Présentation

  • : Le blog de Satine
  • : Ecoutez les battements de mon coeur, laissez-vous bercer par sa musique et partagez ma passion pour la poésie.

Derniers Commentaires

Recherche

Texte Libre

Recommander

Référencement

PageRank Actuel
Actualité blog 
Par Satine

poèmes                                   

 

                                                   Voici la suite et la fin des extraits de ce recueil,

 

                               je vous fais partager trois nouveaux poèmes d'époque plus récente.

 

                             Bonne lecture et n'oubliez pas de me donner votre avis, vos préférences...

 

                                     Vous pouvez lire les premiers poèmes sélectionnés en cliquant ici :

 

 

 

 

"Stances galantes" de Molière (1622 – 1673)

 

Souffrez qu’Amour cette nuit vous réveille ;

Par mes soupirs laissez-vous enflammer :

Vous dormez trop, adorable merveille,

Car c’est dormir que de ne point aimer.

 

Ne craignez rien : dans l’amoureux empire,

Le mal n’est pas si grand que l’on le fait ;

Et, lorsqu’on aime et que le corps soupire,

Son propre mal souvent le satisfait.

 

Le mal d’aimer, c’est de le vouloir taire ;

Pour l’éviter, parlez en ma faveur.

Amour le veut, n’en faites point mystère ;

Mais vous tremblez et ce dieu vous fait peur !

 

Peut-on souffrir une plus douce peine ?

Peut-on souffrir une plus douce loi ?

Qu’estant des cœurs la douce souveraine,

Dessus le vôstre, Amour agisse en roi.

 

Rendez-vous donc, ô divine Amarante,

Soumettez-vous aux volontés d’Amour ;

Aimez pendant que vous êtes charmante,

Car le temps passe et n’a point de retour.

 

 

 


"Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière… "de Emile Verhaeren (1855 – 1916)

 

Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière,

Baise-les longuement, car ils t’auront donné

Tout ce qui peut tenir d’amour passionné

Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.

 

Sous l’immobile éclat du funèbre flambeau,

Penche vers leurs adieux ton triste et beau visage

Pour que s’imprime et dure en eux la seule image

Qu’ils garderont dans le tombeau.

 

Et que je sente, avant que le cercueil se cloue,

Sur le lit pur et blanc se rejoindre nos mains

Et que près de mon front sur les pâles coussins,

Une suprême fois se repose ta joue.

 

Et qu’après je m’en aille au loin avec mon cœur

Qui te conservera une flamme si forte

Que même à travers la terre compacte et morte

Les autres morts en sentiront l’ardeur !

 

 

 

 


 

"J’ai tant rêvé de toi" de Robert Desnos (1900 – 1945)

 

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.

Est-il encore temps d’atteindre  ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chère ?

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en éteignant ton ombre à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.

Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.

O balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille.

Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venu.

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu’à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l’ombre qui se promène et se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.

Publié dans : Citations - Communauté : Chronique de nos lectures
Voir les 14 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés