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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 20:00

Voilà un de mes poèmes préférés : le voile : poignant et révoltant.

 

Le voile

 

                        La sœur

Qu’avez-vous, qu’avez-vous, mes frères ?

Vous baissez des fronts soucieux.

Comme des lampes funéraires,

Vos regards brillent dans vos yeux.

Vos ceintures sont déchirées.

Déjà trois fois, hors de l’étui,

Sous vos doigts, à demi tirées,

Les lames des poignards ont lui.

 

                        Le frère aîné

N’avez-vous pas levé votre voile aujourd’hui ?

 

                        La sœur

Je revenais du bain, mes frères,

Seigneurs, du bain je revenais,

Cachée aux regards téméraires

Des giaours et des albanais.

En passant près de la mosquée

Dans mon palanquin recouvert,

L’air de midi m’a suffoquée :

Mon voile un instant s’est ouvert.

 

                        Le second frère

Un homme alors passait ? un homme en caftan vert ?

 

                        La sœur

Oui… peut-être… mais son audace

N’a point vu mes traits dévoilés…

Mais vous vous parlez à voix basse,

A voix basse vous vous parlez.

Vous faut-il du sang ? Sur votre âme,

Mes frères, il n’a pu me voir.

Grâce ! tuerez-vous une femme,

Faible et nue en votre pouvoir ?

 

                        Le troisième frère

Le soleil était rouge à son coucher ce soir.

 

La sœur

Grâce ! qu’ai-je fait ? Grâce ! grâce !

Dieu ! quatre poignards dans mon flanc !

Ah ! par vos genoux que j’embrasse…

O mon voile ! ô mon voile blanc !

Ne fuyez pas mes mains qui saignent,

Mes frères, soutenez mes pas !

Car sur mes regards qui s’éteignent

S’étend un voile de trépas.

 

                        Le quatrième frère

C’en est un que du moins tu ne lèveras pas !

 

                                   1er septembre 1828

 


 

Vœu


Si j’étais la feuille que roule

L’aile tournoyante du vent,

Qui flotte sur l’eau qui s’écoule,

Et qu’on suit de l’œil en rêvant ;

 

Je me livrerais, verte encore,

De la branche me détachant,

Au zéphyr qui souffle à l’aurore,

Au ruisseau qui vient du couchant.

 

Plus loin que le fleuve qui gronde,

Plus loin que les vastes forêts,

Plus loin que la gorge profonde,

Je fuirais, je courrais, j’irais !

 

Plus loin que l’antre de la louve,

Plus loin que le bois des ramiers,

Plus loin que la plaine où l’on trouve

Une fontaine et trois palmiers ;

 

Par delà ces rocs qui répandent

L’orage en torrent dans les blés,

Par delà ce lac morne, où pendent

Tant de buissons échevelés ;

 

Plus loin que les terres arides

Du chef maure au large ataghan,

Dont le front pâle a plus de rides

Que la mer un jour d’ouragan.

 

Je franchirais comme la flèche

L’étang d’Arta, mouvant miroir,

Et le mont dont la cime empêche

Corinthe et Mykos de se voir.

 

Comme par un charme attirée,

Je m’arrêterais au matin

Sur Mykos, la ville carrée,

La ville aux coupoles d’étain.

 

J’irais chez la fille du prêtre,

Chez la blanche fille à l’œil noir,

Qui le jour chante à sa fenêtre,

Et joue à sa porte le soir.

 

Enfin, pauvre feuille envolée,

Je viendrais au gré de mes vœux,

Me poser sur son front, mêlée

Aux boucles de ses blonds cheveux ;

 

Comme une perruche au pied leste

Dans le blé jaune, ou bien encor

Comme, dans un jardin céleste,

Un fruit vert sur un arbre d’or.

 

Et là, sur sa tête qui penche,

Je serais, fût-ce peu d’instants,

Plus fière que l’aigrette blanche

Au front étoilé des sultans.

                        12 – 21 septembre 1828

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 01/05/2013 16:04

Merci Nettoue, j'espère que tu as trouvé plein de muguets... Un nouvel article en ligne comme promis...
Bisous

Nettoue 30/04/2013 18:11

Bonne journée de 1er mai mon amie et des bisous

Satine 29/04/2013 13:04

Hugo était un compositeur, tu as raison Nettoue.
Bonne semaine à toi, bientôt un nouvel article signé de ma plume...

Nettoue 28/04/2013 17:19

j'aime bien aussi car les mots chantent bien joliment aux oreilles
Merci Satine poète !
Bisous

Nettoue 27/04/2013 16:48

Bon week-end Satine et continue d'écrire tu le fais si bien !
Bisous

Satine 27/04/2013 11:33

Tu as raison surfongmoune, c'est une honte. Je ne sais pas comment tu fais pour lire ce genre de livre, moi ça me mettrais dans une telle colère que je n'en dormirais plus...
Ce qui me choque aussi c'est la transformation de nos filles en petites lolita provoquantes et bien trop sexy pour leur âge. Lorsque j'ai fait les boutiques pour acheter une robe d'été à ma
filleule, je suis restée sur le cul c'est le cas de le dire, quelle horreur !

surfingmoune 26/04/2013 21:36

Le voile... Je pense que la situation des femmes n'a guère changée dans certains pays. Je viens de terminer 2 livres traitant du même sujet et c'est vraiment terrifiant qu'à notre époque on puisse
encore traiter la femme de cette façon là.
Oh combien j'aimerais être la feuille de ton second poème ...
Très bonne soirée
Bisous du vendredi
Surfingmoune

Satine 24/04/2013 13:20

Ca m'a fait le même effet c'est pour ça qu'il est dans le top de ma liste.

Nettoue 23/04/2013 16:57

C'est en effet très poignant, et d'un grand réalisme, j'en ai des frissons dans le dos
Bises Satine

Satine 22/04/2013 17:43

Bonne semaine à toi aussi Nettoue, la mienne commence bien sous le soleil !