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Coucher-de-soleil.jpg
Oh toi visiteur, amateur de poésie,

Que ta curiosité a mené jusqu’ici,
Laisse-toi naviguer au gré de tes envies
Parcours tout ce qui gravite autour de ma vie.

  Ce ne sont que des essais couchés sur papier,
Une partie de moi qui voulait s’exprimer,
Des mots que je ne pouvais laisser enfermés,
C’est tellement beau de les entendre chanter…

  Flotte sur les méandres de mes sentiments,
Partage rires et peines, vole à mes vents,
Vogue sur mes larmes lourdes comme une enclume
  Pour que ton cœur palpite au rythme de ma plume.


15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 19:53

Déplaçons-nous maintenant autour de Londres pour découvrir Slough et Newbury sous le regard taquin de John Betjeman... Bonne visite !

Slough

Allez-y, bombes bienfaisantes, sur Slough, il faut vous déverser

Cette terre ne convient plus aux hommes désormais,

Plus le moindre brin d’herbe en pâture à brouter

Répandez-vous, Trépas !

Allez-y, bombes, en mille morceaux pulvérisez-les

Ces cantines climatisées immaculées,

Ces fruits en boîte, viande en boîte, lait en boîte, haricots en boîte

Consciences en boîte, respiration en boîte.

Ruinez les ruines de ce qu’on prétend appeler une cité –

Pour une maison, quatre-vingt-dix-sept livres à débourser

Puis une fois par semaine, sur vingt années,

Une demi couronne,

Et visez bien cet homme au menton gras

Qui toujours trichera et toujours gagnera,

Qui lave sa peau dégoûtante de pacha

Dans les larmes des femmes,

Feu sur son bureau en chêne astiqué

Feu sur ses mains qui savent tout caresser

Faites taire son assommante blague d’obsédé

Faites-le hurler de douleur.

Mais épargnez les jeunes employés aux crânes luisants

Chargés d’additionner les profits de ce mufle puant ;

Ce n’est pas de leur faute s’ils ont l’esprit chancelant,

Ils ont goûté à l’Enfer.

Ce n’est pas de leur faute si le chant des oiseaux,

Ils n’ont pas pu l’apprendre à la radio,

Ce n’est pas de leur faute s’ils ont souvent les beaux

A Maidenhead.

S’ils parlent marques de voitures et sport

Dans différents pubs soi-disant Tudor

S’ils rotent plutôt que d’oser regarder dehors

Tout là-haut vers les étoiles.

Méticuleusement, dans des intérieurs toutes commodités,

Leurs femmes mettent en plis des cheveux oxygénés

Et à l’air synthétique les font sécher

En vernissant leurs ongles.

Tombez sur Slough, bienfaisantes bombes, allez-y !

Pour que la charrue y soit accueillie.

La récolte est pour aujourd’hui ;

La terre expire.

Jeux d’intérieur près de Newbury

Au milieu des bouleaux argentés serpente le macadam des petites routes tortueuses

Et les panneaux pour Bussock Bottom, Tussock Wood et Windy Brake,

Les pavillons à pignon, les églises aux tuiles bien accrochées, capturent les lumières de notre Lagonda

En route pour la fête de Wendy, la crème de citron et le Christmas cake.

Large gamme de moteurs vrombissants,

Une fois passée la pinède en ronronnant

Allez-y, Hupmobile, Delage !

Rapide le voyage avec vos chauffeurs,

Faisant crisser le gravier des demeures

A la sortie de leur confortable garage.

Oh Wendy, au moment où le tapis s’écrasait sous mes chaussons

Tu apparaissais là, dans la rivière de tes cheveux dorés,

Ravissante dans la lumière brillante de l’entrée

Tu te tenais là et aussitôt tu m’entraînais dans un jeu de clumps

Puis le nouveau Victrola se mettait à jouer

Et ton original d’oncle à annoncer

« Choisissez vos partenaires pour un fox-trot ! Dansez jusqu’à l’heure du thé !

Allez, jeunesse, et que ça swing ! »

Etait-ce la chance qui nous réunissait avec adresse,

Moi, qui t’aimais de toute ma tendresse,

Toi, qui me serrais tout contre toi, bien fort contre ta robe de soirée ?

« Rejoins-moi après le goûter ! » Ainsi nous rejoignions-nous et personne ne nous trouvait.

Oh ce placard sombre et douillet pendant que les autres jouaient à cache-cache !

Mains jointes dans le silence de la chambre autour de nous, nos deux cœurs qui battaient,

Mains jointes et entendant à peine les pas soudains, le bruit assourdi et les cris perçants.

Amour trop profondément enraciné pour s’embrasser –

« Où est Wendy ? Wendy nous a quittés ! »

Amour si pur qu’il ne pouvait durer ainsi,

Amour si puissant que, de peur, je demeurai transi

Quand tu serrais si fort mes doigts sans répit

Et murmurais dans ton étreinte « je suis ton amie ».

Good-bye Wendy ! Fées, elfes des pins et gnomes des mélèzes, à vous de jouer,

Les étoiles aux yeux de paillettes jettent de furtifs éclats

Sur le parcours glissé de la luxueuse Lagonda

Qui redescend les chemins sinueux du bitume vers les carreaux éclairés du foyer.

Là, au milieu des bouleaux argentés,

Toutes les cloches de tous les clochers

Ont retenti dans le reste du bain se vidant dans le frimas.

Wendy qui m’a fait me déshabiller à toute vitesse,

Wendy qui du drap devient la caresse

Wendy inclinée qui me bénit avec tendresse,

M’accompagne comme je dérive au pays des songes, sain et sauf dans mon pyjama.

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