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Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 10:31

Dernier extrait, profitez-en bien. A suivre "les voix intérieures"...

 

 

 

A mademoiselle Louise B.

 

L’année en s’enfuyant par l’année est suivie.

Encore une qui meurt ! Encore un pas du temps !

Encore une limite atteinte dans la vie !

Encore un sombre hiver jeté sur nos printemps !

 

Le temps ! les ans ! les jours ! mots que la foule ignore !

Mots profonds qu’elle croit à d’autres mots pareils !

Quand l’heure tout à coup lève sa voix sonore,

Combien peu de mortels écoutent ses conseils !

 

L’homme les use, hélas ! ces fugitives heures,

En folle passion, en folle volupté,

Et croit que Dieu n’a pas fait de choses meilleures

Que les chants, les banquets, le rire et la beauté.

 

Son temps dans les plaisirs s’en va sans qu’il y pense.

Imprudent ! est-il sûr de demain ? d’aujourd’hui ?

En dépensant ses jours sait-il ce qu’il dépense ?

Le nombre en est compté par un autre que lui.

 

A peine lui vient-il une grave pensée

Quand, au sein du festin qui satisfait ses vœux,

Ivre, il voit tout à coup de sa tête affaissée

Tomber en même temps les fleurs et les cheveux ;

 

Quand ses projets hâtifs l’un sur l’autre s’écroulent ;

Quand ses illusions meurent à son côté ;

Quand il sent le niveau de ses jours qui s’écoulent

Baisser rapidement comme un torrent d’été.

 

Alors en chancelant il s’écrie, il réclame,

Il dit : Ai-je donc bu toute cette liqueur ?

Plus de vin pour ma soif ! plus d’amour pour mon âme !

Qui donc vide à la fois et ma coupe et mon cœur ?

 

Mais rien ne lui répond. _ Et triste, et le front blême,

De ses débiles mains, de son souffle glacé,

Vainement il remue, en s’y cherchant lui-même,

Ce tas de cendre éteint qu’on nomme le passé !

                                    31 décembre 1831

 

 

 

Que nous avons le doute en nous

 

De nos jours, _ plaignez-vous, douce et noble femme !

L’intérieur de l’homme offre un sombre tableau.

Un serpent est visible en la source de l’eau,

Et l’incrédulité rampe au fond de notre âme.

 

Vous qui n’avez jamais de sourire moqueur

Pour les accablements dont une âme est troublée,

Vous qui vivez sereine, attentive et voilée,

Homme par la pensée et femme par le cœur,

 

Si vous me demandez, vous muse, à moi poëte,

D’où vient qu’un rêve obscur semble agiter mes jours,

Que mon front est couvert d’ombres, et que toujours,

Comme un rameau dans l’air, ma vie est inquiète ;

 

Pourquoi je cherche un sens au murmure des vents ;

Pourquoi souvent, morose et pensif dès la veille,

Quand l’horizon blanchit à peine, je m’éveille

Même avant les oiseaux, même avant les enfants ;

 

Et pourquoi, quand la brume a déchiré ses voiles,

Comme dans un palais dont je ferais le tour

Je vais dans le vallon, contemplant tour à tour

Et le tapis de fleurs et le plafond d’étoiles ;

 

Je vous dirai qu’en moi je porte un ennemi ;

Le doute, qui m’emmène errer dans le bois sombre,

Spectre myope et sourd, qui, fait de jour et d’ombre,

Montre et cache à la fois toute chose à demi.

 

Je vous dirai qu’en moi j’interroge à toute heure

Un instinct qui bégaye, en mes sens prisonnier,

Près du besoin de croire un désir de nier,

Et l’esprit qui ricane auprès du cœur qui pleure.

 

Aussi vous me voyez souvent parlant tout bas,

Et, comme un mendiant à la bouche affamée

Qui rêve assis devant une porte fermée,

On dirait que j’attends quelqu’un qui n’ouvre pas.

 

Le doute ! mot funèbre et qu’en lettres de flammes

Je vois écrit partout, dans l’aube, dans l’éclair,

Dans l’azur de ce ciel, mystérieux et clair,

Transparent pour les yeux, impénétrable aux âmes !

 

C’est notre mal à nous, enfants des passions

Dont l’esprit n’atteint pas votre calme sublime ;

A nous dont le berceau, risqué sur un abîme,

Vogua sur le flot noir des révolutions.

 

Les superstitions, ces hideuses vipères,

Fourmillent sous nos fronts où tout germe est flétri.

Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri

De la religion qui vivait dans nos pères.

 

Voilà pourquoi je vais, triste et réfléchissant ;

Pourquoi souvent, la nuit, je regarde et j’écoute,

Solitaire, et marchant au hasard sur la route

A l’heure où le passant semble étrange au passant.

 

Heureux qui peut aimer, et qui dans la nuit noire,

Tout en cherchant la foi, peut rencontrer l’amour !

Il a du moins la lampe en attendant le jour.

Heureux ce cœur ! Aimer, c’est la moitié de croire.

                                   13 octobre 1835

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Published by Satine - dans Victor Hugo
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commentaires

Satine 12/05/2014 17:55

Et je te remercie de cette fidélité surfingmoune.
Bonne semaine à toi !

surfingmoune 12/05/2014 09:08

Toujours très beaux ces vers de Victor Hugo que je lis et relis avec plaisir.
Très bonne journée
Bises
Surfingmoune