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  • : Ecoutez les battements de mon coeur, laissez-vous bercer par sa musique et partagez ma passion pour la poésie.
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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:43

Selon l’auteur de la préface, ce livre est un regard mélancolique et résigné, jeté çà et là sur ce qui est, surtout sur ce qui a été. C’est l’écho de ces pensées, souvent inexprimables, qu’éveillent confusément dans notre esprit les mille objets de la création qui souffrent ou qui languissent autour de nous, une fleur qui s’en va, une étoile qui tombe, un soleil qui se couche, une église sans toit, une rue pleine d’herbe ; ou l’arrivée imprévue d’un ami de collège presque oublié, quoique toujours aimé dans un repli obscur du cœur ; ou la contemplation de ces hommes à volonté forte qui brisent le destin ou se font briser par lui ; ou le passage d’un de ces êtres faibles qui ignorent l’avenir, tantôt un enfant, tantôt un roi. Ce sont enfin, sur la vanité des projets et des espérances, sur l’amour à vingt ans, sur l’amour à trente ans, sur ce qu’il y a de triste dans le bonheur, sur cette infinité de choses douloureuses dont se composent nos années, ce sont de ces élégies comme le cœur du poëte en laisse sans cesse écouler par toutes les fêlures qui lui font les secousses de la vie.

[…]

L’auteur croit avoir le droit de dire d’avance que ses vers seront ceux d’un homme honnête, simple et sérieux, qui veut toute liberté, toute amélioration, tout progrès, et en même temps toute précaution, tout ménagement et toute mesure ; qui n’a plus, il est vrai, la même opinion qu’il y a dix ans sur ces choses variables qui constituent les questions politiques, mais qui, dans ses changements de conviction, s’est toujours laissé conseiller par sa conscience, jamais par son intérêt.

 

I

[…]

                        Je vous dirai peut-être quelque jour

Que lait pur, que de soins, que de vœux, que d’amour,

Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,

M’ont fait deux fois l’enfant de ma mère obstinée,

Ange qui sur trois fils attachés à ses pas

Epandait son amour et ne mesurait pas !

 

O l’amour d’une mère ! amour que nul n’oublie !

Pain merveilleux qu’un dieu partage et multiplie !

Table toujours servie au paternel foyer !

Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier !

 

[…]

Si parfois de mon sein s’envolent mes pensées,

Mes chansons par le monde en lambeaux dispersées ;

S’il me plaît de cacher l’amour et la douleur

Dans le coin d’un roman ironique et railleur ;

Si j’ébranle la scène avec ma fantaisie,

Si j’entre-choque aux yeux d’une foule choisie

D’autres hommes comme eux, vivant tous à la fois

De mon souffle et parlant au peuple avec ma voix ;

Si ma tête, fournaise où mon esprit s’allume,

Jette le vers d’airain qui bouillonne et qui fume

Dans le rythme profond, moule mystérieux

D’où sort la strophe ouvrant ses ailes dans les cieux ;

C’est que l’amour, la tombe, et la gloire, et la vie,

L’onde qui fuit, par l’onde incessamment suivie,

Tout souffle, tout rayon, ou propice ou fatal,

Fait reluire et vibrer mon âme de cristal,

Mon âme aux mille voix, que le Dieu que j’adore

Mit au centre de tout comme un écho sonore !

 

D’ailleurs j’ai purement passé les jours mauvais,

Et je sais d’où je viens, si j’ignore où je vais.

L’orage des partis avec son vent de flamme

Sans en altérer l’onde a remué mon âme.

Rien d’immonde en mon cœur, pas de limon impur

Qui n’attendît qu’un vent pour en troubler l’azur !

 

Après avoir chanté, j’écoute et je contemple

A l’empereur tombé dressant dans l’ombre un temple,

Aimant la liberté pour ses fruits, pour ses fleurs,

Le trône pour son droit, le roi pour ses malheurs ;

Fidèle enfin au sang qu’ont versé dans ma veine

Mon père vieux soldat, ma mère vendéenne !

                                   23 juin 1830

 

A M. David, statuaire

 

[…]

Que n’ai-je un de ces fronts sublimes,

David ! Mon corps, fait pour souffrir,

Du moins sous tes mains magnanimes

Renaîtrait pour ne plus mourir !

Du haut du temple ou du théâtre,

Colosse de bronze ou d’albâtre,

Salué d’un peuple idolâtre,

Je surgirais sur la cité,

Comme un géant en sentinelle,

Couvrant la ville de mon aile,

Dans quelque attitude éternelle

De génie et de majesté !

 

Car c’est toi, lorsqu’un héros tombe,

Qui le relève souverain !

Toi qui le scelles sur sa tombe

Qu’il foule avec des pieds d’airain !

Rival de Rome et de Ferrare,

Tu pétris pour le mortel rare

Ou le marbre froid de Carrare,

Ou le métal qui fume et bout.

Le grand homme au tombeau s’apaise

Quand ta main, à qui rien ne pèse,

Hors du bloc ou de la fournaise

Le jette vivant et debout !

 

Sans toi peut-être sa mémoire

Pâlirait d’un oubli fatal ;

Mais c’est toi qui sculptes sa gloire

Visible sur un piédestal.

Ce fanal, perdu pour le monde,

Feu rampant dans la nuit profonde,

S’éteindrait, sans montrer sur l’onde

Ni les écueils, ni le chemin.

C’est ton souffle qui le ranime ;

C’est toi qui, sur le sombre abîme,

Dresses le colosse sublime

Qui prend le phare dans sa main.

 

Lorsqu’à tes yeux une pensée

Sous les traits d’un grand homme a lui,

Tu la fais marbre, elle est fixée,

Et les peuples disent : C’est lui !

Mais avant d’être pour la foule,

Longtemps dans ta tête elle roule

Comme une flamboyante houle

Au fond du volcan souterrain ;

Loin du grand jour qui la réclame

Tu la fais bouillir dans ton âme ;

Ainsi de ses langues de flamme

Le feu saisit l’urne d’airain.

 

[…]

Bonaparte eût voulu renaître

De marbre et géant sous ta main ;

Cromwell son aïeul et son maître,

T’eût livré son front surhumain ;

Ton bras eût sculpté pour l’Espagne

Charles-Quint ; pour nous, Charlemagne,

Un pied sur l’hydre d’Allemagne,

L’autre sur Rome aux sept coteaux ;

Au sépulcre prêt à descendre,

César t’eût confié sa cendre ;

Et c’est toi qu’eût pris Alexandre

Pour lui tailler le mont Athos !

                                   28 juillet 1828

 


Dédain

II

Allez donc ! ennemis de son nom ! foule vaine !

Autour de son génie épuisez votre haleine !

Recommencez toujours ! ni trêve, ni remord.

Allez, recommencez, veillez, et sans relâche

Roulez votre rocher, refaites votre tâche,

Envieux ! _ Lui poëte, il chante, il rêve, il dort.

 

Votre voix, qui s’aiguise et vibre comme un glaive,

N’est qu’une voix de plus dans le bruit qu’il soulève.

La gloire est un concert de mille échos épars,

Chœurs de démons, accords divins, chants angéliques,

Pareil au bruit que font dans les places publiques

            Une multitude de chars.

 

Il ne vous connaît pas. _ Il dit par intervalles

Qu’il faut aux jours d’été l’aigre cri des cigales,

L’épine à mainte fleur ; que c’est le sort commun ;

Que ce serait pitié d’écraser la cigale ;

Que le trop bien est mal ! que la rose au Bengale

Pour être sans épine est aussi sans parfum.

 

Et puis, qu’importe ! amis, ennemis, tout s’écoule.

C’est au même tombeau que va toute la foule.

Rien ne touche un esprit que Dieu même a saisi.

Trônes, sceptres, lauriers, temples, chars de victoire,

On ferait à des rois des couronnes de gloire

            De tout ce qu’il dédaigne ici !

 

Que lui font donc ces cris où votre voix s’enroue ?

Que sert au flot amer d’écumer sur la proue ?

Il ignore vos noms, il n’en a point souci,

Et quand, pour ébranler l’édifice qu’il fonde,

La sueur de vos fronts ruisselle et vous inonde,

Il ne sait même pas qui vous fatigue ainsi.

                                   26 avril 1830

 

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 02/07/2013 20:48

Non Nettoue je te rassure, tu ne m'as pas appelé Kinia, tout va bien.

Mon dimanche fut effectivement ensoleillé et depuis le beau temps règne même si ça se couvre depuis 30 min maintenant, on attend de la pluie pour demain.

Et chez toi quel temps fait-il ?

Tu as raison, ceux qui abandonnent leurs animaux devraient en être privés à vie... C'est inadmissible !

Nettoue 30/06/2013 15:48

Bon dimanche Satine avec du soleil, peut-être ?
L'abandon d'animaux devrait être beaucoup plus puni, les gens qui le font fiché avec interdiction d'en prendre à nouveau
Bises Satine

Nettoue 27/06/2013 17:51

Bonne journée Satine, chez-moi il pleut à nouveau, l'été commence donc comme le printemps s'est terminé !

Desproges avait en effet beaucoup d'esprit !
Bises ma belle

Nettoue 26/06/2013 15:08

Je t'ai appelé Kinia je crois, je ne dois pas être bien réveillée et pourtant il y a des heures de cela
Bisous !

Nettoue 26/06/2013 15:03

merci pour la suite de ce récit-poème en prose !



J'espère que tu ne le connaissais qu de loin ce monstre mangeur de femmes !
Bisous ma belle

Satine 22/06/2013 19:41

Moi non plus je ne pense pas encore à l'automne même si le temps nuageux et venteux d'aujourd'hui pourrait me tromper...
Je publie juste dans l'ordre du recueil...
Bisous et bon dimanche

Nettoue 21/06/2013 18:12

Je ne pense pas encore à l'automne ma belle, si belle soit-elle décrite...
Bové étais berger lui aussi !
Bisous et bonne fête de la misique

Satine 20/06/2013 18:23

Et il y a de quoi être fière en effet ! Quel grand homme, quel génie !

Nettoue 19/06/2013 13:49

"Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte..."
Besançon est ma ville, une ville fière d'avoir vu naître Victor Hugo
Bises