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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 12:05

Avant-dernier extrait des feuilles d'automne dans le quel le poème intitulé "pour les pauvres" v est plus que touchant...

Bonne lecture au chaud dans votre maison alors que le vent souffle dehors et que les feuilles commencent à tomber...

 

 

XXVI

 

Vois, cette branche est rude, elle est noire, et la nue

Verse la pluie à flots sur son écorce nue ;

Mais attends que l’hiver s’en aille, et tu vas voir

Une feuille percer ces nœuds si durs pour elle,

Et tu demanderas comment un bourgeon frêle

Peut, si tendre et si vert, jaillir de ce bois noir.

 

Demande alors pourquoi, ma jeune bien-aimée,

Quand sur mon âme, hélas ! endurcie et fermée,

Ton souffle passe, après tant de maux expiés,

Pourquoi remonte et court ma sève évanouie,

Pourquoi mon âme en fleur et tout épanouie

Jette soudain des vers que j’effeuille à tes pieds !

 

C’est que tout a sa loi, le monde et la fortune ;

C’est qu’une claire nuit succède aux nuits sans lune ;

C’est que tout ici-bas a ses reflux constants ;

C’est qu’il faut l’arbre au vent et la feuille au zéphire ;

C’est qu’après le malheur m’est venu ton sourire ;

C’est que c’était l’hiver et que c’est le printemps !

                                   7 mai 1829

 

A mes amis L.B et S.B

 

[…]

J’ai différé. La vie à différer se passe.

De projets en projets et d’espace en espace

Le fol esprit de l’homme en tout temps s’envola.

Un jour enfin, lassés du songe qui nous leurre,

Nous disons : Il est temps. Exécutons ! c’est l’heure.

Alors nous retournons les yeux : _ la mort est là !

 

Ainsi de mes projets. _ Quand vous verrai-je, Espagne,

Et Venise et son golfe, et Rome et sa campagne,

Toi, Sicile, que ronge un volcan souterrain,

Grèce qu’on connaît trop, Sardaigne qu’on ignore,

Cités de l’aquilon, du couchant, de l’aurore,

Pyramides du Nil ! cathédrales du Rhin !

 

Qui sait ? Jamais peut-être. _ Et quand m’abriterai-je

Près de la mer, ou bien sous un mont blanc de neige,

Dans quelque vieux donjon, tout plein d’un vieux héros,

Où le soleil, dorant les tourelles du faîte,

N’enverra sur mon front que des rayons de fête

Teints de pourpre et d’azur au prisme des vitraux ?

 

Jamais non plus, sans doute. _ En attendant, vaine ombre,

Oublié dans l’espace et perdu dans le nombre,

Je vis. J’ai trois enfants en cercle à mon foyer ;

Et lorsque la sagesse entr’ouvre un peu ma porte,

Elle me crie : Ami ! sois content. Que t’importe

Cette tente d’un jour qu’il faut sitôt ployer !

 

[…]

Restons où nous voyons. Pourquoi vouloir descendre,

Et toucher ce qu’on rêve, et marcher dans la cendre ?

Que ferons-nous après ? où descendre ? où courir ?

Plus de but à chercher ! plus d’espoir qui séduise !

De la terre donnée à la terre promise

Nul retour ! et Moïse a bien fait de mourir !

 

[…]

Rêver, c’est le bonheur ; attendre, c’est la vie.

Courses ! pays lointains ! voyages ! folle envie !

C’est assez d’accomplir le voyage éternel.

Tout chemine ici-bas vers un but de mystère.

_ Où va l’esprit dans l’homme ? Où va l’homme sur terre ?

Seigneur ! Seigneur ! _ Où va la terre dans le ciel ?

[…]

                                   14 mai 1830

 

Pour les pauvres

 

Dans vos fêtes d’hiver, riches, heureux du monde,

Quand le bal tournoyant de ses feux vous inonde,

Quand partout à l’entour de vos pas vous voyez

Briller et rayonner cristaux, miroirs, balustres,

Candélabres ardents, cercle étoilé des lustres,

Et la danse, et la joie au front des conviés ;

 

Tandis qu’un timbre d’or sonnant dans vos demeures

Vous change en joyeux chants la voix grave des heures,

Oh ! songez-vous parfois que, de faim dévoré,

Peut-être un indigent dans les carrefours sombres

S’arrête, et voit danser vos lumineuses ombres

            Aux vitres du salon doré ?

 

Songez-vous qu’il est là sous le givre et la neige,

Ce père sans travail que la famine assiège ?

Et qu’il se dit tout bas : « Pour un seul que de biens !

A son large festin que d’amis se récrient !

Ce riche est bien heureux, ses enfants lui sourient.

Rien que dans leurs jouets que de pain pour les miens ! »

 

Et puis à votre fête il compare en son âme

Son foyer où jamais ne rayonne une flamme,

Ses enfants affamés, et leur mère en lambeau,

Et, sur un peu de paille, étendue et muette,

L’aïeule, que l’hiver, hélas ! a déjà faite

            Assez froide pour le tombeau !

 

Car Dieu mit ces degrés aux fortunes humaines.

Les uns vont tout courbés sous le fardeau des peines ;

Au banquet du bonheur bien peu sont conviés.

Tous n’y sont point assis également à l’aise.

Une loi, qui d’en bas semble injuste et mauvaise,

Dit aux uns : Jouissez ! aux autres : Enviez !

 

Cette pensée est sombre, amère, inexorable,

Et fermente en silence au cœur du misérable.

Riches, heureux du jour, qu’endort la volupté,

Que ce ne soit pas lui qui des mains vous arrache

Tous ces biens superflus où son regard s’attache ; _

            Oh ! que ce soit la charité !

 

L’ardente charité, que le pauvre idolâtre !

Mère de ceux pour qui la fortune est marâtre,

Qui relève et soutient ceux qu’on foule en passant,

Qui, lorsqu’il faudra, se sacrifiant toute,

Comme le Dieu martyr dont elle suit la route,

Dira : Buvez ! mangez ! c’est ma chair et mon sang.

 

Que ce soit elle, oh ! oui, riches ! que ce soit elle

Qui, bijoux, diamants, rubans, hochets, dentelle,

Perles, saphirs, joyaux toujours faux, toujours vains,

Pour nourrir l’indigent et pour sauver vos âmes,

Des bras de vos enfants et du sein de vos femmes

            Arrache tout à pleines mains !

 

Donnez, riches ! L’aumône est sœur de la prière.

Hélas ! quand un vieillard, sur votre seuil de pierre,

Tout roidi par l’hiver, en vain tombe à genoux ;

Quand les petits enfants, les mains de froid rougies,

Ramassent sous vos pieds les miettes des orgies,

La face du Seigneur se détourne de vous.

 

Donnez ! afin que Dieu, qui dote les familles,

Donne à vos fils la force, et la grâce à vos filles ;

Afin que votre vigne ait toujours un doux fruit ;

Afin qu’un blé plus mûr fasse plier vos granges ;

Afin d’être meilleurs ; afin de voir les anges

            Passer dans vos rêves la nuit !

 

Donnez ! Il vient un jour où la terre nous laisse.

Vos aumônes là-haut vous font une richesse.

Donnez ! afin qu’on dise : Il a pitié de nous !

Afin que l’indigent que glacent les tempêtes,

Que le pauvre qui souffre à côté de vos fêtes,

Au seuil de vos palais fixe un œil moins jaloux.

 

Donnez ! pour être aimés du Dieu qui se fit homme,

Pour que le méchant même en s’inclinant vous nomme,

Pour que votre foyer soit calme et fraternel ;

Donnez ! afin qu’un jour à votre heure dernière,

Contre tous vos péchés vous ayez la prière

            D’un mendiant puissant au ciel !

                                   22 janvier 1830

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 04/11/2013 19:50

Un tapis de feuilles flamboyantes qui donne envie de se rouler dedans pour une petite sieste ou juste pour admirer les arbres rouges et jaunes....
Bisous Monique

monique 03/11/2013 18:35

ah l'automne nous a offert un spectacle unique, un panel de toute beauté, flamboyant, la nature s'est parée de son manteau mordoré, de rouge, de jaune et d'orangé, un spectacle unique. Mais le vent
se lève déjà et les feuilles s'envolent, tourbillonnent et forment un tapis épais sur le sol. Gros bisous et douce soirée

Satine 29/10/2013 12:08

Je suis heureuse de continuer à te faire plaisir Maria. Après la tempête chez nous il fait beau aujourd'hui, plein soleil même si les températures ont chuté.
Bisous

Maria 21/10/2013 00:57

Tout simplement merveilleux, mais tu le sais déjà que j'aime Victor Hugo.... Pluies chez nous aussi en Bourgogne, baaaaaaaaahhhhhhhh !!!!!!!!!!! Moche.
Très douces et amicales pensées. Maria

Satine 20/10/2013 12:14

Oui chez nous aussi les feuilles commencent à tomber et le vent à souffler. Hier il faisait un temps magnifique mais aujourd'hui il pleut...
Bisous mamalilou

mamalilou 20/10/2013 04:15

bisous, donnés, aimants, libres...

mamalilou 11/10/2013 03:39

rhoa un pur instant... qui tombe bien... comme les feuilles, dont un tapis déjà fort épais amortit nos pas... tandis que les oreilles commencent à s'échauffer de tant de vent...
doux bisous à toi
merci encore pour ce précieux partage, qu'au moins, nous n'avons pas à mendier!!

Satine 06/10/2013 18:11

Alternance de nuages et de soleil chez nous...
Bon dimanche à toi aussi.

nettoue 06/10/2013 15:15

Bon dimanche Satine, très pluvieux par chez-moi
Bises

Satine 04/10/2013 17:59

Pas de problème Nettoue à bientôt