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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 01:13

Voici les derniers extraits, bonne lecture.

 

 

 

Les Djinns

(J’ai choisi ce poème pour sa structure. En effet le nombre de pieds augmente au fur et à mesure des strophes mais aussi en fonction de la tension qui se passe dans l’histoire ainsi racontée)

                                                           Murs, ville,

                                                           Et port,

                                                           Asile

                                                           De mort,

                                                           Mer grise

                                                           Où brise

                                                           La brise,

                                                           Tout dort.

 

                                               Dans la plaine

                                               Naît un bruit.

                                               C’est l’haleine

                                               De la nuit.

                                               Elle brame

                                               Comme une âme

                                               Qu’une flamme

                                               Toujours suit !

 

                                   La voix plus haute

                                   Semble un grelot.

                                   D’un nain qui saute

                                   C’est le galop.

                                   Il fuit, s’élance,

                                   Puis en cadence

                                   Sur un pied danse

                                   Au bout d’un flot.

 

                        La rumeur approche.

                        L’écho la redit.

                        C’est comme la cloche

                        D’un couvent maudit ;

                        Comme un bruit de foule,

                        Qui tonne et qui roule,

                        Et tantôt s’écroule,

                        Et tantôt grandit.

 

            Dieu ! la voix sépulcrale

Des Djinns !... Quel bruit ils font !

Fuyons sous la spirale

De l’escalier profond.

Déjà s’éteint ma lampe,

Et l’ombre de la rampe,

Qui le long du mur rampe,

Monte jusqu’au plafond.

 

C’est l’essaim des Djinns qui passe,

Et tourbillonne en sifflant !

Les ifs, que leur vol fracasse,

Craquent comme un pin brûlant.

Leur troupeau, lourd et rapide,

Volant dans l’espace vide,

Semble un nuage livide

Qui porte un éclair au flanc.

[…]

(La peur va encore augmenter dans deux strophes puis le nombre de pieds va diminuer pour un retour à la paix. Je ne vais pas vous écrire le poème en entier puisqu’il comporte 15 strophes.)

                                   28 août 1828

 

 

 

Novembre

Quand l’automne, abrégeant les jours qu’elle dévore,

Eteint leurs soirs de flamme et glace leur aurore,

Quand novembre de brume inonde le ciel bleu,

Que le bois tourbillonne et qu’il neige des feuilles,

O ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,

Comme un enfant transi qui s’approche du feu.

 

Devant le sombre hiver de Paris qui bourdonne,

Ton soleil d’orient s’éclipse, et t’abandonne,

Ton beau rêve d’Asie avorte, et tu ne vois

Sous tes yeux que la rue au bruit accoutumée,

Brouillard à te fenêtre, et longs flots de fumée

Qui baignent en fuyant l’angle noirci des toits.

 

Alors s’en vont en foule et sultans et sultanes,

Pyramides, palmiers, galères capitanes,

Et le tigre vorace et le chameau frugal,

Djinns au vol furieux, danses des bayadères,

L’arabe qui se penche au cou des dromadaires,

Et la fauve girafe au galop inégal.

 

Alors, éléphants blancs chargés de femmes brunes,

Cités aux dômes d’or où les mois sont des lunes,

Imans de Mahomet, mages, prêtres de Bel,

Tout fuit, tout disparaît. Plus de minaret maure,

Plus de sérail fleuri, plus d’ardente Gomorrhe

Qui jette un reflet rouge au front noir de Babel !

 

C’est Paris, c’est l’hiver. _ A ta chanson confuse

Odalisque, émirs, pachas le klephte est à l’étroit ;

Le Nil déborderait ; les roses du Bengale

Frissonnent dans ces champs où se tait la cigale ;

A ce soleil brumeux les Péris auraient froid.

 

Pleurant ton Orient, alors, muse ingénue,

Tu viens à moi, honteuse, et seule, et presque nue.

_ N’as-tu pas, me dis-tu, dans ton cœur jeune encor

Quelque chose à chanter, ami ? car je m’ennuie

A voir ta blanche vitre où ruisselle la pluie,

Moi qui dans mes vitraux avais un soleil d’or ! _

 

Puis, tu prends mes deux mains dans tes mains diaphanes,

Et nous nous asseyons, et, loin des yeux profanes,

Entre mes souvenirs je t’offre les plus doux,

Mon jeune âge, et ses jeux, et l’école mutine,

Et les serments sans fin de la vierge enfantine,

Aujourd’hui mère heureuse aux bras d’un autre époux.

 

Je te raconte aussi comment, aux Feuillantines,

Jadis tintaient pour moi les cloches argentines ;

Comment, jeune et sauvage, errait ma liberté,

Et qu’à dix ans, parfois, resté seul à la brune,

Rêveur, mes yeux cherchaient les deux yeux de la lune,

Comme la fleur qui s’ouvre aux tièdes nuits d’été.

 

Puis tu me vois du pied pressant l’escarpolette

Qui d’un vieux marronnier fait crier le squelette,

Et vole, de ma mère éternelle terreur !

Puis je te dis les noms de mes amis d’Espagne,

Madrid, et son collège où l’ennuie t’accompagne,

Et nos combats d’enfants pour le grand empereur.

 

Puis encor mon bon père, ou quelque jeune fille

Morte à quinze ans, à l’âge où l’œil s’allume et brille.

Mais surtout tu te plais aux premières amours,

Frais papillons dont l’aile, en fuyant rajeunie,

Sous le doigt qui la fixe est si vite ternie,

Essaim doré qui n’a qu’un jour dans tous nos jours.

                                   15 novembre 1828

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 17/06/2013 20:01

Merci Monicalisa, sois la bienvenue parmi nous.
A bientôt j'espère.
Amitiés poétiques

Monicalisa 17/06/2013 12:28

Un site que je découvre passionnant et un écrit que j'ai aimé lire, excellent choix. Bonne continuation. Bien cordialement

Satine 27/05/2013 20:10

Bonne fête des mères à toi aussi Nettoue !

Nettoue 26/05/2013 18:45

Bonjour Satine
Un écrit inhabituel et de qualité comme toujours
Bonne fête des mères
Je t'embrasse
Nettoue

Satine 21/05/2013 18:28

Ah oui ? C'est cool mamalilou, je vais aller voir ça tout de suite !
Bisous

mamalilou 21/05/2013 03:28

oh oui, j'ai publié aussi les djinns sur caplibre
ici,
http://caplibre.over-blog.com/article-32166019.html
je crois même dès ma première année de blogging
de ces références qui comptent tant... dans notre construction
merci pour ce partage et plus encore...
doux bisous à toi

Satine 19/05/2013 13:06

Ravie que tu partages mon opinion Vance et que mes choix te conviennent.
Bisous

Satine 19/05/2013 13:05

Merci à toi Maria d'être toujours fidèle et bonnes vacances à toi, profites-en bien. J'attends tes photos avec une grande impatience.
Bisous

Vance 18/05/2013 09:33

Deux choix prouvant, s'il en était besoin, l'extraordinaire talent d'Hugo. C'est proprement époustouflant.

Maria 15/05/2013 14:04

Coucou ! Quand on apprécie Victor Hugo, nui n'est besoin de faire de commentaire....Merci, chère Amie de nous faire partager toutes ces merveilles de littérature....Mon blog va être en pause 1 mois
car je pars ce weekend pour le Mexique avec mon fils et ma belle-fille. Au retour, je mettrai quelques belles photos en ligne. Bises et à bientôt.Maria