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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 01:44

sonnets.jpegVoilà un chef d’œuvre sur lequel j’ai eu la chance de tomber en fouinant dans les librairies de Bruxelles. Un vieil ouvrage taché, jauni, déchiré, abîmé par les outrages du temps mais dont le contenu est sans conteste un trésor pour les yeux, une douce mélodie émanant des Temps Modernes dans la froideur de l’Angleterre. Ce qui est fantastique c’est que cet ouvrage présente les textes originaux sur la page de gauche en vieil anglais et les traductions françaises du poète Mélot du Dy sur la page de droite. Ainsi il est plaisant de lire d’abord le texte original, d’essayer d’en capter le sens général et parfois même quelques vers entiers et puis de se laisser aller à la découverte plus fine du texte en français.  Mélot du Dy précise dans la préface que les sonnets de Shakespeare pourraient dans leur ensemble s’appeler le Roman de Shakespeare. Ils nous content en effet l’historique pathétique, de son double amour. Le roman comporte cent cinquante quatre sonnets ou chapitres qui parfois se répètent. C’est pour cela que Mélot du Dy s’est concentré sur vingt-cinq sonnets en tentant de rendre l’interprétation vivante. Il conclut en écrivant : « Les sonnets de Shakespeare, haut poème de la Renaissance, nous apparaissent ainsi comme un de ces paysages de montagne devant lesquels il doit être permis au simple copiste de poser en plein air, même si cet air l’enivre un peu trop, son chevalet. »

 

En tournant la première page, je découvre un second trésor : une page de « Le journal des poètes » de décembre 1954. On y consacre un article sur Mélot du Dy, sur la grâce et la fantaisie de ses écrits. Je cite quelques extraits de l’article : « Les réalités belles ou laides, les émotions tristes ou joyeuses, ne sont pas livrées dans leur nudité, telle que le poète les a vues ou ressenties. L’artiste transpose toujours et dans le ton que lui impose son tempérament. L’auteur de « Jeu d’ombres » les revêt, précisément, d’un voile de discrétion ou de pudeur comme ces nus antiques de Ménades ou de statues funéraires. Les formes n’en sont pas, pour cela, étouffées, mais soulignées ou tempérées selon les circonstances. Les plis de ces voiles enchaînent le rêve dans leurs courbes ou aiguisent la curiosité dans sa recherche du trait révélateur. […] Son ironie il s’en sert pour dissimuler les vibrations trop aigues de sa sensibilité. Il s’en sert également pour décrire des ridicules, et ceci avant ceux-là qui, aujourd’hui font rire peut-être mais hélas jamais sourire. [….] Il connaît la densité des mots, joue avec leur éclat comme un joaillier, et fait preuve, a-t-on dit, d’un art si savant qu’il paraît le plus simple du monde. » Tout cela laisse rêveur. Ce journaliste Philippe Jones aurait pu être un poète aussi, ne trouvez-vous pas cet extrait sublime ! Pourquoi n’écrivons-nous plus ainsi aujourd’hui ? Plusieurs poèmes de Mélot du Dy sont cités au-dessous, je vous en présente deux :

 

           La sirène                                                                                           La gisante 

Lointaine rumeur de la vie                                                             Tu souris, dormeuse

Un jour, un seul pour mes regards,                                               Au marbre figée,

Océan de tous les hasards                                                               Entre la nuit creuse

Et de monotonie.                                                                               Et l’aube ridée,

                                                                                                         Dans un coin d’église.

Je t’imagine sur les plages,                                                            Un pas de chaisière

Amour pareil à mon erreur !                                                         Traîne sur les dalles,

Assez de vie et de fureur                                                                Un rais de lumière

Pour déplacer les coquillages…                                             Touche tes mains pâles,

                                                                                                                Prière immobile.

Ces flots dans la chambre, lumière                                                  La mort sollicite

Sue mes mains d’aveugle. Voici                                                      Un geste de joie,

Ton premier silence ébloui,                                                        Mais comme on hésite

Voici ma chance, la dernière,                                                      Avant qu’on y croie…

                                                                                                             Et tu sembles vivre.

Vite, et saisir ce qui se donne,                                                       Dors ! Je m’aventure

L’aurore d’une épave, un sein                                                  Dans les jours informes,

Délicieux : regarde bien !                                                                  O présence pure

Vite et mourir. Personne.                                                             Afin que tu dormes

                                                                                                                Image d’amie.

 

 

sonnets2.jpeg

 

Place maintenant à William ! Je vous ai choisi 11 sonnets qui m’ont particulièrement plu.

 

Sonnet I

Regarde ton miroir, et dis à ce visage

Que les temps sont venus d’en former un nouveau ;

Car si tu refusais d’en faire un aussi beau,

Tu décevrais le monde et quelque vierge sage :

 

Quelle belle, en effet, pour un moins doux fardeau,

Dédaignerait ici ton marital usage,

Et, de son propre bien préférant le tombeau,

Quel sot consentirait à briser son lignage ?

 

Tu sembles le miroir de ta mère ; elle, en toi,

Rappelle la fraîcheur de l’avril de sa vie :

Par la vitre de l’âge, en un pareil émoi,

 

Vieillard, tu reverras ta jeunesse fleurie.

Mais qui veut vivre seul, pour que chacun l’oublie,

Mourra seul, emportant son image avec soi.

 


Sonnet III

Ces heures dont le clair travail accomplissait

La charmante merveille où tout regard s’arrête

Blesseront quelque jour cette chose bien faite,

Ravissant la beauté de qui nous ravissait ;

 

Car le temps, sans répit, mènera le succès

De l’été triomphant à l’hiver, sa défaite ;

Le froid surprend la fleur ; la feuille, de son faîte,

S’abat ; la neige enfin recouvre un noir décès.

 

Mais l’esprit, mais l’essence adorable demeure,

Le parfum de l’été dans sa prison de gel,

Afin qu’à tout jamais toute gloire ne meure :

 

Ce n’est donc qu’un aspect fugitif que l’on pleure,

Et la fleur, distillée en délice immortel,

Au mépris de l’hiver nous ravit tout à l’heure.

 


Sonnet IV

Ni marbre blanc, ni monument doré

Ne survivront à ces rimes princières ;

Tu brilleras chez moi plus honoré

Qu’un temple impur de temps et de poussières,

 

Et quand l’excès des armes et des guerres

Aura le temple et le socle rasé,

Ni fer, ni feu n’atteindra sur mes terres

Ton souvenir en ces lieux déposé.

 

Malgré la mort et l’ennemi farouche,

Tu poursuivras ton destin ; par ma bouche,

Et jusqu’au jour du dernier jugement,

 

Le monde encore entendra ta louange ;

Oui, tu vivras jusqu’à l’appel de l’ange,

Dans ce poème et les yeux d’un amant.

 

 

 

La suite viendra prochainement et si vous souhaitez avoir les textes originaux, n'hésitez pas à me les demander....

 

 

A découvrir aussi : le roman Hamlet

                               la biographie de Shakespeare

                               Othello

                               Mac Beth

                               Antoine et Cléopâtre

                               le film Shakespeare in love

                               le film Roméo + Juliette

                               le roi Lear

                               Antoine et Cléopatre

                               Comme il vous plaira

                               beaucoup de bruit pour rien

                               le marchand de Venise

                               Roméo et Juliette

                               Jules César

                               le film Hamlet avec Mel Gibson

                               le film Hamlet de K. Branagh

                               Les joyeuses commères de Windsor

                               Songe d'une nuit d'été

                               Le soir des rois

                               Les deux gentilshommes de Vérone

                               le film Anonymous

                               la mégère apprivoisée

                               peines d'amours perdues

 

 

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Published by Satine - dans Shakespeare
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commentaires

Satine 17/03/2011 18:40


De rien Cristal, heureuse de te voir de retour, j'espère que tout va bien....
Bisous


Cristal 16/03/2011 22:52


Coucou Satine,
Quelle trouvaille tu as faite! magnifique partage de l'écriture que tu nous offres MERCI à toi
gros bisous


Satine 16/03/2011 19:50


Oui je trouve aussi que c'est un trésor.... Normal de le partager...
Bisous Nettoue


Nettoue 16/03/2011 17:20


Tu as mis la main sur un trésor Satine, merci de le partager
Bises et bonne soirée


Satine 14/03/2011 19:49


Aller pour te faire plaisir mamalilou, la suite demain !
Bisous


Satine 14/03/2011 19:49


Sois la bienvenue Douce Vitta, bonne semaine à toi aussi !
Amitiés poétiques


mamalilou 14/03/2011 01:49


lol je patiente...!! je vais devoir freiner un peu aussi, ça bouge beaucoup "dans ma life"* aussi!!

* version mes djeunss!
bisous et belle semaine à toi


Douce vitta 13/03/2011 21:11


bonsoir jolie écrit
je vous souhaite une bonne soirée
et un bon début de semaine
amitié


Satine 03/03/2011 11:37


Entièrement d'accord Nettoue, une douce mélodie...
Bisous


Nettoue 02/03/2011 17:36


Bien sur je le souhaite Satine, et je reviendrai même ce soir, pour mieux savourer ceux là ! Que tu bonheur, une mélodie chantant aux oreilles, un doux repos pour un soir choisi
Merci et bises