Le choix de ce livre m’a été inspiré par « le livre sans nom ». En effet, à la fin de ce roman, on trouve des résumés assez intéressants de
plusieurs livres dont celui-ci et je dois avouer que je n’ai pas été déçue.
Quatrième de couverture :
Un sérial killer mène l’enquête.
Joe Middleton contrôle parfaitement tous les aspects de son existence. Célibataire, il n’oublie pas de nourrir son poisson
rouge deux fois par jour ni de rendre visite à sa mère au moins une fois par semaine, bien que de temps à autre il agrémente son café avec de la mort au rat.
Il travaille comme homme de ménage au commissariat de police : ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles de
la ville. Des meurtres en série se succèdent jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les autres mais, pourtant, le tueur ne s’y reconnaît pas… Joe décide de mener
sa propre enquête… Qui est-il vraiment ?
Dès le premier chapitre, l’auteur nous met dans le bain. On assiste au premier meurtre de notre serial killer
d’une façon magistrale. En effet, on pense tout bonnement qu’il rentre chez lui et que c’est sa femme qui est à l’étage. Aussi on tombe des nues quand la dame en question lui demande « Mais
qui êtes-vous ? ». Paul Cleave a tout de même la politesse de ne pas trop rentrer dans les détails du viol et ceci afin qu’au fur et à mesure des pages, on finisse par s’attacher à notre
meurtrier.
C’est un pauvre type qui vit dans la misère et qui doit supporter une mère abominable,
acariâtre, qui a perdu la tête. On comprend d’ailleurs tout à fait pourquoi il met de la mort au rat dans son café, on regretterait même qu’il n’en mette pas davantage afin qu’elle
trépasse.
On suit donc la vie monotone et routinière de Joe qui, pour pimenter sa vie, satisfait ses envies de
meurtre. Et il est fier de son travail. Aussi quand il découvre qu’un meurtre lui est attribué alors qu’il est innocent, il décide de mener son enquête.
Ses recherches sont facilitées par le fait qu’il est homme de ménage au commissariat de police et qu’il peut aisément accéder au dossier et aux preuves.
Le roman aurait peut-être fini par être lassant si l’auteur ne s’était contenté que de raconter les meurtres, l’enquête et les
échanges agressifs de la mère. Mais que nenni ! Paul Cleave nous réserve un contretemps pour le moins inattendu. Joe n’est pas au bout de ses surprises !
Paul Cleave est né en Nouvelle-Zélande en 1974. Avec ce premier roman, il a connu un succès retentissant, si bien que « The
Daily Telegraph » en parle comme d’ « un début proprement exceptionnel. On a rarement vu tant d’énergie dans un roman. » En effet, l’auteur sait nous captiver, les pages se tournent
rapidement, le style d’écriture est très contemporain comme vous le montreront les extraits ci-dessous. Il n’y a pas de fioritures, pas de longues phrases compliquées et
pesantes, on va à l’essentiel pour privilégier l’action. Totalement séduite, j’ai déjà acheté son deuxième roman « un père idéal » dont je vous parlerai bien sûr….
Place aux extraits :
Chapitre 3 : Joe est près à commettre son crime, il est face à sa victime
:
« S’il vous plaît, s’il vous plaît. Allez-vous-en. »
J’ai entendu ça tant de fois que j’en bâillerais presque, mais je le fais pas parce que je suis un type poli. « Vous
faites une bien mauvais maîtresse de maison, je lui dis, poliment. »
- Vous êtes cinglé. Je vais appeler la…la police. »
Elle est vraiment stupide à ce point ? Est-ce qu’elle croit que je vais rester là pendant qu’elle prend le téléphone pour
appeler à l’aide ? Peut-être que je vais m’adosser au lit et faire les mots croisés du journal en attendant qu’ils viennent m’arrêter ?
Chapitre 41 :
Je roule à la lisière du centre dans ma nouvelle voiture, une Ford quelque chose, cherchant de la marchandise, quelqu’un qui
va m’attirer ou peut-être une maison qui a l’air raisonnablement mal sécurisée, quand cela me vient. Une idée. Comme je le sais d’expérience, les spontanées sont parfois les meilleures. Il faut
que je me remémore que parfois elles ne le sont pas.
[…]
La maison est de plain pied – on ne s’attendrait pas à moins pour quelqu’un de sa condition. Le jardin est assez mal
entretenu. La rampe pour fauteuil roulant qui mène à la porte d’entrée est garnie d’un paillasson marqué « Bienvenue ». Je la monte juste après 11 heures. Je règle son compte à la serrure. Pour
quelqu’un qui vit dans un fauteuil roulant, sa sécurité laisse à désirer. La vie est comme ça. Ceux qui sont les plus enclins à se faire agresser – les vieux, les faibles, les jolies – ont en
général seulement une chaîne à leur porte et un verrouillage de sécurité. C’est peu. Vraiment peu, pour quelqu’un comme moi.
Chapitre 45 : Joe s’adresse au meurtrier :
« Tu peux soit quitter cette maison plus riche qu’en entrant, en termes d’argent comme de caractère, ou tu peux en sortir
dans un sac à fermeture Eclair qui t’emmènera directement en Enfer. Bien sûr, il est inutile de préciser que là-bas, en bas, le châtiment sera éternel, et l’éternité, c’est très, très long.
»
Je commence à me demander de quoi je parle. L’Enfer ? Mais qui se soucie de Satan bordel ? Cette espèce d’enfant de putain
rouge et tordu n’est qu’une invention de l’imaginaire chrétien, conçue simplement comme moyen de dissuasion pour les assassins, voleurs, violeurs, menteurs, hypocrites et artistes de mime – mais
ça a fait un sacré bon boulot.
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