des vieilles majestés !

            O calamités embusquées

            Au tournant des prospérités !

 

            Tout colosse a des pieds de sable.

Votre abîme est, Seigneur, un abîme infini.

            Louis quinze fut le coupable,

            Louis seize fut le puni !

 

            La peine se trompe et dévie.

Celui qui fit le mal, c’est la loi du Très-Haut,

            A le trône et la longue vie,

            Et l’innocent a l’échafaud.

 

            Les fautes que l’aïeul peut faire

Te poursuivront, ô fils ! en vain tu t’en défends.

            Quand il a neigé sous le père,

            L’avalanche est pour les enfants !

 

            Révolutions ! mer profonde !

Que de choses, hélas ! pleines d’enseignement,

            Dans les ténèbres de votre onde

            On voit flotter confusément !

X

Nous, pasteurs des esprits, qui, du bord du chemin,

Regardons tous les pas que fait le genre humain,

Poëtes, par nos chants, penseurs, par nos idées,

Hâtons vers la raison les âmes attardées !

Hâtons l’ère où viendront s’unir d’un nœud loyal

Le travail populaire et le labeur royal,

Où colère et puissance auront fait leur divorce,

Où tous ceux qui sont forts auront peur de leur force,

Et d’un saint tremblement frémiront à la fois,

Rois, devant leurs devoirs, peuples, devant leurs droits !

Aidons tous ces grands faits que le Seigneur envoie

Pour ouvrir une route ou pour clore une voie,

Les révolutions dont la surface bout,

Les changements soudains qui font vaciller tout,

A dégager du fond des nuages de l’âme,

A poser au-dessus des lois comme une flamme

Ce sentiment profond en nous tous replié

Que l’homme appelle doute et la femme pitié !

[…]

                                   15 avril 1837

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 13/07/2014 17:36

Oui Maria, je suis contente aussi d'être à nouveau alertée de tes publications. Pour le nouvel overblog tu me fais un peu peur, du coup j'hésite...
Bisous

Maria 23/06/2014 16:01

Bonjour mon Amie !
Quel régal de pouvoir relire encore et encore ce grand poète "Victor Hugo", Je t'en remercie et je suis bien contente que tu es été avertie cette fois-ci de ma nouvelle publication mais j'aimais
cent mieux l'ancien over-blog pour la publication, c'est très compliqué et je n'arrive pas à centrer le poème comme avant. Je le trouve à présent beaucoup moins attrayant. Bises. Maria