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J’ai une aversion pour cette période morne
Où toute trace de vie se cache, hiberne,
La plénitude engloutit l’espace sans borne
Laissant une impression de vide triste et terne.
Les rues sont désertées, nulle ombre ne s’y mire,
Les parcs sont esseulés, dépouillés de leurs rires ;
On a beau cherché, il n’y a plus âme qui vive,
Prêts à succomber, on s’abandonne, on dérive.
Le ciel trop chargé est si bas qu’il nous oppresse
Dévorant les cimes qui le montrent du doigt,
Le brouillard achève ce crime sous les toits
Avalant toute chose que l’hiver délaisse.
La bise nous pousse dans nos retranchements ;
Insoumise, elle vocifère dans nos tympans,
Hurlant les louanges de nos plaisirs perdus,
Torturant notre esprit de tout ce qui n’est plus.
Le froid glacial envahit l’air puis l’asphyxie ;
Sournois et perfide, il s’immisce sous nos chairs,
Pénétrant jusqu’à notre mœlle épinière,
Provoquant paralysie voire léthargie.
La neige anime un peu cette ambiance livide
Par le mouvement dansant de ses flocons blancs ;
Sa couche cotonneuse ramène, timide,
Quelques échos de joie, les rires des enfants.
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