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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:48
Pour répondre au défi proposé par Abeilles50 sur le thème du combat, voici ce que Vance et moi avons imaginé. Bonne lecture les amis.




Au-delà de l’horizon, la mer. Une étendue infinie d’eau. Majestueuse. Implacable. Sereine. Il pouvait la deviner, la sentir derrière les dunes – comme on devine la présence d’un hôte aux subtiles fragrances de son parfum (sa mère sentait parfois la cannelle, une essence légèrement sucrée qu’il ne pouvait oublier malgré les années de guerre qui le séparaient de sa petite enfance et du tendre giron assassiné), comme on détecte un intrus aux miasmes de sa transpiration affolée. La guerre avait fait de lui un prédateur, affinant ses sens, affûtant ses muscles, libérant son esprit des futiles préoccupations du quotidien : il pouvait humer la peur chez l’ennemi, s’en repaître et s’en servir. Le contre-attaquer avant même qu’il ait compris le piège. Fort de sa certitude : les étrangers ne passeraient pas. Ne gagneraient pas. Car ils foulaient à présent la terre de ses ancêtres et cette injustice devait se payer au prix fort. Lui, légitime fils des premiers êtres à avoir labouré et semé les graines de la nation, saurait se montrer digne de leur confiance.

Je ne me souviens pas de mon enfance, en ai-je seulement eu une.
Je me remémore mon adolescence barricadée par d’immenses dunes.
Je suis passée du lait nourrissant de ma mère au sang rougissant,
Du calme extrême de la misère bercée par l’ennui aux cris terrifiants.
Je ne m’amuse plus aux osselets, j’expédie des squelettes putrides
Je ne joue plus au gendarme ou au voleur, je suis Billy the Kid.




Pourtant, il hésita. Sa main aux ongles noirs tenait toujours au-dessus de sa tête le fragile voile sombre qui formait un bien médiocre rideau. L’aube était proche, le ciel se parait déjà des feux de l’aurore naissante. Il était prêt. Comme il l’avait toujours été. On l’accusait souvent, lui et ses pairs, de fanatisme exacerbé : il y avait longtemps qu’ils avaient dépassé ce stade. Pas de calcul, autre que celui d’une tactique sommaire lorsqu’il s’agissait d’affronter une escouade un peu moins timorée. Pas de sentiment en dehors d’une haine tenace envers l’envahisseur, son drapeau honni et les belles paroles de ses discours devant l’ONU. Pas de remords face aux vies qu’il fauchait avec méthode, au nom des siens et d’un dieu qu’il n’entendait pas. La mer, en revanche, était perceptible : elle l’appelait, lui tendait ses bras d’écume apaisante, lui suggérant subrepticement de cesser ses opérations et de venir trouver le repos au creux de ses marées cathartiques. Il aurait voulu ne plus l’entendre. Ne plus la sentir. Ses doigts se crispèrent un instant sur la crosse de l’arme, le bois au vernis usé par près d’une décennie de conflit. Se raffermirent et guidèrent son âme vers l’objectif. Il ferma les yeux, se remémora les détails du plan, l’itinéraire du convoi, les horaires à respecter. Il était presque temps.

Utile, voilà ce que j’étais enfin, un soldat, un libérateur.
Fini le temps sans fin où je comptais par solitude les heures.
J’avais une mission à accomplir,
J’étais le héros qui sauverait l’empire,
On avait confiance en moi, je n’étais plus une ombre invisible ;
On m’avait donné la foi de relever un défi même impossible.


Encore une minute, deux tout au plus. A goûter à la tiédeur d’un foyer pourtant misérable d’aspect, au réconfort de la présence d’une sœur au regard d’ange pelotonnée sur un pauvre matelas troué, de deux chats squelettiques qui savaient qu’il n’était guère opportun de proférer le moindre miaulement avant le lever du soleil. Elle dormait. Souriante. Hier soir, elle avait eu du chocolat. Qu’il avait prélevé sur un cadavre déchiqueté par une mine. La tablette était intacte. Et délicieuse. Il laissa retomber le rideau de toile sombre. L’aube venait. La mer attendrait. Un jour de plus, un mois, peut-être deux. Il savait qu’il ne verrait pas grandir sa sœur mais de nombreux étrangers périraient avant qu’il ne succombe.

Qu’importe si j’y laisse ma vie, j’aurai servi ma patrie,
J’aurai sauvé ma famille d’une famine sans merci.
Les balles fusent, leur chant est signe d’espoir,
Les fusils hurlent au nom d’un territoire.
On m’a dit que c’était le mien et que je devais le défendre,
Je m’exécute au profit de ce rien, mon âme est à prendre.
La guerre est aujourd’hui ma seule amie, elle nous fait vivre,
Sans elle, je ne serais qu’une agonie se battant pour survivre.
Là au moins j’existe, on me nourrit d’idéaux et d’histoires,
Je suis toutes les pistes, on gardera mon nom en mémoire.
Je ne serai plus cet enfant mort de faim parmi des milliers,
Mais celui qui réalise le dessein exigé par des soldats nés.
Alors je tue, j’assassine des inconnus profanateurs, envahisseurs,
Oui je fus, un pion d’échiquier manipulateur et affabulateur.
J’ai fusillé ces âmes errantes pour vaincre quelques jours encore,
J’ai donné mon âme aux diables pour repousser le glas de ma mort.
Quoi que je fasse, elle se colle à moi, je sens son odeur immonde
Elle m’enlace, m’étrangle et ne me lâche pas, mais quel est ce monde ?



Il donnerait son corps d’adolescent désabusé à sa patrie. Son esprit en lambeaux errait encore et s’accrochait avec peine aux murs blancs de cette maison naguère joyeuse, s’effilochant chaque heure davantage pour se perdre à jamais dans le ventre soyeux des vagues maternelles.

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Published by Satine - dans jeux interblogs
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commentaires

Satine 12/11/2009 18:48


Merci toi aussi Nettoue.
Bisous


Satine 12/11/2009 18:47


Merci Abeilles50 pour ce coucou "funique" et je viendrai bien sûr...
Bisous


Nettoue 12/11/2009 17:59


Bonne soirée à toi ma belle Satine amie.
Bises Nettoue


abeilles50 11/11/2009 15:27


Bonjour Satine,
Juste un p'tit coucou... comme ça... pour le fun ! lol
Et également pour te prévenir :
un nouveau Défi dans la Ruche... si ça te tente...
Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz


Satine 10/11/2009 07:36


Entièrement d'accord avec toi Nettoue, leur place est sur des bancs d'école pour s'offrir un avenir, avec des copains pour apprendre à rire...
Bisous


Nettoue 09/11/2009 16:28


Le regard de ces enfants est au delà de toutes expressions ! Seigneur quel honte d'envoyer des petits faire la guerre.
Ils ont l'âge des jeux vidéos et des grande balades entre copains !
Bises pour toi Satine.
Nettoue


Satine 08/11/2009 12:14


De rien Mélodie, on est heureux que cela t'ait plu...
Bisous et bon dimanche


Mélodie 07/11/2009 22:43


Bonsoir Satine,

un texte qui traduit avec beaucoup de justesse l'enfance souillée par la guerre... et l'endoctrinement psychologique des potentats au pouvoir. Merci de nous l'avoir fait partager.
amitiés


Satine 06/11/2009 18:28


Merci léna pour ce commentaire, sois la bienvenue.
Amitiés poétiques


lena 05/11/2009 23:54


c'est un très beau texte.